Vous aimez les langues ? Vous aimez jouer avec les mots, rigoler, refaire le monde ? Délires de linguiste est fait pour vous ! Bienvenus sur le blog de Jean O'Creisren !
El martes, 3 de mayo de 2016, Jeanne Larghero habló a los estudiantes del tema de la afectividad y de la sexualidad. Este asunto no es en absoluto un tabú en la Iglesia Católica. Se abordó con benevolencia y la conferenciante nos enseñó cuánto la mirada de Dios sobre nuestro cuerpo es bella.
¿Cuál es realmente el punto de vista católico sobre el sexo?
¿Qué dice la Iglesia sobre la sexualidad? El martes, 3 de mayo de 2016, Jeanne Larghero impartió una conferencia para los estudiantes que frecuentaban la capellanía de Cergy-Pontoise, cerca de París. El tema era: «Mi cuerpo bajo la mirada de Dios». La conferenciante es filósofa, escritora y formadora de educación afectiva y sexual. Publicó un libro titulado Quand la philosophie se mêle de sexe (Desclée De Brouwer, 2014). En español, la traducción del título sería «Cuando la filosofía se mete con el sexo». En nuestra sociedad, este tema es omnipresente. Así que esa aclaración sobre el punto de vista de la Iglesia Católica cautivó al auditorio.
En efecto, la sexualidad es un asunto del cual se habla muchísimo. Sin embargo, resulta difícil articular un discurso justo y adecuado al respeto. Jeanne Larghero nos recuerda que Dios, nuestro Creador, se interesa con nuestro cuerpo. No es indiferente al hecho de que un@ tenga un cuerpo de hombre o de mujer. Nos mira y nos dice: «¡Qué hombre tan estupendo!» «¡Qué chica tan guay!» Y es más: ¡Dios tiene sentimientos por nosotros!
Además, nuestro cuerpo sexuado está llamado a la vida eterna. En el día de nuestra resurrección, veremos a Dios en nuestra propia carne, después de buscarlo durante toda nuestra existencia terrenal.
Cuando un@ lee el libro del Génesis, se entera de que el Señor crea al hombre «macho y hembra», si se traduce literalmente. Es el primer relato de la historia en el cual se afirma que el hombre y la mujer tienen el mismo origen y la misma dignidad. Antes de tratar de Adán y Eva, el texto menciona la creación de los animales y su reproducción, pero sin abordar directamente el tema de la sexualidad. A las bestias, Dios no les dice: «Sean fecundos y multiplíquense» (Gn 1, 22). En cambio, solo a la hora de crear una realidad a su imagen, el Señor le otorga la existencia a la pareja humana, dotada de una sexualidad y de una fecundidad. «Y Dios creó al hombre a su imagen; lo creó a imagen de Dios, los creó varón y mujer» (Gn 1, 27). En otros términos, la sexualidad humana no tiene nada que ver con la sexualidad animal, ya que refleja la gloria de Dios. Asimismo, no puedo separar mi forma de vivir la sexualidad y la propia mirada sobre el hombre o la mujer que soy. En efecto, no hay nada más concreto que mi masculinidad o mi feminidad. Si soy un hombre, cuánto más bella sea mi manera de mirar a las mujeres, más bella será mi forma de considerar la propia masculinidad.
Querido por Dios, mi cuerpo sirve a la relación; está enteramente hecho para relacionarse con los demás. No es diferente de mí. En efecto, un@ no «tiene» un cuerpo, sino que «es» un cuerpo. Cuando alguien me dice «te quiero», esto significa que le gusta mi cuerpo. La relación sexual es la forma cumplida de la relación amorosa; por eso la Iglesia pide que no se viva a la ligera, sino que implique un auténtico compromiso de amor.
Aunque el cuerpo del hombre produce espermatozoides sin cesar, el de la mujer sólo es fértil durante unos diez días del ciclo menstrual. Esto significa que la sexualidad humana no es el lugar del instinto y de la reproducción, a diferencia de lo que pasa con los animales. Es algo profundo y sagrado.
Cuando el acto sexual engendra un ser humano, los padres lo crean «para siempre»; le dan vida a un ser llamado a la eternidad.
Después de la conferencia, algunos estudiantes formularon preguntas sobre lo que la Iglesia permite y prohíbe en materia de moral sexual. Jeanne Larghero contestó que moralizar no tiene sentido en sí mismo. Sin embargo, la religión cristiana enseña que el amor y la sexualidad deben vivirse en la verdad, queriendo realmente el bien de la persona con la cual un@ se une, y dándose plenamente. Esto es la propia definición del matrimonio.
La tarde terminó con debates entre los estudiantes, sobre esta hermosa cuestión que preocupa a todo el mundo.
Vous aussi, vous êtes fan deSka-P ? Voici ma traduction en français des paroles de « Niño Soldado » (¡¡Que corra la voz!! – 2002)
L’Enfant soldat
Je suis allé naître là où il n’y a rien Derrière cette ligne qui sépare le bien du mal. Ma terre se nomme « misère » Et je ne connais pas le mot « liberté ».
J’ai été séquestré lors d’une guerre, Torturé et préparé à tuer. On m’a transformé en une bête ; Je suis seulement un enfant privé d’identité. On m’a obligé à tirer ; On m’a montré comment assassiner. On m’a obligé à mutiler Dans un véritable enfer sur Terre.
Eh non, ton indifférence ne mérite aucun pardon ! Qui a volé ton cœur ? Tu ne bouges pas de ton fauteuil. Eh non, ton indifférence ne mérite aucun pardon ! Qui a volé ton cœur ? Éteins la télévision !
En me braquant un pistolet sur le tête, Il m’oblige à assassiner mon papa. Je suis une machine de guerre ; Mon doigt appuie sur cette gâchette sans que je ne regarde. On m’a obligé à tirer ; On m’a montré comment assassiner. On m’a obligé à mutiler Dans un véritable enfer sur Terre.
