Une rencontre incroyable sur le chemin de Compostelle

Cet été, j’ai marché de Burgos à Saint-Jacques-de-Compostelle. Pendant trois semaines, j’ai cheminé tous les jours, depuis les plaines infernales de Castille jusqu’aux montagnes pluvieuses de Galice. En sortant de Carrión de los Condes (province de Palencia), j’ai rencontré une personne incroyable.

Image par xtberlin de Pixabay 

Ce jour-là correspondait à l’une des étapes les plus difficiles du Camino. En effet, entre Carrión et le village suivant, il n’y a rien, sauf des champs de céréales parsemés de rares arbres et le soleil qui cogne dur, pendant 17 kilomètres.

Parmi mes nombreux défauts, je suis entre autres dépendant à la caféine. Et comme j’étais sorti très tôt de Carrión, aucun bar n’était ouvert. Le seul petit-déjeuner que j’avais pu prendre était un sac de cacahuètes, que m’avait gentiment donné Jérôme, un autre pèlerin français.

Après avoir marché environ 8 kilomètres, nous nous sommes assis sur une aire de repos. J’étais épuisé et je savais pourquoi : j’étais en manque. J’ai alors dit à mon compagnon de route qu’il pouvait poursuivre son chemin s’il le souhaitait, car j’allais me coucher sur l’herbe pour dormir.

Sur cette aire, un Espagnol se promenait à vélo. Il nous a salués. J’en ai profité pour lui demander s’il y avait un bar à proximité. Il m’a répondu que non, mais m’a dit qu’il était hospitalier. Il m’a donc proposé de l’attendre, le temps qu’il fasse un aller-retour sur Carrión de los Condes afin de m’apporter du café. Fernando Santos Urbaneja travaille à Cordoue. Néanmoins, pendant l’été, il revient dans sa Castille natale pour veiller sur les pèlerins. Quand il était petit, le chemin de Compostelle n’était pas aussi bien balisé et les auberges étaient plus rares. Sa mère lui enseignait que le pèlerin est un être sacré. Sur le paysage tout plat de la Meseta, il voyait arriver de loin ces voyageurs et allait à leur rencontre pour les conduire vers le logis familial. Aujourd’hui, sa mère est très âgée et il a repris le flambeau.

Il est revenu me voir au bout d’une heure. Jérôme était déjà parti. Un pèlerin italien nommé Luca s’était arrêté et nous discutions ensemble. Fernando m’apporta du café, mais aussi beaucoup de biscuits et une clé USB. En effet, en parallèle de ses études de droit, il suivait des cours de chant et de guitare au conservatoire de Valladolid. L’appareil, que j’ai lu dès mon retour en France, regorge de trésors sur le chemin de Compostelle : des liens vers des vidéos de concerts, des partitions et autres trouvailles… Eh oui, mon bienfaiteur n’est pas seulement procureur, mais aussi troubadour ! Il compose, joue et chante de belles chansons sur le Camino et sur d’autres thématiques.

Pour moi, sa plus belle chanson est la Bénédiction des pèlerins. Écoutez-la ; ça vaut vraiment le coup ! Il s’agit d’un sujet religieux, mais tout le monde peut apprécier le son relaxant de la voix d’or du chanteur.

Vous pourrez découvrir d’autres chansons sur son blog et sur sa chaîne YouTube.

Outre son rôle de troubadour et son métier, Fernando est écrivain. Pour plus d’informations à ce sujet, vous pouvez regarder cette vidéo :

Enfin, je vous propose d’assister au spectacle suivant, où vous pourrez vous délecter de sons, de mots et d’images magnifiques sur le Chemin de Compostelle :

Ultreïa !

Dieu vous bénisse !

Jean O’Creisren

Image par guillermo gavilla de Pixabay 

Envie de relire cet article en espagnol ?

Vous pourrez le parcourir sur ce lien.


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Qu’est-ce que la liberté ?

Qu’est-ce que la liberté ?

Qu’est-ce que la liberté ? Cette question a été posée par de nombreux philosophes. De Descartes à Sartre, en passant par la philosophie des Lumières, ce sont surtout des penseurs modernes qui ont tenté de la définir.

En France, la devise de notre république est « Liberté – égalité – fraternité ». Nous, citoyens de la patrie des droits de l’homme, comment comprenons-nous ces concepts ?

Image par Gerd Altmann de Pixabay

Voici la définition de la liberté que propose le dictionnaire Larousse :

Liberté. nom féminin (latin libertas, -atis)

1. État de quelqu’un qui n’est pas soumis à un maître : Donner sa liberté à un esclave.

Synonyme : affranchissement. Contraires : esclavage – servitude

2. Condition d’un peuple qui se gouverne en pleine souveraineté : Liberté politique.

Synonymes : autonomie – indépendance. Contraires : colonisation – occupation – soumission

3. Droit reconnu par la loi dans certains domaines, état de ce qui n’est pas soumis au pouvoir politique, qui ne fait pas l’objet de pressions : La liberté de la presse.

4. Situation de quelqu’un qui se détermine en dehors de toute pression extérieure ou de tout préjugé : Avoir sa liberté de pensée.

Synonymes : faculté – latitude – licence – pouvoir. Contraires : assujettissement – contrainte – subordination

5. Possibilité d’agir selon ses propres choix, sans avoir à en référer à une autorité quelconque : On lui laisse trop peu de liberté.

Synonyme : indépendance. Contraires : dépendance – intégration

6. État de quelqu’un qui n’est pas lié par un engagement d’ordre contractuel, conjugal ou sentimental (…).

7. Temps libre, dont on peut disposer à son gré : Ne pas avoir un instant de liberté.

Synonymes : disponibilité – loisir. Contraires : activité – occupation – travail

8. État de quelqu’un ou d’un animal qui n’est pas retenu prisonnier : Un parc national où les animaux vivent en liberté.

Contraires : captivité – claustration – détention – emprisonnement – incarcération

9. Situation psychologique de quelqu’un qui ne se sent pas contraint, gêné dans sa relation avec quelqu’un d’autre : S’expliquer en toute liberté avec quelqu’un.

Synonyme : franchise

10. Manière d’agir de quelqu’un qui ne s’encombre pas de scrupules : Être blâmé pour la liberté de sa conduite.

Synonymes : dérèglement – désinvolture – familiarité – impertinence – irrévérence – laisser-aller – sans-gêne

11. Écart d’une interprétation, d’une adaptation, etc., par rapport aux faits réels ou au texte original : Une trop grande liberté dans la traduction.

12. État de ce qui n’est pas étroitement contrôlé, soumis à une réglementation sévère : Instaurer la liberté des prix industriels.

13. Caractère de ce qui relève de l’initiative privée : Liberté d’entreprise.

Jeux

14. Nom donné, pendant la Révolution, à certaines figures des jeux de cartes qui remplaçaient les reines.

Source : Larousse.fr

Comme le montre cette définition, la liberté est un concept très large. Selon les philosophes, les approches sont diverses. Dans cet article, je vous propose de réfléchir à la notion de liberté sans vous donner de réponses toutes faites. Je vais vous proposer quelques citations suivies de questions ouvertes. Vous pourrez y répondre (ou non) en toute liberté, suivant les idées que la lecture de ces textes feront accoucher en vous.

Je vous précise juste que ces citations sont majoritairement extraites de la Bible. Sentez-vous libre de réaliser ou non cet exercice. Sentez-vous libre de répondre aux questions posées comme vous l’entendez. 😊 Si vous ne souhaitez pas vous pencher sur ce point de vue chrétien, mais voulez en savoir plus sur la notion de liberté en philosophie, je vous invite à consulter ce lien.


Qu’est-ce que la liberté ?

« Situation psychologique de quelqu’un qui ne se sent pas contraint, gêné dans sa relation avec quelqu’un d’autre » (l’un des sens donnés par le Larousse)

Pistes de réflexion :

  • Suis-je libre de mener ma vie comme je l’entends ? Suis-je soumis à des pressions extérieures ?
  • Si oui, ces pressions sont-elles bonnes pour moi ou m’empêchent-elles d’être heureux (heureuse) ?
  • Mes relations avec telle ou telle personne sont-elles saines ? M’édifient-elles dans la liberté ou m’emprisonnent-elles ?

« La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 31-36)

Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » Ils lui répliquèrent : « Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres” ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres.

Pistes de réflexion :

  • Si je demeure fidèle à la parole de Dieu, je suis Son fils (ou Sa fille) et je suis libre. Dans quelle mesure suis-je fidèle à cette parole ? Qu’y a-t-il de beau dans ma vie ? Qu’est-ce qui fait que je suis libre ? Qu’est-ce qui fait que je me sens comme un fils ou une fille de Dieu ?
  • Nous sommes tous à la fois aimés de Dieu et sous l’emprise du péché. De quel(s) péché(s) suis-je esclave ?
  • En m’appuyant sur la parole de Dieu, sur des conseils qu’on m’a donnés et/ou sur le bon sens, que puis-je faire pour sortir de l’esclavage de mon péché ?

Liberté dans l’Esprit Saint (2 Corinthiens 3, 17)

« Or, le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté. »

Pistes de réflexion :

Est-ce que j’arrive à reconnaître la voix de l’Esprit Saint ? Si oui, est-ce que je me laisse guider par Lui ? Ai-je au contraire tendance à résister ? Pourquoi ? Ai-je conscience que, si Dieu m’appelle à quelque chose, c’est parce qu’Il m’aime et parce qu’Il sait que ce chemin me rendra libre et heureux (heureuse) ?


Oser annoncer Jésus (Mc 6, 7-13)

En ce temps-là,
    Jésus appela les Douze ; 
alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. 
Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, 
    et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, 
mais seulement un bâton ; 
pas de pain, pas de sac, 
pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. 
    « Mettez des sandales, 
ne prenez pas de tunique de rechange. » 
    Il leur disait encore : 
« Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, 
restez-y jusqu’à votre départ. 
    Si, dans une localité, 
on refuse de vous accueillir et de vous écouter, 
partez et secouez la poussière de vos pieds : 
ce sera pour eux un témoignage. » 
    Ils partirent, 
et proclamèrent qu’il fallait se convertir. 
    Ils expulsaient beaucoup de démons, 
faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, 
et les guérissaient.

Pistes de réflexion :

  • Suis-je assez libre pour oser parler de Jésus autour de moi ? Ai-je assez de lâcher-prise pour évangéliser sans craindre le jugement des autres ?
  • Si j’ose, est-ce que je m’y prends comme il faut ? Si je n’ose pas, qu’est-ce qui me freine ?
  • Comment fais-je pour aborder le sujet ? Ai-je pris le temps de me former à l’évangélisation ?

Cette proposition de méditation biblique sur la liberté est tirée du carnet de l’édition 2021 du pèlerinage sur les pas du bienheureux Noël Pinot. La constitution du corpus et la formulation des question ont été réalisées par Jean O’Creisren.

Qu’est-ce que la liberté ?

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Don des langues : le point de vue d’un linguiste sur la Pentecôte

L’Esprit Saint nous est donné ! Alléluia ! Oui, nous fêtons la Pentecôte, jour où nous sommes appelés à témoigner de l’amour du Christ jusqu’aux extrémités de la Terre.

