Dialogue absurde pour progresser dans une langue

Apprendre une langue par l’absurde, c’est possible !

Vous voulez apprendre une langue ? Vous voulez progresser en anglais, en espagnol ou en allemand ? De nombreuses méthodes ont fait leurs preuves…

Entre autres, cet article vous conseille de réemployer le vocabulaire que vous apprenez. Cela vous permettra de le retenir durablement. Concrètement, il s’agit d’écrire des textes ou des phrases avec ces mots nouveaux. Mais quand ces termes n’ont rien à voir les uns avec les autres, ça peut donner des textes complètement absurdes. Cet exercice littéraire vous permet d’apprendre en vous amusant.

Depuis quelques mois, j’apprends le breton grâce à cette méthode. J’ai donc rédigé un dialogue dans cette langue passionnante. J’ai juste utilisé les 400 mots que je connais pour le moment. Ce texte littéraire n’a ni queue ni tête. Je vous proposerai d’abord le dialogue en breton, puis sa traduction en français.

Étant encore un novice dans l’apprentissage de cette langue, je ne garantis pas que ce soit de la grande littérature. Ne vous attendez pas non plus à de la haute philosophie druidique ! En effet, il est possible que le texte en breton contienne des erreurs. Le but n’est pas d’enrichir la littérature en langue bretonne, mais de promouvoir cette langue tout en vous faisant passer un bon moment ! 😊

Dialogue absurde en breton

– Ac’h ! An amann en osteleri zo glas !

– N’eo ket amann ! Madigoù int…

– Madigoù int ?

– Evel just ! Int madigoù ar baraer gant laezh ha chistr !

– Ha pelec’h emañ ar levr ? Pell ar gador eo ?

– N’eo ket ! War an taol eo, e-kichen ar gador.

– Trugarez Mammig !

– N’on ket da mamm ! Da c’hoar on. An Itron El-Kalawi eo ma anv.

– N’ouzon ket piv out.

– N’ouzout ket ? Ul leue out !

– N’on ket ! Ma tad zo an Aotrou Diallo, ar maer, ha ma mamm zo ur skolaerez. Ha n’eo ket melen ma blev !

– Nann, avat ar bara orañjez zo ret. Keta ?

– Eo ! Hag ur gwele digor ivez !

– Ya ! Hag aez eo o chom en ti-kêr tomm-tomm !

– Ya ! Ha daez eo butuniñ ganin war ur vag yaouank…

– Trist eo, kentoc’h.

– Ya, trist eo… Sell ! Petra eo se ?

– Se zo kafe gant laezh, chokolad, chistr, gwin ruz ha butun…

– Mat-tre ! Yec’hed mat !

– Trugarez ! Piv eo ar sekretour ?

– Hemañ eo : ar den-mañ gant ar sac’h.

– N’eo ket ar person ?

– Nann. Ar person zo ar den-hont, hep leue. Mab ma mignonez eo.

– Piv eo da mignonez ?

– Ar plac’h-se eo. Homañ gant ar blev gwenn eo, ha medisinez eo.

– Mat-tre ! Ha pelec’h emañ ar mor ?

– Ahont, e-kichen Bro-Saoz, Iwerzhon, Euskadi, Bro-C’hall ha Kembre…

– …hag emaint e-kichen ma liorzh !

– Evel just ! Hag ar gazetenner ivez. Pell ar gazetenn int…

– Piv eo ar gazetenner ?

– Homañ eo ! Al leue-mañ eo ! Ar gwaz ar studierez eo !

– Piv eo ar studierez ?

– Honnezh eo ! Ar plac’h-se merc’h ar skolaer eo. Zo gwreg ar gazetenner. Zo c’hoazh yac’h.

– ‘Ta diskuizh eo ?

– Ya, met skuizh eo Tadig ! An dour fresk zo ret…

– Ha bras eo ar paotr-mañ…

– Petra zo ?

– Ar straed zo gwer avat ar sekretour zo kozh, hepken er gêr…

– Marteze… Koulskoude, ar vakansoù tostoc’h int… Prest out ?

– Prest on ! Peseurt lein emañ en daoulagad an amezeg ?

– N’ouzon ket ! Avat ar sukr emañ war an taol. Mat eo ar sport hag al labour ivez !

– Te out ur paour-kaezh !

– Ya, un tammig. Mar plij, deus amañ, ez eus an korn ha glav zo.

– Eo se an amzer brezhoneg…

– Tomatez, deuit ! Mat-tre eo dont ha saludiñ hep gouzout peseurt ospital zo fall !

– N’eus ket studier klañv en ospital-mañ ken d’ar sul…

– Hag er stal nevez ivez !

– Petra ?

– Omp studieren eus Bro-C’hall. Pe liv eo banniel Bro-C’hall ?

– Int glas, gwenn ha ruz bannieloù Bro-C’hall ha Bro-Saoz !

– Mat-tre ! Ha penaos zo al livioù en ti ?

– Evel ur banne hag evel ur pellgomzadenn…

– Diaes eo goulenn ur penestr serret digant da breur. Lavar din : piv o chom er stal-vutun ?

– Ma mignonez !

– Ha piv eo he kamarad ?

– Henhont, hag ar bananez brav ivez. Dit eo o arc’hant.

– Trugarez ! Bananez eo honhont ?

– Ya, met diaes eo o chom en ti-post ganeoc’h, gant ar sigaretennoù ha gant an all traoù…

– Ebet ki zo dit.

– Gortoz ! Te eo. Tomm out er korn hag er gêr !

– Ma ! Neuze mat eo bezañ echu hag ober bannieloù dindan an dour. Ac’h ! Piv eo hennezh ?

– Ma c’hoar eo ar studierez-se. Xun eo he anv. Koant eo ?

– N’eo ket ! Setu unan all salud !

– N’eo ket yen ar salud-mañ dirak da breur. Eus pelec’h zo ?

– Eus a-dreñv hini ah zo kozh.

– Ar tud kozh oc’h c’hwi !

– Trugarez ! Pelec’h emañ ar pakad ? En ti ?

– Aes eo mont ganin ha gant ur gador tomm ha demata e Iwerzhon.

– A-walc’h ! Kenavo !

– Demat ! Mont a ra ? Alo adarre ! Salud c’hoazh !

– Ken arc’hoazh !

Traduction en français du dialogue absurde ci-avant

– Berk ! Le beurre est bleu dans le bistrot !

– Ce n’est pas du beurre ! Ce sont des bonbons…

– Ce sont des bonbons ?

– Bien sûr ! Ce sont les bonbons du boulanger avec du lait et du cidre !

– Et où se trouve le livre ? Est-il loin de la chaise ?

– Non ! Il est sur la table, à côté de la chaise.

– Merci maman !

– Je ne suis pas ta mère ! Je suis ta sœur. Mon nom est madame El-Kalawi.

– Je ne sais pas qui tu es.

– Tu ne sais pas ? Tu es un imbécile !

– Non, je n’en suis pas un ! Mon père est monsieur Diallo, le maire, et ma mère est une institutrice. Et je ne suis pas blond !

– Non, mais le pain orange est nécessaire. N’est-ce pas ?

– Si ! Et un lit ouvert également !

– Oui ! Et il est facile d’habiter dans une mairie très chaude !

– Oui ! Et il est difficile de fumer avec moi sur un jeune bateau…

– C’est triste, tu veux dire.

– Oui, c’est triste… Regarde ! Qu’est-ce que c’est ?

– C’est du café avec du lait, du chocolat, du cidre, du vin rouge et du tabac…

– Très bien ! Santé !

– Merci ! Qui est le secrétaire ?

– C’est lui : cet homme-ci, avec le sac.

– Ce n’est pas le curé ?

– Non. Le curé est cet homme, là-bas, qui n’a pas de veau avec lui. C’est le fils de mon amie.

– Qui est ton amie ?

– C’est cette fille. Celle-là, avec les cheveux blancs. Elle est médecin.

– Très bien ! Et où se trouve la mer ?

– Là-bas, à côté de l’Angleterre, de l’Irlande, du Pays Basque, de la France et du Pays de Galle…

– …et tout cela est à côté de mon jardin !

– Bien sûr ! Et le journaliste aussi. Tout cela est loin du journal…

– Qui est le journaliste ?

– C’est lui ! C’est cet imbécile-ci ! C’est le mari de l’étudiante !

– Qui est l’étudiante ?

– C’est cette fille-là ! C’est la fille de l’instituteur et la femme du journaliste. Elle est encore en bonne santé.

– Mais elle n’est pas fatiguée ?

– Non, mais papa l’est ! L’eau fraiche s’avère nécessaire…

– Et ce gars est grand…

– Qu’y a-t-il ?

– La rue est verte mais le secrétaire est vieux, seulement dans la maison…

– Peut-être… Pourtant, les vacances se sont approchées… Es-tu prêt ?

– Je suis prêt ! Quel petit-déjeuner se trouve dans les yeux du voisin ?

– Je ne sais pas ! Mais le sucre est sur la table. Le sport, c’est bien, et le travail aussi !

– Tu es une pauvre malheureuse !

– Oui, un peu. S’il te plaît, viens ici, il y a un coin et il pleut.

– C’est un temps breton…

– Venez, les tomates ! C’est très bien de venir et de saluer sans savoir quel hôpital est mauvais !

– Il n’y a plus d’étudiant malade dans cet hôpital le dimanche…

– Et dans le nouveau magasin non plus !

– Quoi ?

– Nous sommes des étudiants originaires de France. De quelle couleur est le drapeau français ?

– Les drapeaux français et anglais sont bleu, blanc et rouge !

– Très bien ! Et comment sont les couleurs à la maison ?

– Comme un coup à boire et comme un coup de fil…

– Il est difficile de demander une fenêtre fermée à ton frère. Dis-moi : qui habite dans le bureau de tabac ?

– Mon amie !

– Qui est son ami ?

– Celui qui est là-bas, et les belles bananes également. Leur argent t’appartient.

– Merci ! Ce sont des bananes ?

– Oui, mais il est difficile d’habiter dans le bureau de poste avec vous, avec les cigarettes et avec les autres choses…

– Aucun chien n’est à toi.

– Attends ! C’est toi. Tu es chaud dans le coin et dans la ville !

– Bien ! Alors il est bon d’être fini et de faire des drapeaux sous l’eau. Berk ! Qui est-ce ?

– Cette étudiante est ma sœur. Elle s’appelle Xun. Est-elle jolie ?

– Non ! Voici une autre salutation !

– Cette salutation-ci n’est pas froide devant ton frère. D’où est-il ?

– De derrière celui qui est vieux.

– C’est vous, les vieux !

– Merci ! Où est le paquet ? À la maison ?

– Il est facile de partir avec toi ainsi qu’avec une chaise chaude et de dire bonjour à l’Irlande.

– Assez ! Au revoir !

– Bonjour ! Ça va ? Allô à nouveau ! Salut encore !

– À demain !

Et voilà pour l’exercice de style de fin août ! Ce dialogue absurde vous a donné envie d’apprendre le breton ? Vous pourrez le faire gratuitement grâce à cette méthode. Vous voulez progresser dans une langue ? Cet article vous donne de bons conseils pour vous améliorer rapidement !

À bientôt sur mon blog pour de nouvelles trouvailles en littérature linguistique !

Jean O’Creisren


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¿Por qué soy fan de Ska-P?

¿Conocen a Ska-P? Es una banda de ska española oriunda del barrio popular de Vallecas, en Madrid. Si no les suena nada este grupo, pueden visitar su página web oficial.

Tuve la suerte de descubrir Ska-P cuando empecé a aprender el español. Tenía entonces 13 años. Un primo me dio a conocer su música y ésta me gustó. Al escuchar las canciones de Planeta Eskoria y El Vals del Obrero, me di cuenta rápidamente de que era algo para los rebeldes. Y eso, ¡claro que te gusta cuando eres un adolescente! Descubrí lo que era el anarquismo y me flipaba cantar “Legalización” para molestar a mis padres.

El Gato López en la carátula del álbum ¡¡Que corra la voz!!