Eh non, ton indifférence ne mérite aucun pardon ! Qui a volé ton cœur ? Tu ne bouges pas de ton fauteuil. Eh non, ton indifférence ne mérite aucun pardon ! Qui a volé ton cœur ? Éteins la télévision !
On m’a obligé à tirer ; On m’a montré comment assassiner. On m’a obligé à mutiler Dans un véritable enfer sur Terre.
Eh non, ton indifférence ne mérite aucun pardon ! Qui a volé ton cœur ? Tu ne bouges pas de ton fauteuil. Eh non, ton indifférence ne mérite aucun pardon ! Qui a volé ton cœur ? Éteins la télévision !
Où trouver Jésus ? Ce poème de Gabriela Mistral nous donne une image incarnée et vivante de notre Sauveur…
« Que voulez-vous que je représente ? » Demanda le sculpteur religieux.
« Nous disposons de saints en pin ; il y a des statues de plâtre. Regardez ce Christ gisant en bois de cèdre véritable. Cela dépend qui la commande : une famille ou une église ; ou si le but est seulement de la mettre dans un musée. »
« Laissez-moi donc vous expliquer ce que je souhaite en vérité.
Moi, j’ai besoin d’une statue de Jésus, le Galiléen, qui représente son échec devant l’essai d’un monde nouveau, qui sache émouvoir les consciences et changer les mentalités. Je ne veux pas la voir recluse dans une église ou un couvent.
Ni dans un foyer familial pour qu’elle préside les prières. Je ne veux pas qu’elle soit portée en procession par des fidèles. Je désire une image vive d’un Jésus “fils d’homme” en souffrance, illuminant cœur et esprit de tout humain qui la contemple.
Donnez envie de l’affranchir de sa croix et de son tourment ; que celui qui voit cette image n’y contemple pas qu’un défunt, ni, qu’à travers des yeux d’artiste, il admire un vulgaire objet pour s’exclamer, émerveillé : “Quel magnifique torturé !” »
« Pardonnez-moi si je vous dis, répond le sculpteur religieux, qu’ici, vous ne trouverez pas l’image du Nazaréen.
Allez la chercher dans la rue parmi les gens sans logement, dans les hospices et hôpitaux, où sont rassemblés les mourants. À l’intérieur des centres d’accueil où l’on abandonne les anciens, parmi les marginalisés, parmi les enfants affamés, parmi les femmes maltraitées, chez les personnes sans emploi.
Mais ne cherchez pas cette image de Jésus Christ dans les musées, ne cherchez pas dans les statues, dans les autels et les églises.
Ne suivez pas en procession le parcours du Nazaréen. Ne cherchez pas d’image en bois, en bronze, en pierre ou même en plâtre, mieux vaut chercher parmi les pauvres son visage en chair et en os ! »
La pandémie de Covid-19 a fait subir à l’économie mondiale le plus gros choc enregistré à l’époque contemporaine. Le travail de reconstruction à mener dans le sillage de ce désastre prendra des proportions épiques. Or, ce chantier massif arrive à un moment où les analystes, les économistes et les activistes sur toute la surface du globe exhortaient déjà à un changement fondamental de la configuration de nos systèmes économiques pour gérer la crise mondiale causée par le réchauffement climatique.
Presque tout le monde reconnaît que nous devons avant tout décarboner nos économies et mettre un terme à notre utilisation de combustibles fossiles au XXIe siècle. Cela nous permettra d’éviter la fuite en avant ainsi qu’un réchauffement planétaire catastrophique. C’est là ce dont ont convenu les dirigeants qui représentaient presque tous les États-nations du monde en signant l’Accord de Paris sur le climat en 2015.
À quoi ressemblerait réellement une Nouvelle donne verte visant à inventer une économie mondiale post-pandémie ?
À l’instar du New Deal pensé dans les années 1930 par Franklin D. Roosevelt pour faire face à la Grande dépression, cette Nouvelle donne verte offrirait parmi ses principaux avantages sociaux une création d’emploi. Dans le monde entier, le chômage a explosé du fait de la crise actuelle. L’Organisation internationale du Travail estime qu’en 2020, on compte 8,8 % d’heures travaillées en moins à l’échelle mondiale par rapport à 2019, soit l’équivalent de 255 millions de postes à temps plein. Et, par un heureux concours de circonstances, la production d’énergies renouvelables est (du moins pour l’instant) plus « créatrice d’emploi » que les combustibles fossiles. Cela suggère que cette transition devrait stimuler le marché du travail d’une manière générale. Un programme massif d’isolation de millions de bâtiments et de rénovation de milliards de logements avec des systèmes de chauffage à émissions de carbone faibles ou nulles (comme les pompes à chaleur aérothermiques ou les chaudières électriques) serait également une source de nouvelles embauches et de nouveaux revenus pour les travailleurs.
Une Nouvelle donne verte obligerait les États à abandonner toutes les subventions liées aux énergies fossiles qui sont encore versées aux entreprises et aux ménages. Elle nécessiterait également qu’ils taxent davantage les activités fortement émettrices de carbone, comme le transport aérien et les voitures à essence ou au gazole. En se positionnant de la sorte, un certain nombre d’États seront confrontés à une forte résistance de la part de différents lobbies. Pour contrecarrer cet effort de lobbying et gagner la bataille de l’opinion publique, les systèmes étatiques devront prendre des mesures rapides et décisives afin de soutenir le revenu des ménages au travers de la transition énergétique, par la redistribution aux consommateurs les moins favorisés des recettes générées par les taxes sur le carbone. En effet, ces agents économiques sont frappés par l’augmentation du coût de la vie […].
Jour après jour, nous faisons beaucoup dans un seul but : être heureux. Mais souvent se produit quelque chose qui modifie les critères : nous confondons le bonheur avec le succès.
