Une rencontre incroyable sur le chemin de Compostelle

Cet été, j’ai marché de Burgos à Saint-Jacques-de-Compostelle. Pendant trois semaines, j’ai cheminé tous les jours, depuis les plaines infernales de Castille jusqu’aux montagnes pluvieuses de Galice. En sortant de Carrión de los Condes (province de Palencia), j’ai rencontré une personne incroyable.

Image par xtberlin de Pixabay 

Ce jour-là correspondait à l’une des étapes les plus difficiles du Camino. En effet, entre Carrión et le village suivant, il n’y a rien, sauf des champs de céréales parsemés de rares arbres et le soleil qui cogne dur, pendant 17 kilomètres.

Parmi mes nombreux défauts, je suis entre autres dépendant à la caféine. Et comme j’étais sorti très tôt de Carrión, aucun bar n’était ouvert. Le seul petit-déjeuner que j’avais pu prendre était un sac de cacahuètes, que m’avait gentiment donné Jérôme, un autre pèlerin français.

Après avoir marché environ 8 kilomètres, nous nous sommes assis sur une aire de repos. J’étais épuisé et je savais pourquoi : j’étais en manque. J’ai alors dit à mon compagnon de route qu’il pouvait poursuivre son chemin s’il le souhaitait, car j’allais me coucher sur l’herbe pour dormir.

Sur cette aire, un Espagnol se promenait à vélo. Il nous a salués. J’en ai profité pour lui demander s’il y avait un bar à proximité. Il m’a répondu que non, mais m’a dit qu’il était hospitalier. Il m’a donc proposé de l’attendre, le temps qu’il fasse un aller-retour sur Carrión de los Condes afin de m’apporter du café. Fernando Santos Urbaneja travaille à Cordoue. Néanmoins, pendant l’été, il revient dans sa Castille natale pour veiller sur les pèlerins. Quand il était petit, le chemin de Compostelle n’était pas aussi bien balisé et les auberges étaient plus rares. Sa mère lui enseignait que le pèlerin est un être sacré. Sur le paysage tout plat de la Meseta, il voyait arriver de loin ces voyageurs et allait à leur rencontre pour les conduire vers le logis familial. Aujourd’hui, sa mère est très âgée et il a repris le flambeau.

Il est revenu me voir au bout d’une heure. Jérôme était déjà parti. Un pèlerin italien nommé Luca s’était arrêté et nous discutions ensemble. Fernando m’apporta du café, mais aussi beaucoup de biscuits et une clé USB. En effet, en parallèle de ses études de droit, il suivait des cours de chant et de guitare au conservatoire de Valladolid. L’appareil, que j’ai lu dès mon retour en France, regorge de trésors sur le chemin de Compostelle : des liens vers des vidéos de concerts, des partitions et autres trouvailles… Eh oui, mon bienfaiteur n’est pas seulement procureur, mais aussi troubadour ! Il compose, joue et chante de belles chansons sur le Camino et sur d’autres thématiques.

Pour moi, sa plus belle chanson est la Bénédiction des pèlerins. Écoutez-la ; ça vaut vraiment le coup ! Il s’agit d’un sujet religieux, mais tout le monde peut apprécier le son relaxant de la voix d’or du chanteur.

Vous pourrez découvrir d’autres chansons sur son blog et sur sa chaîne YouTube.

Outre son rôle de troubadour et son métier, Fernando est écrivain. Pour plus d’informations à ce sujet, vous pouvez regarder cette vidéo :

Enfin, je vous propose d’assister au spectacle suivant, où vous pourrez vous délecter de sons, de mots et d’images magnifiques sur le Chemin de Compostelle :

Ultreïa !

Dieu vous bénisse !

Jean O’Creisren

Image par guillermo gavilla de Pixabay 

Envie de relire cet article en espagnol ?

Vous pourrez le parcourir sur ce lien.


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Qu’est-ce que la liberté ?

Qu’est-ce que la liberté ?

Qu’est-ce que la liberté ? Cette question a été posée par de nombreux philosophes. De Descartes à Sartre, en passant par la philosophie des Lumières, ce sont surtout des penseurs modernes qui ont tenté de la définir.

En France, la devise de notre république est « Liberté – égalité – fraternité ». Nous, citoyens de la patrie des droits de l’homme, comment comprenons-nous ces concepts ?

Image par Gerd Altmann de Pixabay

Voici la définition de la liberté que propose le dictionnaire Larousse :

Liberté. nom féminin (latin libertas, -atis)

1. État de quelqu’un qui n’est pas soumis à un maître : Donner sa liberté à un esclave.

Synonyme : affranchissement. Contraires : esclavage – servitude

2. Condition d’un peuple qui se gouverne en pleine souveraineté : Liberté politique.

Synonymes : autonomie – indépendance. Contraires : colonisation – occupation – soumission

3. Droit reconnu par la loi dans certains domaines, état de ce qui n’est pas soumis au pouvoir politique, qui ne fait pas l’objet de pressions : La liberté de la presse.

4. Situation de quelqu’un qui se détermine en dehors de toute pression extérieure ou de tout préjugé : Avoir sa liberté de pensée.

Synonymes : faculté – latitude – licence – pouvoir. Contraires : assujettissement – contrainte – subordination

5. Possibilité d’agir selon ses propres choix, sans avoir à en référer à une autorité quelconque : On lui laisse trop peu de liberté.

Synonyme : indépendance. Contraires : dépendance – intégration

6. État de quelqu’un qui n’est pas lié par un engagement d’ordre contractuel, conjugal ou sentimental (…).

7. Temps libre, dont on peut disposer à son gré : Ne pas avoir un instant de liberté.

Synonymes : disponibilité – loisir. Contraires : activité – occupation – travail

8. État de quelqu’un ou d’un animal qui n’est pas retenu prisonnier : Un parc national où les animaux vivent en liberté.

Contraires : captivité – claustration – détention – emprisonnement – incarcération

9. Situation psychologique de quelqu’un qui ne se sent pas contraint, gêné dans sa relation avec quelqu’un d’autre : S’expliquer en toute liberté avec quelqu’un.

Synonyme : franchise

10. Manière d’agir de quelqu’un qui ne s’encombre pas de scrupules : Être blâmé pour la liberté de sa conduite.

Synonymes : dérèglement – désinvolture – familiarité – impertinence – irrévérence – laisser-aller – sans-gêne

11. Écart d’une interprétation, d’une adaptation, etc., par rapport aux faits réels ou au texte original : Une trop grande liberté dans la traduction.

12. État de ce qui n’est pas étroitement contrôlé, soumis à une réglementation sévère : Instaurer la liberté des prix industriels.

13. Caractère de ce qui relève de l’initiative privée : Liberté d’entreprise.

Jeux

14. Nom donné, pendant la Révolution, à certaines figures des jeux de cartes qui remplaçaient les reines.

Source : Larousse.fr

Comme le montre cette définition, la liberté est un concept très large. Selon les philosophes, les approches sont diverses. Dans cet article, je vous propose de réfléchir à la notion de liberté sans vous donner de réponses toutes faites. Je vais vous proposer quelques citations suivies de questions ouvertes. Vous pourrez y répondre (ou non) en toute liberté, suivant les idées que la lecture de ces textes feront accoucher en vous.

Je vous précise juste que ces citations sont majoritairement extraites de la Bible. Sentez-vous libre de réaliser ou non cet exercice. Sentez-vous libre de répondre aux questions posées comme vous l’entendez. 😊 Si vous ne souhaitez pas vous pencher sur ce point de vue chrétien, mais voulez en savoir plus sur la notion de liberté en philosophie, je vous invite à consulter ce lien.


Qu’est-ce que la liberté ?

« Situation psychologique de quelqu’un qui ne se sent pas contraint, gêné dans sa relation avec quelqu’un d’autre » (l’un des sens donnés par le Larousse)

Pistes de réflexion :

  • Suis-je libre de mener ma vie comme je l’entends ? Suis-je soumis à des pressions extérieures ?
  • Si oui, ces pressions sont-elles bonnes pour moi ou m’empêchent-elles d’être heureux (heureuse) ?
  • Mes relations avec telle ou telle personne sont-elles saines ? M’édifient-elles dans la liberté ou m’emprisonnent-elles ?

« La vérité vous rendra libres » (Jn 8, 31-36)

Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » Ils lui répliquèrent : « Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres” ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres.

Pistes de réflexion :

  • Si je demeure fidèle à la parole de Dieu, je suis Son fils (ou Sa fille) et je suis libre. Dans quelle mesure suis-je fidèle à cette parole ? Qu’y a-t-il de beau dans ma vie ? Qu’est-ce qui fait que je suis libre ? Qu’est-ce qui fait que je me sens comme un fils ou une fille de Dieu ?
  • Nous sommes tous à la fois aimés de Dieu et sous l’emprise du péché. De quel(s) péché(s) suis-je esclave ?
  • En m’appuyant sur la parole de Dieu, sur des conseils qu’on m’a donnés et/ou sur le bon sens, que puis-je faire pour sortir de l’esclavage de mon péché ?

Liberté dans l’Esprit Saint (2 Corinthiens 3, 17)

« Or, le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté. »

Pistes de réflexion :

Est-ce que j’arrive à reconnaître la voix de l’Esprit Saint ? Si oui, est-ce que je me laisse guider par Lui ? Ai-je au contraire tendance à résister ? Pourquoi ? Ai-je conscience que, si Dieu m’appelle à quelque chose, c’est parce qu’Il m’aime et parce qu’Il sait que ce chemin me rendra libre et heureux (heureuse) ?


Oser annoncer Jésus (Mc 6, 7-13)

En ce temps-là,
    Jésus appela les Douze ; 
alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. 
Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, 
    et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, 
mais seulement un bâton ; 
pas de pain, pas de sac, 
pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. 
    « Mettez des sandales, 
ne prenez pas de tunique de rechange. » 
    Il leur disait encore : 
« Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, 
restez-y jusqu’à votre départ. 
    Si, dans une localité, 
on refuse de vous accueillir et de vous écouter, 
partez et secouez la poussière de vos pieds : 
ce sera pour eux un témoignage. » 
    Ils partirent, 
et proclamèrent qu’il fallait se convertir. 
    Ils expulsaient beaucoup de démons, 
faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, 
et les guérissaient.

Pistes de réflexion :

  • Suis-je assez libre pour oser parler de Jésus autour de moi ? Ai-je assez de lâcher-prise pour évangéliser sans craindre le jugement des autres ?
  • Si j’ose, est-ce que je m’y prends comme il faut ? Si je n’ose pas, qu’est-ce qui me freine ?
  • Comment fais-je pour aborder le sujet ? Ai-je pris le temps de me former à l’évangélisation ?

Cette proposition de méditation biblique sur la liberté est tirée du carnet de l’édition 2021 du pèlerinage sur les pas du bienheureux Noël Pinot. La constitution du corpus et la formulation des question ont été réalisées par Jean O’Creisren.