Lo que también me gustaba era el Gato López. La mascota de la banda “es un gato obrero” que lleva una gorra verde, amarilla y roja, algunos piercings y una medalla anarquista. También fuma un porro. En el colegio, dibujé muchos Gatos Lópeces, sobre todo durante las clases de matemáticas. Aquí vienen los 2 mejores:

Éste lo dibujé para colocarlo de la pared del aula. Es un homenaje a Ska-P y a los 5 álbumes que habían producido entonces. Pero como no teníamos el derecho de poner símbolos políticos en el aula, reemplacé la medalla anarquista por una medalla “Peace and love”. Bueno, estamos de acuerdo de que no le corresponde para nada a este gato tan agresivo. ¡Ja! ¡Ja! ¡Ja!
Esta serie de parodias del Gato López tiene por objetivo imaginar qué tipo de gatos tendrían bandas de otros estilos de música. Bueno, es la visión de un adolescente que tiene más afición por unos géneros que por otros…

Pero, sobre todo, escuchar a Ska-P me hizo progresar muchísimo en español. Gracias a sus canciones pude aprender las palabrotas. En efecto, la primera letra que aprendí de memoria fue la de “A la mierda”. También pude memorizar mucho vocabulario sobre la política, mejorar en cuanto a la comprensión auditiva y a acento. No podría haber sido primero de clase en español desde el 2° de ESO hasta la diplomatura de Filología Hispánica sin la ayuda de Ska-P. Aún hoy, cuando traduzco un texto de francés a español, Ska-P me ayuda mucho. Si tengo alguna duda sobre una preposición u otra cosa, recuerdo que así lo dicen en tal canción que conozco de memoria.

Además, Ska-P tiene canciones cuyo ritmo es alegre y cuyo sonido me gusta, aunque la letra sea triste. Por ejemplo, el ritmo de “Un@ más” te da ganas de bailar, aunque la letra es muy pesimista. Así que, a veces, necesito escuchar a Ska-P para animarme: cuando conduzco bajo la lluvia, cuando limpio mi piso, cuando friego los platos, etc.

¿De qué tratan las canciones de Ska-P?

La gente conoce a Ska-P sobre todo por “Legalización”. Pero hay otras mucho más interesantes. Unas tratan de la condición obrera: “El Valso del Obrero”, “Naval Xixón”, “La fábrica”, etc. Los miembros de la banda provienen de las clases populares y conocen bien este tema.

Otras canciones hablan de política, criticando el capitalismo y el orden establecido. Es el caso de “¿Quiénes sois?” y de “Canto a la rebelión”. “Intifada” apoya al pueblo palestino sin antisemitismo ni islamismo alguno. A mí me gusta, aunque no pienso que la protesta violenta sea la solución. El ritmo de esta canción es muy rápido. Es un auténtico desafío bailar el rock con una chica en ella, y lo hice yo. 😉 Ska-P también denuncia el liberalismo que rige la Unión europea en “The Lobby Man”. Critica la monarquía española en “Jaque al rey”. Para un gabacho como yo, cabe notar “La Colmena”, en la cual se abarcan los disturbios de 2005 en los suburbios de mi país. En esta canción oímos al expresidente Nicolas Sarkozy y Ska-P canta en francés… con un acento español. Denunciar, denunciar… Pero ¡claro que el grupo también propone alternativas! “Marinaleda” promueve un municipio andaluz regido según el principio de autogestión. La banda muestra que en anarquismo no es una mera utopía, sino que se puede aplicar en la realidad.

Si el mensaje político es muy a menudo orientado, Ska-P también denuncia injusticias que cualquier ser humano debería denunciar. Por ejemplo, “Violencia Machista” es un grito de resistencia contra la violencia de género. “Alí el Magrebí” es un homenaje a los inmigrantes que nos llama a la solidaridad y a la lucha contra el racismo. Asimismo, “Niño Soldado” y “Los hijos bastardos de la globalización” defienden los derechos del niño. Por fin, “El Olvidado” nos llama a ayudar a los sin techos.

Ska-P también es sensible a la condición animal. “Insensibilidad” trata de las mascotas abandonadas por sus dueños. Del mismo modo, la banda se opone a las corridas de toros en “Abolición”, “Vergüenza” y “Wild Spain”.

Como banda anticapitalista, Ska-P critica la sociedad de consumo. “Consumo Gusto” es un buen ejemplo de ello. Pero el grupo habla de muchos otros temas: la censura, el medio ambiente, la pena de muerte y las violencias policiales, reivindicaciones feministas y LGBTI, la denuncia de la evasión fiscal, etc. Además, existen escasas canciones que no son reivindicativas. “No lo volveré a hacer más” es una de ellas. Trata de forma divertida del tema de la borrachera y de la resaca. Vi el videoclip con un amigo alcohólico que no habla español. Reaccionó con mucho humor y me dijo: “¡El tío del vídeo soy yo!” En el primer álbum de la banda salió “Como un rayo”. El ritmo festivo de esta canción me gusta particularmente. Aquí viene un vídeo con la letra. Haciendo clic en este enlace pueden ver ustedes un concierto de esta canción en 1995. Para los fans de Ska-P como yo, resulta emocionante ver los principios de la banda, cuando los miembros eran muy jóvenes y todavía estaban buscando su estilo…

Al mejorar mi nivel de español, me di cuenta de que la letra de las canciones de Ska-P tiene una calidad literaria muy interesante, con figuras retóricas y referencias culturales bien encontradas.

Los miembros de la banda Ska-P en 2018

¿Y respecto a la religión?

Como grupo anarquista, Ska-P critica mucho las religiones, sobre todo el catolicismo. A menudo, ponen palabras sexuales y escatológicas en las canciones que tratan de un tema religioso. Por ejemplo, en una canción se compara al Papa con una mosca de mierda.

Los que me conocen un poco saben que, en la vida real, soy un meapilas. Entonces, aunque soy fan de Ska-P, me niego a escuchar las canciones que no respetan a mi Dios y mis creencias. Sin embargo, a veces escucho “Crimen Solicitationis”. Esta canción acomete contra la Iglesia, pero por razones adecuadas. En efecto, hace hincapié en los abusos sexuales cometidos por unos sacerdotes. Soy católico, pero estos crímenes son muy graves y estoy totalmente de acuerdo con Ska-P a la hora de denunciarlos.

Aunque Ska-P muestra hostilidad respecto al cristianismo, abundan las referencias religiosas en la letra de algunas canciones. Por ejemplo, en “Intifada”, cantan “¿Quién podía imaginar que David fuese Goliat?”, para decir que los israelíes intercambiaron su papel militar con los palestinos. En la Biblia, Goliat representa la fuerza armada del potente pueblo filisteo (“filisteo” dio su origen a la palabra “palestino”) y David es un niño frágil israelita que desafía a Goliat tirándole piedras. Hoy pasa lo contrario: el ejército israelí es muy poderoso y los oponentes civiles palestinos tiraron piedras a los soldados de Tsahal durante los conflictos llamados “intifadas”.

Hay otras más referencias a la Biblia, a la historia de la Iglesia, e incluso a otras religiones (como al islam en “Alí el Magrebí”). No obstante, habría que escribir otro artículo sobre este tema. Sea lo que sea, esto muestra que los miembros de Ska-P tienen un buen conocimiento de la religión católica, como muchos españoles. Para mí, es importante interesarse por la cultura religiosa. Luego, creer o no es otro asunto. Un@ está libre de tener la fe o no. Pero, para poder elegir, hay que conocer, saber en qué un@ cree o a qué un@ renuncia. Y si tu cultura religiosa te sirve para criticar la religión, tus argumentos tendrán mucho más peso que los de una persona que se considera atea, pero que, en realidad, no puede criticar bien por no conocer lo que rechaza.

En definitiva, Ska-P es una banda que me gusta muchísimo. Aunque no comparto todas sus ideas, aunque nunca tuve la oportunidad de verlos en concierto, considero que soy un gran fan de esta banda. Realmente merece la pena escuchar su buena música. Entonces, no duden en hacerlo, ¡¡hasta la victoria siempre!! 😉

Jean O’Creisren

Créditos de imagen: Ska-P y Jean O’Creisren


¿Tú también eres fan de Ska-P?

Aquí viene la traducción al francés de las canciones siguientes:

« Alí el magrebí »

« No lo volveré a hacer más »

« The Lobby Man »

« El Olvidado »

« Patriotadas »

« Consumo gusto »


Más contenido en español:

Érase una vez tres árboles

La Biblia y el móvil

Chistes franceses

La Biblia y el celular

Homenaje al líder máximo

« Consumo gusto » de Ska-P (paroles en français)

Vous aussi, vous êtes fan de Ska-P ? Voici ma traduction en français des paroles de « Consumo gusto » (¡¡Que corra la voz!! – 2002)

Je consomme du plaisir / Avec un plaisir suprême[1]

Acheter, des choses qui ne valent rien,
Acheter, pour les oublier dans le grenier,
Acheter, c’est un plaisir exceptionnel,
Acheter, comme j’aime gaspiller !
Toute la journée, je bosse comme un connard jusqu’à 10 heures
pour un salaire de merde qui s’épuise avant la fin du mois,
mais la télé me dit que je dois consommer.
J’accepte avec un plaisir suprême ; je me laisse persuader.


Payer, le collège du gamin,
Payer, la putain de lumière, l’eau et le gaz,
Payer, la maison de retraite de maman,
Payer, ma vie consiste à évaluer le débit.
Je paye la facture de la bagnole, je paye la copropriété
je paye la putain d’hypothèque, je paye l’addition que je dois au bar,
je paye la facture du caméscope, je paye la facture du téléviseur,
je paye l’assurance de la bagnole, je paye la facture de l’ordinateur.


Putain d’argent, putain d’argent [x2]
la société de consommation m’a transformé en son serviteur.
Putain d’argent, putain d’argent [x2]
avoir toujours de l’eau jusqu’au cou : c’est ça, la vie d’un consommateur !


Esclave de la putain de publicité, je suis esclave !
Esclave, la société du bien-être n’est pas égale avec tout le monde.


Ici se termine l’histoire de cet humble travailleur
qui s’est fait utiliser et ne s’est même pas rendu compte
de qui tire les bénéfices, de qui tire les ficelles :
ceux qui sont là-haut, ceux qui mènent la barque.


Putain d’argent, putain d’argent [x2]
la société de consommation m’a transformé en son serviteur.
Putain d’argent, putain d’argent [x2]
avoir toujours de l’eau jusqu’au cou : c’est ça, la vie d’un consommateur !


Esclave de la putain de publicité, je suis esclave !
Esclave, la société du bien-être n’est pas égale avec tout le monde. [x3]
N’est pas égale avec tout le monde… n’est pas égale avec tout le monde… Égale !

Traduit de l’espagnol par Jean O’Creisren avec l’autorisation du groupe Ska-P

Texte source : https://www.musica.com/letras.asp?letra=23666 [consulté le 01.01.2020]


[1] «Consumo gusto» peut se traduire de plusieurs façons. Consumo signifie « je consomme », mais fait aussi partie de l’expression sociedad de consumo, qui veut dire « société de consommation ». Avec une orthographe différente, con sumo gusto se traduirait par « avec un plaisir suprême ». À la fin de la première strophe, cette expression apparaît, comme un clin d’œil au jeu de mots du titre : «Acepto con sumo gusto, yo me dejo persuadir». J’ai donc traduit par : « J’accepte avec un plaisir suprême ; je me laisse persuader. »


Vous aussi, vous êtes fan de Ska-P ?

Vous aimerez :

¿Por qué soy fan de Ska-P?

« Alí el magrebí »  (paroles en français)

« No lo volveré a hacer más » (paroles en français)

« The Lobby Man » (paroles en français)

« El Olvidado » (paroles en français)

« Patriotadas » (paroles en français)

« The Backwoods of Canada », un hommage littéraire au pays de l’érable

Aujourd’hui, 1er juillet, nous célébrons la fête nationale du Canada. Je vous propose donc la traduction d’un extrait de The Backwoods Of Canada. Il s’agit d’une série de lettres qu’une voyageuse britannique a écrit à sa mère au XIXe siècle. Catharine Parr Traill rédige en anglais dans un style captivant. Dans cette traduction inédite en français, j’ai tâché de rendre toute la description poétique de la nature canadienne… Pour plus d’informations sur l’œuvre, veuillez consulter ce lien.