Je ne sais pas pour vous, mais je suis un fan du Paraclet ! J’invoque le Saint-Esprit dès que j’ai une décision importante à prendre, quand je dois tenir avec quelqu’un une discussion profonde ou lui écrire un message qui requiert une extrême délicatesse… Si vous êtes croyant, je vous encourage à faire de même ! 😊

Avant d’entrer dans cette réflexion, je vous invite donc à prier l’Esprit Saint, par exemple par ce beau chant

Le jour de la Pentecôte, l’Esprit Saint fut donné aux disciples du Christ sous forme de « langues qu’on aurait dites de feu » (Ac 2, 3). Image par Gerd Altmann de Pixabay.

La Bonne Nouvelle de la Résurrection s’adresse à tous les hommes de tous les peuples. À chacun, quelle que soit sa langue. Et justement, je compte aujourd’hui analyser avec vous le récit de la Pentecôte sous l’angle linguistique. Je ne sais pas si cela a déjà été fait, mais voici ce qu’un linguiste passionné peut dire sur le texte des Actes des Apôtres

Après cette analyse scientifique, nous tenterons d’en tirer quelques conclusions théologiques.

Tout d’abord, qu’enseigne la Bible à ce sujet ? Voici le récit de la Pentecôte selon saint Luc :

Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. » Ils étaient tous dans la stupéfaction et la perplexité, se disant l’un à l’autre : « Qu’est-ce que cela signifie ? » D’autres se moquaient et disaient : « Ils sont pleins de vin doux ! » Alors Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles. Non, ces gens-là ne sont pas ivres comme vous le supposez, car c’est seulement la troisième heure du jour (…). Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes. Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies. Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir (…). »

Source : Lc 2, 1-15 ; 22-24 (texte copié sur le site de l’AELF).

Le jour de la Pentecôte, chacun entend les apôtres prêcher dans sa langue maternelle. Mais quelles langues parlaient les peuples cités dans ce passage ?

  1. « Parthes, Mèdes et Élamites »

Les Parthes, les Mèdes et les Élamites venaient d’Iran. L’Empire parthe était le grand rival de l’Empire romain. Comme les Perses, les Parthes et les Mèdes parlaient des langues indo-iraniennes. Ce groupe linguistique se rattache à la famille indo-européenne. Il inclut aujourd’hui le persan (ou farsi), le kurde (qui est peut-être le lointain descendant de langue mède) et certaines langues indiennes (comme l’hindi et l’ourdou).

En revanche, les Élamites parlaient un idiome qui n’a rien à voir avec les langues indo-européennes. L’élamite faisait peut-être partie des langues dravidiennes, dont les survivantes sont aujourd’hui parlées au sud de l’Inde. Selon certains linguistes, l’élamite serait donc un lointain cousin du tamoul. Mais ce rapprochement ne fait pas consensus au sein de la recherche en linguistique. D’autres spécialistes disent que celle langue ne se rattache à aucune famille connue. D’après eux, ce serait donc un isolat, comme le basque.

D’après certaines sources, la langue élamite se serait éteinte après la conquête d’Alexandre le Grand. Dans ce cas, aucun locuteur natif de cet idiome n’aurait pu entendre prêcher les apôtres dans sa langue maternelle. On peut donc supposer qu’ils parlaient une langue indo-iranienne, comme les Parthes, les Mèdes et d’autres habitants de l’Empire perse.

Pour plus d’informations sur la civilisation élamite, je vous invite à cliquer sur ce lien. Si vous souhaitez accéder aux recherches les plus récentes sur l’écriture élamite, cet article de vulgarisation peut vous intéresser.

  • Les « habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce… »

Les habitants de la Mésopotamie et de la Judée parlaient à cette époque des langues sémitiques, comme l’araméen.

En revanche, ceux de « la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie » venaient tous d’Asie Mineure, soit l’actuelle partie asiatique de la Turquie. Au Ier et au IIe millénaire avant Jésus-Christ, les langues anatoliennes étaient une branche de la famille indo-européenne parlée dans la région. Elles étaient notamment pratiquées par les Hittites. Cette branche a aujourd’hui disparu. Je ne saurais pas vous dire s’il en restait des traces à l’époque où se déroule le récit de la Pentecôte. Elles ont dû perdre du terrain devant l’influence du grec dans la partie orientale de l’Empire romain. Comme le récite se situe au début de notre ère (difficile d’annoncer la résurrection de Jésus avant sa naissance 😉), il est probable que les langues anatoliennes aient déjà disparu au moment de l’énonciation. Les Phrygiens parlaient une langue helléno-phrygienne, donc une langue indo-européenne apparentée au grec. Notons que le récit des Actes des Apôtres ne mentionne pas les Galates, autre peuple anatolien de l’époque. Ces derniers parlaient une langue celtique, donc également indo-européenne. C’est plus tard qu’ils ont été évangélisés par l’apôtre Paul. Pour en savoir plus sur les langues anatoliennes, vous pouvez cliquer sur ce lien.

  • « habitants (…) de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène »

Ces locuteurs parlaient des langues chamito-sémitiques (ou afro-asiatiques). Ce groupe inclut aujourd’hui la branche berbère (certainement parlée par les habitants « des contrées de Libye proches de Cyrène »), la branche égyptienne (certainement la langue copte dans le texte de Luc), la branche sémitique (mentionnée ci-avant et ci-après), les langues tchadiques (parlées au Sahel) ainsi que les langues couchitiques et, selon certains linguistes, les langues omotiques, parlées dans la Corne de l’Afrique. Pour en savoir plus sur cette famille de langues, je vous invite à consulter cet article d’Universalis.

  • « Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes »

Les Romains parlaient bien évidemment latin. Cette langue qu’on ne présente pas est la mère des langues romanes, comme le français, l’espagnol, l’italien, le portugais, le roumain et quelques langues régionales et autres dialectes. Certains linguistes considèrent que les langues latines et celtiques font partie d’un même groupe, appelé « langues italo-celtiques ».

Les Juifs de Palestine parlaient araméen ou hébreu, deux langues sémitiques. La langue arabe se rattache également à cette branche de la famille afro-asiatique. Elle est donc très proche de l’hébreu ! On veut nous faire croire qu’Israéliens et Palestiniens ne pourront jamais s’entendre, mais ils parlent des langues sœurs !

Enfin, les Grecs et les Crétois parlaient grec ancien. Il s’agit d’une langue helléno-phrygienne, de la famille indo-européenne.

CONCLUSION

Après ce développement scientifique, nous allons tenter d’en tirer des conclusions théologiques. Pour ce faire, nous allons compléter cet exposé linguistique avec une lecture symbolique et spirituelle du texte de la Pentecôte.

Si l’on considère que tous les peuples cités dans les Actes des Apôtres parlaient une langue propre[1], cela nous fait trois familles linguistiques :

  • Langues indo-européennes
  • Langues chamito-sémitiques
  • Langues dravidiennes ou isolat.

Tout d’abord, ces familles de langues représentent aujourd’hui une imposante majorité des locuteurs qui composent l’humanité. On y retrouve une grande partie des idiomes les plus largement pratiqués : l’hindi, l’anglais, l’espagnol et le français font partie de la famille indo-européenne. L’arabe est une langue sémitique. En 1999, on estimait que le tamoul, langue dravidienne, était parlé par 74 millions de personnes, un nombre qui a certainement augmenté depuis.

D’autre part, le chiffre 3 est hautement symbolique d’un point de vue chrétien. Pouvons-nous y voir une manifestation de la Sainte Trinité[2], le jour où la troisième Personne se fait connaître ? Cette effusion de l’Esprit ne nous invite-t-elle pas à entrer dans l’amour infini qui L’unit au Père au Fils ? À la Pentecôte, le Paraclet révèle-t-Il le Dieu un et trine jusque dans cette classification linguistique ?

Et si nous divisons ces familles en groupes (ou en « branches »), apparaît le résultat suivant :

  1. Langues indo-européennes : 4 groupes (branche indo-iranienne, branche helléno-phrygienne, branche italo-celtique et éventuellement branche anatolienne)
  2. Langues chamito-sémitiques : 3 groupes (branche sémitique, branche égyptienne et branche berbère)
  3. Langues dravidiennes ou isolat : 1 groupe (élamite)

Cela fait donc 8 groupes linguistiques différents.Or, selon Steve Desrosiers, le chiffre 8 symbolise entre autres l’universalité et l’infini. Pour plus de précisions à ce sujet, vous pouvez lire les pages 52 à 56 de son ouvrage disponible en libre accès Les nombres : symbolisme et propriétés. Mon analyse est donc que l’Esprit Saint appelle toute l’humanité à entendre la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Christ. Et par cet événement cosmique, Dieu nous invite tous à la vie éternelle. 😊

Dans le récit de la tour de Babel, l’apparition des langues sert à diviser une humanité qui voulait s’élever sans Dieu. Le livre de la Genèse nous apprend en effet que l’homme ne peut « se faire un nom » s’il exclut son Créateur de ses rêves de grandeur. Pour plus d’informations sur l’interprétation chrétienne de ce passage biblique, vous pouvez lire ce bref article.

Considérée comme l’anti-Babel, la Pentecôte vient rassembler l’humanité malgré sa diversité linguistique. Saint Irénée de Lyon l’exprime très clairement dans ce passage :

« C’est l’Esprit, au dire de Luc, qui est descendu après l’Ascension du Seigneur sur les Apôtres à la Pentecôte, et qui a pouvoir sur tous les peuples pour les introduire à la vie et leur ouvrir la nouvelle Alliance. C’est pourquoi, s’unissant à toutes les langues, ils chantaient un hymne à Dieu. L’Esprit ramenait à l’unité toutes les races éloignées, et offrait au Père les prémices de tous les peuples. » (source : AELF)

Derrière ces 3 familles de langues qui couvrent une grande partie de l’humanité, la Terre entière (symbolisée par le chiffre 8) entend parler Dieu dans sa langue maternelle.

À travers ces chiffres (3 et 8), le Dieu trinitaire manifeste qu’Il est le Dieu de tous les peuples. Par ailleurs, cette diversité linguistique indique que le Saint-Esprit nous appelle à annoncer Jésus à l’ensemble de l’humanité. Allons donc proclamer que Dieu est amour et qu’Il aime infiniment chaque être humain ! C’est là le message principal de la Pentecôte !

Jean O’Creisren


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[1]  Certes, cela n’est pas sûr historiquement parlant, mais le sens d’un texte biblique se situe parfois à un autre niveau. Dans l’hypothèse où l’élamite et les langues anatoliennes soient encore parlées à l’époque, les chiffres avancés sont exacts.

[2] Concernant la Trinité et le Saint-Esprit, sainte Hildegarde de Bingen a reçu des visions reconnues par l’Église catholique. Vous pourrez en lire une sur ce lien.

¿Quién era el beato Natal Pinot?