Nous voulons que nos actions donnent du résultat, et en donnent immédiatement. Si cela ne se réalise pas, nous avons l’impression d’avoir perdu notre temps et nous essayons autre chose. Il doit bien être possible d’acquérir la gloire !
En cherchant à atteindre nos buts par cette allée et venue constante, nous finissons par être doublement angoissés : nous ne remplissons pas nos objectifs et, pire encore, nous ne sommes pas heureux.
ALORS, DANS LES MOMENTS OÙ VOUS SENTEZ QUE RIEN DE CE QUE VOUS ENTREPRENEZ NE PORTE SES FRUITS ET QUE LA VIE DEVIENT TRÈS DIFFICILE, QUAND VOUS AVEZ ENVIE DE RENONCER À TOUT PARCE QUE CELA N’A AUCUN SENS, SOUVENEZ-VOUS DE LA FABLE DE LA FOUGÈRE ET DU BAMBOU.
Il était une fois un menuisier qui semblait mener une vie comblée. Il gérait son atelier ; il vivait auprès d’une femme qu’il aimait et avait deux enfants. Mais un jour, il commença à recevoir moins de commandes. Des problèmes économiques se déclarèrent donc pour lui et sa famille.
Cet homme voulait prendre soin de son activité professionnelle. Pour ce faire, il commença à essayer plusieurs méthodes afin de relancer son atelier, mais aucune ne produisait un quelconque résultat. Ses problèmes économiques commencèrent à générer des soucis avec sa femme. Les voyant tristes et en conflit, les enfants se mirent à rencontrer des difficultés à l’école.
Le menuisier se sentait découragé : rien de ce qu’il entreprenait ne semblait avoir du sens, étant donné que les choses allaient de pire en pire. Un jour, sur le point de jeter l’éponge, il décida d’aller dans les bois pour discuter avec un vieux sage.
Après avoir marché pendant une demi-heure, il rencontra ce dernier. Le vieil homme vivait dans une humble maison. Voyant le menuisier, il l’invita à passer prendre un thé. Il remarqua l’inquiétude sur son visage et lui demanda ce qui lui arrivait. L’artisan conta ses mésaventures au sage, qui l’écouta avec attention et sérénité.
Quand ils eurent fini de boire le thé, le vieil homme invita son hôte à l’accompagner vers un jardin magnifique qui se trouvait derrière la maison. La fougère et le bambou trônaient au milieu de dizaines d’arbres. Le sage demanda au menuisier d’observer les deux plantes et lui annonça qu’il devait lui raconter une histoire.
« Il y a huit ans, j’ai pris quelques graines et j’ai semé la fougère et le bambou au même moment. Je voulais que ces deux végétaux croissent dans mon jardin, car tous deux me sont d’un grand réconfort. J’ai mis tout mon cœur à prendre soin de l’un et de l’autre comme s’il s’agissait d’un trésor. »
« Peu après, j’ai remarqué que la fougère et le bambou répondaient à mes soins de manière différente. La fougère a commencé à éclore et, en à peine quelques mois, elle est devenue une plante majestueuse qui ornait l’ensemble du jardin par sa présence. En revanche, le bambou restait sous terre, sans donner signe de vie. »
« Une année entière s’est écoulée, au cours de laquelle la fougère continuait à se développer, mais pas le bambou. Néanmoins, je n’ai pas baissé les bras. J’ai continué à m’en occuper avec plus grand soin. Malgré cela, une autre année s’est écoulée et mon travail n’a porté aucun fruit. Le bambou refusait de se manifester.
Je n’ai pas non plus baissé les bras après la deuxième année, ni après la troisième, ni après la quatrième. Au bout de cinq ans, j’ai enfin vu qu’un jour une brindille timide émergeait delaterre. Le lendemain, elle était beaucoup plus grande. En quelques mois, elle a poussé sans s’arrêter et est devenue un prodigieux bambou de 10 mètres. Sais-tu pourquoi ce dernier a mis tant de temps à sortir de terre ? »
Après avoir écouté l’histoire, le menuisier n’avait pas la moindre idée de la raison pour laquelle le bambou avait tant attendu pour se manifester. C’est alors que le vieil homme lui déclara :
« Il a mis cinq ans car, pendant ce temps, la plante était occupée à développer ses racines. Elle savait qu’elle devait croître jusqu’à atteindre cette hauteur impressionnante. C’est pourquoi elle ne pouvait pas sortir de terre avant de disposer d’une base ferme qui lui permette de s’élever de manière satisfaisante. Comprends-tu ? »
Alors le menuisier comprit que toutes ses luttes étaient destinées à développer ses racines. Par ailleurs, le fait de ne pas voir les fruits de son travail pour le moment ne signifiait pas qu’il perdait son temps, mais qu’il devenait plus fort.
Avant de le laisser partir, le sage fit part à son hôte d’un dernier message :
« Le bonheur te permet de rester doux. Les tentatives te permettent de rester fort. Les peines te permettent de rester humain. Les chutes te permettent de rester humble. Le succès te permet de rester brillant. »
Cette histoire doit vous rappeler que peu importe le temps que mettent les choses à porter leurs fruits. Dans les moments difficiles, le plus important n’est pas de chercher à voir les résultats à tout prix.
En revanche, il est fondamental de travailler avec ardeur au développement de vos racines. En effet, c’est seulement grâce à elles que vous pourrez croître et devenir la meilleure version de vous-même.
Source : “La fábula del helecho y del bambú que deberías leer cuando pases por un momento difícil”, conte écrit par Rocío Belén Suárez et publié sur La mente es Maravillosa ainsi que sur le site internet de Bioguia [consulté le 27 mars 2021 ; mis à jour le 10 décembre 2020]
« Nul ne maîtrise une langue s’il n’en connaît tous les niveaux. » Cette citation de Jean Maire de Dupont, fondateur de la gromologie, nous permet d’introduire une question à la croisée de la didactique et de la linguistique.