Traduction de Jean O’Creisren :

Brick Laurel, fleuve Saint-Laurent, le 6 août 1832

Ma chère mère, j’ai arrêté de vous écrire pour cette simple raison : je n’avais rien à dire. Chaque jour n’était en quelque sorte que l’écho de celui qui le précédait ; si bien qu’une page copiée sur le journal de bord du capitaine se serait avérée aussi amusante et tout à fait aussi instructive que mon journal si j’en avais tenu un pendant la dernière quinzaine.

Ce temps a été si vide d’événements que la vue d’un groupe d’hyperoodons, de deux ou trois phoques et d’un marsouin, peut-être en chemin pour un dîner ou un thé au Pôle Nord, a été considérée comme un fait d’une grande importance. Chaque longue-vue a été réquisitionnée dès qu’ils ont fait leur apparition et les monstres marins ont presque été dévisagés à en être décontenancés.

Les côtes de la Terre-Neuve étaient en vue le 5 août, exactement un mois après le jour où nous avons jeté notre dernier regard sur les îles Britanniques. Bien que la côte fût brune, déchiquetée et désolée, j’ai salué son apparition avec ravissement. Rien ne m’a jamais semblé aussi rafraîchissant et délicieux que la brise de la terre qui nous est parvenue, portant, pensai-je, la santé et la joie sur ses ailes (…).

Le 7 août—Ce matin, nous avons reçu la visite d’un joli petit oiseau, pas bien plus grand que notre roitelet huppé. Je l’ai salué comme un oiseau de bon augure, un petit messager envoyé pour nous souhaiter la bienvenue dans le Nouveau Monde. Et j’ai presque ressenti une joie enfantine à la vue de notre menu visiteur. Il y a dans nos vies des moments joyeux où nous tirons le plus grand plaisir des choses les plus insignifiantes, de même que les enfants sont contents avec le plus simple des jouets (…).

Je peux maintenant apercevoir avec précision le tracé de la berge sur la rive sud du fleuve. Parfois, les hautes terres sont soudainement enveloppées dans de denses nuages de brume en perpétuel mouvement, roulant dans des volutes sombres, tantôt teintes de lumière rosée, tantôt blanches et floconneuses, ou brillantes comme l’argent lorsqu’elles captent les rayons du soleil. Les changements qui se produisent dans le banc de brouillard sont si rapides que, la prochaine fois que je lèverai les yeux, je verrai peut-être la scène changée, comme par magie. Le rideau de brume est lentement tiré, comme par des mains invisibles, et les montagnes sauvages et boisées sont partiellement révélées, avec leurs puissants rivages rocheux et leurs baies aux courbes majestueuses. À d’autres moments, la masse de vapeur se divise, se déplace le long des vallées et des profonds ravins, comme de hautes colonnes de fumée, ou reste suspendue comme des draperies neigeuses parmi les pins sombres de la forêt (…).

Le 8 août —Bien que je ne puisse que demeurer en état d’émerveillement et d’admiration devant la majesté et la puissance de ce fleuve imposant, je commence à me lasser de son immensité et je rêve d’une vue plus proche du rivage ; mais actuellement, nous ne voyons rien d’autre sur la rive sud que de longues rangées de collines revêtues de pins, avec ici et là une tache blanche, qu’on me présente comme des colonies et des villages ; en revanche, sur la rive nord du fleuve, d’immenses montagnes dépouillées de verdure limitent notre vue. Mon admiration pour les paysages montagneux fait davantage pencher mon intérêt vers ce côté-ci du cours d’eau, et je regarde avec un plaisir concluant la progression des cultures le long de ces régions accidentées et inhospitalières (…).

Tandis que j’écrivais ce qui précède, j’ai été surprise par un remue-ménage sur le pont. En montant pour m’enquérir de la cause de tout cela, j’ai été informée qu’un bateau amenant le pilote tant attendu avait appareillé du rivage ; mais après tout ce tapage et toute cette agitation, il s’est avéré qu’il s’agissait seulement d’un pêcheur français accompagné d’un pauvre gamin déguenillé, son assistant. Sans trop de difficulté, le capitaine a persuadé monsieur Paul Breton[1] de nous piloter jusqu’à Green Island, à une distance de quelques centaines de miles en remontant le fleuve, où il nous a assurés que nous devrions rencontrer un pilote confirmé, si cela ne se produit pas avant.

J’ai quelques petites difficultés à comprendre monsieur Paul, car il parle un dialecte particulier ; mais il semble assez accommodant et serviable. Il nous informe que le maïs est encore vert et que les épis sont à peine formés. Il nous dit également que les fruits estivaux ne sont pas encore mûrs, mais que nous trouverons à Québec des pommes et autres fruits en abondance.

D’après Catharine Parr Traill, The Backwoods Of Canada (1836)


[1] « Monsieur Paul Breton » : en français dans le texte.


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Des arguments pour évangéliser

Il y a quelques jours, nous avons fêté la Pentecôte. Comme les disciples, sortons annoncer au monde que le Christ est ressuscité !

Eh oui, pour les chrétiens, l’amour de Dieu est plus fort que la mort. Nous croyons aussi que Jésus nous envoie annoncer cette Bonne Nouvelle au monde entier. Cette annonce s’appelle l’évangélisation. Mais attention : évangéliser, ce n’est pas imposer ! C’est proposer un message, auquel les gens sont libres d’adhérer ou non. Nous pouvons annoncer l’Évangile, mais c’est Dieu seul qui peut convertir telle ou telle personne, si celle-ci Le laisse faire. Car Dieu est amour et il ne fait rien sans nous laisser libres.

Si Jésus nous envoie annoncer la Bonne Nouvelle au monde, comment s’y prendre ?

Nous verrons ici quelques arguments pour évangéliser des personnes qui croient de différentes manières ou ne croient pas. Toutefois, ce n’est pas seulement à coup d’arguments qu’on évangélise. Jésus nous a donné la clé : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13, 35). Eh oui, on ne peut témoigner d’un Dieu-Amour qu’en essayant d’aimer. Être chrétien, c’est notamment respecter autrui, avoir le souci des plus pauvres, prendre soin de la création, etc. Si vous arrivez très sûr(e) de vous en disant : « Moi, j’ai la Vérité, et je vais te l’apporter, à toi, pauvre ignorant ! », vous allez vous faire envoyer promener… Au contraire, ayons une attitude respectueuse : une écoute de ce que l’autre souhaite dire sur le sujet, un certain humour, un réel intérêt pour ce que vit l’interlocuteur, une compassion face aux souffrances qu’il ou elle peut porter. Même si la personne en face de nous pense beaucoup de mal des cathos, du Pape et de l’Église, laissons-là exprimer son point de vue. Jésus s’y prenait de cette manière-là !

Après, avec certaines personnes, il peut arriver d’avoir des débats théologiques. Voici ce que je vous propose de répondre à celles et à ceux qui affichent certaines convictions différentes des vôtres, voire une absence de convictions…

Pour dialoguer avec un(e) athée :

Tu me dis qu’il y a trop de souffrance dans le monde pour que Dieu existe. Tu as raison de dire que la souffrance est révoltante ! Moi, je crois en un Dieu tout-puissant en amour. Dieu n’aime pas nous voir souffrir. Il nous aime tellement qu’Il tient à souffrir avec nous. Sur la croix, Jésus a vraiment morflé. Il a morflé pour nous parce qu’Il nous aime.

D’ailleurs, juste avant de mourir, Jésus dit : « Mon Dieu, mon Dieu, pour quoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46). À ce moment-là, Il fait l’expérience de l’absence de Dieu. Tout comme toi, il n’a pas de raison de croire en Dieu en cet instant précis. En d’autres termes, Il comprend ce que tu vis dans ton athéisme.

Et grâce à Sa souffrance, nous sommes sauvés. Comme Lui, nous pourrons ressusciter pour une vie éternelle. Nous aurons droit à un bonheur sans fin, sans la moindre douleur. Le christianisme n’est pas une religion de la souffrance, mais une religion de la vie et de l’amour.

Si tu souhaites en savoir plus, je t’invite à regarder cette vidéo :

Pour dialoguer avec un(e) agnostique :

Tu ne sais pas si Dieu existe ou non. Certaines choses te poussent à croire et d’autres à ne pas croire. Cette situation n’est pas confortable pour toi et tu te dis que Dieu n’est pas démontrable par la raison. Le philosophe Blaise Pascal se posait les mêmes questions que toi. Il n’a pas démontré l’existence de Dieu, mais s’est dit qu’en pariant sur celle-ci, on gagnait tout. Voici un extrait du pari pascalien :

« Puisqu’il faut choisir, voyons ce qui vous intéresse le moins. Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude ; et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter. »

Selon Blaise Pascal, il est donc plus raisonnable de parier que Dieu existe. Cela nous engage à ordonner notre vie comme si nous allions être jugés sur nos actes à la fin. Si Dieu existe, nous entrerons alors au Paradis. En revanche, si nous avons fait le mal toute notre vie en pariant que Dieu n’existe pas, nous aurons une mauvaise surprise à l’heure du jugement. Et si Dieu n’existe pas, nous n’aurons rien perdu en pariant sur son existence. Tu trouveras le texte complet ainsi qu’une analyse universitaire de ce passage sur ce lien.

Pour ce qui est de prouver l’existence de Dieu, Aristote s’y est attelé. Il était grec, donc issu d’un peuple qui croyait en plusieurs divinités. Il observait que tout a une cause : notre monde d’aujourd’hui ne serait pas ce qu’il est sans tout ce qu’il s’est passé tout au long de l’histoire. L’homme n’aurait pas pu écrire l’Histoire sans l’évolution des primates. Les primates ne se seraient pas développés ainsi sans la disparition des dinosaures. Les dinosaures n’auraient pas existé sans l’apparition de la vie sur Terre. La vie ne serait pas apparue sur Terre sans un milieu propice à son éclosion… Nous pouvons toujours remonter les causes et les effets. Mais Aristote se dit qu’on ne peut pas remonter comme ça à l’infini. Il doit bien y avoir une cause première. Et ce « premier moteur » n’est mu par aucun autre. Il est éternel et se trouve être donc la cause finale de tout. Cette « cause première » ou ce « premier moteur », c’est ce que nous appelons Dieu.

Au-delà de cette démonstration intellectuelle, la foi est aussi une question de volonté. La raison peut nous amener à un certain point, au-delà duquel on peut croire ou non. Pour continuer ce chemin vers la foi, il faut poser un acte volontaire.

Que veux-tu ? Dans la Bible, Dieu dit : « Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui » (Dt 30, 19-20). Et toi, comment veux-toi voir les choses ? Quelle vision du monde veux-tu porter ? Veux-tu croire que la mort a le dernier mot ou veux-tu espérer en la toute-puissance de l’Amour ? Veux-tu choisir une perspective de bonheur ou de malheur ? Veux-tu choisir une vie heureuse dans l’amour de Dieu ou une vie d’orphelin ? Veux-tu avoir à tes côtés un Ami qui te tire vers le haut ? Souhaites-tu au contraire avancer avec difficulté, en ne comptant que sur tes propres forces ? Veux-tu vivre de manière exigeante en te pliant à la Loi d’amour du Seigneur ou t’égarer dans une pseudo-liberté ?

Si tu souhaites en savoir plus, je t’invite à regarder cette vidéo.

Pour dialoguer avec une personne de confession juive :

Vous, les Juifs, vous êtes nos frères aînés dans la foi. Vous êtes ceux à qui Dieu a parlé en premier et vous devez en être fiers ! Vous gardez pieusement les racines de notre religion. Dans l’Ancien Testament, cette partie de la Bible que nous avons en commun avec vous, nous voyons des signes de la venue de Jésus. Je t’invite à en découvrir plus sur ce lien.