En 1794, a finales de la Revolución Francesa, guillotinan a un sacerdote refractario en la ciudad de Angers. En esa diócesis parcialmente devastada por las guerras de Vandea, al beato Natal Pinot lo veneran como mártir local. Su sacrificio corona una vida totalmente entregada al servicio de los demás. Pero ¿en qué el ejemplo de aquel hombre muerto hace más de 200 años puede servirnos hoy en día?

¿Quién era Natal Pinot?

Nacido en Angers en 1747, Natal es el pequeño de una familia numerosa. A los 18 años, ingresa al seminario mayor y es ordenado sacerdote cinco años después, en 1770. Después de once años como vicario en distintas parroquias, es nombrado capellán para los pacientes incurables del hospital de Angers. Al velar a los enfermos, muestra una devoción ejemplar y todo el mundo lo quiere.

En paralelo con este servicio, prosigue sus estudios en la universidad para que puedan nombrarlo párroco. Una vez conseguido el diploma, es enviado al Louroux-Béconnais, al oeste de Angers, en 1788. Allí presta una atención especial a los pobres. A veces hasta se priva de la comida y de la ropa que necesita. «Les aseguro que esta pobre viuda ha dado más que nadie. Porque todos los demás dieron como ofrenda algo de lo que les sobraba, pero ella, de su indigencia, dio todo lo que tenía para vivir» (Lc 21, 3-4). Lo que Jesús dijo de esa viuda en este fragmento del Evangelio según san Lucas, habría podido decirlo de Natal Pinot.

En 1789 estalla la Revolución Francesa. Al principio, el padre Pinot tiene una opinión más bien positiva respecto a ese cambio. En efecto, éste promete salir de la miseria a los más desfavorecidos. Sin embargo, cuando promulgan la Constitución civil del clero, el párroco del Louroux se opone. En efecto, esta ley obliga a la Iglesia a que se someta al Estado. Los clérigos pasarán a ser funcionarios. A los obispos ya no los nombrará el Papa, sino que los elegirán todos los ciudadanos, sean éstos católicos o no. En este sentido, se puede considerar a los sacerdotes que se oponen a ese texto como defensores de la laicidad. Quieren separar la Iglesia y el Estado. Esos sacerdotes llamados «refractarios» son numerosos en el oeste de Francia. Se niegan a prestar juramento ante la Constitución para permanecer fieles al Papa. En 1791, Natal Pinot explica ese rechazo en una homilía. Entonces los soldados lo detienen.

Después de dos años de cárcel en Baupréau, en el sur del departamento francés de Maine y Loira, ve cambiar las tornas. Estallan las guerras de Vandea. Unos campesinos se sublevan contra la República, en particular para defender a los sacerdotes refractarios. Librado por los rebeldes, Natal regresa a su parroquia, en donde deberá celebrar la misa clandestinamente. En efecto, un sacerdote fiel a la Revolución ha sido nombrado en su lugar y el padre Pinot tendrá que esconderse en casas de parroquianos.

A lo largo del conflicto, el ejército católico y real de Vandea va sufriendo derrotas. Natal está en peligro, pero quiere quedarse con sus feligreses. Los soldados lo buscan, mas sus amigos corren riesgos para que él pueda seguir viviendo en la comarca.

Finalmente, alguien lo delata en febrero de 1794 y lo detienen en la aldea de La Milandrie. Llevado a Angers, no denuncia a ninguna de las personas que lo ayudaron. Su juez es un sacerdote que ha colgado los hábitos. Éste condena a muerte al prisionero, y le propone que suba al patíbulo llevando sus vestidos litúrgicos. ¿Es para provocarlo o para honrarlo? Nadie sabe. Sea lo que sea, Natal acepta alegremente. Entonces es vestido para celebrar la Eucaristía como avanza hacia la guillotina, el viernes, 21 de febrero de 1794, sobre las tres de la tarde. Dicen que en aquel momento pronunció las primeras palabras de la misa tridentina: «Introibo at altare Dei»[1]. Así que su martirio queda asociado con el sacrifico de Cristo en la cruz.

El 31 de octubre de 1926, el Papa Pío XI beatifica a Natal Pinot. Como beato, se le puede rendir culto público únicamente en la diócesis de Angers.

¿Qué nos enseña hoy la vida de Natal Pinot?

Existen muchas formas de ser santo. Cada uno puede serlo en su manera propia. Los cuya santidad reconoció la Iglesia vivieron el Evangelio de forma heroica y/o murieron por su fe. Sus vidas son testimonios, pero el único ejemplo que hemos de imitar es Cristo.

¿Qué testimonio nos aporta la vida del beato Natal Pinot?

Primero, su sacerdocio ya es un don y un sacrificio. No tuvo miedo de ponerse radicalmente al servicio de los pobres y de los enfermos. En el seguimiento de Natal Pinot, ¡no dudemos en arremangarnos, e incluso a dar desde nuestra pobreza a los que no tienen nada! Existen muchísimas formas de implicarse: tomarse el tiempo para hablar con las personas que mendigan, darles dinero o darles de comer si nos conviene este modo de obrar… También podemos apoyar asociaciones serias que ayudan a los más desfavorecidos. Por ejemplo, podemos donar a Cáritas o a la Sociedad de San Vicente de Paúl. Mas, lo que podemos dar no es solo lo material. Podemos dar nuestro tiempo, nuestras competencias, nuestra oración o nuestra sonrisa. 

Por fin, Natal Pinot sufrió el martirio porque quiso permanecer fiel a Cristo. Hoy en día, muchos cristianos siguen siendo perseguidos en numerosos países. ¿Qué hacemos para ellos? Varias asociaciones, como la Ayuda a la Iglesia Necesitada, les proporcionan apoyo. Ahí también, ¡podemos dar nuestro tiempo, nuestro dinero, nuestras competencias y/o simplemente nuestra oración para ayudar a nuestros hermanos y hermanas en la fe! Ellos también nos echarían una mano si estuviéramos en su lugar.

En el seguimiento del párroco del Louroux-Béconnais, una decena de fieles, clérigos y laicos, están comprometidos en el seno del Oratorio del beato Natal Pinot. De diversas sensibilidades eclesiales, tienen en común un sentido social y una atención a los más pobres. En su vida personal, profesional y/o asociativa, ayudan a distintas personas en dificultades: romaníes, inmigrantes, personas que sufren de distintas adicciones, sin techo, personas mayores, personas discapacitadas… Reconocida a la vez por la Iglesia Católica y por el Estado francés, esta asociación trata de seguir a Cristo y al beato. Como pobres entre los pobres, los miembros procuran anunciar el Evangelio a las personas que se encuentran al margen de la sociedad.

¿Y nosotros? ¿Qué hacemos por nuestros hermanos y nuestras hermanas en dificultades? ¿Nos tomamos tiempo para vivir el Evangelio con una caridad radical? ¿Escuchamos a Aquél que dijo: «En esto todos reconocerán que ustedes son mis discípulos: en el amor que se tengan los unos a los otros»?[2]

Beato Natal Pinot, ¡intercede para que sepamos imitar a Jesús!

Jean O’Creisren

Créditos de imagen: Oratorio del beato Natal Pinot.


[1] «Subo al altar de Dios».

[2] Jn 13, 35


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Des arguments pour évangéliser

Il y a quelques jours, nous avons fêté la Pentecôte. Comme les disciples, sortons annoncer au monde que le Christ est ressuscité !

Eh oui, pour les chrétiens, l’amour de Dieu est plus fort que la mort. Nous croyons aussi que Jésus nous envoie annoncer cette Bonne Nouvelle au monde entier. Cette annonce s’appelle l’évangélisation. Mais attention : évangéliser, ce n’est pas imposer ! C’est proposer un message, auquel les gens sont libres d’adhérer ou non. Nous pouvons annoncer l’Évangile, mais c’est Dieu seul qui peut convertir telle ou telle personne, si celle-ci Le laisse faire. Car Dieu est amour et il ne fait rien sans nous laisser libres.

Si Jésus nous envoie annoncer la Bonne Nouvelle au monde, comment s’y prendre ?

Nous verrons ici quelques arguments pour évangéliser des personnes qui croient de différentes manières ou ne croient pas. Toutefois, ce n’est pas seulement à coup d’arguments qu’on évangélise. Jésus nous a donné la clé : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13, 35). Eh oui, on ne peut témoigner d’un Dieu-Amour qu’en essayant d’aimer. Être chrétien, c’est notamment respecter autrui, avoir le souci des plus pauvres, prendre soin de la création, etc. Si vous arrivez très sûr(e) de vous en disant : « Moi, j’ai la Vérité, et je vais te l’apporter, à toi, pauvre ignorant ! », vous allez vous faire envoyer promener… Au contraire, ayons une attitude respectueuse : une écoute de ce que l’autre souhaite dire sur le sujet, un certain humour, un réel intérêt pour ce que vit l’interlocuteur, une compassion face aux souffrances qu’il ou elle peut porter. Même si la personne en face de nous pense beaucoup de mal des cathos, du Pape et de l’Église, laissons-la exprimer son point de vue. Jésus s’y prenait de cette manière-là !

Après, avec certaines personnes, il peut arriver d’avoir des débats théologiques. Voici ce que je vous propose de répondre à celles et à ceux qui affichent certaines convictions différentes des vôtres, voire une absence de convictions…

Pour dialoguer avec un(e) athée :

Tu me dis qu’il y a trop de souffrance dans le monde pour que Dieu existe. Tu as raison de dire que la souffrance est révoltante ! Moi, je crois en un Dieu tout-puissant en amour. Dieu n’aime pas nous voir souffrir. Il nous aime tellement qu’Il tient à souffrir avec nous. Sur la croix, Jésus a vraiment morflé. Il a morflé pour nous parce qu’Il nous aime.

D’ailleurs, juste avant de mourir, Jésus dit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46). À ce moment-là, Il fait l’expérience de l’absence de Dieu. Tout comme toi, il n’a pas de raison de croire en Dieu en cet instant précis. En d’autres termes, Il comprend ce que tu vis dans ton athéisme.

Et grâce à Sa souffrance, nous sommes sauvés. Comme Lui, nous pourrons ressusciter pour une vie éternelle. Nous aurons droit à un bonheur sans fin, sans la moindre douleur. Le christianisme n’est pas une religion de la souffrance, mais une religion de la vie et de l’amour.

Si tu souhaites en savoir plus, je t’invite à regarder cette vidéo :

Pour dialoguer avec un(e) agnostique :

Tu ne sais pas si Dieu existe ou non. Certaines choses te poussent à croire et d’autres à ne pas croire. Cette situation n’est pas confortable pour toi et tu te dis que Dieu n’est pas démontrable par la raison. Le philosophe Blaise Pascal se posait les mêmes questions que toi. Il n’a pas démontré l’existence de Dieu, mais s’est dit qu’en pariant sur celle-ci, on gagnait tout. Voici un extrait du pari pascalien :

« Puisqu’il faut choisir, voyons ce qui vous intéresse le moins. Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude ; et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter. »

Selon Blaise Pascal, il est donc plus raisonnable de parier que Dieu existe. Cela nous engage à ordonner notre vie comme si nous allions être jugés sur nos actes à la fin. Si Dieu existe, nous entrerons alors au Paradis. En revanche, si nous avons fait le mal toute notre vie en pariant que Dieu n’existe pas, nous aurons une mauvaise surprise à l’heure du jugement. Et si Dieu n’existe pas, nous n’aurons rien perdu en pariant sur son existence (ou sur son inexistence). Tu trouveras le texte complet ainsi qu’une analyse universitaire de ce passage sur ce lien.