En effet, enseigner le langage vulgaire est-il utile aux personnes qui apprennent un idiome ? Est-ce au contraire une insulte à la beauté d’une langue ?
La question est loin d’être tranchée. Elle me rappelle un débat sur le sujet que j’ai eu avec une amie il y a une dizaine d’années. Par quelques anecdotes, je vais apporter quelques éléments de réponse à cette problématique qui est loin d’être tranchée…
Faut-il enseigner les gros mots aux étrangers ? Une question existentielle qui suscite de vifs débats…
Apprendre des gros mots dans une langue étrangère est motivant
Il y a quelques années, j’ai donné des cours de français à de jeunes Palestiniens dans le cadre d’une mission de coopération avec l’association AED. Trois élèves devaient effectuer un montage vidéo sous notre surveillance. Cela mettait un temps fou. Pour les motiver, je leur ai dit : « si vous avez terminé dans deux heures, je vous fais un cours sur les gros mots en français ! » 😃
Bien évidemment, cela a rendu leur travail très efficace. J’ai donc pu leur enseigner quelques insanités dans la langue de Rabelais. Mon collègue a pris une photo – que je n’ai malheureusement jamais pu récupérer – où je montrais dans une attitude très professorale un mot écrit au tableau, que la bienséance m’empêche de reprendre ici.
Les élèves nous ont raconté une anecdote en retour. Un mot très courant dans l’arabe vulgaire du Levant est shermout. Ce vocable signifie « salaud ». Lors d’un voyage de classe à Paris, ces jeunes Palestiniens ont enseigné ce terme à leur correspondant. Ce dernier répétait donc « shermout, shermout, shermout ! » lors de cette première soirée d’accueil. La mère de cet hôte parisien a donc demandé à son fils : « mais que veut dire ce mot arabe ? » Et le jeune homme de répondre : « Ça signifie « bienvenue » ! » Le lendemain, nos amis palestiniens sont partis visiter la ville-lumière. De retour chez leur correspondant, ils se sont fait accueillir avec un franc sourire par la mère de ce dernier, qui leur dit « Shermout ! »
On retient facilement les gros mots
Eh oui : si vous apprenez une langue, vous retiendrez facilement ce qui n’est pas à sortir devant n’importe qui… pour le meilleur et pour le pire !
Il y a une bonne dizaine d’années, j’étais en colocation avec un ami chinois, que nous appellerons Wei. Il apprenait le français dans l’optique d’étudier en France une fois le niveau B2 validé. Il n’était pas excellent en langues, mais ses bonnes compétences interpersonnelles lui permettaient de bien progresser au contact des natifs. Il avait beaucoup d’humour et s’amusait à sortir à n’importe qui les bêtises que nous lui apprenions.
Par exemple, lorsqu’il est allé louer un vélo de la ville, la fonctionnaire municipale, âgée d’une quarantaine d’années, lui a demandé s’il se plaisait en France. Il a donc répondu : « Oui, ça roule ma poule ! »
Invité chez moi pour fêter Noël, il était ravi de commenter l’évier qui fuyait : « c’est la flotte ! ». Quand nous sommes partis dans la voiture pour aller à la messe, il a commenté : « on va dans la bagnole ! » Et en ressentant le climat hivernal, il s’est exclamé à la sortie de la célébration : « ça caille ! »
Je vous laisse imaginer tout cela avec l’accent mandarin…
Lors d’un repas dans une famille très chic, la maîtresse de maison a proposé à Wei de se resservir. Il a répondu avec enthousiasme : « Ah oui, je kiffe, c’est exquis ! »
Nos autres colocataires me reprochaient d’apprendre à Wei uniquement le langage familier et vulgaire. J’ai donc essayé de lui enseigner le niveau de langue soutenu.
Avec Wei et un autre ami, nous avons fait un footing un jeudi matin par -10°C. C’est à cette occasion que je lui ai appris l’expression « ça caille ! » Mais je lui ai également appris le verbe « surplomber » lorsque nous pouvions admirer le lac depuis une butte surélevée. Je lui ai aussi demandé de retenir l’adjectif « pittoresque » lorsque nous admirions une belle vue sur un paysage rocheux. Eh bien, sur les trois, il n’a retenu que « ça caille ! »
Cela prouve que l’on retient mieux les gros mots que les autres termes.
Et j’ai pu en faire l’expérience, moi aussi. En tant que linguiste passionné, vous imaginez bien que j’ai profité de cette année de colocation pour apprendre quelques mots de mandarin. Et bien évidemment, je n’ai pas appris que des vocables châtiés…
Wei a poursuivi ses études dans une autre ville et j’ai également suivi mon chemin là où la Providence m’a mené. Mais nous avons toujours gardé contact. Un jour, je suis allé le voir dans le pays étranger où il réside maintenant. Nous nous sommes retrouvés le premier soir dans un restaurant chinois, en compagnie de celle qui est aujourd’hui son épouse. Comme il n’y avait pas de table disponible pour nous au début, nous avons patienté au comptoir à déguster des chips de crevettes. Nous étions juste à côté de la cuisine. Comme dans beaucoup de restaurants chinois, le personnel était d’origine chinoise. J’ai alors répété à l’amie de Wei tout ce que ce dernier m’avait appris. Mon ancien colocataire m’a supplié de parler moins fort, car de tout ce que je disais, seuls les gros mots étaient prononcés correctement et le personnel en cuisine comprenait parfaitement les grossièretés que je criais à tue-tête.
Wei retenait mieux les gros mots français que le langage soutenu. Je prononçais mieux les insanités que les autres termes de mandarin… Il est évident que notre cerveau apprend mieux le niveau de langue familier. Cela n’est pas toujours une bonne chose, car le contexte ne nous permet pas toujours de briller par notre science…
Est-ce une insulte à l’élégance de la langue française ?
