Pour une écologie à visage humain

Aujourd’hui, on nous parle sans cesse d’écologie : recyclage, énergies renouvelables, croissance verte (voire décroissance), agriculture biologique, biocarburants, agriculture écologiquement intensive, permaculture…

Et l’humain dans tout ça ?

En effet, tandis que certains mouvements écologistes affichent un certain mépris pour l’être humain, la plupart n’en sont heureusement pas là ! L’écologie dite « intégrale » considère que l’on peut prendre soin à la fois de l’environnement (écologie environnementale) et de tous les êtres humains (écologie humaine). Tout est lié !

C’est dans cette optique qu’a été fondé, en 2013, le Courant pour une écologie humaine (CEH). Ouverte à toute personne de bonne volonté, cette association reconnue d’utilité publique souhaite changer la société par une révolution de la bienveillance. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à visiter leur site officiel.

Le week-end des 24-25 mars 2018, j’ai eu la chance de participer à la rencontre nationale du CEH à Paris. Suite à la conférence de l’économiste Pierre-Yves Gomez sur l’individualisme intégral, j’ai participé à un atelier sur le sujet avec deux autres personnes. Avec l’accord de ces dernières, je vous fais part de notre contribution, qui pourraient presque faire l’objet d’un programme politique. N’hésitez pas à commenter…

Quelles sont les traces mortifères d’individualisme intégral dans notre quotidien ?

1.      Relations entre les personnes :

–          Incivilités au volant et conduite dangereuse, notamment en région parisienne.
–          Incivilités dans les transports en commun (par exemple, le fait de ne pas remercier quelqu’un qui nous laisse gentiment sa place).
–          Fait de ne pas dire bonjour à la caissière lorsque l’on fait ses courses.
–          Conversations privées dans les open-spaces ou dans les transports en commun, qui font que nous nous affirmons en tant qu’individus sans penser aux autres.
–          Fumeurs qui prennent des pauses cigarette longues et régulières, travaillant donc moins que leurs collègues non-fumeurs tout en s’abîmant la santé.
–          Mentalité qui consiste à « ne pas se mêler des problèmes d’autrui », quitte à ne pas intervenir pour défendre les personnes en danger et à ne pas corriger fraternellement la personne qui en aurait besoin (incivilités dans le métro, indifférence face aux problèmes d’addiction, refus de dénoncer les violences au sein des familles de nos voisins, le harcèlement au travail, etc.).
–          Refus de s’arrêter pour discuter avec les mendiants ou les personnes touchées par l’alcoolisme (on peut très bien discuter avec eux sans leur donner d’argent).
–          Indifférence envers les sans-abris, les Roms, les personnes âgées, malades, seules et/ou handicapées, ou encore envers les migrants.

2.      Nouvelles technologies :

–          Addiction aux écrans, comme le fait que chacun soit accroché à son Smartphone dans les transports en commun ou passe sa journée seul devant son ordinateur.
–          Caisses automatiques et automates à la gare, qui font disparaître le travail d’êtres humains, en plus d’exclure certaines personnes (personnes âgées qui ne maîtrisent pas les nouvelles technologies et personnes seules qui ont besoin de contact humain lorsqu’elles font leurs courses).
–          Publicités toxiques (pornographie ou autres produits utilisant des images dégradantes pour les femmes, sites de rencontre néfastes comme Gleeden, etc.) qui peuvent nous êtres proposées en fonction de notre historique de navigation.
–          Fascination pour les gadgets sans se rendre compte qu’ils sont fabriqués à partir de minerais volés aux Africains dans des conditions qui ne respectent ni les droits de l’homme ni l’environnement.

3.      Au niveau environnemental :

–          Emballages individuels pour les produits que l’on achète dans les supermarchés (yaourts, par exemple).
–          Journaux gratuits, qui proposent une information de piètre qualité accessible à tous tout en faisant mourir la presse papier payante, puis sont abandonnés dans le métro ou ailleurs, créant un nombre important de déchets qui ne sont pas nécessairement recyclés.
–          Personnes qui voyagent seules dans leur voiture alors qu’elles pourraient faire du covoiturage ou prendre les transports en commun.
–          Fait de laisser traîner par terre ses déchets (canettes de bière, mégots ou autres).
–          Vacances prises à l’autre bout du monde pour une semaine, là où l’on pourrait soit y aller pour une période plus longue et se rendre utile (en voyage humanitaire, par exemple) soit voyager plus près de chez soi.
–          Indifférence du monde politique par rapport à l’environnement.
–          Individualisme involontaire par manque de sensibilisation.