Qu’est-ce que la liberté ?

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Un encuentro estupendo en el Camino de Santiago

Este verano, caminé desde Burgos a Santiago de Compostela. Durante tres semanas, anduve todos los días, del infierno de la Meseta a la lluvia de las montañas gallegas.

Al salir de Carrión de los Condes (Palencia), encontré una persona estupenda. Aquel día hice una de las etapas más difíciles del Camino. En efecto, entre Carrión y el pueblo siguiente, no hay nada, excepto campos con escasos árboles y el sol que pega duro, durante 17 kilómetros.

Entre mis numerosos defectos, soy dependiente de la cafeína. Y como salí de Carrión temprano, ningún bar estaba abierto. Lo único que pude tomar como desayuno fue una bolsa de cacahuetes que me había dado Jérôme, otro peregrino y compatriota mío.

Caminamos unos 8 kilómetros y nos sentamos en un área de descanso. Me sentía harto y sabía que era por el mono. Le dije a mi compañero que no podía caminar más y que necesitaba echarme un rato en la hierba.

Por el área, un español estaba paseando con su bici. Nos saludó y yo le pregunté si había un bar cerca de allí. Me dijo que no, pero que él era hospitalero y que podía ir a Carrión para traerme café. Fernando Santos Urbaneja trabaja en Córdoba. No obstante, durante el verano, regresa a su Castilla natal para cuidar a los peregrinos, como hacía su madre cuando él era un niño.

Regresó al cabo de una hora. Jérôme ya se había ido. Luca, un peregrino italiano, se había parado y estaba hablando conmigo. Fernando me trajo café, pero también muchas galletas y una clave USB. En efecto, además de estudiar Derecho, también siguió lecciones de canto y de guitarra en el conservatorio. Así que hoy, además de su profesión, es trovador. Compone, toca y canta hermosas canciones sobre el Camino o sobre otros temas.

Para mí, su canción más preciosa es la Bendición del peregrino. Realmente, merece la pena escucharla. El tema es religioso, pero cada un@ puede apreciar el sonido calmante de la voz de oro del cantante:

Podréis encontrar más canciones en su blog y en su canal de YouTube.

Y además de trovador y fiscal, Fernando también es escritor. Podréis obtener más información al respecto en este vídeo:

Para terminar, os propongo que véais el espectáculo siguiente, con sonidos, palabras e imágenes deleitantes sobre el Camino de Santiago:

¡Buen camino a tod@s!

¡Dios os bendiga!

Jean O’Creisren


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Don des langues : le point de vue d’un linguiste sur la Pentecôte

L’Esprit Saint nous est donné ! Alléluia ! Oui, nous fêtons la Pentecôte, jour où nous sommes appelés à témoigner de l’amour du Christ jusqu’aux extrémités de la Terre.

Je ne sais pas pour vous, mais je suis un fan du Paraclet ! J’invoque le Saint-Esprit dès que j’ai une décision importante à prendre, quand je dois tenir avec quelqu’un une discussion profonde ou lui écrire un message qui requiert une extrême délicatesse… Si vous êtes croyant, je vous encourage à faire de même ! 😊

Avant d’entrer dans cette réflexion, je vous invite donc à prier l’Esprit Saint, par exemple par ce beau chant

Le jour de la Pentecôte, l’Esprit Saint fut donné aux disciples du Christ sous forme de « langues qu’on aurait dites de feu » (Ac 2, 3). Image par Gerd Altmann de Pixabay.

La Bonne Nouvelle de la Résurrection s’adresse à tous les hommes de tous les peuples. À chacun, quelle que soit sa langue. Et justement, je compte aujourd’hui analyser avec vous le récit de la Pentecôte sous l’angle linguistique. Je ne sais pas si cela a déjà été fait, mais voici ce qu’un linguiste passionné peut dire sur le texte des Actes des Apôtres

Après cette analyse scientifique, nous tenterons d’en tirer quelques conclusions théologiques.

Tout d’abord, qu’enseigne la Bible à ce sujet ? Voici le récit de la Pentecôte selon saint Luc :

Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. » Ils étaient tous dans la stupéfaction et la perplexité, se disant l’un à l’autre : « Qu’est-ce que cela signifie ? » D’autres se moquaient et disaient : « Ils sont pleins de vin doux ! » Alors Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles. Non, ces gens-là ne sont pas ivres comme vous le supposez, car c’est seulement la troisième heure du jour (…). Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes. Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies. Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir (…). »

Source : Lc 2, 1-15 ; 22-24 (texte copié sur le site de l’AELF).

Le jour de la Pentecôte, chacun entend les apôtres prêcher dans sa langue maternelle. Mais quelles langues parlaient les peuples cités dans ce passage ?

  1. « Parthes, Mèdes et Élamites »

Les Parthes, les Mèdes et les Élamites venaient d’Iran. L’Empire parthe était le grand rival de l’Empire romain. Comme les Perses, les Parthes et les Mèdes parlaient des langues indo-iraniennes. Ce groupe linguistique se rattache à la famille indo-européenne. Il inclut aujourd’hui le persan (ou farsi), le kurde (qui est peut-être le lointain descendant de langue mède) et certaines langues indiennes (comme l’hindi et l’ourdou).

En revanche, les Élamites parlaient un idiome qui n’a rien à voir avec les langues indo-européennes. L’élamite faisait peut-être partie des langues dravidiennes, dont les survivantes sont aujourd’hui parlées au sud de l’Inde. Selon certains linguistes, l’élamite serait donc un lointain cousin du tamoul. Mais ce rapprochement ne fait pas consensus au sein de la recherche en linguistique. D’autres spécialistes disent que celle langue ne se rattache à aucune famille connue. D’après eux, ce serait donc un isolat, comme le basque.

D’après certaines sources, la langue élamite se serait éteinte après la conquête d’Alexandre le Grand. Dans ce cas, aucun locuteur natif de cet idiome n’aurait pu entendre prêcher les apôtres dans sa langue maternelle. On peut donc supposer qu’ils parlaient une langue indo-iranienne, comme les Parthes, les Mèdes et d’autres habitants de l’Empire perse.

Pour plus d’informations sur la civilisation élamite, je vous invite à cliquer sur ce lien. Si vous souhaitez accéder aux recherches les plus récentes sur l’écriture élamite, cet article de vulgarisation peut vous intéresser.

  • Les « habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce… »

Les habitants de la Mésopotamie et de la Judée parlaient à cette époque des langues sémitiques, comme l’araméen.

En revanche, ceux de « la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie » venaient tous d’Asie Mineure, soit l’actuelle partie asiatique de la Turquie. Au Ier et au IIe millénaire avant Jésus-Christ, les langues anatoliennes étaient une branche de la famille indo-européenne parlée dans la région. Elles étaient notamment pratiquées par les Hittites. Cette branche a aujourd’hui disparu. Je ne saurais pas vous dire s’il en restait des traces à l’époque où se déroule le récit de la Pentecôte. Elles ont dû perdre du terrain devant l’influence du grec dans la partie orientale de l’Empire romain. Comme le récite se situe au début de notre ère (difficile d’annoncer la résurrection de Jésus avant sa naissance 😉), il est probable que les langues anatoliennes aient déjà disparu au moment de l’énonciation. Les Phrygiens parlaient une langue helléno-phrygienne, donc une langue indo-européenne apparentée au grec. Notons que le récit des Actes des Apôtres ne mentionne pas les Galates, autre peuple anatolien de l’époque. Ces derniers parlaient une langue celtique, donc également indo-européenne. C’est plus tard qu’ils ont été évangélisés par l’apôtre Paul. Pour en savoir plus sur les langues anatoliennes, vous pouvez cliquer sur ce lien.

  • « habitants (…) de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène »

Ces locuteurs parlaient des langues chamito-sémitiques (ou afro-asiatiques). Ce groupe inclut aujourd’hui la branche berbère (certainement parlée par les habitants « des contrées de Libye proches de Cyrène »), la branche égyptienne (certainement la langue copte dans le texte de Luc), la branche sémitique (mentionnée ci-avant et ci-après), les langues tchadiques (parlées au Sahel) ainsi que les langues couchitiques et, selon certains linguistes, les langues omotiques, parlées dans la Corne de l’Afrique. Pour en savoir plus sur cette famille de langues, je vous invite à consulter cet article d’Universalis.

  • « Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes »

Les Romains parlaient bien évidemment latin. Cette langue qu’on ne présente pas est la mère des langues romanes, comme le français, l’espagnol, l’italien, le portugais, le roumain et quelques langues régionales et autres dialectes. Certains linguistes considèrent que les langues latines et celtiques font partie d’un même groupe, appelé « langues italo-celtiques ».

Les Juifs de Palestine parlaient araméen ou hébreu, deux langues sémitiques. La langue arabe se rattache également à cette branche de la famille afro-asiatique. Elle est donc très proche de l’hébreu ! On veut nous faire croire qu’Israéliens et Palestiniens ne pourront jamais s’entendre, mais ils parlent des langues sœurs !

Enfin, les Grecs et les Crétois parlaient grec ancien. Il s’agit d’une langue helléno-phrygienne, de la famille indo-européenne.

CONCLUSION

Après ce développement scientifique, nous allons tenter d’en tirer des conclusions théologiques. Pour ce faire, nous allons compléter cet exposé linguistique avec une lecture symbolique et spirituelle du texte de la Pentecôte.

Si l’on considère que tous les peuples cités dans les Actes des Apôtres parlaient une langue propre[1], cela nous fait trois familles linguistiques :

  • Langues indo-européennes
  • Langues chamito-sémitiques
  • Langues dravidiennes ou isolat.

Tout d’abord, ces familles de langues représentent aujourd’hui une imposante majorité des locuteurs qui composent l’humanité. On y retrouve une grande partie des idiomes les plus largement pratiqués : l’hindi, l’anglais, l’espagnol et le français font partie de la famille indo-européenne. L’arabe est une langue sémitique. En 1999, on estimait que le tamoul, langue dravidienne, était parlé par 74 millions de personnes, un nombre qui a certainement augmenté depuis.

D’autre part, le chiffre 3 est hautement symbolique d’un point de vue chrétien. Pouvons-nous y voir une manifestation de la Sainte Trinité[2], le jour où la troisième Personne se fait connaître ? Cette effusion de l’Esprit ne nous invite-t-elle pas à entrer dans l’amour infini qui L’unit au Père au Fils ? À la Pentecôte, le Paraclet révèle-t-Il le Dieu un et trine jusque dans cette classification linguistique ?