Faut-il enseigner les gros mots aux étrangers ? Comme je l’écrivais au début de cet article, une controverse à ce sujet m’opposait à une bonne amie, lorsque nous étions étudiants. Elle me soutenait que les étrangers apprennent le français pour l’élégance de notre belle langue. Par conséquent, il ne fallait pas dénaturer ce prestige, de son point de vue.
Mais n’oublions pas que la vulgarité fait également partie de notre idiome. Rabelais est sans conteste l’un de ses pères fondateurs. Néanmoins, sa plume est assez fleurie…
La richesse du français s’applique aussi aux 6000 à 7000 langues qui font la diversité de notre humanité. Il y a quelques années, j’ai eu la chance de travailler au sein d’une entreprise dont les ressources humaines étaient très internationales. L’un de mes collègues guinéens nous y a appris quelques merveilles de sa langue natale. Mais quand on ne sait dire que « bunnaru », « kanaro », « foytougol » ou « lebol bunna » en fulfulde, ça limite les conversations…
Un autre de mes collègues, d’origine kabyle et d’un tempérament très blagueur, était invité à l’anniversaire de cet ami guinéen. Lorsque celui-ci déclamait son discours, l’Algérien applaudissait avec les autres en criant : « Foytougol ! Foytougol ! Foytougol ! », ce qui signifie « Péter ! Péter ! Péter ! »
Évidemment, les jeunes femmes peules qui entouraient ce farceur étaient très choquées de voir que la poésie de leur langue était réduite à ce verbe trivial…
Dans quelle mesure la vulgarité insulte-t-elle la beauté du français ou de n’importe quel idiome ? Dans quelle mesure honore-t-elle, au contraire, sa richesse ? La question restera éternellement ouverte…
En somme, faut-il enseigner les gros mots aux étrangers ? Chacun est libre de répondre comme il l’entend…
Quant à ce débat avec cette amie, il s’est terminé par la rédaction de mon tout premier exercice de style : « Les jurons distingués ». C’est à partir de là qu’a germé l’idée de mon blog. Si vous le souhaitez, vous pourrez lire cette première production littéraire sur ce lien… 😉
Avez-vous déjà parcouru le chemin de Compostelle ? Si oui, vous avez certainement plein d’anecdotes à raconter… Si non, qu’attendez-vous pour vous lancer dans cette aventure ? 😀
Entre autres trouvailles, je vous partage quelques traductions étranges que j’ai photographiées chemin faisant…
« Bienvenidos » et non « Bienvenida »… Voilà ce qu’on appelle une traduction littérale complètement ratée !Lorsque je voyage en voiture, je fais des pauses toutes les 2 heures sur des « secteurs d’autoroute ». Pas vous ?Bon, il ne s’agit pas d’une traduction, mais d’une pierre que j’ai trouvée sur le chemin. Je l’ai prise en photo car elle ressemble étrangement à la carte de la péninsule Ibérique. Ne trouvez-vous pas ?On comprend l’idée, mais on voit bien que ces traductions en différentes langues ne sont pas l’œuvre d’un locuteur natif…Traduction très orale…On commence la série des perles de la machine à laver de Burgos…Je n’ai jamais pensé à laver mes vêtements avec des coings… Et vous ?Bon, cela aurait pu être rédigé par un Français qui ne maîtrise pas correctement les accords du participe passé… c’est à dire sans doute la majorité de nos compatriotes.Bon, ce n’est pas une traduction, mais cette auto-dérision d’un Breton têtu m’a bien fait rire…« Chemin alternatif » aurait bien fait l’affaire ! Parfois, la traduction littérale est le meilleur choix…En voilà une manière de s’exprimer !Private joke pour les arabophones… Cette traduction est-elle vraiment inmejorable ?
Bon, ça, c’était une traduction intersémiotique très explicite à destination de certains pèlerins un peu particuliers… 😉
Une fois arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle, je suis tombé sur cette autre traduction vraiment pas terrible…
Et voilà pour la série des traductions bizarres ! Si ça veut vous donner envie de vous lancer dans l’aventure du chemin de Compostelle, n’hésitez pas à relever ce défi ouvert aux personnes de toutes convictions politiques et religieuses !
Si vous pensez que les traductions bien faites, par des êtres humains compétents, c’est quand même beaucoup mieux, n’hésitez pas à consulter ces publications et à vous rapprocher de cette organisation. 🙂
Cet été, j’ai marché de Burgos à Saint-Jacques-de-Compostelle. Pendant trois semaines, j’ai cheminé tous les jours, depuis les plaines infernales de Castille jusqu’aux montagnes pluvieuses de Galice. En sortant de Carrión de los Condes (province de Palencia), j’ai rencontré une personne incroyable.
Ce jour-là correspondait à l’une des étapes les plus difficiles du Camino. En effet, entre Carrión et le village suivant, il n’y a rien, sauf des champs de céréales parsemés de rares arbres et le soleil qui cogne dur, pendant 17 kilomètres.
Parmi mes nombreux défauts, je suis entre autres dépendant à la caféine. Et comme j’étais sorti très tôt de Carrión, aucun bar n’était ouvert. Le seul petit-déjeuner que j’avais pu prendre était un sac de cacahuètes, que m’avait gentiment donné Jérôme, un autre pèlerin français.
Après avoir marché environ 8 kilomètres, nous nous sommes assis sur une aire de repos. J’étais épuisé et je savais pourquoi : j’étais en manque. J’ai alors dit à mon compagnon de route qu’il pouvait poursuivre son chemin s’il le souhaitait, car j’allais me coucher sur l’herbe pour dormir.