Pour dialoguer avec une personne qui croit en Dieu, mais pense qu’Il se manifeste à travers les états de transe générés par les drogues :

Tu penses rencontrer Dieu dans les champignons hallucinogènes, le teuch ou l’ayahuasca ? Ce sont peut-être des expériences uniques, mais ça te détruit la santé ! Je vais t’indiquer quelques drogues fiables, à travers lesquelles Dieu peut vraiment te parler :

  1. La Bible. Oui, Dieu te parle à travers la Bible. Ce livre… Que dis-je ? Cette bibliothèque est un vrai trésor sur le plan littéraire, culturel, philosophique et spirituel. On y trouve des textes d’une grande variété : des conseils remplis de sagesse, de belles prières, des bijoux de poésie amoureuse, des sagas guerrières, des contes d’une profondeur inouïe, des lettres, des récits mystiques complètement délirants… sans oublier le cœur de la Révélation, l’Évangile, cette histoire de Jésus qui révèle combien Dieu nous aime. Oui, Dieu t’aime tel que tu es, même si la drogue te fait du mal.
  2. Si tu sens que ton cœur est lourd, si tu te sens coupable de tel ou tel péché, ne te réfugie pas dans une drogue qui ne résout rien. Va plutôt voir quelqu’un qui peut vraiment guérir ton âme. Si tu es baptisé, va voir un prêtre pour te faire confesser. Un prêtre qui confesse bien ne te jugera pas. S’il te fait culpabiliser, alors c’est lui qui devrait aller au confessionnal ! Non, quand on va se confesser, on entre avec le cœur lourd, mais on ressort tout léger, heureux d’avoir été pardonné.
  3. La troisième drogue que je te propose est daller à la messe. Si tu n’as pas commis de péché grave, ou si tu t’es confessé depuis, et si tu as déjà fait ta première communion, tu peux recevoir le Corps du Christ. Oui, croie-moi, cette drogue-là est hyper efficace ! Ça ne t’explose pas le cerveau, mais ça fortifie ton âme. Ça la remplit d’amour. Or, si tu abuses de drogues, n’est-ce pas pour combler un manque d’amour dont tu souffres tant ?

Il y a plein d’autres manières d’être un toxico de Jésus : la prière du chapelet, l’invocation de l’Esprit Saint, la louange, l’adoration, les pèlerinages, les lectures spirituelles, les études de théologie… Encore une fois, ces drogues-là ne font que du bien, car Dieu veut te faire grandir et non te détruire !

Pour dialoguer avec une personne de confession musulmane :

Nos religions ont plein de choses en commun. Toi et moi, nous croyons en un Dieu unique, créateur de toute chose et tout-puissant. Tu fais le Ramadan, je fais le Carême. Tu pries, moi aussi. Tu as le souci du plus pauvre, moi également. Mais une chose fondamentale nous divise. Pour moi, Jésus est Dieu et pour toi, ce n’est qu’un prophète. Pour toi, Il n’est pas mort et n’est pas ressuscité. Pour toi, la Bible a été falsifiée et le Coran rétablit la vérité. Pour toi, Dieu ne peut pas être à la fois un et trois. Nous pourrions passer toute une vie à débattre de nos désaccords. Chrétiens et musulmans n’ont pas fini de disserter sur ces contradictions. Je vais d’abord te soumettre deux remarques pour te montrer que la Trinité est bel et bien suggérée dans ta religion :

  • Le vert est la couleur de l’islam, n’est-ce pas ? Sais-tu que c’est également la couleur du catholicisme irlandais ? Et sais-tu pourquoi ? Parce que c’est celle du trèfle de saint Patrick. Celui-ci a expliqué la Trinité aux Celtes polythéistes. Ces derniers lui ont demandé comment un Dieu pouvait être à la fois un et trois. Il a montré un trèfle en disant : « il y a un seul trèfle, mais celui-ci a trois feuilles différentes ».
  • La seconde remarque est la suivante : quand tu fais tes ablutions, chaque geste est répété trois fois. En effet, tu me dis toi-même que le 3 est le chiffre préféré d’Allah. Pourquoi donc, à ton avis ?

Mais il faut savoir que la Trinité est avant tout une communion d’amour entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Oui, nous croyons que Dieu est amour. Pour nous, Il est le tout-miséricordieux, le très miséricordieux (الرَّمان الرَّحيم – al-raḥmân al-raḥîm). D’après notre religion, Dieu créateur aime, donc Il engendre le Fils. Le Père et le Fils s’aiment infiniment et leur relation d’amour est l’Esprit Saint, qui rejaillit sur le monde. Et cette communion d’amour embrasse toute la création. Si Dieu est amour, Il est relation. Dieu nous a créés par amour. Donc il ne peut que nous aimer. Dans l’islam, Allah a 99 attributs. Vous considérez que le centième sera révélé dans l’au-delà. Joseph Fadelle, un musulman converti au christianisme, considère que ce 100e attribut est حُبّ [ḥubb], « l’amour ».

Tu dis également que Jésus n’est pas ressuscité. Pour toi, il n’est même pas mort. Il a été enlevé au Ciel par Allah et un sosie a été crucifié à sa place. Mais, pour nous les chrétiens, Sa Résurrection est au cœur de notre foi. Tu ne crois pas à cette histoire ? Qu’en diras-tu après avoir vu cette vidéo ?

Pour dialoguer avec un témoin de Jéhovah :

Les témoins de Jéhovah se basent sur la Bible, mais ils en ont une interprétation erronée. Notamment, ils nient la divinité de Jésus. Or, quand on lit de plus près, la Bible dit que Jésus est Dieu. Regardons ce passage du chapitre 18 de l’Évangile de Jean, où le Christ est arrêté avant sa Passion :

Ayant ainsi parlé, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C’est moi, je le suis. » Judas, qui le livrait, se tenait avec eux. Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre. Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. » Jésus répondit : « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. »

Source : AELF

« C’est moi, je le suis. » est la traduction du grec « ἐγώ εἰμι » [ego eïmi]. Une traduction littérale de cette phrase donne : « Moi, je suis ». Or « Je suis celui qui suis » est la façon dont l’Éternel se présente à Moïse dans l’épisode du buisson ardent : אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה [’ehyeh ’ăšer ’ehyeh]. Autrement dit, Jésus reprend les mêmes mots pour dire qu’Il est Dieu. Notons que « ἐγώ εἰμι » est répété trois fois. En effet, l’évangéliste insiste car ce détail est important. Et quelle est la réaction de cette troupe de soldats armés jusqu’aux dents ? Ils se cassent la figure ! Ils tombent comme un château de cartes devant la toute-puissance de l’Éternel.

Voilà donc ce que vous pouvez répondre à un témoin de Jéhovah qui essaie de vous prouver que Jésus n’est pas Dieu.

Une autre idée des témoins de Jéhovah est qu’il n’y aura que 144 000 sauvés. Pour cela, ils se basent sur le chapitre 7 du livre de l’Apocalypse. Dans ce cas, ça ne vaut même pas le coup d’être témoin de Jéhovah, puisqu’ils sont largement plus que 144 000 ! Mais voyons ce qu’enseigne réellement la Bible à ce sujet :

Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël. De la tribu de Juda, douze mille marqués du sceau ; de la tribu de Roubène, douze mille ; de la tribu de Gad, douze mille ; de la tribu d’Aser, douze mille ; de la tribu de Nephtali, douze mille ; de la tribu de Manassé, douze mille ; de la tribu de Siméon, douze mille ; de la tribu de Lévi, douze mille ; de la tribu d’Issakar, douze mille ; de la tribu de Zabulon, douze mille ; de la tribu de Joseph, douze mille ; de la tribu de Benjamin, douze mille marqués du sceau. Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main (…). L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, et le servent, jour et nuit, dans son sanctuaire. Celui qui siège sur le Trône établira sa demeure chez eux. Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, ni le soleil ni la chaleur ne les accablera, puisque l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »

Source : AELF

Donc, pour résumer, les cent quarante-quatre mille sauvés sont juste 12 000 personnes de chaque tribu d’Israël. Ce sont donc des Juifs et non des témoins de Jéhovah. Néanmoins, d’après Antonio Fuentes Mendiola, « le nombre 144 000 (mille fois 12×12) est purement symbolique. Il représente d’une part la perfection (douze) et d’autre part la multitude (mille). »[1] Enfin, le texte précise juste après qu’une foule indénombrable issue de tous les peuples de la Terre rejoint ces 144 000. Le salut est donc proposé à tous. Dans un autre texte biblique, Jean écrit que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8). Le Seigneur aime donc tout le monde et veut que tous soient sauvés. Il aime aussi les pécheurs et souhaite leur conversion. Il est le Bon Pasteur qui parcourt le désert à la recherche de la brebis égarée. D’ailleurs, dans l’évangile de Matthieu, Jésus dit « votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. » (Mt 18, 14). Donc pas de panique : il y a de la place pour tout le monde au Paradis ! 😊

Pour dialoguer avec une personne qui pratique le spiritisme et qui boursicote :

Tu pratiques le spiritisme ? Moi aussi ! Je le fais même tous les jours. Mais je le fais comme à la Bourse : je mise uniquement sur des valeurs sûres. Si tu invoques un défunt devant un pentacle, c’est comme si tu achetais un subprime. Tu as de grandes chances d’invoquer un démon et de voir ta vie complètement ruinée. En revanche, tu peux invoquer des esprits que l’Église catholique reconnaît comme fiables à 100 %. En premier lieu, invoquer l’Esprit Saint te permet d’être bien éclairé quand tu as une décision à prendre ou quand tu vas tenir une discussion importante avec quelqu’un. Ça, tous les chrétiens sont d’accord pour dire que c’est une valeur sûre puisque c’est Dieu Lui-même.

Après, chez les cathos, nous invoquons aussi les saints, les bienheureux et les vénérables. Ce sont des défunts que l’Église considère comme des placements sans risque. Ils peuvent te pistonner auprès du Bon Dieu pour des choses concrètes dont tu aurais besoin. Par exemple, la prière à saint Joseph est un très bon investissement pour trouver du boulot. Si tu perds un truc, tu peux parier sur saint Antoine de Padoue. Si tu chutes dans la luxure, la Vierge Marie est une valeur-refuge. Et même si tu rencontres des problèmes avec Internet, tu peux demander l’aide d’un saint du VIe siècle, Isidore de Séville.

Épilogue pour les évangélisateurs

Nous avons eu la chance d’avoir été évangélisés. À nous maintenant d’annoncer Jésus au monde. Mais n’oublions pas que le Christ a dit : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13, 35). Soyons donc des témoins aimants. Soyons cohérents avec l’Amour que nous prêchons.

Qui d’entre nous applique l’Évangile à 100 % ? Qui vit parfaitement ce que Jésus nous demande ? Qui peut se vanter d’être saint ? Personne ! Alors en écrivant ce passage, je m’adresse à chacun d’entre nous et je m’inclus dans ces nombreux cathos qui ne sont pas toujours à la hauteur…

Tu te dis « catholique », mais tu oublies que ce terme signifie « ouvert à tous ». Tu vas à la messe tous les dimanches, mais tu méprises la personne qui fait la manche à la sortie de l’église. Tu vas souvent te confesser, mais aussitôt obtenu le pardon de Dieu, tu juges l’étranger, la personne homosexuelle ou prostituée. Tu tiens de grands discours sur la sexualité, mais ton regard n’est pas toujours sain. Tu parles de Dieu aux personnes qui ne le connaissent pas, mais tu n’écoutes pas les souffrances qu’elles ont à te confier. Tu adores un Christ juif, mais tu refuses d’accueillir des étrangers. Tu dissertes sur tel ou tel détail de la liturgie, mais tu écoutes à peine la lecture de l’Évangile et t’inquiètes encore moins de mettre la Parole en pratique. Tu communies au Corps du Christ, mais tu critiques les membres de ce Corps que sont tes frères et sœurs en Dieu. Tu dis que tu aimes Dieu, mais tu refuses d’aimer ton prochain.

Or Dieu est amour et Il nous jugera selon nos actes. Voici un texte qui peut nous rappeler à l’ordre (Mt 25, 31-46) :

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Ainsi, si tu veux évangéliser, ton témoignage d’amour touchera beaucoup plus que les meilleurs arguments. 😉

Jean O’Creisren

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L’argot des cathos


[1] D’après une version espagnole du Nouveau Testament traduite et commentée par Antonio Fuentes Mendiola (Madrid, Ediciones RIALP, S. A., 14e édition, 2007). Le commentaire en espagnol de Ap 7, 4-8 a été partiellement traduit par Jean O’Creisren spécialement pour cet article.