Et si nous divisons ces familles en groupes (ou en « branches »), apparaît le résultat suivant :

  1. Langues indo-européennes : 4 groupes (branche indo-iranienne, branche helléno-phrygienne, branche italo-celtique et éventuellement branche anatolienne)
  2. Langues chamito-sémitiques : 3 groupes (branche sémitique, branche égyptienne et branche berbère)
  3. Langues dravidiennes ou isolat : 1 groupe (élamite)

Cela fait donc 8 groupes linguistiques différents.Or, selon Steve Desrosiers, le chiffre 8 symbolise entre autres l’universalité et l’infini. Pour plus de précisions à ce sujet, vous pouvez lire les pages 52 à 56 de son ouvrage disponible en libre accès Les nombres : symbolisme et propriétés. Mon analyse est donc que l’Esprit Saint appelle toute l’humanité à entendre la Bonne Nouvelle de la Résurrection du Christ. Et par cet événement cosmique, Dieu nous invite tous à la vie éternelle. 😊

Dans le récit de la tour de Babel, l’apparition des langues sert à diviser une humanité qui voulait s’élever sans Dieu. Le livre de la Genèse nous apprend en effet que l’homme ne peut « se faire un nom » s’il exclut son Créateur de ses rêves de grandeur. Pour plus d’informations sur l’interprétation chrétienne de ce passage biblique, vous pouvez lire ce bref article.

Considérée comme l’anti-Babel, la Pentecôte vient rassembler l’humanité malgré sa diversité linguistique. Saint Irénée de Lyon l’exprime très clairement dans ce passage :

« C’est l’Esprit, au dire de Luc, qui est descendu après l’Ascension du Seigneur sur les Apôtres à la Pentecôte, et qui a pouvoir sur tous les peuples pour les introduire à la vie et leur ouvrir la nouvelle Alliance. C’est pourquoi, s’unissant à toutes les langues, ils chantaient un hymne à Dieu. L’Esprit ramenait à l’unité toutes les races éloignées, et offrait au Père les prémices de tous les peuples. » (source : AELF)

Derrière ces 3 familles de langues qui couvrent une grande partie de l’humanité, la Terre entière (symbolisée par le chiffre 8) entend parler Dieu dans sa langue maternelle.

À travers ces chiffres (3 et 8), le Dieu trinitaire manifeste qu’Il est le Dieu de tous les peuples. Par ailleurs, cette diversité linguistique indique que le Saint-Esprit nous appelle à annoncer Jésus à l’ensemble de l’humanité. Allons donc proclamer que Dieu est amour et qu’Il aime infiniment chaque être humain ! C’est là le message principal de la Pentecôte !

Jean O’Creisren


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[1]  Certes, cela n’est pas sûr historiquement parlant, mais le sens d’un texte biblique se situe parfois à un autre niveau. Dans l’hypothèse où l’élamite et les langues anatoliennes soient encore parlées à l’époque, les chiffres avancés sont exacts.

[2] Concernant la Trinité et le Saint-Esprit, sainte Hildegarde de Bingen a reçu des visions reconnues par l’Église catholique. Vous pourrez en lire une sur ce lien.

¿Quién era el beato Natal Pinot?

En 1794, a finales de la Revolución Francesa, guillotinan a un sacerdote refractario en la ciudad de Angers. En esa diócesis parcialmente devastada por las guerras de Vandea, al beato Natal Pinot lo veneran como mártir local. Su sacrificio corona una vida totalmente entregada al servicio de los demás. Pero ¿en qué el ejemplo de aquel hombre muerto hace más de 200 años puede servirnos hoy en día?

¿Quién era Natal Pinot?

Nacido en Angers en 1747, Natal es el pequeño de una familia numerosa. A los 18 años, ingresa al seminario mayor y es ordenado sacerdote cinco años después, en 1770. Después de once años como vicario en distintas parroquias, es nombrado capellán para los pacientes incurables del hospital de Angers. Al velar a los enfermos, muestra una devoción ejemplar y todo el mundo lo quiere.

En paralelo con este servicio, prosigue sus estudios en la universidad para que puedan nombrarlo párroco. Una vez conseguido el diploma, es enviado al Louroux-Béconnais, al oeste de Angers, en 1788. Allí presta una atención especial a los pobres. A veces hasta se priva de la comida y de la ropa que necesita. «Les aseguro que esta pobre viuda ha dado más que nadie. Porque todos los demás dieron como ofrenda algo de lo que les sobraba, pero ella, de su indigencia, dio todo lo que tenía para vivir» (Lc 21, 3-4). Lo que Jesús dijo de esa viuda en este fragmento del Evangelio según san Lucas, habría podido decirlo de Natal Pinot.

En 1789 estalla la Revolución Francesa. Al principio, el padre Pinot tiene una opinión más bien positiva respecto a ese cambio. En efecto, éste promete salir de la miseria a los más desfavorecidos. Sin embargo, cuando promulgan la Constitución civil del clero, el párroco del Louroux se opone. En efecto, esta ley obliga a la Iglesia a que se someta al Estado. Los clérigos pasarán a ser funcionarios. A los obispos ya no los nombrará el Papa, sino que los elegirán todos los ciudadanos, sean éstos católicos o no. En este sentido, se puede considerar a los sacerdotes que se oponen a ese texto como defensores de la laicidad. Quieren separar la Iglesia y el Estado. Esos sacerdotes llamados «refractarios» son numerosos en el oeste de Francia. Se niegan a prestar juramento ante la Constitución para permanecer fieles al Papa. En 1791, Natal Pinot explica ese rechazo en una homilía. Entonces los soldados lo detienen.

Después de dos años de cárcel en Baupréau, en el sur del departamento francés de Maine y Loira, ve cambiar las tornas. Estallan las guerras de Vandea. Unos campesinos se sublevan contra la República, en particular para defender a los sacerdotes refractarios. Librado por los rebeldes, Natal regresa a su parroquia, en donde deberá celebrar la misa clandestinamente. En efecto, un sacerdote fiel a la Revolución ha sido nombrado en su lugar y el padre Pinot tendrá que esconderse en casas de parroquianos.

A lo largo del conflicto, el ejército católico y real de Vandea va sufriendo derrotas. Natal está en peligro, pero quiere quedarse con sus feligreses. Los soldados lo buscan, mas sus amigos corren riesgos para que él pueda seguir viviendo en la comarca.

Finalmente, alguien lo delata en febrero de 1794 y lo detienen en la aldea de La Milandrie. Llevado a Angers, no denuncia a ninguna de las personas que lo ayudaron. Su juez es un sacerdote que ha colgado los hábitos. Éste condena a muerte al prisionero, y le propone que suba al patíbulo llevando sus vestidos litúrgicos. ¿Es para provocarlo o para honrarlo? Nadie sabe. Sea lo que sea, Natal acepta alegremente. Entonces es vestido para celebrar la Eucaristía como avanza hacia la guillotina, el viernes, 21 de febrero de 1794, sobre las tres de la tarde. Dicen que en aquel momento pronunció las primeras palabras de la misa tridentina: «Introibo at altare Dei»[1]. Así que su martirio queda asociado con el sacrifico de Cristo en la cruz.

El 31 de octubre de 1926, el Papa Pío XI beatifica a Natal Pinot. Como beato, se le puede rendir culto público únicamente en la diócesis de Angers.

¿Qué nos enseña hoy la vida de Natal Pinot?

Existen muchas formas de ser santo. Cada uno puede serlo en su manera propia. Los cuya santidad reconoció la Iglesia vivieron el Evangelio de forma heroica y/o murieron por su fe. Sus vidas son testimonios, pero el único ejemplo que hemos de imitar es Cristo.

¿Qué testimonio nos aporta la vida del beato Natal Pinot?

Primero, su sacerdocio ya es un don y un sacrificio. No tuvo miedo de ponerse radicalmente al servicio de los pobres y de los enfermos. En el seguimiento de Natal Pinot, ¡no dudemos en arremangarnos, e incluso a dar desde nuestra pobreza a los que no tienen nada! Existen muchísimas formas de implicarse: tomarse el tiempo para hablar con las personas que mendigan, darles dinero o darles de comer si nos conviene este modo de obrar… También podemos apoyar asociaciones serias que ayudan a los más desfavorecidos. Por ejemplo, podemos donar a Cáritas o a la Sociedad de San Vicente de Paúl. Mas, lo que podemos dar no es solo lo material. Podemos dar nuestro tiempo, nuestras competencias, nuestra oración o nuestra sonrisa. 

Por fin, Natal Pinot sufrió el martirio porque quiso permanecer fiel a Cristo. Hoy en día, muchos cristianos siguen siendo perseguidos en numerosos países. ¿Qué hacemos para ellos? Varias asociaciones, como la Ayuda a la Iglesia Necesitada, les proporcionan apoyo. Ahí también, ¡podemos dar nuestro tiempo, nuestro dinero, nuestras competencias y/o simplemente nuestra oración para ayudar a nuestros hermanos y hermanas en la fe! Ellos también nos echarían una mano si estuviéramos en su lugar.

En el seguimiento del párroco del Louroux-Béconnais, una decena de fieles, clérigos y laicos, están comprometidos en el seno del Oratorio del beato Natal Pinot. De diversas sensibilidades eclesiales, tienen en común un sentido social y una atención a los más pobres. En su vida personal, profesional y/o asociativa, ayudan a distintas personas en dificultades: romaníes, inmigrantes, personas que sufren de distintas adicciones, sin techo, personas mayores, personas discapacitadas… Reconocida a la vez por la Iglesia Católica y por el Estado francés, esta asociación trata de seguir a Cristo y al beato. Como pobres entre los pobres, los miembros procuran anunciar el Evangelio a las personas que se encuentran al margen de la sociedad.

¿Y nosotros? ¿Qué hacemos por nuestros hermanos y nuestras hermanas en dificultades? ¿Nos tomamos tiempo para vivir el Evangelio con una caridad radical? ¿Escuchamos a Aquél que dijo: «En esto todos reconocerán que ustedes son mis discípulos: en el amor que se tengan los unos a los otros»?[2]

Beato Natal Pinot, ¡intercede para que sepamos imitar a Jesús!

Jean O’Creisren

Créditos de imagen: Oratorio del beato Natal Pinot.


[1] «Subo al altar de Dios».

[2] Jn 13, 35


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Comme toute bonne mère, quand Diana sut qu’elle attendait un bébé, elle fit tout ce qu’elle pouvait pour aider Luisito, son fils de trois ans, à se préparer à cette nouvelle étape dans sa vie.

Ils savaient que le nouvel enfant serait une fille. Jour et nuit, Luisito chantait et chantait encore pour sa petite sœur qui était dans le ventre de sa mère. Il s’attendrissait à son sujet avant même de la connaître… Il voulait déjà jouer avec elle et la protéger.

La grossesse de Diana se déroula normalement, et au bout des neuf mois, l’accouchement s’annonça. Bientôt, les contractions se produisaient toutes les cinq minutes, puis toutes les trois minutes… Et finalement toutes les minutes… Diana dut passer plusieurs heures en salle d’accouchement quand soudain, une complication se présenta.