Sur cette aire, un Espagnol se promenait à vélo. Il nous a salués. J’en ai profité pour lui demander s’il y avait un bar à proximité. Il m’a répondu que non, mais m’a dit qu’il était hospitalier. Il m’a donc proposé de l’attendre, le temps qu’il fasse un aller-retour sur Carrión de los Condes afin de m’apporter du café. Fernando Santos Urbaneja travaille comme magistrat à Cordoue. Néanmoins, pendant l’été, il revient dans sa Castille natale pour veiller sur les pèlerins. Quand il était petit, le chemin de Compostelle n’était pas aussi bien balisé et les auberges étaient plus rares. Sa mère lui enseignait que le pèlerin est un être sacré. Sur le paysage tout plat de la Meseta, il voyait arriver de loin ces voyageurs et allait à leur rencontre pour les conduire vers le logis familial. Aujourd’hui, sa mère est très âgée et il a repris le flambeau.
Il est revenu me voir au bout d’une heure. Jérôme était déjà parti. Un pèlerin italien nommé Luca s’était arrêté et nous discutions ensemble. Fernando m’apporta du café, mais aussi beaucoup de biscuits et une clé USB. En effet, en parallèle de ses études de droit, il suivait des cours de chant et de guitare au conservatoire de Valladolid. L’appareil, que j’ai lu dès mon retour en France, regorge de trésors sur le chemin de Compostelle : des liens vers des vidéos de concerts, des partitions et autres trouvailles… Eh oui, mon bienfaiteur n’est pas seulement procureur, mais aussi troubadour ! Il compose, joue et chante de belles chansons sur le Camino et sur d’autres thématiques.
Pour moi, sa plus belle chanson est la Bénédiction des pèlerins. Écoutez-la ; ça vaut vraiment le coup ! Il s’agit d’un sujet religieux, mais tout le monde peut apprécier le son relaxant de la voix d’or du chanteur.
Outre son rôle de troubadour et son métier, Fernando est écrivain. Pour plus d’informations à ce sujet, vous pouvez regarder cette vidéo :
Enfin, je vous propose d’assister au spectacle suivant, où vous pourrez vous délecter de sons, de mots et d’images magnifiques sur le Chemin de Compostelle :
Do you know Duolingo? It is a method to learn a language online for free.
Using Duolingo in French, you can improve your English, your Spanish, your German and your Italian.
Then again, you can also learn Arabic, Gaelic, Esperanto, Welsh, and many other languages. However, for this you will have to put Duolingo in English.
For a few months on, I have been improving my Arabic thanks to Duolingo, so, I can assure you that this app is a good method to get better at languages, that it is very efficient for acquiring vocabulary. Nonetheless, the lexicon is what matters most when it comes to improving your knowledge of a language.
On the other hand, to make progress, you need to learn and have fun! Well, the sentences offered by Duolingo are sometimes very funny…
While working on my Arabic, here are some of the weirdest sentences I have found:
You do not like kebab but today, you want kebab, correct?
خالَتي غَريبة لٰكِن لا نَكْرَهُها
Hrâlatî rarrîba lâkin lâ nukrrahuhâ.
My maternal aunt is weird but we do not hate her.
أفَرِّش أسْنان كَلْبي كُلّ صَباح
‘Afarrrrish ‘asnân kalbî kull sabahh.
I brush by dog’s teeth every morning.
لِماذا لا تُفَرِّشون أسْنانَكُم؟
Limâza lâ tufarrrrishûn ‘asnânkum?
Why do you all not brush your teeth?
In Duolingo, some sentences are very weird…
Though Duolingo enables you to learn a language for free, it is not the perfect method. Indeed, some people tell me that the pace does not fit them and that they wish they could go faster in their learning. I, myself, have experienced this while learning Arabic. During the first two months, everything seemed very easy and I got bored.
Duolingo enables you to get better at languages, but what is the other side of the coin? Who is behind this app? Where does your data go?
In Eco-Translation, Michael Cronin notices that, while using Duolingo, you help translate the Web for free.
“Von Ahn wants to harness this collective computing power for translation by encouraging users to learn a second language through Duolingo. As learners progress, they will be invited to translate simple sentences at first before eventually being asked to translate sentences from live web pages. The harnessing of this collective translational power through advanced technology is Von Ahn’s answer to his initial question: ‘How can we get 100 million people translating the Web into every major language for free?’ (Von Ahn 2011)”
I don’t know if it is true. These words on Duolingo are only Von Ahn’s opinion and I have no evidence that he tells the truth. If he is right, when you reach an advanced level, Duolingo uses your data to destroy the jobs of professional translators.
You got it: Duolingo is an interesting way to learn a language. Sometimes, it offers you weird sentences, which enables you to make progress while having fun. However, as a language teacher and as a translator, I have some doubts about Duolingo’s effectiveness and ethics. Will you use this method? If you do, how will you use it? It’s up to you!
I am not the only one that have noticed some weird sentences on Duolingo. Indeed, the Langfocus channel has published a video on YouTube about it.
Avez-vous déjà essayé d’apprendre le breton ? Croyez-moi : cette langue celtique est passionnante ! Depuis environ un an, je m’y suis mis avec passion. J’accomplis ainsi un rêve qui me berce depuis l’adolescence…
Pour avoir étudié l’arabe, l’allemand et le polonais, je dirais que la langue bretonne n’est pas extrêmement difficile. Bon, c’est certes plus corsé que l’espagnol ou l’italien. Mais ça reste plus facile que les langues sémitiques ou slaves.
Aujourd’hui, nous fêtons la Saint-Yves. En plus d’être le saint patron des avocats. Yves revêt, avec sainte Anne, une importance particulière en Bretagne (plus d’infos sur ce lien).