L’argot des cathos

Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

Oui, malgré le confinement, nous fêtons Pâques. Nous célébrons la victoire de la Vie sur la mort. D’où les œufs en chocolat, qui symbolisent la naissance de futurs poussins.

Pâques est célébrée par les chrétiens du monde entier. En France, la majorité des disciples du Christ sont catholiques. Mais les orthodoxes et les protestants sont aussi nos frères et sœurs en Jésus ! 😊

Les catholiques pratiquants représenteraient 0,5 à 1 % de la population française. L’Église catholique en France est un large réseau qui dépasse les classes sociales. Il y a des cathos riches et des cathos pauvres. Il y a des cathos de droite et des cathos de gauche. Il y a des cathos âgés et des cathos jeunes. Il y a des cathos en ville et à la campagne.

Mais malgré cela, l’Église est une. Elle est unie dans sa diversité. Comme marque de son identité, de sa culture commune, elle dispose d’un langage spécifique. Je ne vais pas parler de termes liturgiques et théologiques barbares. La question n’est pas de disserter sur l’étymologie de « périchorèse » ou sur la prononciation de « messe chrismale ». Non, dans cet article, je vais m’intéresser au langage familier des cathos. Ces mots qui n’ont rien de formel, qui font partie d’un grand trip propre à ce milieu. Car oui, les catholiques pratiquants forment un milieu qui dépasse les classes sociales. Si vous faites du théâtre d’improvisation, une synergie se crée dans le groupe. Et pourtant, ce sont souvent des gens qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Ils ont des métiers très divers, gagnent des salaires inégaux et ne pensent pas nécessairement pareil. Néanmoins, ils créent une réalité sociale, avec des interactions, des codes, des délires communs. On retrouve un peu la même chose chez les cathos. Ils ont leurs propres codes, leurs propres blagues et leur propre jargon.

En linguistique, on appelle « sociolecte » tout langage propre à un groupe social. Êtes-vous prêt·e·s pour la leçon de sociolinguistique du jour ? Je vous laisse donc découvrir le sociolecte des cathos francophones… 😉

Ado : diminutif d’« adoration ». Chez les cathos, l’adoration du Saint-Sacrement consiste à prier devant une hostie consacrée, exposée dans un ostensoir. Beaucoup de gens se disent que nous sommes complètement fadas de nous prosterner devant un morceau de pain et de lui adresser nos prières. Seulement, nous croyons que ce n’est plus du pain. Pour nous, c’est le Corps du Christ. Et comme nous croyons que Jésus est Dieu, nous pouvons adorer l’hostie. Car, aussi barré que ça puisse paraître, nous croyons que ce « morceau de pain », c’est Dieu tout-puissant, le Créateur de tout l’univers…

– Mais où étais-tu passé, Nathanaël ? Encore à jouer avec ton portable sous le figuier ?

– Non, papa. J’ai trouvé mieux pour rechercher l’éveil : une heure d’ado à l’heure du dîner, et je suis boosté pour la semaine !

– Certes, mais tu pourrais faire ça à une heure où ça ne gêne pas l’ensemble de la famille ! Je ne pense pas que tu adores le pot-au-feu froid…

« Amen de gloire ! » : formule humoristique (qui ne veut strictement rien dire) pour se moquer des charismatiques. En effet, ces derniers exclament parfois des prières spontanées à voix haute lors des soirées de louange. D’après leur spiritualité, elles sont inspirées par l’Esprit Saint. Ce qui est sûr, c’est que la dimension émotionnelle prime sur la dimension intellectuelle. D’où des phrases qui, selon les mauvaises langues, peuvent manquer de cohérence. Il paraît d’ailleurs que « Merci sois-tu Seigneur ! » a déjà été entendu… Cf. cha-cha.

« Merci sois-tu Seigneur pour la journée de ouf que j’ai passée ! Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit… Amen de gloire ! »

L’autre : le diable. Si Dieu existe et nous aime infiniment, nous pensons aussi que Satan nous déteste. Il ne cesse de nous attirer vers le péché et la souffrance. Parfois, nous allons dans une direction en pensant bien faire car nous y voyons la main de Dieu. Mais il s’avère que cela nous conduit sur un chemin qui nous fait souffrir. Alors, une personne lucide et bienveillante nous dira : « Je pense que c’est plutôt l’autre qui t’a induit(e) en erreur ! ».

Ben : non, non ! Rien à voir avec une fameuse horloge londonienne… C’est juste le diminutif de « bénédicité ». Cette prière est dite ou chantée avant le repas. En voici un exemple :

« Bénissez-nous, Seigneur ! Bénissez ce repas, ceux qui l’ont préparé, et procurez du pain à ceux qui n’en ont pas. Ainsi soit-il ! »

Parmi les nombreuses versions du « ben », une autre est parfois mentionnée pour plaisanter. À titre personnel, il m’arrive d’y faire référence en blaguant. Mais je trouve que la prier pour de vrai serait irrespectueux envers notre Créateur : « Pif ! Paf ! Pouf ! Bénissez la bouffe ! »

Béner : réciter ou chanter le bénédicité. Par exemple, avant de commencer le repas, l’un des convives propose de manière très poétique de bénir le Seigneur pour ses bienfaits et lui demander de nourrir les affamés : « Alors, on bène ? »

Cathomobile : voiture espace qui transporte une famille de cathos. En effet, les cathos ont en général beaucoup plus d’enfants que la moyenne des Français. Ouverture à la vie oblige ! Les catholiques font donc preuve d’autodérision en nommant ainsi ces véhicules souvent un peu usés. Si vous voulez vous assurer que vous avez bien affaire à une cathomobile, un signe ne trompe pas : un autocollant scout ou du groupe Glorious sous la lunette arrière…

« C’est pas très Laudato Si’ ! » : Cette expression signifie « ce n’est pas très écolo ». En effet, le Pape François a pris position pour la protection de l’environnement dans l’encyclique Laudato Si’. Pour nous, polluer est un péché !

Cha-cha : diminutif de « charismatique ». Le Renouveau charismatique est un mouvement spirituel apparu à la fin des années 1960. Les charismatiques prient en chantant, en dansant, en tapant des mains. Ils s’appuient sur les charismes reçus de l’Esprit Saint. Concrètement, une soirée louange peut donner ça. En France, deux communautés cha-chas importantes sont l’Emmanuel et le Chemin Neuf. Cf. dévisser des ampoules.

Clin-Dieu : clin d’œil de la part de Dieu. Les cathos utilisent cette expression lorsqu’ils perçoivent un truc cool qu’ils interprètent comme un signe du Seigneur. Par exemple, je connais un traducteur qui a commencé sa carrière en tant qu’enseignant. Il était très malheureux dans ce métier et pensait à se réorienter. Il a donc traversé la France pour participer à une rencontre entre traducteurs et traductrices. Cela lui a fait très bonne impression et l’a confirmé dans cette nouvelle vocation professionnelle. La rencontre avait lieu sur un week-end. Pour la messe dominicale, il s’est rendu à l’église qui jouxtait le lieu de l’événement. Elle s’appelait Saint-Jérôme. Or ce saint au très mauvais caractère a traduit la Bible en latin au moment de la chute de l’Empire romain. Sa traduction, la Vulgate, a fait foi pendant des siècles au sein de l’Église catholique. Saint Jérôme est donc le patron des traducteurs. Ce jeune homme en réorientation a donc vu un clin-Dieu dans le nom de cet édifice. Il savait déjà qu’il voulait exercer ce beau métier. Mais il a vu dans ce signe une preuve que Jésus pensait bien à lui en ce moment important de sa vie professionnelle. 😊

Deo Gratias : façon de dire « merci » dans certaines communautés religieuses. Cette expression latine peut être traduite de différentes manières : « Dieu soit loué ! », « Dieu merci ! », « (Nous) rendons grâce à Dieu ! », etc. Quelle que soit la traduction, l’idée est de remercier notre Créateur, qui nous aime et qui est la source de tout bien.

Dévisser des ampoules : les charismatiques prient parfois en dansant. Certains chantent donc en se trémoussant sur place avec les mains en l’air. D’où l’expression « dévisser des ampoules » pour « louer le Seigneur ». cf. cha-cha.

– Salut Marie-Sixtine, ça te dit de prendre un verre ce soir ?

– Désolée Kilian, mais j’ai déjà un truc de prévu. Je vais dévisser des ampoules de 19h30 à 23h30. Mais tu peux venir avec moi, si tu veux. Tu verras, c’est super sympa !

Effata : Cette expression araméenne signifie « ouvre-toi ! ». Dans l’évangile de Marc, Jésus guérit un sourd-muet en lui disant « Effata ! ». Ainsi, on peut répondre cela à un catho qui a l’esprit étriqué ou qui ne parle que de ses centres d’intérêt :

– Eh, Jeanne-Marthe, as-tu vu mon nouveau chapelet ? Il est en pur buis. C’est le cinquantième que je fabrique cette année. Je suis un vrai patenôtrier ! Ou « patenostrier » devrais-je dire… Bref, les deux sont acceptés ! Tu sais, « patenôtrier » ou « patenostrier », c’est le nom qu’on donne à une personne qui fabrique des chapelets. Étymologiquement, ça vient de « Pater Noster ». Ça veut dire « Notre Père » en latin. Parce qu’on prie six fois le Notre Père quand on récite le chapelet. Patenôtrier, c’est vraiment le plus beau des métiers ! Savais-tu que…

– Merci pout toutes ces infos, Jean-Baudouin ! Vraiment, je suis admirative de ton talent ! Mais à part les chapelets, qu’est-ce qui t’intéresse dans la vie ?

– Rien ! Mais alors là, rien du tout !

– Effata !

Évanj’ : raccourci d’ « évangélisation ». Cette pratique consiste à parler de Jésus à des gens qui ne le connaissent pas. Même le chrétien le plus convaincu et le plus saint ne connaît pas Jésus dans tous les aspects de sa vie. Tout le monde a donc besoin d’être évangélisé. Mais attention : l’évangélisation n’est pas un prosélytisme agressif ! L’idée est de proposer la Bonne Nouvelle, pas de l’imposer ! Les gens sont libres d’adhérer ou non à la foi chrétienne. Nous pouvons parler de Dieu, mais c’est Dieu seul qui peut choisir de convertir telle ou telle personne, en respectant sa liberté, car Il nous aime. 😊

Si vous voulez rigoler un peu sur le sujet, n’hésitez pas à regarder cette vidéo.

Grenouille de bénitier : cette expression est bien connue même en dehors du milieu catho. Elle désigne familièrement une personne très pratiquante. J’aime bien son équivalent espagnol, un mot qui respire la délicatesse… En effet, meapilas se traduirait littéralement par « pisseur d’eau bénite ».

« Ma femme » : c’est ainsi que certains prêtres et séminaristes désignent leur bréviaire. Cet objet est un livre de prières. Les membres du clergé sont obligés de prier tous les jours certains passages écrits dedans. C’est ce qu’on appelle la « liturgie des heures ». Dans le rite romain, les prêtres sont célibataires. Alors que les personnes mariées doivent être fidèles à leur conjoint, les clercs doivent être fidèles à leur bréviaire…

Pélé : raccourci très courant de « pèlerinage ».

– Que fais-tu pendant les vacances ?

– Je pars en pélé !

– Ah oui ? Où ça ? À Rome ? À Compostelle ? À Lourdes ? À Jérusalem ?

– Non, à La Mecque !

Pharisien : à l’époque de Jésus, les pharisiens étaient l’un des courants dominants du judaïsme. Dans les Évangiles, ils sont présentés comme des Juifs rigoristes qui jugent selon les apparences. Jésus les dérange et ils lui posent parfois des questions gênantes pour le coincer. Mais le Christ arrive toujours à les remettre à leur place par une parole qui enseigne le droit chemin. Chez les cathos, le vocable « pharisien » désigne un chrétien hypocrite. Par exemple, une personne qui irait à la messe tous les dimanches, mais juste pour donner une bonne image afin de briller en société. Ou alors qui croirait détenir la vérité et jugerait les gens qui sont « dans l’erreur » alors qu’elle-même agit d’une manière non conforme à la loi d’amour de Dieu.