Les médecins dirent qu’il fallait faire une césarienne… Après de longues heures de combat, la petite sœur de Luisito vint au monde, mais dans de très mauvaises conditions. On l’emmena immédiatement dans une ambulance au service de réanimation néo-natale de l’hôpital de la ville. Les jours passèrent et l’état de santé de l’enfant empira. Les pédiatres durent finalement annoncer aux parents cette terrible nouvelle : « Il y a très peu d’espoir, attendez-vous au pire. » Diana et son mari contactèrent alors le cimetière local afin de réserver un emplacement pour leur petite fille.

Ils avaient aménagé une nouvelle chambre pour leur bébé et ils étaient maintenant en train de faire les préparatifs pour des funérailles. Toutefois, Luisito suppliait ses parents de le laisser voir sa petite sœur, en leur répétant :

« Je veux chanter pour elle comme quand elle était dans le ventre de maman… »

Cela faisait deux semaines qu’elle était en thérapie intensive et il semblait que l’enterrement viendrait avant la fin de la semaine entamée. Luisito continuait à dire avec insistance qu’il voulait chanter pour sa petite sœur, mais ses parents lui expliquaient que les enfants n’étaient pas autorisés à entrer dans le service des soins intensifs. Cependant, Luisito ne pouvait pas comprendre et insista jusqu’à ce que sa maman se décide…

Diana emmènerait Luisito voir sa petite sœur, qu’on le lui permette ou non ! S’il ne la voyait pas à ce moment-là, peut-être ne la verrait-il jamais vivante. Elle le vêtit d’une énorme barboteuse et l’emmena aux soins intensifs. Luisito était caché dans un immense panier de linge sale. Mais l’infirmière en chef s’en aperçut et devint rouge de colère…

« Sortez-le d’ici tout de suite ! Les enfants ne sont pas admis dans ce service ! »

Le fort caractère de Diana se révéla. Oubliant ses bonnes manières de dame bien éduquée qui l’avaient toujours caractérisée, elle fusilla l’infirmière du regard, ses lèvres ne formant qu’une seule ligne. Puis elle lui dit fermement :

« Il ne s’en va pas avant d’avoir vu sa petite sœur et d’avoir chanté pour elle ! »

Ensuite, elle prit Luisito et le conduisit jusqu’au lit du bébé. Il regarda ce tout petit être qui perdait déjà la bataille pour garder la vie… Au bout d’un moment, il commença à chanter, avec la voix qui sort du cœur d’un enfant de trois ans :

« Tu es mon soleil, ma seule lumière,

 Tu me rends heureux quand le ciel n’est pas bleu… »

Tout de suite, le bébé parut répondre à la voix stimulante de Luisito. Son pouls commença à redevenir normal.

« Continue, mon fils ! », lui demandait désespérément sa mère, les larmes aux yeux.

Et l’enfant continua sa chanson :

« Tu ne sais pas, ma petite sœur, combien tu remplis mon cœur.

Aujourd’hui, je voudrais que tu viennes, s’il te plaît… »

Tandis que Luisito chantait pour la fillette, celle-ci remuait et sa respiration était maintenant aussi douce que celle d’un chaton que l’on caresse.

« Continue, mon chéri ! », lui disait sa maman.

Et il continuait, comme lorsque sa petite sœur était encore dans le ventre de sa mère.

« L’autre nuit, petite sœur, quand je dormais, j’ai rêvé que je t’embrassais… »

Tandis que le garçon continuait à chanter, le bébé commençait à se relâcher et à entrer dans un sommeil réparateur, qui semblait le rétablir à vue d’œil.

« Continue, Luisito ! »

C’était maintenant la voix de l’infirmière grognon qui, les larmes aux yeux et la gorge nouée, n’arrêtait pas de demander à l’enfant de poursuivre sa chanson.

« Tu es ma lumière, ma seule amie ; comme je t’aime !

S’il te plaît, je voudrais que tu viennes… »  

Et le lendemain… la petite fille était presque en assez bonne santé pour rentrer à la maison. Les journaux et les informations ne se lassèrent pas de relater « le miracle de la chanson d’un frère ».

Les médecins appelèrent tout simplement cela « un miracle ». Diana l’appela « le miracle de l’amour et de la miséricorde de Dieu ».

Voici une belle histoire, celle du pouvoir de l’amour, en toutes circonstances. Ne te décourage pas et bats-toi pour ceux que tu aimes : l’amour est incroyablement puissant ! (…)

D’après une chaîne de prière en espagnol reçue par courriel. Source inconnue.

Titre original : « El poder del amor ».

Traduction : Jean O’Creisren


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On récolte ce que l’on sème…

On récolte ce que l’on sème…

Un beau matin, une femme bien habillée s’arrêta devant un homme délaissé, qui leva les yeux lentement… et regarda franchement cette femme qui paraissait habituée aux bonnes choses. Son manteau était neuf. Il semblait qu’elle n’avait jamais manqué un repas de toute sa vie. La première pensée de cet homme fut : « Elle veut seulement se moquer de moi ». Tant d’autres l’avaient fait…

– S’il vous plaît, laissez-moi tranquille ! grogna l’indigent.

À sa surprise, la femme resta face à lui. Elle souriait, ses dents blanches renvoyaient des éclats éblouissants.

– As-tu faim ? lui demanda-t-elle.

– Non, répondit-il sarcastiquement, je reviens tout juste d’un dîner avec le Président… Maintenant, va-t-en !

Le sourire de la femme se fit plus grand encore. Soudain, l’homme sentit une main douce sous son bras.

– Que faites-vous, madame ? demanda l’homme, irrité. Je vous dis de me laisser tranquille !!! 

Juste à ce moment-là, un policier s’approcha.

– Il y a un problème, madame ? demanda l’agent.

– Il n’y a aucun problème, officier, répondit la femme. Je suis juste en train de l’aider à se lever. Voulez-vous me donner un coup de main ?

L’officier se gratta la tête.

– Bien sûr ! Ces dernières années, le Vieux Juan n’a pas arrêté de nous gêner par ici. Que lui voulez-vous ? demanda-t-il.

– Vous voyez la cafétéria, là-bas ? demanda-t-elle. Je vais lui donner quelque chose à manger et le sortir du froid un petit instant.

– Êtes-vous folle, madame ? résista le pauvre laissé-pour-compte. Je ne veux pas y aller !

Il sentit alors deux mains fortes qui le saisirent par les bras et le soulevèrent.

– Laissez-moi partir, officier ! Je n’ai rien fait…

– Allons, mon vieux, c’est une bonne opportunité pour toi ! lui susurra le policier à l’oreille.

Finalement, et non sans difficulté, la femme et l’agent de police emmenèrent le Vieux Juan à la cafétéria et l’assirent à une table dans un coin de la salle. Il était presque midi, la plupart des gens avait déjà pris leur encas du matin et le groupe du déjeuner n’était pas encore arrivé.

Le gérant s’approcha et leur demanda :

– Qu’est ce qui se passe, officier ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Cet homme a un problème ?

– Cette dame l’a amené ici pour qu’il mange quelque chose, répondit le policier.

– Oh, non ! Pas ici ! répondit le gérant en colère. Avoir quelqu’un comme ça ici, c’est mauvais pour mon commerce !!!

Le Vieux Juan esquissa un sourire presque édenté.

– Madame, je vous l’avais dit. Maintenant, allez-vous enfin me laisser partir ? Moi, je ne voulais pas venir ici depuis le début…

La femme s’adressa au gérant de la cafétéria et sourit.

– Monsieur, connaissez-vous Hernández y Asociados, la banque qui est à deux rues d’ici ?

– Bien sûr que je les connais, répondit-il avec impatience, leurs réunions hebdomadaires ont lieu dans l’une de mes salles de banquets. 

– Et vous gagnez beaucoup d’argent en les nourrissant lors de ces réunions hebdomadaires ? 

– Et en quoi ça vous regarde ?

– Moi, monsieur, je suis Penélope Hernández, présidente et propriétaire de cette société.

– Oh, pardon !!! s’écria le gérant.

La femme sourit à nouveau.

– Je pensais bien que ça pouvait faire la différence et changer votre attitude.

Elle s’adressa au policier, qui essayait tant bien que mal de réprimer un éclat de rire :

– Voulez-vous prendre une tasse de café avec nous, ou peut-être un repas, monsieur l’agent ?

– Non, merci, madame, répliqua l’officier. Je suis de service.

– Alors peut-être une tasse de café à emporter ?

– Oui, madame. Ce serait mieux.

Le gérant de la cafétéria tourna sur ses talons, comme s’il eût reçu un ordre.

– Je vous apporte un café immédiatement, monsieur l’agent !

L’officier le vit s’éloigner et livra sa pensée.

– Vous l’avez bien remis à sa place, dit-il.

– Ce n’était pas mon intention, répondit la dame. Que vous le croyiez ou non, j’ai une bonne raison de faire tout cela.

Elle s’assit à table, face à son invité. Elle le regarda fixement.

– Juan, te souviens-tu de moi ?

Le Vieux Juan regarda le visage de son hôte de ses yeux chassieux.

– Je crois que oui. Enfin, vous me dites quelque chose…

– Regarde, Juan, peut-être suis-je un peu plus grande, mais regarde-moi bien, dit la dame. Peut-être me vois-tu plus enrobée maintenant, mais quand tu travaillais ici, il y a de nombreuses années, j’y suis venue une fois, par cette même porte, morte de faim et de froid. 

Quelques larmes coulèrent sur ses joues.

– Madame ? interrogea l’agent. Il ne pouvait pas croire ce à quoi il assistait, ni même penser que cette femme eût pu connaître la faim.

– Je venais d’être diplômée de l’université de ma région, commenta-t-elle. J’étais arrivée dans cette ville à la recherche d’un emploi, mais je ne trouvais rien.

La voix brisée, elle poursuivit :

– Mais quand il ne me restait plus que mes derniers centimes et qu’on m’avait expulsée de mon appartement, je déambulais dans les rues. C’était en février, il faisait froid et j’étais presque morte de faim. Alors j’ai vu cet endroit et je suis entrée avec l’infime espoir de pouvoir obtenir quelque chose à manger.

Les yeux baignés de larmes, la femme continua à parler :

– Juan m’a reçue avec un sourire.

– Maintenant, je me souviens, dit Juan. J’étais de service, derrière le comptoir. Vous vous êtes approchée et vous m’avez demandé si vous pouviez travailler en échange de quelque chose à manger.

– Tu m’as dit que ce n’était pas conforme à la politique de la maison, continua la femme. Alors, tu m’as fait le sandwich à la viande, le plus gros que j’avais jamais vu… Tu m’as donné une tasse de café et je suis allée dans un coin pour profiter de ma nourriture. J’avais peur que tu t’attires des ennuis. Ensuite, quand je t’ai vu payer de ta poche le prix du repas dans la caisse, alors j’ai su que tout allait bien se passer.