Dans cet article, je ne vais pas vous dispenser un cours de breton. Je vous partage juste quelques trouvailles humoristiques sur cet idiome passionnant. Vous verrez à quel point nous parlons tous breton sans le savoir…
Amañ signifie « ici ». Ce terme breton se prononce exactement comme le français « amant ». Rien à voir avec amann, qui se prononce légèrement différemment et signifie « beurre ». Vous connaissez sans doute le kouign amann, le meilleur des desserts bretons, dont la saveur n’a d’égal que le taux de matière grasse…
— Chérie, il paraît que tu as un amant. C’est vrai ?
— Ici, dans cette pièce. Juste derrière ta marinière tâchée avec du beurre.
Brav [braw] signifie « beau » en breton. Rien à voir avec « brave » en français.
— Dis-donc Maïwenn, il est beau, ce mec, là-bas !
— Oui, c’est vrai. Mais il n’est pas très brave. L’autre jour, il hurlait en courant dans toute la crêperie parce qu’il avait vu un moucheron convoiter son verre de cidre…
D’ar est la particule utilisée en breton avant une date. On français, cela se traduirait par « le », comme dans l’expression : « le 21 février 1794 ». Rien à voir avec le dard d’un insecte, ou l’expression « avoir un dard dans le flanc », qui signifie « avoir fumé un joint ».
— À quand remonte la dernière fois que tu t’es mis un dard dans le flanc ?
— C’était le 21 juillet 2000, lors du concert des Cranberries au festival des Vieilles Charrues.
— Oulà, ça fait un bail !
— Eh oui, j’ai fait des bêtises dans ma jeunesse. Mais j’ai compris que le chanvre indien n’apporte rien de bon. Et on peut très bien être un vrai Breton sans boire et sans fumer !
Debriñ se prononce plus ou moins comme le mot français « débris ». Mais ce verbe breton se traduit par « manger ».
— Les débris que tu vois sont les restes d’une épave du XVIe siècle. Ça te dirait qu’on essaie de retrouver le reste du bateau pour voir s’il y a un fabuleux trésor ?
— Je m’en fiche complètement si ça ne se mange pas !
Echu veut dire « fini » en breton. Cela a sans doute un lien avec « échu » en français.
— Papa, que veut dire « à terme échu » ?
— As-tu fini de poser des questions idiotes, sale morveux ?
— Et toi, as-tu fini de m’insulter au lieu d’avouer tout simplement que tu n’en sais rien ?
E-pad : eh non ! Rien à voir avec les EPHAD ! Ce terme breton signifie « pendant ».
— J’étudie le breton pendant mon séjour en Basse-Bretagne. Mais je ne sais pas avec qui le parler.
— Tu peux aller visiter l’EPHAD qui est à côté de chez moi. Il y a plein de personnes âgées qui ne demandent qu’à parler breton, et même à parler tout court. Et elles seront ravies de se sentir utiles pour toi qui reprends le flambeau : grâce à elles, tu aideras à la langue bretonne à traverser les âges ! 😉
Evit n’a rien à voir avec le verbe « éviter ». Il s’agit de la traduction de la préposition « pour » en breton.
— S’il te plaît, évite de manger du jambon.
— Pourquoi ? Ma religion me le permet…
— Peut-être, mais je ne mange jamais de porc pour des raisons environnementales. En effet, la Bretagne est polluée par les nitrates occasionnés par cet élevage.
Karr-tan : traduit littéralement par « char de feu », ce mot composé est la façon dont le breton exprime le français « voiture ». Évidemment, cette orthographe ne vous dit rien. Mais la prononciation peut laisser croire qu’on dit « carton » avec un fort accent brésilien. Aujourd’hui, on dit tout simplement karr (avec une mutation consonantique devant l’article : ur c’harr).
— J’ai une voiture super écologique. Je l’ai achetée à 15 000 € sur Ar C’horn Mat et je vais l’essayer demain.
— Combien consomme-t-elle ?
— 12 litres aux cents.
— Hein ? Et en quoi c’est écologique ?
— Eh bien, elle est tout en carton : du volant aux pneus en passant par le moteur. Fabrication très peu polluante et 100 % recyclable.
— Mais ton char de feu va brûler dès que tu allumeras le contact. Tu n’as quand même pas mis 15 000 € dans cette m**** ? Montre-moi ton contrat, que je vois s’il y a une clause de rétractation !
— Je n’ai signé aucun contrat. Je gars qui m’a fait la proposition me paraissait honnête. J’ai versé les 15 000 € sur un compte domicilié aux îles Caïman et il m’a envoyé la marchandise. De toute façon, je ne peux plus joindre le vendeur. Je suis retourné sur Ar C’horn Mat pour lui poser une question, mais il avait supprimé son profil…
Korn : rien à voir avec les vaches, les rhinocéros, les tricératops et le dragon de l’Apocalypse ! En breton, korn signifie « coin ». Il y a certainement un lien avec l’anglais « corner ».
— Sais-tu ce qui rend fou un paysan breton ?
— Non.
— Tu le mets dans un pré rond et tu lui dis qu’il y a une corne dans un coin !
Al-laezh se prononce comme le français « à l’aise ». Pourtant, ça n’a rien à voir. En breton, cela signifie « le lait ».
— Tu as vu le lait qui se trouve sur la table ? Il y a au moins 3 litres. Chiche de le boire cul-sec ?
— À l’aise ! Quand il s’agit de boire, je suis toujours là ! Je ne suis pas breton pour rien !
Mignon n’est pas l’équivalent breton de l’anglais cute. Ce terme est la traduction du français « ami », quelle que soit l’apparence et l’attitude de ce dernier.
— Sois mignon et prépare-moi une galette saumon-jambon-chocolat-choux de Bruxelles, s’il te plait !
— Non.
— Et pourquoi donc ? N’es-tu pas mon ami ?
— C’est justement par amitié que je refuse. Ce que tu me demandes de faire est absolument dégueu. J’ai trop d’estime pour toi pour céder à tes pulsions gastro-maso.
Mont veut dire « aller » ou « partir » en breton.