« Seigneur, prends pitié ! » : cette phrase est tirée de la prière du Kyrie. Au début de la messe, nous demandons pardon à Dieu pour nos péchés : « Seigneur, prend pitié ! » (ou « Kyrie eleison » en grec). Par extension, c’est une manière humoristique de dire que l’attitude de quelqu’un nous désespère…

– Mon père, j’ai beau expliquer à Bernard qu’il chante comme une casserole, il tient absolument à animer la messe. Tout le monde le lui dit gentiment, mais il a un caractère de cochon et ne veut pas en démordre. Il y a des gens bien plus compétents que lui qui sont prêts à le remplacer. Bernard serait très doué pour faire la lecture au lieu du chant. Mais il s’énerve dès qu’on aborde le sujet. Il nous traite de pharisiens et il a même menacé de chanter l’Internationale pendant la messe de Pâques si on continue à lui résister !

– Quoi ? Seigneur, prends pitié !

Seumé : verlan de « messe ».

– Tancrède, on fait un footing dimanche matin ?

– Merci pour l’invitation Abdoulaye, mais je ne pourrai pas. Je serai à la seumé.

Théo : raccourci de « théologie ».

– Emmanuelle, on se retrouve où pour aller au RU ?

– Juste devant la fac de théo !

– Ça marche ! À toute ma poule !

Tra-tra / tradi : vous connaissez déjà les cha-chas. Mais qui sont les tra-tras ? « tra-tra », « tradi », voire « tra » est le diminutif de « traditionnaliste ». Les tradis sont des cathos qui préfèrent la messe selon la forme extraordinaire du rite romain. C’est-à-dire en latin, comme autrefois. C’est notamment le cas de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre. L’Église catholique est diverse. Certains cathos sont plus à l’aise pour prier comme-ci, d’autres pour prier comme ça. Quoi qu’il en soit, l’Église est une et nos différences sont des richesses.

Udp : sigle utilisé pour conclure une lettre, un mail ou un SMS qu’un(e) catho adresse à un(e) coreligionnaire. Cela signifie « en union de prière ». Par cette phrase, on assure au destinataire du message que l’on prie pour elle ou pour lui. Chez nos frères protestants, « Dieu te bénisse » est une expression plus courante.

En sociolecte catho, voilà ce que pourrait donner une lettre d’amour :

Chère Marie-Astrid,

Lorsque je t’ai vue pour la première fois, c’était à la sortie de la seumé. Ta beauté m’a subjugué. Dans mon cœur, j’ai béni le Seigneur comme un cha-cha : « Amen de gloire ! »

Avec le temps, j’ai pu découvrir ta beauté intérieure. Ado, évanj’, louange… J’aime ta manière de prier ! Je suis notamment un grand fan de la façon gracieuse dont tu dévisses les ampoules !

J’ai été ravi de cette belle conversation lors de notre pélé vers Notre-Dame-des-Petits-Oiseaux. Ta passion pour la théo a éveillé en moi une passion pour la grenouille de bénitier que tu es !

Tu as un côté tra-tra et tu n’oublies jamais de béner avant les pique-niques à l’aumônerie. Profonde, tu fuis tous ces pharisiens qui ne te méritent pas. Quand l’autre m’incite à trop te parler de mes chapelets, tu me dis « Effata ! » avec une bienveillance qui me transfigure.

Rayonnant d’amour comme un ostensoir, je me sens appelé à te donner ma vie. D’ailleurs, nous avons tous les deux des prénoms composés. N’est-ce pas là un clin-Dieu ?

Quelle est ma vocation ? Je sais bien que je ne suis pas appelé à épouser un bréviaire ! Veux-tu être ma femme ? Nous pourrions avoir plein d’enfants et les emmener en vacances dans notre splendide cathomobile… Bon, je sais, comparé au train, c’est pas très Laudato Si’ !

Si tu acceptes mon amour, je dirai « Deo gratias ! » Mais si ma lettre te paraît trop farfelue pour cela, j’espère que tu ne t’exclameras pas « Seigneur, prends pitié ! »

Sur ce, je te souhaite une excellente octave pascale,

Udp,

Jean-Baudouin

Voilà donc ce à quoi ressemble l’argot des cathos ! Ou, pour être plus docte, le sociolecte des catholiques pratiquants. Vous connaissez d’autres expressions familières utilisées dans ce milieu ? N’hésitez pas à me les soumettre en commentaire !

Jean O’Creisren

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Ça y est : le mois d’avril pointe son nez ! C’est le moment de coller des poissons dans les dos de vos proches et de leur faire des blagues. En Espagne, le 1er avril est un jour comme les autres. En revanche, on se charrie le 28 décembre, jour des Saints Innocents.

Dans ce billet, je vous propose de découvrir l’humour espagnol. Quelles blagues racontent nos voisins d’outre-Pyrénées ? Souvent, ce sont les mêmes d’un pays à l’autre. Seuls varient les bouc-émissaires. Les Français racontent des blagues sur les Belges, les Américains en racontent sur les Polonais, les Québécois sur les « blondes », les latino-américains sur les Espagnols en général ou les Galiciens en particulier, les Libanais sur les Syriens, les Syriens sur les habitants de Homs, etc.

Les blagues espagnoles s’acharnent contre les habitants des différentes communautés autonomes qui composent le pays. Par exemple, les Catalans sont considérés comme radins. Les Basques sont vus comme des grosses brutes sans cerveau. Quant aux habitants de Lepe, petite ville d’Andalousie, ils pâtissent de la réputation que les Français donnent aux Belges. Dans les blagues, ils sont nommés leperos ou los de Lepe.

Blagues espagnoles sur les Leperos (chistes de Lepe) :

  • Un monsieur de Lepe achète une Mercedes. Un jour, il part l’essayer avec sa femme et laisse les clés à l’intérieur de la voiture.
    – Bon, eh bien il faudra prendre une pierre et casser la vitre, dit l’homme.
    – Ne sois pas si brutal, chéri ; regarde, la fenêtre est entrouverte ; tu prends un fil de fer et tu tires sur le verrou de la porte…
    – L’homme essaie, mais ça ne fonctionne pas. La femme, sur ce ton moqueur si spécial, corrige sa manière de faire :
    – Mais, chéri, fais une boucle à l’extrémité pour pouvoir attraper le verrou…
    En sueur, l’homme fait une boucle, mais ça ne fonctionne pas.
    – Chéri, enfin ! Plus petite, la boucle ! Comment penses-tu l’attraper si tu ne… ?
    À bout, l’homme finit par crier à sa femme :
    – Oui, bien sûr ! Tout est facile pour toi qui es bien planquée à l’intérieur de la bagnole !
  • Pourquoi les Leperos mettent-ils des oignons sur les routes ?
    – Parce que c’est bon pour la circulation.
  • Le maire de Lepe ordonne à son secrétaire : 
    – Convoquez-moi une réunion pour jeudi ! 
    – Monsieur le maire, réplique le secrétaire, jeudi avec un J ou avec un G ? 
    – Reportez-la à lundi !
  • Deux Leperos se rencontrent sur un chemin. L’un porte un sac sur son épaule.
    – Que portes-tu dans ton sac ? lui demande l’autre.
    – Des poulets, répond le premier.
    – Si je devine combien tu en portes, je peux en garder un ?
    – Si tu devines, tu peux les garder tous les deux !
    – D’accord ! Alors, je dirais… cinq !
  • Deux Leperos vont dans les bois à la recherche d’un sapin pour Noël.
    Après avoir parcouru la forêt dans tous les sens pendant plusieurs heures, l’un dit à l’autre : « Bon, ça suffit ! Le prochain sapin qu’on trouve, on le prend, qu’il ait des boules on non ! »
  • Un Lepero entre un lundi dans un magasin de chaussures. Après avoir essayé quelques paires, il choisit des souliers italiens très élégants. En les lui remettant, l’employé l’avertit :
    – Monsieur, ces chaussures font assez mal aux pieds les cinq premiers jours.
    – Aucun problème ! Je ne vais pas les mettre avant dimanche.
  • Que fait un Lepero qui court et qui crie dans les champs avant le lever du soleil ?
    – Il sème la panique.
  • Pourquoi tout le monde porte un casque anti-bruit à Lepe 
    – Parce que la corde de la cloche de l’église est cassée. Donc maintenant, le prêtre est obligé de lancer des pierres sur l’instrument pour qu’il sonne.
  • Nouvelle tirée d’un journal local de Lepe :
    « Hier, 4 Leperos sont décédés : deux dans un assassinat et deux autres dans la reconstitution des faits. »
  • Deux Leperos se rencontrent. L’un dit à l’autre :
    – Manolo, tu veux être témoin de Jéhovah ?
    L’autre lui répond.
    – Mais putain ! Tu sais bien que je n’étais pas là le jour de l’accident !
  • Deux Leperos sont assis : un père et son fils, regardant le ciel. Un avion passe.
    L’enfant demande à son père :
    – Papa, est-ce l’avion du Roi ?
    Et son père lui répond :
    – Non, l’avion du Roi se déplace toujours avec deux motos devant et deux motos derrière.
  • Un Lepero passe un appel. On lui répond :
    – Allô, oui ?
    – Docteur ! Docteur ! Ma femme est sur le point d’accoucher !
    – C’est son premier enfant ?
    – Non, je suis son mari.
  • Comment un Lepero envoie-t-il un fax confidentiel ?
    – Sous pli fermé.
  • Un Lepero se retrouve devant le tribunal. Le procureur demande à l’accusé :
    – Voyons, pourquoi avez-vous tiré deux coups sur votre belle-mère ?
    – Bah parce que je n’avais pas d’autres balles !
  • Un Lepero demande à un autre :
    – Curro, pourquoi n’as-tu pas arrosé le jardin ?
    – Parce qu’il pleut des cordes.
    – Ne sois pas fainéant, voyons ! Voilà un parapluie !
  • Un Lepero demande à un autre :
    – Eh, Paco, j’ai acheté un condenseur de protons stroboscopique avec un fissionneur calimastré. Je l’ai mis dans ma cour.
    – Hein ? Attends un peu… Qu’est-ce que c’est qu’une cour ?
  • Un Lepero va au cinéma. La jeune femme du guichet lui dit :
    – Monsieur, c’est la 5e fois que vous achetez votre place.
    Le Lepero lui répond :
    – Oui, mais l’autre connard qui est devant la porte me la déchire à chaque fois…

Source : https://chistesoriginales.com/chistes-lepe

  • Pourquoi les Leperos mettent-ils une bouteille vide dans le réfrigérateur ?
    – Comme ça, s’ils demandent « qu’est-ce que je vous sers ? » et que les invités répondent « rien », ils donnent la bouteille.

Source : https://chistesi.com/chistes-mamones/

Souhaitant développer le tourisme dans sa ville, le maire de Lepe décide de faire quelque chose qui attire l’attention du monde entier. Il appelle les fonctionnaires de la mairie et le chef de la police municipale. Il leur demande d’envoyer un télégramme à Pékin pour déclarer la guerre. 

Le message arrive et le président de la Chine demande à ses généraux : Lepe nous déclare la guerre… Mais où donc se trouve Lepe ?

Après 4 heures de recherches intenses, ils localisent enfin le pays belliqueux. Ils se rendent compte que Lepe est une petite ville située au sud de l’Espagne, semblable à une chiure de mouche sur la carte du monde. 

Analysant le risque provoqué par un tel conflit armé, les autorités militaires chinoises décident d’accepter la déclaration de guerre. Le président appelle sa secrétaire et lui ordonne : 
– Répondez au gouvernement local de Lepe que nous acceptons d’entrer en guerre. Par ailleurs, demandez-leur de quelle capacité militaire ils disposent. 

Le télégramme arrive à Lepe. Après l’avoir lu, le maire déclare à un fonctionnaire de la mairie : 
– Nous allons répondre à ces gens : « Nous disposons de 20 policiers municipaux, 15 pompiers, 130 pistolets, 10 fusils de chasse, 5 voitures de police, 3 gabarres et 2 canots pneumatiques avec moteur hors-bord. En outre, la Défense civile est composée par nous, le maire, 10 fonctionnaires et les pensionnaires des maisons de retraite. » Envoyez-leur ce message et demandez-leur avec quelles forces ils comptent nous affronter ! 