– Alors, vous avez monté votre propre entreprise ? demanda le Vieux Juan.

– Oui, j’ai trouvé du travail le jour même. J’ai travaillé très dur, et j’ai gravi les échelons avec l’aide de Dieu, mon Père. Plus tard, j’ai monté ma propre entreprise, qui a prospéré, avec l’aide de Dieu.

Elle ouvrit son sac à main et sortit une carte de visite.

– Quand tu auras terminé, je veux que tu ailles faire une visite à monsieur Martínez. C’est le DRH de mon entreprise. J’irai lui parler et je suis sûre qu’il te trouvera quelque chose à faire au bureau.

Elle sourit.

– Je crois même que je pourrais t’avancer de l’argent, suffisamment pour que tu puisses t’acheter un peu de vêtements et trouver un endroit où vivre jusqu’à ce que tu retrouves une vie stable. Si une fois ou l’autre, tu as besoin de quelque chose, ma porte est toujours ouverte pour toi, Juan. 

Il y eut des larmes dans les yeux du vieillard.

– Comment puis-je vous remercier ? demanda-t-il.

– Ne me remercie pas, répondit la femme. Rends gloire à Dieu. C’est Lui qui m’a amenée jusqu’à toi.

Hors de la cafétéria, l’agent et la femme s’arrêtèrent et, avant de s’en aller chacun de son côté, ils échangèrent :

– Merci pour toute votre aide, officier, dit madame Hernández.

– Au contraire, répondit l’agent, merci à vous ! Aujourd’hui, j’ai vu un miracle, quelque chose que je n’oublierai jamais. Et… et merci pour le café !

Que Dieu te bénisse toujours ! Et n’oublies pas que, quand tu lances ton pain sur l’eau, tu ne sais jamais quand tu le retrouveras… Dieu est si grand qu’Il peut abriter tout le monde de Son amour. Et en même temps, Il est assez petit pour entrer dans ton cœur.

Quand Dieu t’emmène au bord de la falaise, aie pleinement confiance en Lui et laisse-toi porter ! Seulement l’une de ces deux choses se passera : soit Il te soutiendra dans ta chute, soit Il t’apprendra à voler !

(…)

D’après une chaîne de prière en espagnol reçue par courriel. Source inconnue.

Titre original : « Uno cosecha lo que siembra ».

Traduction : Jean O’Creisren

Image par J Garget de Pixabay


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Des arguments pour évangéliser

Des arguments pour évangéliser

Il y a quelques jours, nous avons fêté la Pentecôte. Comme les disciples, sortons annoncer au monde que le Christ est ressuscité !

Eh oui, pour les chrétiens, l’amour de Dieu est plus fort que la mort. Nous croyons aussi que Jésus nous envoie annoncer cette Bonne Nouvelle au monde entier. Cette annonce s’appelle l’évangélisation. Mais attention : évangéliser, ce n’est pas imposer ! C’est proposer un message, auquel les gens sont libres d’adhérer ou non. Nous pouvons annoncer l’Évangile, mais c’est Dieu seul qui peut convertir telle ou telle personne, si celle-ci Le laisse faire. Car Dieu est amour et il ne fait rien sans nous laisser libres.

Si Jésus nous envoie annoncer la Bonne Nouvelle au monde, comment s’y prendre ?

Nous verrons ici quelques arguments pour évangéliser des personnes qui croient de différentes manières ou ne croient pas. Toutefois, ce n’est pas seulement à coup d’arguments qu’on évangélise. Jésus nous a donné la clé : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13, 35). Eh oui, on ne peut témoigner d’un Dieu-Amour qu’en essayant d’aimer. Être chrétien, c’est notamment respecter autrui, avoir le souci des plus pauvres, prendre soin de la création, etc. Si vous arrivez très sûr(e) de vous en disant : « Moi, j’ai la Vérité, et je vais te l’apporter, à toi, pauvre ignorant ! », vous allez vous faire envoyer promener… Au contraire, ayons une attitude respectueuse : une écoute de ce que l’autre souhaite dire sur le sujet, un certain humour, un réel intérêt pour ce que vit l’interlocuteur, une compassion face aux souffrances qu’il ou elle peut porter. Même si la personne en face de nous pense beaucoup de mal des cathos, du Pape et de l’Église, laissons-la exprimer son point de vue. Jésus s’y prenait de cette manière-là !

Après, avec certaines personnes, il peut arriver d’avoir des débats théologiques. Voici ce que je vous propose de répondre à celles et à ceux qui affichent certaines convictions différentes des vôtres, voire une absence de convictions…

Pour dialoguer avec un(e) athée :

Tu me dis qu’il y a trop de souffrance dans le monde pour que Dieu existe. Tu as raison de dire que la souffrance est révoltante ! Moi, je crois en un Dieu tout-puissant en amour. Dieu n’aime pas nous voir souffrir. Il nous aime tellement qu’Il tient à souffrir avec nous. Sur la croix, Jésus a vraiment morflé. Il a morflé pour nous parce qu’Il nous aime.

D’ailleurs, juste avant de mourir, Jésus dit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46). À ce moment-là, Il fait l’expérience de l’absence de Dieu. Tout comme toi, il n’a pas de raison de croire en Dieu en cet instant précis. En d’autres termes, Il comprend ce que tu vis dans ton athéisme.

Et grâce à Sa souffrance, nous sommes sauvés. Comme Lui, nous pourrons ressusciter pour une vie éternelle. Nous aurons droit à un bonheur sans fin, sans la moindre douleur. Le christianisme n’est pas une religion de la souffrance, mais une religion de la vie et de l’amour.

Si tu souhaites en savoir plus, je t’invite à regarder cette vidéo :

Pour dialoguer avec un(e) agnostique :

Tu ne sais pas si Dieu existe ou non. Certaines choses te poussent à croire et d’autres à ne pas croire. Cette situation n’est pas confortable pour toi et tu te dis que Dieu n’est pas démontrable par la raison. Le philosophe Blaise Pascal se posait les mêmes questions que toi. Il n’a pas démontré l’existence de Dieu, mais s’est dit qu’en pariant sur celle-ci, on gagnait tout. Voici un extrait du pari pascalien :

« Puisqu’il faut choisir, voyons ce qui vous intéresse le moins. Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude ; et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère. Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est. Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’il est, sans hésiter. »

Selon Blaise Pascal, il est donc plus raisonnable de parier que Dieu existe. Cela nous engage à ordonner notre vie comme si nous allions être jugés sur nos actes à la fin. Si Dieu existe, nous entrerons alors au Paradis. En revanche, si nous avons fait le mal toute notre vie en pariant que Dieu n’existe pas, nous aurons une mauvaise surprise à l’heure du jugement. Et si Dieu n’existe pas, nous n’aurons rien perdu en pariant sur son existence (ou sur son inexistence). Tu trouveras le texte complet ainsi qu’une analyse universitaire de ce passage sur ce lien.

Pour ce qui est de prouver l’existence de Dieu, Aristote s’y est attelé. Il était grec, donc issu d’un peuple qui croyait en plusieurs divinités. Il observait que tout a une cause : notre monde d’aujourd’hui ne serait pas ce qu’il est sans tout ce qu’il s’est passé tout au long de l’histoire. L’homme n’aurait pas pu écrire l’Histoire sans l’évolution des primates. Les primates ne se seraient pas développés ainsi sans la disparition des dinosaures. Les dinosaures n’auraient pas existé sans l’apparition de la vie sur Terre. La vie ne serait pas apparue sur Terre sans un milieu propice à son éclosion… Nous pouvons toujours remonter les causes et les effets. Mais Aristote se dit qu’on ne peut pas remonter comme ça à l’infini. Il doit bien y avoir une cause première. Et ce « premier moteur » n’est mu par aucun autre. Il est éternel et se trouve donc être la cause finale de tout. Cette « cause première » ou ce « premier moteur », c’est ce que nous appelons Dieu.

Au-delà de cette démonstration intellectuelle, la foi est aussi une question de volonté. La raison peut nous amener à un certain point, au-delà duquel on peut croire ou non. Pour continuer ce chemin vers la foi, il faut poser un acte volontaire.

Que veux-tu ? Dans la Bible, Dieu dit : « Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui » (Dt 30, 19-20). Et toi, comment veux-toi voir les choses ? Quelle vision du monde veux-tu porter ? Veux-tu croire que la mort a le dernier mot ou veux-tu espérer en la toute-puissance de l’Amour ? Veux-tu choisir une perspective de bonheur ou de malheur ? Veux-tu choisir une vie heureuse dans l’amour de Dieu ou une vie d’orphelin ? Veux-tu avoir à tes côtés un Ami qui te tire vers le haut ? Souhaites-tu au contraire avancer avec difficulté, en ne comptant que sur tes propres forces ? Veux-tu vivre de manière exigeante en te pliant à la Loi d’amour du Seigneur ou t’égarer dans une pseudo-liberté ?

Si tu souhaites en savoir plus, je t’invite à regarder cette vidéo.

Pour dialoguer avec une personne de confession juive :

Vous, les Juifs, vous êtes nos frères aînés dans la foi. Vous êtes ceux à qui Dieu a parlé en premier et vous devez en être fiers ! Vous gardez pieusement les racines de notre religion. Dans l’Ancien Testament, cette partie de la Bible que nous avons en commun avec vous, nous voyons des signes de la venue de Jésus. Je t’invite à en découvrir plus sur ce lien.

Pour dialoguer avec une personne qui croit en Dieu, mais pense qu’Il se manifeste à travers les états de transe générés par les drogues :

Tu penses rencontrer Dieu dans les champignons hallucinogènes, le teuch ou l’ayahuasca ? Ce sont peut-être des expériences uniques, mais ça te détruit la santé ! Je vais t’indiquer quelques drogues fiables, à travers lesquelles Dieu peut vraiment te parler :

  1. La Bible. Oui, Dieu te parle à travers la Bible. Ce livre… Que dis-je ? Cette bibliothèque est un vrai trésor sur le plan littéraire, culturel, philosophique et spirituel. On y trouve des textes d’une grande variété : des conseils remplis de sagesse, de belles prières, des bijoux de poésie amoureuse, des sagas guerrières, des contes d’une profondeur inouïe, des lettres, des récits mystiques complètement délirants… sans oublier le cœur de la Révélation, l’Évangile, cette histoire de Jésus qui révèle combien Dieu nous aime. Oui, Dieu t’aime tel que tu es, même si la drogue te fait du mal.
  2. Si tu sens que ton cœur est lourd, si tu te sens coupable de tel ou tel péché, ne te réfugie pas dans une drogue qui ne résout rien. Va plutôt voir quelqu’un qui peut vraiment guérir ton âme. Si tu es baptisé, va voir un prêtre pour te faire confesser. Un prêtre qui confesse bien ne te jugera pas. S’il te fait culpabiliser, alors c’est lui qui devrait aller au confessionnal ! Non, quand on va se confesser, on entre avec le cœur lourd, mais on ressort tout léger, heureux d’avoir été pardonné.
  3. La troisième drogue que je te propose est daller à la messe. Si tu n’as pas commis de péché grave, ou si tu t’es confessé depuis, et si tu as déjà fait ta première communion, tu peux recevoir le Corps du Christ. Oui, crois-moi, cette drogue-là est hyper efficace ! Ça ne t’explose pas le cerveau, mais ça fortifie ton âme. Ça la remplit d’amour. Or, si tu abuses de drogues, n’est-ce pas pour combler un manque d’amour dont tu souffres tant ?