Pour ce qui est de prouver l’existence de Dieu, Aristote s’y est attelé. Il était grec, donc issu d’un peuple qui croyait en plusieurs divinités. Il observait que tout a une cause : notre monde d’aujourd’hui ne serait pas ce qu’il est sans tout ce qu’il s’est passé tout au long de l’histoire. L’homme n’aurait pas pu écrire l’Histoire sans l’évolution des primates. Les primates ne se seraient pas développés ainsi sans la disparition des dinosaures. Les dinosaures n’auraient pas existé sans l’apparition de la vie sur Terre. La vie ne serait pas apparue sur Terre sans un milieu propice à son éclosion… Nous pouvons toujours remonter les causes et les effets. Mais Aristote se dit qu’on ne peut pas remonter comme ça à l’infini. Il doit bien y avoir une cause première. Et ce « premier moteur » n’est mu par aucun autre. Il est éternel et se trouve donc être la cause finale de tout. Cette « cause première » ou ce « premier moteur », c’est ce que nous appelons Dieu.

Au-delà de cette démonstration intellectuelle, la foi est aussi une question de volonté. La raison peut nous amener à un certain point, au-delà duquel on peut croire ou non. Pour continuer ce chemin vers la foi, il faut poser un acte volontaire.

Que veux-tu ? Dans la Bible, Dieu dit : « Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui » (Dt 30, 19-20). Et toi, comment veux-toi voir les choses ? Quelle vision du monde veux-tu porter ? Veux-tu croire que la mort a le dernier mot ou veux-tu espérer en la toute-puissance de l’Amour ? Veux-tu choisir une perspective de bonheur ou de malheur ? Veux-tu choisir une vie heureuse dans l’amour de Dieu ou une vie d’orphelin ? Veux-tu avoir à tes côtés un Ami qui te tire vers le haut ? Souhaites-tu au contraire avancer avec difficulté, en ne comptant que sur tes propres forces ? Veux-tu vivre de manière exigeante en te pliant à la Loi d’amour du Seigneur ou t’égarer dans une pseudo-liberté ?

Si tu souhaites en savoir plus, je t’invite à regarder cette vidéo.

Pour dialoguer avec une personne de confession juive :

Vous, les Juifs, vous êtes nos frères aînés dans la foi. Vous êtes ceux à qui Dieu a parlé en premier et vous devez en être fiers ! Vous gardez pieusement les racines de notre religion. Dans l’Ancien Testament, cette partie de la Bible que nous avons en commun avec vous, nous voyons des signes de la venue de Jésus. Je t’invite à en découvrir plus sur ce lien.

Pour dialoguer avec une personne qui croit en Dieu, mais pense qu’Il se manifeste à travers les états de transe générés par les drogues :

Tu penses rencontrer Dieu dans les champignons hallucinogènes, le teuch ou l’ayahuasca ? Ce sont peut-être des expériences uniques, mais ça te détruit la santé ! Je vais t’indiquer quelques drogues fiables, à travers lesquelles Dieu peut vraiment te parler :

  1. La Bible. Oui, Dieu te parle à travers la Bible. Ce livre… Que dis-je ? Cette bibliothèque est un vrai trésor sur le plan littéraire, culturel, philosophique et spirituel. On y trouve des textes d’une grande variété : des conseils remplis de sagesse, de belles prières, des bijoux de poésie amoureuse, des sagas guerrières, des contes d’une profondeur inouïe, des lettres, des récits mystiques complètement délirants… sans oublier le cœur de la Révélation, l’Évangile, cette histoire de Jésus qui révèle combien Dieu nous aime. Oui, Dieu t’aime tel que tu es, même si la drogue te fait du mal.
  2. Si tu sens que ton cœur est lourd, si tu te sens coupable de tel ou tel péché, ne te réfugie pas dans une drogue qui ne résout rien. Va plutôt voir quelqu’un qui peut vraiment guérir ton âme. Si tu es baptisé, va voir un prêtre pour te faire confesser. Un prêtre qui confesse bien ne te jugera pas. S’il te fait culpabiliser, alors c’est lui qui devrait aller au confessionnal ! Non, quand on va se confesser, on entre avec le cœur lourd, mais on ressort tout léger, heureux d’avoir été pardonné.
  3. La troisième drogue que je te propose est daller à la messe. Si tu n’as pas commis de péché grave, ou si tu t’es confessé depuis, et si tu as déjà fait ta première communion, tu peux recevoir le Corps du Christ. Oui, crois-moi, cette drogue-là est hyper efficace ! Ça ne t’explose pas le cerveau, mais ça fortifie ton âme. Ça la remplit d’amour. Or, si tu abuses de drogues, n’est-ce pas pour combler un manque d’amour dont tu souffres tant ?

Il y a plein d’autres manières d’être un toxico de Jésus : la prière du chapelet, l’invocation de l’Esprit Saint, la louange, l’adoration, les pèlerinages, les lectures spirituelles, les études de théologie… Encore une fois, ces drogues-là ne font que du bien, car Dieu veut te faire grandir et non te détruire !

Pour dialoguer avec une personne de confession musulmane :

Nos religions ont plein de choses en commun. Toi et moi, nous croyons en un Dieu unique, créateur de toute chose et tout-puissant. Tu fais le Ramadan, je fais le Carême. Tu pries, moi aussi. Tu as le souci du plus pauvre, moi également. Mais une chose fondamentale nous divise. Pour moi, Jésus est Dieu et pour toi, ce n’est qu’un prophète. Pour toi, Il n’est pas mort et n’est pas ressuscité. Pour toi, la Bible a été falsifiée et le Coran rétablit la vérité. Pour toi, Dieu ne peut pas être à la fois un et trois. Nous pourrions passer toute une vie à débattre de nos désaccords. Chrétiens et musulmans n’ont pas fini de disserter sur ces contradictions. Je vais d’abord te soumettre deux remarques pour te montrer que la Trinité est bel et bien suggérée dans ta religion :

  • Le vert est la couleur de l’islam, n’est-ce pas ? Sais-tu que c’est également la couleur du catholicisme irlandais ? Et sais-tu pourquoi ? Parce que c’est celle du trèfle de saint Patrick. Celui-ci a expliqué la Trinité aux Celtes polythéistes. Ces derniers lui ont demandé comment un Dieu pouvait être à la fois un et trois. Il a montré un trèfle en disant : « il y a un seul trèfle, mais celui-ci a trois feuilles différentes ».
  • La seconde remarque est la suivante : quand tu fais tes ablutions, chaque geste est répété trois fois. En effet, tu me dis toi-même que le 3 est le chiffre préféré d’Allah. Pourquoi donc, à ton avis ?

Mais il faut savoir que la Trinité est avant tout une communion d’amour entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Oui, nous croyons que Dieu est amour. Pour nous, Il est le tout-miséricordieux, le très miséricordieux (الرَّمان الرَّحيم – al-raḥmân al-raḥîm). D’après notre religion, Dieu créateur aime, donc Il engendre le Fils. Le Père et le Fils s’aiment infiniment et leur relation d’amour est l’Esprit Saint, qui rejaillit sur le monde. Et cette communion d’amour embrasse toute la création. Si Dieu est amour, Il est relation. Dieu nous a créés par amour. Donc il ne peut que nous aimer. Dans l’islam, Allah a 99 attributs. Vous considérez que le centième sera révélé dans l’au-delà. Joseph Fadelle, un musulman converti au christianisme, considère que ce 100e attribut est حُبّ [ḥubb], « l’amour ».

Tu dis également que Jésus n’est pas ressuscité. Pour toi, il n’est même pas mort. Il a été enlevé au Ciel par Allah et un sosie a été crucifié à sa place. Mais, pour nous les chrétiens, Sa Résurrection est au cœur de notre foi. Tu ne crois pas à cette histoire ? Qu’en diras-tu après avoir vu cette vidéo ?

Pour dialoguer avec un témoin de Jéhovah :

Les témoins de Jéhovah se basent sur la Bible, mais ils en ont une interprétation erronée. Notamment, ils nient la divinité de Jésus. Or, quand on lit de plus près, la Bible dit que Jésus est Dieu. Regardons ce passage du chapitre 18 de l’Évangile de Jean, où le Christ est arrêté avant sa Passion :

Ayant ainsi parlé, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C’est moi, je le suis. » Judas, qui le livrait, se tenait avec eux. Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre. Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. » Jésus répondit : « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. »

Source : AELF

« C’est moi, je le suis. » est la traduction du grec « ἐγώ εἰμι » [ego eïmi]. Une traduction littérale de cette phrase donne : « Moi, je suis ». Or « Je suis celui qui suis » est la façon dont l’Éternel se présente à Moïse dans l’épisode du buisson ardent : אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה [’ehyeh ’ăšer ’ehyeh]. Autrement dit, Jésus reprend les mêmes mots pour dire qu’Il est Dieu. Notons que « ἐγώ εἰμι » est répété trois fois. En effet, l’évangéliste insiste car ce détail est important. Et quelle est la réaction de cette troupe de soldats armés jusqu’aux dents ? Ils se cassent la figure ! Ils tombent comme un château de cartes devant la toute-puissance de l’Éternel.

Voilà donc ce que vous pouvez répondre à un témoin de Jéhovah qui essaie de vous prouver que Jésus n’est pas Dieu.

Une autre idée des témoins de Jéhovah est qu’il n’y aura que 144 000 sauvés. Pour cela, ils se basent sur le chapitre 7 du livre de l’Apocalypse. Dans ce cas, ça ne vaut même pas le coup d’être témoin de Jéhovah, puisqu’ils sont largement plus que 144 000 ! Mais voyons ce qu’enseigne réellement la Bible à ce sujet :

Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël. De la tribu de Juda, douze mille marqués du sceau ; de la tribu de Roubène, douze mille ; de la tribu de Gad, douze mille ; de la tribu d’Aser, douze mille ; de la tribu de Nephtali, douze mille ; de la tribu de Manassé, douze mille ; de la tribu de Siméon, douze mille ; de la tribu de Lévi, douze mille ; de la tribu d’Issakar, douze mille ; de la tribu de Zabulon, douze mille ; de la tribu de Joseph, douze mille ; de la tribu de Benjamin, douze mille marqués du sceau. Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main (…). L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, et le servent, jour et nuit, dans son sanctuaire. Celui qui siège sur le Trône établira sa demeure chez eux. Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, ni le soleil ni la chaleur ne les accablera, puisque l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »

Source : AELF

Donc, pour résumer, les cent quarante-quatre mille sauvés sont juste 12 000 personnes de chaque tribu d’Israël. Ce sont donc des Juifs et non des témoins de Jéhovah. Néanmoins, d’après Antonio Fuentes Mendiola, « le nombre 144 000 (mille fois 12×12) est purement symbolique. Il représente d’une part la perfection (douze) et d’autre part la multitude (mille). »[1] Enfin, le texte précise juste après qu’une foule indénombrable issue de tous les peuples de la Terre rejoint ces 144 000. Le salut est donc proposé à tous. Dans un autre texte biblique, Jean écrit que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8). Le Seigneur aime donc tout le monde et veut que tous soient sauvés. Il aime aussi les pécheurs et souhaite leur conversion. Il est le Bon Pasteur qui parcourt le désert à la recherche de la brebis égarée. D’ailleurs, dans l’évangile de Matthieu, Jésus dit « votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. » (Mt 18, 14). Donc pas de panique : il y a de la place pour tout le monde au Paradis ! 😊

Pour dialoguer avec une personne qui pratique le spiritisme et qui boursicote :

Tu pratiques le spiritisme ? Moi aussi ! Je le fais même tous les jours. Mais je le fais comme à la Bourse : je mise uniquement sur des valeurs sûres. Si tu invoques un défunt devant un pentacle, c’est comme si tu achetais un subprime. Tu as de grandes chances d’invoquer un démon et de voir ta vie complètement ruinée. En revanche, tu peux invoquer des esprits que l’Église catholique reconnaît comme fiables à 100 %. En premier lieu, invoquer l’Esprit Saint te permet d’être bien éclairé quand tu as une décision à prendre ou quand tu vas tenir une discussion importante avec quelqu’un. Ça, tous les chrétiens sont d’accord pour dire que c’est une valeur sûre puisque c’est Dieu Lui-même.