Réponse de la Chine : « Nous disposons de 27 millions de soldats, 120 000 officiers, 24 généraux et 6 amiraux, 200 000 canons, 25 000 tanks, 36 000 avions, 150 sous-marins, 30 porte-avions, 18 navires-citernes. Tout est dirigé par satellite. » 

Le télégramme arrive à Lepe

Réponse du maire : « Lepe demande à ne plus entrer en guerre. Nous n’avons pas assez de place pour accueillir autant de prisonniers. » 

Source : https://www.votoenblanco.com/LEPE-DECLARA-LA-GUERRA-A-CHINA-Humor-dominical_a5017.html

Blagues espagnoles sur les Catalans :

  • Comment faire entrer 40 Catalans dans une voiture ?

– en jetant une pièce dedans.

Et comment les faire sortir ?

– en leur disant que c’est un taxi.

  • Quelle différence y a-t-il entre un Catalan et un Basque quand ils deviennent chauves ?

– le Basque s’achète un béret basque alors que le Catalan vend son peigne.

Blagues espagnoles sur les Basques :

  • Un Basque répand du fumier sur un champ de fraises. Un ami lui dit :

– Que fais-tu, Patxi ?
– Eh bien, je mets de la merde sur les fraises. 
Aibalaoistia, tu n’as jamais essayé avec de la crème ?

  • Un arbitre de foot vient de mourir. Il arrive devant la porte du Paradis. Un barbu lui barre l’entrée. Il se dit que c’est saint Pierre.

– As-tu une âme assez pure pour entrer au Ciel ? 
– Toute ma vie, j’ai arbitré de manière très professionnelle. Bon, une fois, j’ai juste fait semblant de ne pas voir qu’un joueur de l’Athletic de Bilbao avait marqué son but à la main. C’était lors d’un match contre le Barça, au stade de San Mamés, à Bilbao. Tous les supporters du Barça m’ont sifflé, mais j’avais été très bien payé pour faire gagner l’équipe de Bilbao.
– Mais ce n’est pas grave ! Ce n’est pas du tout un péché !
– Oui, sauf qu’une autre fois, un joueur de l’Athletic de Bilbao s’était énervé contre un joueur du Real. Mon Dieu, il l’avait bien amoché ! Mais j’ai fait semblant de ne pas le voir. Le club m’avait bien payé pour ça… C’était au stade de San Mamés, à Bilbao.
– Mais ce n’est pas grave ! Ce n’est pas du tout un péché !
– Et une autre fois, j’ai appris qu’un joueur de l’Athletic de Bilbao était impliqué dans des affaires très douteuses : évasion fiscale, trafic de drogue, prostitution… La totale ! Mais comme c’était un excellent joueur, le club m’a convoqué au stade de San Mamés pour que j’accepte une grosse somme d’argent en échange de mon silence.
– Mais ce n’est pas grave ! Je ne vais quand même pas t’envoyer en Enfer ou au Purgatoire pour si peu…
– Eh bien, je ne pensais pas qu’avec de tels péchés, je m’en tirerais comme ça… Merci beaucoup saint Pierre !
– De rien, mais je ne suis pas saint Pierre… Je suis saint Mamés !

Autres blagues espagnoles :

  • Un homme se présente à un entretien d’embauche :
    – Bonjour ! Quel master avez-vous fait ? Économie ? Finance ? Ressources humaines ?
    – Rien !
    – Comment ça, rien ?
    – Je n’ai pas fait d’études !
    – Alors, vous avez certainement une expérience professionnelle intéressante. Avez-vous déjà dirigé une entreprise ?
    – Non.
    Jamais ? Quelle est votre expérience professionnelle ?
    – Je n’en ai pas.
    – Alors, vous parlez au moins une langue étrangère ?
    – Non, seulement espagnol.
    – Et vos compétences ?
    – Je n’en ai aucune.
    – Vous ne savez rien faire ?
    – Non.
    – Et pour quelle raison n’avez-vous jamais travaillé, étudié et développé telle ou telle compétence ?
    – J’ai toujours été un gros flemmard et je n’ai aucune intention de changer !
    – Alors, pourquoi avez-vous postulé ? Sur l’annonce, il était bien écrit : « Présentez votre candidature pour ce poste de cadre. Inutile sans recommandations. »
    – « Inutile », « sans recommandation » : eh bien… C’est moi !
  • Un homme en interpelle un autre dans la rue :
    – Comment tu t’appelles ?
    – Je ne m’appelle pas ; les autres m’appellent.
    – Alors comment t’appellent-ils ?
    – Ça dépend.
    – Ça dépend de quoi ?
    – Si je suis loin, ils m’appellent en criant.

NB : mesdemoiselles, pensez-vous que cette technique puisse être utilisée si vous rencontrez un homme collant dans la rue ? 😊

Blagues latino-américaines sur les Espagnols et les Galiciens :

  • C’est l’histoire d’un Espagnol, d’un Français et d’un Italien qui se retrouvent en plein milieu de la guerre entre Chinois et Tibétains. Le Français, qui est un frimeur, dit :
    – Tremblement de terre ! puis part en courant.
    L’Italien, qui veut frimer plus que le Français, crie :
    – Tornade ! puis part lui aussi en courant.
    L’Espagnol, le plus frimeur d’entre tous, hurle :
    – Feu ! et se fait tuer.
  • Deux Galiciens dans un camping se parlent d’une douche à l’autre :
    – Cándido, pourrais-tu me passer ton shampooing ? 
    – Tu n’as pas pris le tien ?
    – Si, mais c’est pour cheveux secs, alors que moi, j’ai les cheveux mouillés !
  • Pourquoi les Galiciens entrent-ils dans les supermarchés en se baissant ?
    – Pour voir les prix les plus bas.
  • Pourquoi ont-ils arrêté de mettre des films dans les avions galiciens ?
    – Parce qu’à la fin du film, tout le monde partait par la porte de derrière.

Blagues mexicaines (chistes mamones) :

  • Il était une fois un chat qui avait 16 vies. Un 4×4 passa et le tua.
  • Augmentation au moment approprié
    – Chef, pouvez-vous augmenter mon salaire ? Il y a 4 entreprises qui me poursuivent.
    – Lesquelles ?
    – Internet, le gaz, l’électricité et le téléphone.
  • Une technique qui fonctionne
    – Pourquoi frappes-tu dans tes mains quand tu marches dans la rue ?
    – Pour effrayer les éléphants.
    – Mais tu vois bien qu’il n’y en a pas !
    – Bien sûr ! Et c’est bien la preuve que ma technique fonctionne !

Source : https://chistesi.com/chistes-mamones/

Traduction : Jean O’Creisren

Crédits image : https://www.freepik.com/free-photo/crazy-young-man-surprised-expression_1032688.htm


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Coronavirus : quels bénéfices pouvons-nous tirer de la crise ?

Avec cette histoire de pandémie, tous les indicateurs semblent être au rouge :

  • De nombreuses personnes sont entre la vie et la mort
  • Les soignants sont débordés
  • Nous sommes tous assignés à résidence
  • Les personnes vivant seules risquent de déprimer
  • Les scolaires et étudiants sont pénalisés dans la poursuite de leur formation
  • Nous risquons tous de péter les plombs et de prendre du poids en restant enfermés à la maison
  • L’activité économique est paralysée
  • Certains secteurs sont au bord de la faillite
  • Le prix du baril s’effondre
  • Les cours de la Bourse chutent…

Bref, voilà ce qu’on appelle une crise ! Mais en fait, qu’est-ce qu’une crise ?

Pour rappel, ce blog s’appelle « Délires de linguiste ». Voici donc l’étymologie de ce terme :

« Crise » vient « du latin criticus, critique, du grec ancien kritikos, capable de discernement, de jugement, dérivé du verbe krinein, séparer, choisir, décider, discerner. »

Source : La Toupie.

Donc, d’après son étymologie, une crise est une opportunité pour discerner. En quoi cette épidémie de coronavirus peut-elle nous aider à poser de bons choix ?

Je vois 7 opportunités que nous offre cette crise. Ces réflexions sont le fruit de mon intuition. À l’heure où je vous écris, le confinement vient de commencer en France. Rien ne permet donc de savoir si ce que je pressens est vrai. Seul l’avenir dira si mon analyse était juste ou non. 😉

  1. Le confinement peut renforcer les liens dans les familles

Métro, boulot, dodo. Aujourd’hui, en France et dans le monde, le nombre de divorces ne cesse d’augmenter. Pourquoi ? Notamment parce que tout va très vite, les gens qui s’aiment n’ont plus le temps de se voir et de communiquer. Avec le confinement, les membres d’une même famille sont obligés de passer 24h/24 ensemble. C’est l’occasion de se redécouvrir, de se demander pardon, de passer du bon temps. Les parents peuvent jouer avec leurs jeunes enfants. Les adolescents voient leurs parents travailler. Cela leur permet de cerner davantage la réalité de leur vie d’adulte. Cela leur permet de mieux les connaître et les estimer. Cela peut faire mûrir les jeunes dans leur cheminement vers leur futur métier. Les uns et les autres peuvent communiquer, s’entraider, rire ensemble. La solidarité et la complicité peuvent se renforcer au sein des couples et des générations.

  • La limitation des déplacements peut freiner le réchauffement climatique

C’est prouvé, le coronavirus a permis de limiter les émissions de gaz à effet de serre en Chine. Avec le confinement, la fermeture des frontières et la limitation des déplacements, moins de CO2 sera émis. Et si le COVID-19 permettait de lutter fortement contre le réchauffement climatique ? Néanmoins, les gens sont davantage en ligne. Ils communiquent aussi beaucoup plus avec leur téléphone. Cela fait donc exploser l’usage des réseaux de télécommunication et d’Internet. Or ce phénomène implique une forte empreinte carbone

  • La fragilité de notre monde interdépendant peut nous inciter à penser une autre mondialisation

La Chine, atelier du monde, est paralysée. Et cela perturbe l’activité économique mondiale. Nous regrettons donc d’avoir délocalisé nos usines là-bas. Ne serait-ce pas l’occasion de relancer l’industrie à l’échelle locale ? Ne serait-ce pas l’occasion de redonner du travail aux personnes peu ou pas qualifiées ? Ne serait-ce pas l’occasion de favoriser les circuits courts ? Un autre monde est possible ! La mondialisation est une bonne chose ! Un linguiste ne vous dira jamais le contraire. Mais cette mondialisation doit être raisonnée au niveau social et environnemental. Le film Demain met en avant le monde que nous pouvons construire à l’occasion de cette crise.

  • L’effondrement de la Bourse peut nous inciter à sortir du capitalisme spéculatif

Comme l’explique si bien Pierre-Yves Gomez dans L’esprit malin du capitalisme, nous vivons tous dans la logique de Wall Street. Depuis les années 1970, la finance s’est peu à peu déconnectée de l’économie réelle. Blablacar, Airbnb, Leboncoin : nous sommes tous devenus des « microcapitalistes ». Et cela nous mène inévitablement vers une crise majeure. Le coronavirus pourrait très bien être le facteur déclenchant d’une nouvelle récession. En 2008, la crise des subprimes aurait pu nous permettre de discerner qu’il fallait sortir de cette logique spéculative. Mais l’élite financière nous a fait croire en la transition numérique. Des start-ups se sont montées. Nous avons parié au grand casino de la Bourse sur ces entreprises dont un grand nombre ne seront jamais rentables. L’élite a préféré sauver le système spéculatif pour éviter des émeutes. Mais aujourd’hui, qu’ont-ils à nous promettre ? N’est-ce pas à nous de parier qu’un autre système économique est possible ? N’est-ce pas à nous de remettre l’argent au service de l’économie réelle ? N’est-ce pas à nous d’établir un système qui place l’être humain au centre ? Le temps n’est-il pas venu de la jouer collectif ? Pourquoi ne pas penser l’entreprise de demain à travers le prisme de l’écologie humaine ?