Il y a plein d’autres manières d’être un toxico de Jésus : la prière du chapelet, l’invocation de l’Esprit Saint, la louange, l’adoration, les pèlerinages, les lectures spirituelles, les études de théologie… Encore une fois, ces drogues-là ne font que du bien, car Dieu veut te faire grandir et non te détruire !

Pour dialoguer avec une personne de confession musulmane :

Nos religions ont plein de choses en commun. Toi et moi, nous croyons en un Dieu unique, créateur de toute chose et tout-puissant. Tu fais le Ramadan, je fais le Carême. Tu pries, moi aussi. Tu as le souci du plus pauvre, moi également. Mais une chose fondamentale nous divise. Pour moi, Jésus est Dieu et pour toi, ce n’est qu’un prophète. Pour toi, Il n’est pas mort et n’est pas ressuscité. Pour toi, la Bible a été falsifiée et le Coran rétablit la vérité. Pour toi, Dieu ne peut pas être à la fois un et trois. Nous pourrions passer toute une vie à débattre de nos désaccords. Chrétiens et musulmans n’ont pas fini de disserter sur ces contradictions. Je vais d’abord te soumettre deux remarques pour te montrer que la Trinité est bel et bien suggérée dans ta religion :

  • Le vert est la couleur de l’islam, n’est-ce pas ? Sais-tu que c’est également la couleur du catholicisme irlandais ? Et sais-tu pourquoi ? Parce que c’est celle du trèfle de saint Patrick. Celui-ci a expliqué la Trinité aux Celtes polythéistes. Ces derniers lui ont demandé comment un Dieu pouvait être à la fois un et trois. Il a montré un trèfle en disant : « il y a un seul trèfle, mais celui-ci a trois feuilles différentes ».
  • La seconde remarque est la suivante : quand tu fais tes ablutions, chaque geste est répété trois fois. En effet, tu me dis toi-même que le 3 est le chiffre préféré d’Allah. Pourquoi donc, à ton avis ?

Mais il faut savoir que la Trinité est avant tout une communion d’amour entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Oui, nous croyons que Dieu est amour. Pour nous, Il est le tout-miséricordieux, le très miséricordieux (الرَّمان الرَّحيم – al-raḥmân al-raḥîm). D’après notre religion, Dieu créateur aime, donc Il engendre le Fils. Le Père et le Fils s’aiment infiniment et leur relation d’amour est l’Esprit Saint, qui rejaillit sur le monde. Et cette communion d’amour embrasse toute la création. Si Dieu est amour, Il est relation. Dieu nous a créés par amour. Donc il ne peut que nous aimer. Dans l’islam, Allah a 99 attributs. Vous considérez que le centième sera révélé dans l’au-delà. Joseph Fadelle, un musulman converti au christianisme, considère que ce 100e attribut est حُبّ [ḥubb], « l’amour ».

Tu dis également que Jésus n’est pas ressuscité. Pour toi, il n’est même pas mort. Il a été enlevé au Ciel par Allah et un sosie a été crucifié à sa place. Mais, pour nous les chrétiens, Sa Résurrection est au cœur de notre foi. Tu ne crois pas à cette histoire ? Qu’en diras-tu après avoir vu cette vidéo ?

Pour dialoguer avec un témoin de Jéhovah :

Les témoins de Jéhovah se basent sur la Bible, mais ils en ont une interprétation erronée. Notamment, ils nient la divinité de Jésus. Or, quand on lit de plus près, la Bible dit que Jésus est Dieu. Regardons ce passage du chapitre 18 de l’Évangile de Jean, où le Christ est arrêté avant sa Passion :

Ayant ainsi parlé, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C’est moi, je le suis. » Judas, qui le livrait, se tenait avec eux. Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre. Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. » Jésus répondit : « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. »

Source : AELF

« C’est moi, je le suis. » est la traduction du grec « ἐγώ εἰμι » [ego eïmi]. Une traduction littérale de cette phrase donne : « Moi, je suis ». Or « Je suis celui qui suis » est la façon dont l’Éternel se présente à Moïse dans l’épisode du buisson ardent : אֶהְיֶה אֲשֶׁר אֶהְיֶה [’ehyeh ’ăšer ’ehyeh]. Autrement dit, Jésus reprend les mêmes mots pour dire qu’Il est Dieu. Notons que « ἐγώ εἰμι » est répété trois fois. En effet, l’évangéliste insiste car ce détail est important. Et quelle est la réaction de cette troupe de soldats armés jusqu’aux dents ? Ils se cassent la figure ! Ils tombent comme un château de cartes devant la toute-puissance de l’Éternel.

Voilà donc ce que vous pouvez répondre à un témoin de Jéhovah qui essaie de vous prouver que Jésus n’est pas Dieu.

Une autre idée des témoins de Jéhovah est qu’il n’y aura que 144 000 sauvés. Pour cela, ils se basent sur le chapitre 7 du livre de l’Apocalypse. Dans ce cas, ça ne vaut même pas le coup d’être témoin de Jéhovah, puisqu’ils sont largement plus que 144 000 ! Mais voyons ce qu’enseigne réellement la Bible à ce sujet :

Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, de toutes les tribus des fils d’Israël. De la tribu de Juda, douze mille marqués du sceau ; de la tribu de Roubène, douze mille ; de la tribu de Gad, douze mille ; de la tribu d’Aser, douze mille ; de la tribu de Nephtali, douze mille ; de la tribu de Manassé, douze mille ; de la tribu de Siméon, douze mille ; de la tribu de Lévi, douze mille ; de la tribu d’Issakar, douze mille ; de la tribu de Zabulon, douze mille ; de la tribu de Joseph, douze mille ; de la tribu de Benjamin, douze mille marqués du sceau. Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main (…). L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Ces gens vêtus de robes blanches, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Je lui répondis : « Mon seigneur, toi, tu le sais. » Il me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, et le servent, jour et nuit, dans son sanctuaire. Celui qui siège sur le Trône établira sa demeure chez eux. Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, ni le soleil ni la chaleur ne les accablera, puisque l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »

Source : AELF

Donc, pour résumer, les cent quarante-quatre mille sauvés sont juste 12 000 personnes de chaque tribu d’Israël. Ce sont donc des Juifs et non des témoins de Jéhovah. Néanmoins, d’après Antonio Fuentes Mendiola, « le nombre 144 000 (mille fois 12×12) est purement symbolique. Il représente d’une part la perfection (douze) et d’autre part la multitude (mille). »[1] Enfin, le texte précise juste après qu’une foule indénombrable issue de tous les peuples de la Terre rejoint ces 144 000. Le salut est donc proposé à tous. Dans un autre texte biblique, Jean écrit que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8). Le Seigneur aime donc tout le monde et veut que tous soient sauvés. Il aime aussi les pécheurs et souhaite leur conversion. Il est le Bon Pasteur qui parcourt le désert à la recherche de la brebis égarée. D’ailleurs, dans l’évangile de Matthieu, Jésus dit « votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. » (Mt 18, 14). Donc pas de panique : il y a de la place pour tout le monde au Paradis ! 😊

Pour dialoguer avec une personne qui pratique le spiritisme et qui boursicote :

Tu pratiques le spiritisme ? Moi aussi ! Je le fais même tous les jours. Mais je le fais comme à la Bourse : je mise uniquement sur des valeurs sûres. Si tu invoques un défunt devant un pentacle, c’est comme si tu achetais un subprime. Tu as de grandes chances d’invoquer un démon et de voir ta vie complètement ruinée. En revanche, tu peux invoquer des esprits que l’Église catholique reconnaît comme fiables à 100 %. En premier lieu, invoquer l’Esprit Saint te permet d’être bien éclairé quand tu as une décision à prendre ou quand tu vas tenir une discussion importante avec quelqu’un. Ça, tous les chrétiens sont d’accord pour dire que c’est une valeur sûre puisque c’est Dieu Lui-même.

Après, chez les cathos, nous invoquons aussi les saints, les bienheureux et les vénérables. Ce sont des défunts que l’Église considère comme des placements sans risque. Ils peuvent te pistonner auprès du Bon Dieu pour des choses concrètes dont tu aurais besoin. Par exemple, la prière à saint Joseph est un très bon investissement pour trouver du boulot. Si tu perds un truc, tu peux parier sur saint Antoine de Padoue. Si tu chutes dans la luxure, la Vierge Marie est une valeur-refuge. Et même si tu rencontres des problèmes avec Internet, tu peux demander l’aide d’un saint du VIe siècle, Isidore de Séville.

Épilogue pour les évangélisateurs

Nous avons eu la chance d’avoir été évangélisés. À nous maintenant d’annoncer Jésus au monde. Mais n’oublions pas que le Christ a dit : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13, 35). Soyons donc des témoins aimants. Soyons cohérents avec l’Amour que nous prêchons.

Qui d’entre nous applique l’Évangile à 100 % ? Qui vit parfaitement ce que Jésus nous demande ? Qui peut se vanter d’être saint ? Personne ! Alors en écrivant ce passage, je m’adresse à chacun d’entre nous et je m’inclus dans ces nombreux cathos qui ne sont pas toujours à la hauteur…

Tu te dis « catholique », mais tu oublies que ce terme signifie « ouvert à tous ». Tu vas à la messe tous les dimanches, mais tu méprises la personne qui fait la manche à la sortie de l’église. Tu vas souvent te confesser, mais aussitôt obtenu le pardon de Dieu, tu juges l’étranger, la personne homosexuelle ou prostituée. Tu tiens de grands discours sur la sexualité, mais ton regard n’est pas toujours sain. Tu parles de Dieu aux personnes qui ne le connaissent pas, mais tu n’écoutes pas les souffrances qu’elles ont à te confier. Tu adores un Christ juif, mais tu refuses d’accueillir des étrangers. Tu dissertes sur tel ou tel détail de la liturgie, mais tu écoutes à peine la lecture de l’Évangile et t’inquiètes encore moins de mettre la Parole en pratique. Tu communies au Corps du Christ, mais tu critiques les membres de ce Corps que sont tes frères et sœurs en Dieu. Tu dis que tu aimes Dieu, mais tu refuses d’aimer ton prochain.