Après, chez les cathos, nous invoquons aussi les saints, les bienheureux et les vénérables. Ce sont des défunts que l’Église considère comme des placements sans risque. Ils peuvent te pistonner auprès du Bon Dieu pour des choses concrètes dont tu aurais besoin. Par exemple, la prière à saint Joseph est un très bon investissement pour trouver du boulot. Si tu perds un truc, tu peux parier sur saint Antoine de Padoue. Si tu chutes dans la luxure, la Vierge Marie est une valeur-refuge. Et même si tu rencontres des problèmes avec Internet, tu peux demander l’aide d’un saint du VIe siècle, Isidore de Séville.

Épilogue pour les évangélisateurs

Nous avons eu la chance d’avoir été évangélisés. À nous maintenant d’annoncer Jésus au monde. Mais n’oublions pas que le Christ a dit : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13, 35). Soyons donc des témoins aimants. Soyons cohérents avec l’Amour que nous prêchons.

Qui d’entre nous applique l’Évangile à 100 % ? Qui vit parfaitement ce que Jésus nous demande ? Qui peut se vanter d’être saint ? Personne ! Alors en écrivant ce passage, je m’adresse à chacun d’entre nous et je m’inclus dans ces nombreux cathos qui ne sont pas toujours à la hauteur…

Tu te dis « catholique », mais tu oublies que ce terme signifie « ouvert à tous ». Tu vas à la messe tous les dimanches, mais tu méprises la personne qui fait la manche à la sortie de l’église. Tu vas souvent te confesser, mais aussitôt obtenu le pardon de Dieu, tu juges l’étranger, la personne homosexuelle ou prostituée. Tu tiens de grands discours sur la sexualité, mais ton regard n’est pas toujours sain. Tu parles de Dieu aux personnes qui ne le connaissent pas, mais tu n’écoutes pas les souffrances qu’elles ont à te confier. Tu adores un Christ juif, mais tu refuses d’accueillir des étrangers. Tu dissertes sur tel ou tel détail de la liturgie, mais tu écoutes à peine la lecture de l’Évangile et t’inquiètes encore moins de mettre la Parole en pratique. Tu communies au Corps du Christ, mais tu critiques les membres de ce Corps que sont tes frères et sœurs en Dieu. Tu dis que tu aimes Dieu, mais tu refuses d’aimer ton prochain.

Or Dieu est amour et Il nous jugera selon nos actes. Voici un texte qui peut nous rappeler à l’ordre (Mt 25, 31-46) :

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Ainsi, si tu veux évangéliser, ton témoignage d’amour touchera beaucoup plus que les meilleurs arguments. 😉

Jean O’Creisren

Crédits image : https://fr.freepik.com/photos-vecteurs-libre/conception


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[1] D’après une version espagnole du Nouveau Testament traduite et commentée par Antonio Fuentes Mendiola (Madrid, Ediciones RIALP, S. A., 14e édition, 2007). Le commentaire en espagnol de Ap 7, 4-8 a été partiellement traduit par Jean O’Creisren spécialement pour cet article.

Bx Noël Pinot : quel exemple pour nous aujourd’hui ?

En 1794, un prêtre réfractaire est guillotiné à Angers. Dans ce diocèse en partie ravagé par les guerres de Vendée, le bienheureux Noël Pinot est vénéré en tant que martyr local. Son sacrifice couronne une vie toute donnée au service des autres. Mais en quoi l’exemple de cet homme mort il y a plus de 200 ans peut nous parler aujourd’hui ?

Qui était Noël Pinot ?

Né à Angers en 1747, Noël est le dernier enfant d’une famille nombreuse. À 18 ans, il entre au grand séminaire et est ordonné prêtre cinq ans plus tard, en 1770. Après onze ans comme vicaire de diverses paroisses, il est nommé aumônier des incurables d’Angers. Au chevet des malades, il montre un dévouement exemplaire et tout le monde l’apprécie.

En parallèle de ce service, il poursuit ses études à l’université afin de pouvoir être nommé curé. Une fois diplômé, il est envoyé dans la paroisse du Louroux-Béconnais, à l’ouest d’Angers, en 1788. Il y montre une attention particulière pour les pauvres, parfois jusqu’à se priver de la nourriture et du linge dont il a besoin. « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre » (Lc 21, 3-4). Ce que Jésus a dit de cette veuve dans ce passage de l’Évangile de Luc, il aurait pu le dire de Noël Pinot.

En 1789, la Révolution éclate. Au début, l’abbé Pinot se montre plutôt favorable à ce changement car il promet de sortir les plus démunis de la misère. Mais lorsqu’est promulguée la Constitution civile du clergé, le curé du Louroux s’y oppose. En effet, cette loi oblige l’Église à se soumettre à l’État. Les clercs deviendront des fonctionnaires. Les évêques ne seront plus nommés par le Pape, mais élus par tous les citoyens, qu’ils soient catholiques ou non. En ce sens, les prêtres qui s’opposent à ce texte peuvent être considérés comme des défenseurs de la laïcité. Ils entendent séparer l’Église et l’État. Ces prêtres dits « réfractaires » sont nombreux dans l’Ouest. Ils refusent de prêter serment à la Constitution pour rester fidèles au Pape. En 1791, Noël Pinot explique ce refus dans une homélie et est arrêté.

Après deux ans de prison à Baupréau, dans le sud du Maine-et-Loire, il voit le vent tourner. Les guerres de Vendée éclatent. Des paysans se révoltent contre la République, notamment pour défendre les prêtres réfractaires. Libéré par les rebelles, Noël retourne donc dans sa paroisse, où il devra célébrer dans la clandestinité. En effet, un prêtre fidèle à la Révolution a été nommé à sa place et l’abbé Pinot devra se cacher chez des paroissiens.

Au fil du conflit, les Vendéens enchaînent défaite sur défaite. Noël est en danger, mais il tient à rester auprès de ses ouailles. Les soldats le recherchent mais ses amis prennent des risques pour qu’il puisse rester dans la région.

Finalement, il est dénoncé en février 1794 et arrêté au hameau de La Milandrie. Emmené à Angers, il ne dénonce aucune des personnes qui l’ont aidé. Son juge est un prêtre défroqué. Celui-ci condamne à mort le prisonnier et lui propose de monter à l’échafaud vêtu de ses habits liturgiques. Est-ce par provocation ou pour lui faire honneur ? Nul ne le sait. Quoi qu’il en soit, Noël accepte avec joie. C’est donc en tenue de célébrant qu’il marche vers la guillotine, le vendredi 21 février 1794, vers trois heures de l’après-midi. Il aurait alors prononcé les premiers mots de la messe en rite tridentin : « Introibo at altare Dei »[1]. Son martyre est ainsi associé à celui de Jésus sur la croix.

Le 31 octobre 1926, le Pape Pie XI béatifie Noël Pinot. En tant que bienheureux, il peut recevoir un culte public uniquement au sein du diocèse d’Angers.

Que nous dit aujourd’hui la vie de Noël Pinot ?

Il existe de nombreuses manières d’être saint. Chacun peut l’être à sa façon. Ceux que l’Église a reconnus comme tels ont vécu l’Évangile de manière héroïque et/ou sont morts pour leur foi. Leurs vies sont des témoignages, mais le seul exemple que nous devons imiter reste le Christ.

Quel témoignage nous apporte la vie du bienheureux Noël Pinot ?

Tout d’abord, sa vie de prêtre est déjà un don et un sacrifice. Il n’a pas eu peur de se mettre radicalement au service des pauvres et des malades. À sa suite, n’hésitons pas à nous retrousser les manches, à donner même de notre nécessaire à ceux qui n’ont rien ! Il existe mille et une façons de s’investir. Aller discuter avec les personnes qui font la manche, éventuellement leur donner de l’argent ou de la nourriture si nous sommes à l’aise avec ces manières de procéder. Nous pouvons aussi soutenir des associations sérieuses qui viennent en aide aux plus démunis. C’est notamment le cas du Secours Catholique ou de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Mais donner ne se résume pas à ce qui est matériel. Nous pouvons donner notre temps, nos compétences, notre prière, notre sourire. 😊

Enfin, Noël Pinot a subi le martyre parce qu’il voulait rester fidèle au Christ. Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens sont encore persécutés dans de nombreux pays. Que faisons-nous pour eux ? Plusieurs associations, comme l’Aide à l’Église en Détresse, œuvrent à leurs côtés. Là aussi, nous pouvons donner de notre temps, de notre argent, de nos compétences et/ou tout simplement notre prière pour aider nos frères et sœurs dans la foi ! Eux aussi nous tendraient la main si nous étions à leur place.

À la suite du curé du Louroux, une dizaine de fidèles, clercs et laïcs, sont engagés au sein de l’Oratoire bienheureux Noël Pinot. De sensibilités ecclésiales diverses, ils ont en commun une fibre sociale et une attention aux plus pauvres. Dans leur vie personnelle, professionnelle et/ou associative, ils viennent en aide à différentes personnes en difficulté : Roms, migrants, personnes souffrant d’addictions, SDF, personnes âgées, personnes en situation de handicap… Reconnue à la fois par l’Église et par l’État, cette association marche à la suite du Christ et du bienheureux. Pauvres au milieu des pauvres, ses membres aspirent à annoncer l’Évangile aux personnes qui se trouvent en marge de la société.

Et nous ? Que faisons-nous pour nos frères et sœurs en difficulté ? Prenons-nous le temps de vivre l’Évangile dans une charité radicale ? Écoutons-nous celui qui a dit : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres »[2] ?

Bienheureux Noël Pinot, intercédez pour que nous sachions imiter Jésus !