Comment remédier à ces tendances mortifères ?

1.      Sur les relations entre les personnes :

–          Mettre en place des spectacles et animations dans le métro (notamment des concerts qui parleraient à tout type de public).
–          Proposer des accueils café gratuits (café de qualité et si possible issu du commerce équitable) dans les stations de métro à destination de tous (du cadre au SDF) et à l’initiative d’associations qui informeraient sur leurs actions. 
–          Installer des pianos dans les stations de métro, comme cela se fait déjà dans de nombreuses gares.
–          Lutter contre le tabagisme en augmentant drastiquement les taxes sur les paquets de cigarette et de tabac dans toute l’Union européenne.
–          Inciter au tourisme familial, avec des aides à la location de gîtes à la campagne.
–          Promouvoir le tourisme solidaire, tels que le pratiquent des associations comme Coup de pouce humanitaire.
–          Sensibiliser sur le fait que nous sommes tous responsables les uns des autres et qu’il faut intervenir en cas de situation injuste.
–          Obliger les ressources humaines à protéger les salariés harcelés par leurs collègues.

2.      Sur les nouvelles technologies :

–          Informer le public, notamment les parents, sur l’effet des ondes sur le cerveau (via des émissions télévisées et les associations de consommateurs).
–          Confisquer les téléphones à l’entrée des écoles, des collèges et des lycées.
–          Sensibiliser les familles à l’importance des temps conviviaux sans écrans, notamment pour le bon développement des enfants (promenades en forêt, jeux de société, dîners au coin du feu, etc.).
–          Interdire les publicités toxiques et mieux réglementer les cookies.
–          Supprimer les caisses et guichets automatiques pour pouvoir créer du lien et de l’emploi, ou les boycotter à notre échelle.

3.      Sur les questions environnementales :

–          Règlement européen obligeant à mettre sur chaque produit en vente l’origine de tous les composants ainsi que l’empreinte carbone.
–          Placer des poubelles de tri sélectif dans le métro.
–          Supprimer les journaux gratuits.
–          Pour éviter les déchets issus des emballages individuels, revenir à la consigne, aux emballages collectifs, au vrac…
–          Mener une politique de tolérance zéro en matière d’incivilités et notamment de déchets jetés par terre : amende même pour un mégot ou pour un chewing-gum.
–          Promouvoir le tourisme vert en interdisant le tourisme discount, par des taxes au niveau européen envers les compagnies aériennes, notamment low-cost. Cela permettrait de subventionner le transport ferroviaire, afin que celui-ci soit toujours moins cher pour un même trajet que l’avion.
–          Interdire les voitures individuelles à Paris (Anne Hidalgo sera contente !).

Christine, Nicolas et Jean

      Lors d’un autre atelier, j’ai rédigé avec une autre personne un poème sur notre expérience respective par rapport au CEH. Comme nous n’avions que 45 minutes pour réaliser cet exercice d’écriture, nous n’avons pas été très rigoureux sur le nombre de pieds. Mais nous avons fait attention aux rimes. Voici notre contribution, que je publie également avec l’accord de cette personne :

Retour d’expérience sur le Courant pour une écologie humaine

Le Courant vous êtes au courant ?
– Par une conférence j’en ai eu vent.
– Moi j’étais aux assises,
Et ils ne disaient pas que des bêtises…

Je me disais que l’écologie était un truc de gauchos
Et l’anthropologie un truc de cathos,
Mais le Courant m’a montré que tout est lié :
Entre écologie et bioéthique pas d’incompatibilité !

Le tout n’est pas de cogiter :
Agissons concrètement pour l’humanité !
Afin de cohabiter dans notre commune maison,
Invitons tous les hommes à franchir notre paillasson…

À l’image de nos co-initiateurs,
Ouvrons-nous à ceux qui vivent à l’extérieur,
Aux périphéries, dans la rue, et même à ceux qui viennent d’ailleurs !
Comme eux, nous avons des limites et l’accepter est un vrai bonheur !

On peut se multiplier en décroissant,
On peut s’ancrer dans son identité tout en aidant les migrants.
Nature et humanité :
Tout est lié !


Axelle et Jean

Crédits image : Courant pour une écologie humaine.

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