Or Dieu est amour et Il nous jugera selon nos actes. Voici un texte qui peut nous rappeler à l’ordre (Mt 25, 31-46) :

« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Ainsi, si tu veux évangéliser, ton témoignage d’amour touchera beaucoup plus que les meilleurs arguments. 😉

Jean O’Creisren

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L’argot des cathos

On récolte ce que l’on sème…


[1] D’après une version espagnole du Nouveau Testament traduite et commentée par Antonio Fuentes Mendiola (Madrid, Ediciones RIALP, S. A., 14e édition, 2007). Le commentaire en espagnol de Ap 7, 4-8 a été partiellement traduit par Jean O’Creisren spécialement pour cet article.

L’argot des cathos

Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

Oui, malgré le confinement, nous fêtons Pâques. Nous célébrons la victoire de la Vie sur la mort. D’où les œufs en chocolat, qui symbolisent la naissance de futurs poussins.

Pâques est célébrée par les chrétiens du monde entier. En France, la majorité des disciples du Christ sont catholiques. Mais les orthodoxes et les protestants sont aussi nos frères et sœurs en Jésus ! 😊

Les catholiques pratiquants représenteraient 0,5 à 1 % de la population française. L’Église catholique en France est un large réseau qui dépasse les classes sociales. Il y a des cathos riches et des cathos pauvres. Il y a des cathos de droite et des cathos de gauche. Il y a des cathos âgés et des cathos jeunes. Il y a des cathos en ville et à la campagne.

Mais malgré cela, l’Église est une. Elle est unie dans sa diversité. Comme marque de son identité, de sa culture commune, elle dispose d’un langage spécifique. Je ne vais pas parler de termes liturgiques et théologiques barbares. La question n’est pas de disserter sur l’étymologie de « périchorèse » ou sur la prononciation de « messe chrismale ». Non, dans cet article, je vais m’intéresser au langage familier des cathos. Ces mots qui n’ont rien de formel, qui font partie d’un grand trip propre à ce milieu. Car oui, les catholiques pratiquants forment un milieu qui dépasse les classes sociales. Si vous faites du théâtre d’improvisation, une synergie se crée dans le groupe. Et pourtant, ce sont souvent des gens qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Ils ont des métiers très divers, gagnent des salaires inégaux et ne pensent pas nécessairement pareil. Néanmoins, ils créent une réalité sociale, avec des interactions, des codes, des délires communs. On retrouve un peu la même chose chez les cathos. Ils ont leurs propres codes, leurs propres blagues et leur propre jargon.

En linguistique, on appelle « sociolecte » tout langage propre à un groupe social. Êtes-vous prêt·e·s pour la leçon de sociolinguistique du jour ? Je vous laisse donc découvrir le sociolecte des cathos francophones… 😉

Ado : diminutif d’« adoration ». Chez les cathos, l’adoration du Saint-Sacrement consiste à prier devant une hostie consacrée, exposée dans un ostensoir. Beaucoup de gens se disent que nous sommes complètement fadas de nous prosterner devant un morceau de pain et de lui adresser nos prières. Seulement, nous croyons que ce n’est plus du pain. Pour nous, c’est le Corps du Christ. Et comme nous croyons que Jésus est Dieu, nous pouvons adorer l’hostie. Car, aussi barré que ça puisse paraître, nous croyons que ce « morceau de pain », c’est Dieu tout-puissant, le Créateur de tout l’univers…

– Mais où étais-tu passé, Nathanaël ? Encore à jouer avec ton portable sous le figuier ?

– Non, papa. J’ai trouvé mieux pour rechercher l’éveil : une heure d’ado à l’heure du dîner, et je suis boosté pour la semaine !

– Certes, mais tu pourrais faire ça à une heure où ça ne gêne pas l’ensemble de la famille ! Je ne pense pas que tu adores le pot-au-feu froid…

« Amen de gloire ! » : formule humoristique (qui ne veut strictement rien dire) pour se moquer des charismatiques. En effet, ces derniers exclament parfois des prières spontanées à voix haute lors des soirées de louange. D’après leur spiritualité, elles sont inspirées par l’Esprit Saint. Ce qui est sûr, c’est que la dimension émotionnelle prime sur la dimension intellectuelle. D’où des phrases qui, selon les mauvaises langues, peuvent manquer de cohérence. Il paraît d’ailleurs que « Merci sois-tu Seigneur ! » a déjà été entendu… Cf. cha-cha.

« Merci sois-tu Seigneur pour la journée de ouf que j’ai passée ! Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit… Amen de gloire ! »

L’autre : le diable. Si Dieu existe et nous aime infiniment, nous pensons aussi que Satan nous déteste. Il ne cesse de nous attirer vers le péché et la souffrance. Parfois, nous allons dans une direction en pensant bien faire car nous y voyons la main de Dieu. Mais il s’avère que cela nous conduit sur un chemin qui nous fait souffrir. Alors, une personne lucide et bienveillante nous dira : « Je pense que c’est plutôt l’autre qui t’a induit(e) en erreur ! ».

Ben : non, non ! Rien à voir avec une fameuse horloge londonienne… C’est juste le diminutif de « bénédicité ». Cette prière est dite ou chantée avant le repas. En voici un exemple :

« Bénissez-nous, Seigneur ! Bénissez ce repas, ceux qui l’ont préparé, et procurez du pain à ceux qui n’en ont pas. Ainsi soit-il ! »

Parmi les nombreuses versions du « ben », une autre est parfois mentionnée pour plaisanter. À titre personnel, il m’arrive d’y faire référence en blaguant. Mais je trouve que la prier pour de vrai serait irrespectueux envers notre Créateur : « Pif ! Paf ! Pouf ! Bénissez la bouffe ! »

Béner : réciter ou chanter le bénédicité. Par exemple, avant de commencer le repas, l’un des convives propose de manière très poétique de bénir le Seigneur pour ses bienfaits et lui demander de nourrir les affamés : « Alors, on bène ? »

Cathomobile : voiture espace qui transporte une famille de cathos. En effet, les cathos ont en général beaucoup plus d’enfants que la moyenne des Français. Ouverture à la vie oblige ! Les catholiques font donc preuve d’autodérision en nommant ainsi ces véhicules souvent un peu usés. Si vous voulez vous assurer que vous avez bien affaire à une cathomobile, un signe ne trompe pas : un autocollant scout ou du groupe Glorious sous la lunette arrière…

« C’est pas très Laudato Si’ ! » : Cette expression signifie « ce n’est pas très écolo ». En effet, le Pape François a pris position pour la protection de l’environnement dans l’encyclique Laudato Si’. Pour nous, polluer est un péché !

Cha-cha : diminutif de « charismatique ». Le Renouveau charismatique est un mouvement spirituel apparu à la fin des années 1960. Les charismatiques prient en chantant, en dansant, en tapant des mains. Ils s’appuient sur les charismes reçus de l’Esprit Saint. Concrètement, une soirée louange peut donner ça. En France, deux communautés cha-chas importantes sont l’Emmanuel et le Chemin Neuf. Cf. dévisser des ampoules.

Clin-Dieu : clin d’œil de la part de Dieu. Les cathos utilisent cette expression lorsqu’ils perçoivent un truc cool qu’ils interprètent comme un signe du Seigneur. Par exemple, je connais un traducteur qui a commencé sa carrière en tant qu’enseignant. Il était très malheureux dans ce métier et pensait à se réorienter. Il a donc traversé la France pour participer à une rencontre entre traducteurs et traductrices. Cela lui a fait très bonne impression et l’a confirmé dans cette nouvelle vocation professionnelle. La rencontre avait lieu sur un week-end. Pour la messe dominicale, il s’est rendu à l’église qui jouxtait le lieu de l’événement. Elle s’appelait Saint-Jérôme. Or ce saint au très mauvais caractère a traduit la Bible en latin au moment de la chute de l’Empire romain. Sa traduction, la Vulgate, a fait foi pendant des siècles au sein de l’Église catholique. Saint Jérôme est donc le patron des traducteurs. Ce jeune homme en réorientation a donc vu un clin-Dieu dans le nom de cet édifice. Il savait déjà qu’il voulait exercer ce beau métier. Mais il a vu dans ce signe une preuve que Jésus pensait bien à lui en ce moment important de sa vie professionnelle. 😊

Deo Gratias : façon de dire « merci » dans certaines communautés religieuses. Cette expression latine peut être traduite de différentes manières : « Dieu soit loué ! », « Dieu merci ! », « (Nous) rendons grâce à Dieu ! », etc. Quelle que soit la traduction, l’idée est de remercier notre Créateur, qui nous aime et qui est la source de tout bien.

Dévisser des ampoules : les charismatiques prient parfois en dansant. Certains chantent donc en se trémoussant sur place avec les mains en l’air. D’où l’expression « dévisser des ampoules » pour « louer le Seigneur ». cf. cha-cha.

– Salut Marie-Sixtine, ça te dit de prendre un verre ce soir ?

– Désolée Kilian, mais j’ai déjà un truc de prévu. Je vais dévisser des ampoules de 19h30 à 23h30. Mais tu peux venir avec moi, si tu veux. Tu verras, c’est super sympa !

Effata : Cette expression araméenne signifie « ouvre-toi ! ». Dans l’évangile de Marc, Jésus guérit une personne sourde en lui disant « Effata ! ». Ainsi, on peut répondre cela à un catho qui a l’esprit étriqué ou qui ne parle que de ses centres d’intérêt :

– Eh, Jeanne-Marthe, as-tu vu mon nouveau chapelet ? Il est en pur buis. C’est le cinquantième que je fabrique cette année. Je suis un vrai patenôtrier ! Ou « patenostrier » devrais-je dire… Bref, les deux sont acceptés ! Tu sais, « patenôtrier » ou « patenostrier », c’est le nom qu’on donne à une personne qui fabrique des chapelets. Étymologiquement, ça vient de « Pater Noster ». Ça veut dire « Notre Père » en latin. Parce qu’on prie six fois le Notre Père quand on récite le chapelet. Patenôtrier, c’est vraiment le plus beau des métiers ! Savais-tu que…

– Merci pout toutes ces infos, Jean-Baudouin ! Vraiment, je suis admirative de ton talent ! Mais à part les chapelets, qu’est-ce qui t’intéresse dans la vie ?

– Rien ! Mais alors là, rien du tout !

– Effata !

Évanj’ : raccourci d’ « évangélisation ». Cette pratique consiste à parler de Jésus à des gens qui ne le connaissent pas. Même le chrétien le plus convaincu et le plus saint ne connaît pas Jésus dans tous les aspects de sa vie. Tout le monde a donc besoin d’être évangélisé. Mais attention : l’évangélisation n’est pas un prosélytisme agressif ! L’idée est de proposer la Bonne Nouvelle, pas de l’imposer ! Les gens sont libres d’adhérer ou non à la foi chrétienne. Nous pouvons parler de Dieu, mais c’est Dieu seul qui peut choisir de convertir telle ou telle personne, en respectant sa liberté, car Il nous aime. 😊

Si vous voulez rigoler un peu sur le sujet, n’hésitez pas à regarder cette vidéo.