Jean O’Creisren

Crédits image : Fraternité de l’Oratoire Bienheureux Noël Pinot.


[1] « Je monte à l’autel de Dieu »

[2] Jn 13, 35


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Vous pouvez le relire en espagnol sur ce lien.


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Érase una vez tres árboles

           Érase una vez, en una montaña, tres árboles que compartían sus sueños y sus esperanzas. El primero dijo:

           «Quisiera ser un cofre del tesoro, lujosamente adornado, lleno de oro y de piedras preciosas. Así todos verán mi hermosura.»

            El segundo dijo:

            «Un día, seré un barco sólido y fuerte, y llevaré a los reyes al otro lado del mundo. Todos se sentirán a salvo a bordo de mi embarcación.»

            El tercero dijo:

            «Quiero llegar a ser el mayor árbol y el más fuerte del monte. La gente me verá en la cumbre de la colina, pensará en el cielo y en Dios, y en mi proximidad con ellos; seré el mejor árbol de toda la eternidad y la gente nunca me olvidará.»

            Los tres árboles rezaron a Dios durante años para que sus sueños se hicieran realidad. Y un día vinieron tres leñadores.

            Uno de ellos se aproximó al primer árbol y dijo:

            «Este árbol me parece sólido, podré venderlo a un carpintero de armar.»

            Y le dio un primer golpe con el hacha.

            El árbol estaba contento porque estaba seguro de que el carpintero de armar lo convertiría en un cofre del tesoro

            El segundo leñador dijo, al ver el segundo árbol:

            «Este árbol me parece sólido y fuerte, podré venderlo al fabricante de barcos

            El segundo árbol era feliz al pensar que iba a empezar su carrera por los mares…

            Cuando los leñadores se aproximaron al tercer árbol, éste tuvo miedo, ya que sabía que, si lo cortaban, sus sueños de grandeza se reducirían a nada.

            Entonces el tercer leñador dijo:

            «No necesito un árbol particular, así que voy a cortar éste.»

            Y el tercer árbol cayó…

            Cuando el primer árbol llegó al carpintero de armar, se convirtió en un simple pesebre para los animales. Lo colocaron en un establo y lo llenaron de heno.

            Esto no era en absoluto la respuesta a su plegaria.

            El segundo árbol que soñaba con llevar reyes por los mares se convirtió en una barca de pescadores. Desaparecieron sus antiguos sueños de grandeza.

            El tercer árbol fue cortado en largos pedazos de madera y abandonado en un rincón…

            Pasaron los años y los árboles olvidaron sus antiguos sueños…

            Un buen día, un hombre y una mujer entraron en el establo. La joven mujer dio a luz a un bebé y la pareja lo puso en el pesebre que se había fabricado con la madera del primer árbol.

            El hombre hubiera querido ofrecerle una cuna al bebé, pero este pesebre lo había hecho. Entonces el árbol comprendió la importancia del acontecimiento que estaba viviendo, y supo que en él se encontraba el tesoro más precioso de toda la eternidad.

            Muchos años después, un grupo de hombres subió a la barca fabricada con la madera del segundo árbol; uno de ellos estaba cansado y se durmió. Una tempestad terrible ocurrió, y el árbol temió no ser bastante fuerte para mantener a toda su tripulación a salvo. Los hombres le despertaron al que estaba durmiendo; éste se levantó y dijo:

            «¡Paz!»

            Y la tempestad terminó. En aquel momento, el árbol supo que había llevado al Rey del mundo.

            Por fin, alguien se fue a coger el tercer árbol olvidado en un rincón; fue llevado por las calles, y la muchedumbre insultaba al hombre que lo transportaba.

            Ese hombre fue clavado sobre los pedazos de madera formando una cruz, y murió en la cumbre de la colina.

            Cuando llegó el domingo, el árbol se dio cuenta de que había sido lo bastante fuerte como para hallarse en la cumbre de la colina y estar lo más cerca posible a Dios, ya que Jesucristo había sido crucificado en su madera.

            Cada uno de los tres árboles obtuvo lo que soñaba, pero de manera diferente de lo que imaginaba. Nunca sabemos con certeza cuáles son los proyectos que Dios guarda para nosotros. Sólo sabemos que Sus caminos no son los nuestros, pero que siempre son los mejores si le damos confianza.

Fuente: diaporama Il était une fois trois arbres, de Marcel Tramblay y Diane Turcotte

Traducido del francés por Jean O’Creisren

Créditos de imagen: https://fr.freepik.com/vecteurs-libre/ensemble-differents-arbres_3875712.htm

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Quel est le sens de Noël ?

Ah, Noël ! Le réveillon, la famille, les cadeaux… Mais derrière tout cela, quel sens donner à cette fête qui enchante les petits comme les grands ?

Pour rappel, les chrétiens célèbrent la naissance de Jésus. Ils croient que Dieu a voulu se faire homme pour nous apporter son amour et nous sauver. Et Jésus n’est pas né dans un palais. Non ! Il s’est fait petit enfant dans une famille tellement pauvre que l’accouchement s’est déroulé dans une étable, au milieu des bêtes. Oui, dans la religion chrétienne, Dieu, le Tout-Puissant, est aussi un Dieu qui se fait humble. Il nous rejoint au plus profond de nos misères. C’est un Dieu qui a le souci des plus pauvres. Jésus était particulièrement proche de ces derniers lors de sa vie publique. Il vivait pauvrement et appelait tout le monde à partager avec nos frères dans le besoin. Le Christ a témoigné de cette cohérence jusqu’au bout en acceptant de mourir dans d’atroces souffrances, comme le plus vil des malfaiteurs.

Que nous soyons croyants ou non, quel sens donner à Noël ? Le 24 et le 25 décembre, peut-être aurons-nous la chance d’être entourés ? Peut-être aurons-nous la chance de bien manger ? Peut-être aurons-nous la chance de recevoir plein de cadeaux ? Bien sûr, si nous avons tout cela, réjouissons-nous et profitons-en ! 😊

Mais malheureusement, tout le monde n’a pas cette chance-là… En France et ailleurs, de nombreuses personnes sont touchées par la faim, la pauvreté, l’isolement, la persécution, la maladie, le handicap Entre deux bouchées de foie gras, aurons-nous une pensée, une parole, un geste pour nos frères et sœurs en humanité qui sont dans le besoin ?

Autrefois, dans les campagnes de France et dans d’autres pays, on mettait un couvert supplémentaire lors du réveillon. Cette « place du pauvre »[1] était réservée à un passant, un vagabond, une personne seule, qui pouvait se présenter à l’improviste ce soir-là. Il paraît qu’elle était très souvent occupée.

Et nous, que pouvons-nous faire concrètement, aujourd’hui ?

Dans notre entourage, peut-être connaissons-nous des personnes seules ? Nous pourrions très bien être à leur place et nous serions heureux si quelqu’un pensait à nous ce soir-là. Savez-vous que Noël est un soir où le taux de tentatives de suicide est très élevé ? En faisant un peu de place à notre semblable, nous pouvons donc lui sauver la vie…

Nous allons aussi dépenser plein d’argent pour acheter des victuailles et des cadeaux. C’est très bien : ça fait plaisir aux personnes qui en bénéficient, ça fait tourner l’économie et ça crée de l’emploi. Mais pensons-nous à consommer de manière responsable ? Et surtout, donnons-nous une part de cet argent à ceux qui en ont réellement besoin ?

Aujourd’hui, en France, de nombreuses personnes sont touchées par la pauvreté. Offrirons-nous un peu d’argent ou quelques victuailles festives au mendiant qui fait la manche à la sortie de la messe de Noël ?

Si nous voulons lutter de manière pérenne et efficace contre la misère, de nombreuses associations agissent au quotidien aux côtés de celles et ceux qui souffrent. Laissez-moi vous en présenter quelques-unes. Ce sont celles que je connais et en qui j’ai confiance. Mais bien sûr, vous en connaissez peut-être d’autres qui font le même travail de manière tout aussi efficace. Libre à vous de soutenir qui vous voulez ! Enfin, si vous le souhaitez et si vous en avez les moyens… 😊

Présent partout en France et dans de nombreux pays, le Secours Catholique lutte contre toute forme de pauvreté. Avec un solide réseau de bénévoles très engagés, cette association agit auprès des personnes seules, des SDF, des migrants, des Roms ou encore des enfants des quartiers populaires qui peinent à l’école… Pour Noël, pourquoi ne pas vous engager au sein de cette ONG pour organiser un réveillon pour les personnes seules près de chez vous ? Pourquoi ne pas prendre un engagement régulier pour faire des maraudes en proposant une soupe, un café et/ou une discussion aux personnes qui vivent dehors ? Pourquoi ne pas mettre vos compétences à profit pour aider des migrants ou des Roms à apprendre le français, ou des enfants à réussir leur scolarité ? Si vous avez des enfants, vous pourrez aussi accueillir un jeune vacancier de plus cet été. Le Secours Catholique a effectivement mis en place depuis longtemps l’Accueil familial de vacances (AFV). Un enfant issu d’un milieu défavorisé, qui n’a pas les moyens de partir se ressourcer, est accueilli dans une famille avec des enfants de son âge pendant quelques semaines. C’est l’occasion de tisser de beaux liens où tout le monde est gagnant. Mais le Secours Catholique apporte aussi une aide matérielle concrète aux personnes dans le besoin et nos dons sont nécessaires…

Une autre association qui lutte efficacement contre la misère est ATD Quart Monde. Elle se compose de bénévoles issus de tous milieux, et en premier lieu de personnes directement touchées par la grande pauvreté. Son fondateur, le père Joseph Wresinski, était issu d’un milieu très pauvre. ATD Quart Monde considère que les personnes qui souffrent de la misère doivent être actrices de la lutte contre la pauvreté pour s’en sortir. Même au fond du gouffre, chacun a en soi la capacité de se relever et doit bénéficier d’un regard bienveillant pour le faire.

Mais bien souvent, ces personnes sont si blessées par la vie qu’elles ont besoin d’un accompagnement spécifique avant de pouvoir reprendre leur envol. L’association Lazare aide des personnes qui ont connu la rue. Elle les héberge dans des collocations avec des jeunes professionnels. Et vous, cette expérience vous tenterait-elle ?

Si vous habitez à Angers ou dans les environs, Mater Tua y effectue des maraudes auprès des personnes en situation de précarité. Elle privilégie la relation avec ceux qu’elle rencontre et se montre attentive à leurs besoins spirituels.

Peut-être avez-vous une sensibilité davantage tournée vers les pays en développement ? Dans ce cas, connaissez-vous le CCFD-Terre Solidaire ? Il s’agit d’une organisation qui lutte contre la faim dans le monde. Elle participe à l’autonomie alimentaire des petits paysans par une agriculture respectueuse de l’homme et de l’environnement. Elle soutient notamment le commerce équitable.