  • Les liens de proximité se renforcent

Aujourd’hui, nous sommes nombreux à ne pas connaître nos voisins. Or en Italie, les gens font la fête ensemble depuis leur balcon. Dans plusieurs pays, à 20h, les gens applaudissent le personnel soignant depuis leur fenêtre. Le 19 janvier, des catholiques ont posé une bougie sur leur appui de fenêtre pour demander à saint Joseph d’intercéder pour stopper l’épidémie. La même action sera effectuée à l’occasion de la fête de l’Annonciation, le 25 mars. À 19h30, nous sommes tous invités à prier la Vierge Marie pour arrêter la propagation du COVID-19. Les cloches des églises sonneront à ce moment-là. Autant d’actions qui nous rapprochent de nos voisins, malgré le confinement. Peut-être même que les personnes isolées seront plus en lien avec leur entourage… 😊

  • L’immigration illégale peut être réduite

En tant que linguiste, je suis ouvert à la différence. J’ai de nombreux amis originaires de différents pays. Mais quand des mafias exploitent des migrants en les faisant rêver d’Europe, je ne cautionne absolument pas. Combien de noyés dans le grand cimetière méditerranéen ? Combien de femmes forcées à se prostituer ? Combien de sans-papiers qui s’entassent dans les bidonvilles ? Peut-être que le coronavirus va dissuader toutes ces personnes de prendre la mer. Peut-être les forces vives des pays africains vont-elles pouvoir rester au Bled et participer au développement de leurs peuples. Cela reste à nuancer, car ces États autocratiques sont minés par la corruption. Les jeunes émigrent avant tout par manque d’avenir là où le soleil brille. Du moins, quand ce n’est pas la guerre qui les pousse à prendre la route, d’une manière on ne peut plus légitime… Mais si la crise permet de changer le monde en profondeur, peut-être ces pays deviendront-ils plus vivables !

  • Les relations amicales peuvent s’assainir

Le confinement nous empêche de voir nos amis. Nous ne pouvons pas non plus aller en boîte. Nous ne pouvons pas choper. Peut-être même que le marché de la prostitution va s’effondrer puisque les clients auront peur d’attraper le coronavirus. Cela fera des vacances à ces très nombreuses femmes qui vivent un enfer qu’elles n’ont pas choisi… En effet, les mesures sanitaires et la peur d’être contaminés empêchent le contact physique avec autrui. En revanche, nous pouvons appeler nos proches. Nous communiquons avec les personnes qui comptent réellement pour nous. A contrario, nous n’avons pas l’occasion de faire n’importe quoi avec des personnes dont nous n’avons strictement rien à faire. Le confinement nous incite à rester vrais. Nous cultivons des amitiés authentiques et évitons des relations corporelles malsaines. En ne touchant pas nos ami(e)s, nous pouvons éviter des ambiguïtés. Cela peut permettre d’assainir ce qui doit rester de l’amitié. Mais cela peut également assainir ce qui doit évoluer vers de l’amour. En revenant à l’essentiel, en appelant celles et ceux qui nous sont vraiment proches, nous apprenons à mieux nous connaître dans une relation chaste. Et c’est un très bon départ pour aller plus loin lorsque c’est une bonne idée… 😉

Voilà mon analyse sur la crise qui commence. Bien sûr, pleurons les morts et luttons contre l’épidémie ! Mais saisissons aussi les opportunités que nous offrent le coronavirus et le confinement ! Profitons-en pour discerner intelligemment ! Osons critiquer les travers de notre monde pour construire une société plus humaine et plus juste !

Pour terminer, je vous propose une petite vidéo :

Jean O’Creisren

Crédits image : https://fr.freepik.com/photos-gratuite/placez-ligne-blocs-bois-equipe-affaires-resolvent-probleme_1202136.htm#page=2&query=crisis&position=45



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« Consumo gusto » de Ska-P (paroles en français)

« Patriotadas » de Ska-P (paroles en français)

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Coups de patriotisme

Ils nous mènent en bateau :
écoutez cette bande de mille bandits
parler de la « patrie » et emporter le fric
à l’ombre d’un quelconque paradis fiscal. 

Ces messieurs les voleurs, 
disciples des fascistes mutants, 
piquent la tirelire des cotisants, 
puis blanchissent ça par une amnistie fiscale.

Un voleur de bracelets
exhibe le drapeau avec ego et orgueil
en parasitant la classe ouvrière
qui, elle, sauve les victimes de ce pays. 

Chapardeurs aux gants blancs 
ouh oh oh oh 
toujours accrochés au pouvoir…

Je vais vous rappeler
qui paye ici les retraites,
la dépendance, l’école ou la santé !

Le héros, c’est toi,
anonyme de la classe ouvrière,
car, à partir de ton humble portefeuille,
est financé l’État-providence.

Eo ! Ce n’est pas du tout nouveau, ay ay ay ay,
leur patriotisme est pharisien.
Eo ! Ce n’est pas du tout nouveau, ay ay ay ay,
seul l’intérêt les mobilise.

Conclusion : la patrie est un butin.
Répartition : dans une mallette.
La population : qu’elle mange un bon
étron, étron, étron. (bis)

Je vais vous rappeler
qui paye ici les retraites,
la dépendance, l’école ou la santé !

Le héros, c’est toi,
anonyme de la classe ouvrière,
car, à partir de ton humble portefeuille,
est financé l’État-providence.

Traduit de l’espagnol par Jean O’Creisren avec l’autorisation du groupe Ska-P


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Bx Noël Pinot : quel exemple pour nous aujourd’hui ?

En 1794, un prêtre réfractaire est guillotiné à Angers. Dans ce diocèse en partie ravagé par les guerres de Vendée, le bienheureux Noël Pinot est vénéré en tant que martyr local. Son sacrifice couronne une vie toute donnée au service des autres. Mais en quoi l’exemple de cet homme mort il y a plus de 200 ans peut nous parler aujourd’hui ?

Qui était Noël Pinot ?

Né à Angers en 1747, Noël est le dernier enfant d’une famille nombreuse. À 18 ans, il entre au grand séminaire et est ordonné prêtre cinq ans plus tard, en 1770. Après onze ans comme vicaire de diverses paroisses, il est nommé aumônier des incurables d’Angers. Au chevet des malades, il montre un dévouement exemplaire et tout le monde l’apprécie.

En parallèle de ce service, il poursuit ses études à l’université afin de pouvoir être nommé curé. Une fois diplômé, il est envoyé dans la paroisse du Louroux-Béconnais, à l’ouest d’Angers, en 1788. Il y montre une attention particulière pour les pauvres, parfois jusqu’à se priver de la nourriture et du linge dont il a besoin. « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre » (Lc 21, 3-4). Ce que Jésus a dit de cette veuve dans ce passage de l’Évangile de Luc, il aurait pu le dire de Noël Pinot.

En 1789, la Révolution éclate. Au début, l’abbé Pinot se montre plutôt favorable à ce changement car il promet de sortir les plus démunis de la misère. Mais lorsqu’est promulguée la Constitution civile du clergé, le curé du Louroux s’y oppose. En effet, cette loi oblige l’Église à se soumettre à l’État. Les clercs deviendront des fonctionnaires. Les évêques ne seront plus nommés par le Pape, mais élus par tous les citoyens, qu’ils soient catholiques ou non. En ce sens, les prêtres qui s’opposent à ce texte peuvent être considérés comme des défenseurs de la laïcité. Ils entendent séparer l’Église et l’État. Ces prêtres dits « réfractaires » sont nombreux dans l’Ouest. Ils refusent de prêter serment à la Constitution pour rester fidèles au Pape. En 1791, Noël Pinot explique ce refus dans une homélie et est arrêté.

Après deux ans de prison à Baupréau, dans le sud du Maine-et-Loire, il voit le vent tourner. Les guerres de Vendée éclatent. Des paysans se révoltent contre la République, notamment pour défendre les prêtres réfractaires. Libéré par les rebelles, Noël retourne donc dans sa paroisse, où il devra célébrer dans la clandestinité. En effet, un prêtre fidèle à la Révolution a été nommé à sa place et l’abbé Pinot devra se cacher chez des paroissiens.

Au fil du conflit, les Vendéens enchaînent défaite sur défaite. Noël est en danger, mais il tient à rester auprès de ses ouailles. Les soldats le recherchent mais ses amis prennent des risques pour qu’il puisse rester dans la région.

Finalement, il est dénoncé en février 1794 et arrêté au hameau de La Milandrie. Emmené à Angers, il ne dénonce aucune des personnes qui l’ont aidé. Son juge est un prêtre défroqué. Celui-ci condamne à mort le prisonnier et lui propose de monter à l’échafaud vêtu de ses habits liturgiques. Est-ce par provocation ou pour lui faire honneur ? Nul ne le sait. Quoi qu’il en soit, Noël accepte avec joie. C’est donc en tenue de célébrant qu’il marche vers la guillotine, le vendredi 21 février 1794, vers trois heures de l’après-midi. Il aurait alors prononcé les premiers mots de la messe en rite tridentin : « Introibo at altare Dei »[1]. Son martyre est ainsi associé à celui de Jésus sur la croix.

Le 31 octobre 1926, le Pape Pie XI béatifie Noël Pinot. En tant que bienheureux, il peut recevoir un culte public uniquement au sein du diocèse d’Angers.

Que nous dit aujourd’hui la vie de Noël Pinot ?

Il existe de nombreuses manières d’être saint. Chacun peut l’être à sa façon. Ceux que l’Église a reconnus comme tels ont vécu l’Évangile de manière héroïque et/ou sont morts pour leur foi. Leurs vies sont des témoignages, mais le seul exemple que nous devons imiter reste le Christ.

Quel témoignage nous apporte la vie du bienheureux Noël Pinot ?

Tout d’abord, sa vie de prêtre est déjà un don et un sacrifice. Il n’a pas eu peur de se mettre radicalement au service des pauvres et des malades. À sa suite, n’hésitons pas à nous retrousser les manches, à donner même de notre nécessaire à ceux qui n’ont rien ! Il existe mille et une façon se s’investir. Aller discuter avec les personnes qui font la manche, éventuellement leur donner de l’argent ou de la nourriture si nous sommes à l’aise avec ces manières de procéder. Nous pouvons aussi soutenir des associations sérieuses qui viennent en aide aux plus démunis. C’est notamment le cas du Secours Catholique ou de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Mais donner ne se résume pas à ce qui est matériel. Nous pouvons donner notre temps, nos compétences, notre prière, notre sourire. 😊

Enfin, Noël Pinot a subi le martyre parce qu’il voulait rester fidèle au Christ. Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens sont encore persécutés dans de nombreux pays. Que faisons-nous pour eux ? Plusieurs associations, comme l’Aide à l’Église en Détresse, œuvrent à leurs côtés. Là aussi, nous pouvons donner de notre temps, de notre argent, de nos compétences et/ou tout simplement notre prière pour aider nos frères et sœurs dans la foi ! Eux aussi nous tendraient la main si nous étions à leur place.

À la suite du curé du Louroux, une dizaine de fidèles, clercs et laïcs, sont engagés au sein de l’Oratoire bienheureux Noël Pinot. De sensibilités ecclésiales diverses, ils ont en commun une fibre sociale et une attention aux plus pauvres. Dans leur vie personnelle, professionnelle et/ou associative, ils viennent en aide à différentes personnes en difficulté : Roms, migrants, personnes souffrant d’addictions, SDF, personnes âgées, personnes en situation de handicap… Reconnue à la fois par l’Église et par l’État, cette association marche à la suite du Christ et du bienheureux. Pauvres au milieu des pauvres, ses membres aspirent à annoncer l’Évangile aux personnes qui se trouvent en marge de la société.

Et nous ? Que faisons-nous pour nos frères et sœurs en difficulté ? Prenons-nous le temps de vivre l’Évangile dans une charité radicale ? Écoutons-nous celui qui a dit : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres »[2] ?

Bienheureux Noël Pinot, intercédez pour que nous sachions imiter Jésus !

Jean O’Creisren

Crédits image : Fraternité de l’Oratoire Bienheureux Noël Pinot.


[1] « Je monte à l’autel de Dieu »

[2] Jn 13, 35


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