— Que fais-tu pendant les vacances, Jakez ?
— Je pars à l’étranger !
— Où ça ? Au Pays de Galles ? En Irlande ? En Écosse ? À l’île de Man ? En…
— En Normandie ! Mais rassure-toi : je n’irai pas plus loin que le Mont Saint-Michel !
Na n’est pas une façon gamine de narguer autrui en breton ! En français, on le traduirait par « ni ».
« Tu veux le beurre et l’agent du beurre ? Eh bien tu n’auras ni l’un ni l’autre ! Na ! »
Neuze [nözé] signifie « alors » en breton. Phonétiquement, cela fait penser à « nausée ».
— Alors il y a des déchets de sardine et de crabe, du beurre rance, des miettes de kouign-amann, du gras de porc, des épluchures de légume, les étrons de mon chien Ar C’hi avec un peu de mazout d’Erika. Que du naturel ! Qu’en penses-tu ?
— J’en pense que ça me donne une de ces nausées ! Je me sens dans le même état qu’après douze verres de chouchen…
N’ouzon ket signifie « je ne sais pas » en breton. Sur le plan phonétique, ça ressemble au français : « nous f’sons une quête »
— Nous faisons une quête pour un groupe militant basé en Afrique qui soutient l’indépendance de la Bretagne.
— Es-tu sûr que mon argent ira bien à la cause séparatiste ?
— Ah, ça, je ne sais pas ! C’est un mec que j’ai rencontré sur Internet qui me l’a dit. Il avait l’air sympa, donc je lui fais confiance…
NB : « N’… ket » est une double négation, comme « ne… pas » en français. Or le français est la seule langue latine à utiliser ce procédé. Est-ce une influence celtique ? Cela viendrait-il du gaulois ?
Person signifie « curé » en breton et se prononce comme le français « personne ».
— Qui est cette personne là-bas ?
— C’est le père Le Kozh, le curé de notre paroisse. Ou plutôt le recteur, comme on dit dans le Morbihan.
— Comme son nom l’indique, il a l’air très âgé. La relève est-elle assurée ?
Pet : en breton, il ne s’agit ni de flatulences ni de drogue ! Pet ? est un mot interrogatif qui veut dire « combien ? »
— Combien de pets as-tu fumé avant de taguer un triskell sur la voiture de l’ambassadeur de France ?
— Aucun, pardi ! J’ai arrêté le cannabis depuis le dernier concert de Matmatah. En revanche, le chouchen, c’est une autre histoire…
Poatr [‘pot] signifie « gars » ou « garçon » en breton. Eh oui, ça se prononce pareil que « pote » en français. Peut-être même que le mot français est bel et bien d’origine bretonne. Ce serait à vérifier…
— Eh, gars ! Où est le Parlement de Bretagne, s’te plaît ?
— Monsieur, de quel droit m’appelez-vous « gars » et me tutoyez-vous ? Je ne suis pas votre pote, jarnicoton !
Ro ne se réfère pas à l’action de roter. En breton, il s’agit de l’impératif « donne » ???
Sellet signifie « regarder » en breton. Rien à voir avec « la sellette » en français !
— Regarde-moi ce procès inique ! Argan est sur la sellette juste à cause de ses idées séparatistes ?
— Il a quand même entarté le Président français avec un kouign amann et bombardé Matignon de harengs pourris. J’ai l’impression qu’il est davantage jugé pour ses actes que pour ses idées.
— Il y a quand même pire que ça. Étant donné qu’Argan est la traduction bretonne du prénom « Barthélémy », il aurait pu se sentir appelé à faire un massacre…
Stal signifie « magasin » en breton. En français, les stalles sont des pièces de mobilier en bois qui ornent le chœur de certaines églises.
— Tiens, il paraît qu’un nouveau magasin a ouvert. Il s’appelle « Ar stal nevez ». Sais-tu ce qu’ils y vendent ?
— Uniquement des stalles ! C’est un ébéniste qui a monté ça.
— Ça ne doit pas marcher fort ?
— Tu rigoles ? Quand la saison des pardons approche, toutes les églises du coin les appellent pour se faire un coup de neuf !
Tomm-tomm : en breton, tomm signifie « chaud » et tomm-tomm veut donc dire « très chaud ». Eh non : rien à voir avec les GPS !
« Gast ! Ce village en centre-Bretagne est complètement paumé ! Ce sera très chaud d’y aller au feeling. Je préfère utiliser mon GPS TomTom. »
Yen : eh non, rien à voir avec la monnaie japonaise ! En breton, yen signifie « froid ».
— Si la Bretagne devient indépendante, quelle monnaie adopter ? L’euro ? Le dinar breton ? Une monnaie nationale nommée « l’hermine » ?
— La finance est toujours un débat passionné ! En Bretagne, il fait froid. Cela me rappelle le caractère introverti des Japonais. Pourquoi ne pas adopter le yen ?
Cet article vous a plu ? Pourquoi ne pas vous mettre, vous aussi, au breton ? Pour l’avoir testée, je peux vous assurer que la méthode ASSIMIL est encore très efficace, mais elle est payante. Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à consulter ce lien.
Si vous parlez déjà arabe, hébreu ou araméen, il vous sera facile d’apprendre le breton et toutes les langues celtiques. Plus d’explications sur ce lien (en anglais).
Vous êtes breton ou bretonne et vous trouvez que mon article appuie trop sur certains clichés de mauvais goût ? Pour me faire pardonner, je vous propose une chanson qui met en valeur la beauté de cette langue celtique. 😊 Je vous préviens juste qu’il s’agit d’un chant nationaliste, en faveur de l’indépendance de la Bretagne. Les paroles sont traduites en anglais. Peut-être ne serez-vous pas d’accord avec tout, mais rien ne vous empêche de régaler vos oreilles au son d’« Ar chas doñv ‘yelo da ouez » :