Dans de nombreux pays, beaucoup de personnes n’ont pas la chance de vivre aussi libres que chez nous. Encore aujourd’hui, certains régimes pratiquent la torture. L’ACAT agit aux côtés des victimes et fait pression sur les gouvernements pour que les droits de l’homme soient respectés. En tant qu’adhérent ou sympathisant, vous pouvez envoyer tous les mois un courrier à l’autre bout du monde pour que justice soit rendue. Et bien souvent, agir est efficace. Des victimes sont libérées et des tortionnaires sont condamnés. Association chrétienne, l’ACAT vous propose également de prier, non seulement pour les victimes, mais aussi pour les bourreaux. « Aimez vos ennemis », disait Jésus !

Les victimes de la torture sont généralement celles qui ne pensent pas comme les plus puissants. Cela inclut les convictions politiques, mais aussi religieuses. Savez-vous que 75 % des personnes persécutées en raison de leur foi sont des chrétiens ? Cela représente 200 millions de fidèles dans le monde, soit un chrétien sur dix ! Que nous soyons croyants ou nous, ferons-nous quelque chose pour ces personnes qui ne peuvent pas pratiquer leur religion librement ? Liée au Saint-Siège, l’Aide à l’Église en Détresse vient en aide aux chrétiens du monde entier. Elle envoie également des jeunes en coopération chaque été, par le programme AED Mission.

Vous êtes particulièrement sensible à la cause des enfants maltraités ? Le BICE agit à leurs côtés dans de nombreux pays. Enfants traumatisés par la guerre, victimes de violences physiques et/ou sexuelles, ou encore d’exploitation au travail ; enfants touchés par la malnutrition ou la déscolarisation… Cette organisation lutte contre toutes ces injustices avec l’aide de professionnels compétents. Elle s’appuie sur les travaux de chercheurs en psychologie, notamment sur des études concernant la résilience. Sur le terrain, éducateurs, psychologues et autres travailleurs sociaux agissent pour protéger ceux qui vivent l’aube de leur existence.

Et même chez nous, les enfants et les jeunes ont besoin d’être accompagnés. L’école n’est malheureusement plus une garantie de réussite, surtout si vous habitez dans une cité. C’est pourquoi Espérance Banlieues propose un enseignement de qualité aux jeunes issus des quartiers sensibles. Avec des méthodes pédagogiques hétérodoxes qui ont fait leurs preuves, ces écoles redonnent espoir à ces enfants à qui l’avenir a toujours été présenté comme morose. Après ce qu’il s’est passé ces dernières années, l’islamisme fait peur à certains d’entre nous. À mon avis, si nous voulons vivre dans une France apaisée et sécurisée, ce genre d’initiative est bien plus efficace que toute mesure coercitive… D’autres associations qui accompagnent les jeunes des cités sont Le Rocher et Massabielle, qui gère la Maison Bernadette.

D’autres personnes blessées vivent de la prostitution. Même si nous sommes chrétiens, nous devons les regarder avec bienveillance, car Jésus lui-même l’a fait. Quand quelqu’un en vient à vendre son corps, ce n’est pas sa faute. C’est très souvent un vécu douloureux qui l’a poussé dans cette direction. Sans compter que l’immense majorité de ces personnes n’ont pas choisi de faire ce métier mais sont les proies de réseaux de proxénétisme. L’association Magdalena les accompagne. Elle est notamment très présente auprès des personnes travesties qui travaillent dans le bois de Boulogne.

Comme vous le voyez, de nombreuses formes de pauvreté existent. Et chacun d’entre nous a ses propres misères. Personne parmi nous n’est parfait. Alors autant nous serrer les coudes face à nos faiblesses respectives !

Une autre forme de pauvreté est le handicap. Cela peut tous nous toucher un jour ou l’autre. Prendre soin d’une personne handicapée, c’est prendre soin de mon frère ou de ma sœur en humanité, donc de moi-même. Au premier abord, le handicap peut faire peur. Mais au bout d’un certain temps, c’est la personne que l’on voit et non plus sa fragilité. Et chaque personne est belle et unique, au-delà de telle ou telle pauvreté qu’elle peut subir. Pour les personnes en situation de handicap moteur, l’association Simon de Cirène propose des colocations avec des personnes valides dans des logements aménagés. La communauté de l’Arche propose un principe similaire pour les personnes en situation de handicap mental.

Lorsqu’un enfant porteur de handicap naît dans une famille, c’est avant tout une bénédiction. Chaque personne a une égale dignité et un enfant handicapé est avant tout un être humain, qui mérite l’amour de ses parents. Mais bien évidemment, cela demande à ces derniers un investissement supplémentaire. Pour les décharger le temps d’un week-end, l’association À bras ouverts (rien à voir avec le film) organise des week-ends pour ces jeunes, avec des accompagnateurs bénévoles. Les enfants et adolescents handicapés peuvent profiter d’un moment de détente et les parents peuvent se reposer.

Enfin, si vous considérez que la vie est sacrée de l’instant de la conception à son terme naturel, vous pouvez soutenir des associations comme Alliance VITA ou la Fondation Jérôme Lejeune. Pour l’histoire, Jérôme Lejeune était le médecin qui a découvert les causes génétiques de la trisomie 21. Il considérait que la recherche devait être réellement mise au service des personnes souffrant de ce handicap, dans le respect de la vie. Alliance VITA accompagne des futures mamans en détresse ainsi que des personnes ayant besoin de parler du début ou de la fin de vie. Elle informe également les citoyens et les politiques sur les enjeux bioéthiques. Fondées par l’association Lazare, les maisons Marthe et Marie proposent des colocations entre des femmes enceintes en détresse et des jeunes professionnelles. Cela permet aux futures mamans de mener leur grossesse à terme et de construire un avenir serein et sécurisant pour leur enfant.

Et vous, comment souhaitez-vous vous engager pour donner un beau sens à Noël ? Peut-être certaines causes vous parlent plus que d’autres. Peut-être vous sentez-vous davantage concernés par d’autres combats : l’aide aux femmes et aux hommes battus, l’accompagnement des personnes âgées, des malades du SIDA, des personnes souffrant d’addictions ou de telle maladie orpheline ou psychique… Ou encore la protection de l’environnement. Peu importe ce que vous faites ou ce que vous donnez : l’essentiel est de ne pas oublier que Noël est aussi pour nos frères et sœurs qui ont besoin d’une main tendue. Et eux aussi nous soutiendraient certainement si nous étions à leur place… 😉

Jean O’Creisren

Crédits image : https://fr.freepik.com/vecteurs-libre/creche-illustration-design-plat_6035146.htm


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[1] Pour plus d’informations sur la « place du pauvre », veuillez cliquer ici.

Que peuvent nous apporter les personnes en situation de handicap ?

Quel regard portons-nous sur les personnes handicapées ? Voyons-nous d’abord la personne ou d’abord le handicap ? Aujourd’hui, je vous parlerai particulièrement du handicap mental. Qu’elles soient porteuses d »une maladie génétique ou d’une autre difficulté, les personnes en situation de handicap mental peuvent parfois nous étonner, voire nous déranger. Pourtant, elles peuvent aussi beaucoup nous apporter. Je vais vous parler de l’expérience que j’ai vécue avec certaines d’entre elles via une association quand j’étais étudiant.

Suite à une proposition de l’aumônerie, j’ai pris contact avec l’équipe Foi et Lumière de la paroisse. En effet, le thème de l’année 2014-2015 était la fragilité. Dans ce cadre, il leur était proposé d’entrer en relation avec des personnes handicapées. 

Personnellement, j’avais envie de vivre cette expérience dans un but complètement utilitaire. En effet, il se trouve que j’écris des nouvelles et des contes. Je voulais y faire intervenir des personnages porteurs de handicap. Mais lorsqu’on écrit sur un tel sujet, il faut que ce soit basé sur du concret, sur du vécu. 

C’était donc ma motivation initiale pour y aller, mais j’avais tout de même un peu peur. La proposition nous avait été faite en septembre 2014. Mais ce n’est qu’en janvier 2015 que je me suis décidé à contacter la communauté Foi et Lumière. La première personne handicapée que j’ai croisée dans ce cadre est Patricia. Je n’étais pas très à l’aise au début, et la première chose qu’elle m’a dit a été : « T’as fini ? » Bonjour l’accueil ! Mais je me suis vite rendu compte que Patricia dit ça tout le temps et à tout le monde.

Cette première journée avec Foi et Lumière m’a fait beaucoup de bien. C’était un moment où je n’avais pas trop le moral. Deux communautés étaient réunies et nous étions très nombreux. Ce qui m’a d’abord frappé à la messe, c’est que, parmi les personnes porteuses de handicap, certaines sont très belles. J’ai aussi été marqué par une atmosphère remplie d’allégresse. Les personnes handicapées sont très joyeuses et ont un bel humour. Bref, j’étais venu avec le moral dans les chaussettes, et je suis reparti tout gonflé. En effet, on arrive avec nos fragilités, qui sont cachées, mais qui font mal. Et ces personnes qui ont la simplicité de ne pas cacher les leurs nous aident à relativiser. Comment peux-tu être malheureux quand tu vois rire des personnes qui auraient bien plus de raisons que toi de pleurnicher ?

Et à chaque rencontre Foi et Lumière, ça me faisait un bien fou ! Je me souviens également d’une fois où mon moral était au plus bas. Bon, rassurez-vous, ça ne m’arrive pas tous les jours non plus ! 😉 Bref, ce jour-là, je suis allé à la messe du Jeudi saint. J’y suis allé tout seul avec mes problèmes. J’étais en retard, ou juste à l’heure, je ne me souviens plus. En tout cas, l’église était pleine à craquer. J’ai tout de même pu trouver une place au fond. Sur la même rangée, un peu plus loin, il y avait Patricia avec sa maman. Quand Patricia m’a vu, elle m’a fait un grand sourire, et ça m’a remis du baume au cœur. Ça m’a vraiment remonté le moral et ça m’a aidé à oublier mes problèmes pendant un certain temps. 

Pour conclure sur cette expérience, il ne faut pas hésiter à vivre cette rencontre avec les personnes handicapées. Certaines d’entre elles peuvent nous paraître un peu déstabilisantes au début. Mais elles ont toutes un grand cœur et elles font énormément de bien autour d’elles. En tout cas, moi, elles m’ont transformé !

*
*       *

Comme je l’ai mentionné au début de ce témoignage, j’ai décidé de vivre cette expérience pour pouvoir écrire un conte. J’ai maintenant terminé la rédaction de ce récit et je suis à la recherche d’un éditeur pour le faire publier avec d’autres textes. Vous trouverez ci-dessous le passage où interviennent des personnes en situation de handicap mental. 


Pour situer cet extrait dans son contexte, le conte s’intitule « Mémoires d’un chapelet ». Eh oui, encore un truc de cathos (lol) ! Dans ce récit, j’ai imaginé un chapelet qui raconte sa vie. Si cela peut paraître rasoir au premier abord, cette vie est passionnante, puisqu’elle commence en 1980 à Lourdes, à la fin de la guerre froide, et s’étend jusqu’à aujourd’hui. Pendant ce temps, le chapelet ne cesse de changer de propriétaire et fait le tour du monde. Il vit donc différents événements historiques qui ont marqué les pays visités ainsi que les joies et les peines des personnes qui l’utilisent pour prier.


Dans le passage que je vous propose ci-dessous, le chapelet revient d’Espagne, où un séminariste nigérian l’a donné à Marta, une jeune Mexicaine trisomique. En effet, ces deux personnages étaient réunis autour du pape Benoît XVI à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Madrid (2011). Un rassemblement d’un million de pèlerins venus de toute la planète…

Bonne lecture !

« Marta était venue au monde dans une famille en détresse. Son père Emiliano était alcoolique, violent et infidèle envers son épouse, absent pour ses enfants. Lorsque Lupita fut enceinte pour la troisième fois, elle confia cette grossesse à la Vierge de Guadalupe, sa sainte patronne, patronne du Mexique et de toute l’Amérique latine. Et l’enfant naquit avec cette fragilité qu’on appelle la trisomie 21. Cette nouvelle fut d’abord difficile à accepter, mais l’arrivée de cet enfant souda finalement toute la famille. Emiliano prit la résolution d’arrêter de boire, et, se laissant attendrir par cette enfant faible et touchante, il mûrit et se mit à assumer avec exemplarité son rôle d’époux et de père.

            Marta grandit dans l’État mexicain du Sinaloa, sur la côte pacifique, dans un cadre familial sécurisant. Bien que son handicap générât des difficultés et même une certaine souffrance pour elle, pour ses parents et pour ses frères et sœurs, l’amour qui régnait entre les uns et les autres les aidait à tout supporter, à faire confiance en tout, à tout espérer, à tout endurer. Cet amour portait de très beaux fruits qui n’auraient pas été là sans la présence de la jeune fille.

            Marta, lorsqu’elle revint d’Espagne en me portant autour du cou, fut heureuse de me montrer à sa famille. En effet, elle accompagnait de temps en temps Lupita, qui récitait le chapelet une fois par semaine avec d’autres femmes dans l’église paroissiale. La première fois qu’elle m’y emmena, sa mère lui dit : “tu sais, avec ton chapelet, tu n’es jamais seule. Quand tu le tiens dans ta main, c’est comme si tu tenais la main de la Vierge Marie.” 

            Marta connaissait par cœur toutes les prières, même si elle n’en comprenait pas tous les mots, sur lesquels elle fourchait. “Dios te salve María, llena eres de gracia…” À la fin de chaque dizaine, après avoir récité “Gloria al Padre, al Hijo y al Espíritu Santo como era en el principio ahora y siempre, y por los siglos de los siglos. Amén”, l’on s’adressait à la Vierge pour lui demander sa protection : “María, madre de gracia, de piedad y de misericordia, defiéndenos de nuestros enemigos y ampáranos, ahora y en la hora de nuestra muerte. Amén.” Devant la statue habillée et multicolore de sainte Marie, chacune des priantes portait des intentions particulières, depuis les petits problèmes du quotidien jusqu’à des événements plus graves, comme les violences occasionnées par la guerre entre l’État et les cartels. Marta priait simplement. Si elle formulait maladroitement ses prières à voix haute, ces paroles venaient du fond du cœur. Et le Bon Dieu, qui a choisi ce qu’il y a de faible dans le monde pour couvrir de confusion ce qui est fort, devait certainement accorder une grande importance à ces demandes toutes simples. 

            Marta fréquentait également la communauté locale Foi et Lumière, qui rassemblait des personnes handicapées et leurs familles, ainsi que des bénévoles extérieurs, appelés « amis ». Cela commençait par la messe dominicale à l’église paroissiale. Ce jour-là, pendant l’office, on entendait Verónica qui chantonnait des airs improvisés mais mélodieux, générant un agréable bruit de fond en continu. Comme elle, Amérigo ne savait presque pas parler. En revanche, il passait des heures à observer sa mappemonde et avait donc une immense culture géographique, dans un pays où la plupart des gens en savent peu sur le sujet. Il pointait alors ses interlocuteurs du doigt en disant le nom d’un pays. Ainsi, pendant la messe, on entendait de temps à autres : “Islande !” “Émirats Arabes Unis !” “Guatemala !” “Jordanie !” “Mongolie !” “Pays-Bas !” “Afghanistan !” “Népal !” “Oman !” “Chypre !” “Turquie !”. Après le Notre Père, les personnes du groupe Foi et Lumière se donnèrent la paix du Christ. Plus pacifique que les autres, Mahatma fit le tour de l’église pour serrer la main à toute l’assemblée, ce qui dura jusqu’à la fin de la messe. Puis vint le moment du déjeuner. Manolo marchait frénétiquement dans la salle paroissiale en poussant des cris aigus, et renversait parfois les couverts et les plats sur son passage. Parfois, il voulait entraîner avec lui un bénévole en le prenant affectueusement par le bras. Dans un élan de générosité, le jeune homme lança dans les mains de l’un des amis une cuillère et des serviettes en papier chiffonnées, avant de repartir faire une énième fois le même parcours. Pendant ce temps, Isabel tapotait sur un tambourin tout en chantant en boucle l’hymne de la dernière coupe du monde de football. Elle improvisait ainsi les paroles du refrain : “¡Samira-mira hé-hé! ¡Wó cào – wó cào heyéyé! Sam Ituarte vomitará… ¡Porque esto es África!” Les psalmodies de Verónica accompagnaient cette chanson au rythme de laquelle se trémoussait Mahatma, dans une prestation très originale qui empruntait à la fois au tai chi quan, au yoga, à la tecktonik et à la danse contemporaine. Derrière, on entendait la voix affirmée d’Amérigo qui scandait la chorégraphie : “Bahreïn ! … Belgique ! … Bolivie ! … Koweït ! … Malte ! … Qatar ! … Vatican !”

            Marta et les autres personnes handicapées étaient certes blessées et souffrantes, mais porteuses d’une joie si simple qu’elle transformait les personnes valides qui les accompagnaient, les ramenant à leurs propres fragilités, et les aidant à relativiser leurs petits problèmes. Ces cris, ces paroles au contenu étonnant étaient pleines de force et d’amour. Ces corps tordus étaient parfois d’une beauté rayonnante. Ces personnes faibles étaient libres, détachées de tout bien pour vivre l’amour. Car le Dieu d’amour est fort dans la fragilité humaine extrême. Et de cet amour jaillissait la communion, cette communion pour laquelle tous les êtres humains sont faits.

            Marta intervint durant le temps de prière : “Seigneur, je Te prie pour les personnes qui sont plus handicapées que moi, qui ne peuvent plus du tout bouger. Rends-leur le sourire malgré tout !” Pauvre en esprit, la jeune fille avait un cœur puissant et une foi d’une simplicité à déplacer les montagnes. Elle serrait ma croix dans sa main et s’adressait à voix basse à Jésus, à tout moment de la journée, pour lui confier ci et ça. Elle était également rayonnante de joie et s’émerveillait de tout, même des choses les plus insignifiantes. Elle amenait ainsi les personnes tristes à porter un regard renouvelé sur le monde (…). Oui, sa joie était contagieuse et elle faisait beaucoup de bien autour d’elle.

            Marta vit une seconde fois Benoît XVI, qui se rendit au Mexique en mars 2012. Le 21 décembre suivant, il ne se passa rien de particulier, n’en déplaise aux Mayas et à quelques illuminés. Puis, l’été d’après, nous nous embarquâmes pour le Brésil [où allaient se tenir les JMJ de Rio de Janeiro]. »

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Espérer l’inespéré

Devant les difficultés de la vie, nous avons parfois tendance à être pessimistes, à désespérer, à nous dire qu’il n’y a plus rien à faire. Et si nous pouvions justement espérer au-delà de toute espérance ? Pablo Domínguez Prieto, prêtre espagnol décédé en 2009, fait le pari d’espérer l’inespéré…


Le vrai miracle : espérer l’inespéré


Et voici ce qui nous arrive : nous n’avons pas cette capacité à nous laisser impressionner par la parole de Dieu. Il nous manque cette capacité pour voir l’incroyable, pour voir des miracles.


Il y a vingt-six siècles, le philosophe Héraclite était surnommé « l’Obscur ». C’était un homme très sympathique et étrange comme peu de gens. Il se retira dans la montagne pour contempler le logos, cédant ses titres de noblesse à son cousin. Il dit, entre autres, cette phrase que j’aime beaucoup : « Si on n’espère pas, on ne trouvera pas l’inespéré. » Nous, malheureusement, nous espérons seulement ce que nous espérons. Nous espérons ce qui est susceptible d’être espéré.


Voici ce qui nous arrive lorsque nous traversons une situation difficile : nous disons « prions ». Mais au fond de nous-mêmes, nous ne sommes pas convaincus. Pourquoi n’espérons-nous pas l’inespéré ? Pourquoi les miracles n’augmentent-ils pas ? C’est comme lorsque quelqu’un dit à quelqu’un d’autre : « Tu sais, un tel a abandonné sa femme et est parti de chez lui. Prions. » Et l’autre répond : « Bah, c’est impossible… ! »


Il faut espérer l’inespéré, parce que si nous n’espérons pas, nous ne trouverons pas l’inespéré. Et en nous-mêmes, il arrive parfois que nous fassions un pacte avec la médiocrité ou pensions que les choses ne peuvent pas changer, car elles semblent totalement inespérées. Mais justement, c’est bien l’inespéré qu’il faut espérer !


Et cela arrive aussi dans notre vie intérieure, car celui qui n’espère pas ne trouvera pas l’inespéré […].


Parfois, nous devons apprendre de l’expérience de personnes qui, apparemment, sont loin de nous ou de Dieu. Néanmoins, elles ont encore la capacité d’étonnement, la capacité à être surprises, à espérer l’inespéré, à être captivées, à se laisser captiver par Dieu Lui-même. En effet, Dieu existe, Il est mon Père et qu’Il m’a choisi(e) pour me consacrer à Lui[1].


Il faut rencontrer Dieu. Non seulement entendre parler de Lui, non seulement parler de Lui, mais Le rencontrer, en tête à tête, face à face, et contempler Son visage. « C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face » (Ps 26, 8-9)[2]. Voici quel pourrait être le thème de cette matinée : « C’est ta face, Seigneur, que je cherche, je veux Te voir, je veux être surpris, je veux être stupéfait de Toi. » Si nous n’approchons pas de Dieu comme des enfants, il n’y a rien à faire. Je crois qu’avec ce déguisement de découvreur et en nous faisant petits enfants, nous pouvons demander à l’Esprit Saint de nous faire rentrer dans le mystère, de nous introduire dans son mystère. Et de nous rendre plus contemplatifs, afin que nous sachions contempler Dieu sans nous y habituer.


D’après Pablo Domínguez PrietoHasta la cumbre: testamento espiritual, 2009. Ce passage a été traduit de l’espagnol par Jean O’Creisren.


Suite au succès qu’il a connu en Espagne, l’ouvrage dont est tiré cet extrait a été traduit en français par Cathy Brenti et publié par les Éditions des Béatitudes sous le titre : Le dernier sommet : testament spirituel. Plus d’infos sur ce lien.

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[1] Le texte de cet enseignement est à l’origine destiné à une communauté religieuse. (NDT)

[2] D’après la traduction officielle de la Bible pour la liturgie catholique. Source : AELF. (NDT)


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