Grenouille de bénitier : cette expression est bien connue même en dehors du milieu catho. Elle désigne familièrement une personne très pratiquante. J’aime bien son équivalent espagnol, un mot qui respire la délicatesse… En effet, meapilas se traduirait littéralement par « pisseur d’eau bénite ».

« Ma femme » : c’est ainsi que certains prêtres et séminaristes désignent leur bréviaire. Cet objet est un livre de prières. Les membres du clergé sont obligés de prier tous les jours certains passages écrits dedans. C’est ce qu’on appelle la « liturgie des heures ». Dans le rite romain, les prêtres sont célibataires. Alors que les personnes mariées doivent être fidèles à leur conjoint, les clercs doivent être fidèles à leur bréviaire…

Pélé : raccourci très courant de « pèlerinage ».

– Que fais-tu pendant les vacances ?

– Je pars en pélé !

– Ah oui ? Où ça ? À Rome ? À Compostelle ? À Lourdes ? À Jérusalem ?

– Non, à La Mecque !

Pharisien : à l’époque de Jésus, les pharisiens étaient l’un des courants dominants du judaïsme. Dans les Évangiles, ils sont présentés comme des Juifs rigoristes qui jugent selon les apparences. Jésus les dérange et ils lui posent parfois des questions gênantes pour le coincer. Mais le Christ arrive toujours à les remettre à leur place par une parole qui enseigne le droit chemin. Chez les cathos, le vocable « pharisien » désigne un chrétien hypocrite. Par exemple, une personne qui irait à la messe tous les dimanches, mais juste pour donner une bonne image afin de briller en société. Ou alors qui croirait détenir la vérité et jugerait les gens qui sont « dans l’erreur » alors qu’elle-même agit d’une manière non conforme à la loi d’amour de Dieu.

« Seigneur, prends pitié ! » : cette phrase est tirée de la prière du Kyrie. Au début de la messe, nous demandons pardon à Dieu pour nos péchés : « Seigneur, prend pitié ! » (ou « Kyrie eleison » en grec). Par extension, c’est une manière humoristique de dire que l’attitude de quelqu’un nous désespère…

– Mon père, j’ai beau expliquer à Bernard qu’il chante comme une casserole, il tient absolument à animer la messe. Tout le monde le lui dit gentiment, mais il a un caractère de cochon et ne veut pas en démordre. Il y a des gens bien plus compétents que lui qui sont prêts à le remplacer. Bernard serait très doué pour faire la lecture au lieu du chant. Mais il s’énerve dès qu’on aborde le sujet. Il nous traite de pharisiens et il a même menacé de chanter l’Internationale pendant la messe de Pâques si on continue à lui résister !

– Quoi ? Seigneur, prends pitié !

Seumé : verlan de « messe ».

– Tancrède, on fait un footing dimanche matin ?

– Merci pour l’invitation Abdoulaye, mais je ne pourrai pas. Je serai à la seumé.

Théo : raccourci de « théologie ».

– Emmanuelle, on se retrouve où pour aller au RU ?

– Juste devant la fac de théo !

– Ça marche ! À toute ma poule !

Tra-tra / tradi : vous connaissez déjà les cha-chas. Mais qui sont les tra-tras ? « tra-tra », « tradi », voire « tra » est le diminutif de « traditionnaliste ». Les tradis sont des cathos qui préfèrent la messe selon la forme extraordinaire du rite romain. C’est-à-dire en latin, comme autrefois. C’est notamment le cas de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre. L’Église catholique est diverse. Certains cathos sont plus à l’aise pour prier comme-ci, d’autres pour prier comme ça. Quoi qu’il en soit, l’Église est une et nos différences sont des richesses.

Udp : sigle utilisé pour conclure une lettre, un mail ou un SMS qu’un(e) catho adresse à un(e) coreligionnaire. Cela signifie « en union de prière ». Par cette phrase, on assure au destinataire du message que l’on prie pour elle ou pour lui. Chez nos frères protestants, « Dieu te bénisse » est une expression plus courante.

En sociolecte catho, voilà ce que pourrait donner une lettre d’amour :

Chère Marie-Astrid,

Lorsque je t’ai vue pour la première fois, c’était à la sortie de la seumé. Ta beauté m’a subjugué. Dans mon cœur, j’ai béni le Seigneur comme un cha-cha : « Amen de gloire ! »

Avec le temps, j’ai pu découvrir ta beauté intérieure. Ado, évanj’, louange… J’aime ta manière de prier ! Je suis notamment un grand fan de la façon gracieuse dont tu dévisses les ampoules !

J’ai été ravi de cette belle conversation lors de notre pélé vers Notre-Dame-des-Petits-Oiseaux. Ta passion pour la théo a éveillé en moi une passion pour la grenouille de bénitier que tu es !

Tu as un côté tra-tra et tu n’oublies jamais de béner avant les pique-niques à l’aumônerie. Profonde, tu fuis tous ces pharisiens qui ne te méritent pas. Quand l’autre m’incite à trop te parler de mes chapelets, tu me dis « Effata ! » avec une bienveillance qui me transfigure.

Rayonnant d’amour comme un ostensoir, je me sens appelé à te donner ma vie. D’ailleurs, nous avons tous les deux des prénoms composés. N’est-ce pas là un clin-Dieu ?

Quelle est ma vocation ? Je sais bien que je ne suis pas appelé à épouser un bréviaire ! Veux-tu être ma femme ? Nous pourrions avoir plein d’enfants et les emmener en vacances dans notre splendide cathomobile… Bon, je sais, comparé au train, c’est pas très Laudato Si’ !

Si tu acceptes mon amour, je dirai « Deo gratias ! » Mais si ma lettre te paraît trop farfelue pour cela, j’espère que tu ne t’exclameras pas « Seigneur, prends pitié ! »

Sur ce, je te souhaite une excellente octave pascale,

Udp,

Jean-Baudouin

Voilà donc ce à quoi ressemble l’argot des cathos ! Ou, pour être plus docte, le sociolecte des catholiques pratiquants. Vous connaissez d’autres expressions familières utilisées dans ce milieu ? N’hésitez pas à me les soumettre en commentaire !

Jean O’Creisren

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Bx Noël Pinot : quel exemple pour nous aujourd’hui ?

En 1794, un prêtre réfractaire est guillotiné à Angers. Dans ce diocèse en partie ravagé par les guerres de Vendée, le bienheureux Noël Pinot est vénéré en tant que martyr local. Son sacrifice couronne une vie toute donnée au service des autres. Mais en quoi l’exemple de cet homme mort il y a plus de 200 ans peut nous parler aujourd’hui ?

Qui était Noël Pinot ?

Né à Angers en 1747, Noël est le dernier enfant d’une famille nombreuse. À 18 ans, il entre au grand séminaire et est ordonné prêtre cinq ans plus tard, en 1770. Après onze ans comme vicaire de diverses paroisses, il est nommé aumônier des incurables d’Angers. Au chevet des malades, il montre un dévouement exemplaire et tout le monde l’apprécie.

En parallèle de ce service, il poursuit ses études à l’université afin de pouvoir être nommé curé. Une fois diplômé, il est envoyé dans la paroisse du Louroux-Béconnais, à l’ouest d’Angers, en 1788. Il y montre une attention particulière pour les pauvres, parfois jusqu’à se priver de la nourriture et du linge dont il a besoin. « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre » (Lc 21, 3-4). Ce que Jésus a dit de cette veuve dans ce passage de l’Évangile de Luc, il aurait pu le dire de Noël Pinot.

En 1789, la Révolution éclate. Au début, l’abbé Pinot se montre plutôt favorable à ce changement car il promet de sortir les plus démunis de la misère. Mais lorsqu’est promulguée la Constitution civile du clergé, le curé du Louroux s’y oppose. En effet, cette loi oblige l’Église à se soumettre à l’État. Les clercs deviendront des fonctionnaires. Les évêques ne seront plus nommés par le Pape, mais élus par tous les citoyens, qu’ils soient catholiques ou non. En ce sens, les prêtres qui s’opposent à ce texte peuvent être considérés comme des défenseurs de la laïcité. Ils entendent séparer l’Église et l’État. Ces prêtres dits « réfractaires » sont nombreux dans l’Ouest. Ils refusent de prêter serment à la Constitution pour rester fidèles au Pape. En 1791, Noël Pinot explique ce refus dans une homélie et est arrêté.

Après deux ans de prison à Baupréau, dans le sud du Maine-et-Loire, il voit le vent tourner. Les guerres de Vendée éclatent. Des paysans se révoltent contre la République, notamment pour défendre les prêtres réfractaires. Libéré par les rebelles, Noël retourne donc dans sa paroisse, où il devra célébrer dans la clandestinité. En effet, un prêtre fidèle à la Révolution a été nommé à sa place et l’abbé Pinot devra se cacher chez des paroissiens.

Au fil du conflit, les Vendéens enchaînent défaite sur défaite. Noël est en danger, mais il tient à rester auprès de ses ouailles. Les soldats le recherchent mais ses amis prennent des risques pour qu’il puisse rester dans la région.

Finalement, il est dénoncé en février 1794 et arrêté au hameau de La Milandrie. Emmené à Angers, il ne dénonce aucune des personnes qui l’ont aidé. Son juge est un prêtre défroqué. Celui-ci condamne à mort le prisonnier et lui propose de monter à l’échafaud vêtu de ses habits liturgiques. Est-ce par provocation ou pour lui faire honneur ? Nul ne le sait. Quoi qu’il en soit, Noël accepte avec joie. C’est donc en tenue de célébrant qu’il marche vers la guillotine, le vendredi 21 février 1794, vers trois heures de l’après-midi. Il aurait alors prononcé les premiers mots de la messe en rite tridentin : « Introibo at altare Dei »[1]. Son martyre est ainsi associé à celui de Jésus sur la croix.

Le 31 octobre 1926, le Pape Pie XI béatifie Noël Pinot. En tant que bienheureux, il peut recevoir un culte public uniquement au sein du diocèse d’Angers.

Que nous dit aujourd’hui la vie de Noël Pinot ?

Il existe de nombreuses manières d’être saint. Chacun peut l’être à sa façon. Ceux que l’Église a reconnus comme tels ont vécu l’Évangile de manière héroïque et/ou sont morts pour leur foi. Leurs vies sont des témoignages, mais le seul exemple que nous devons imiter reste le Christ.

Quel témoignage nous apporte la vie du bienheureux Noël Pinot ?

Tout d’abord, sa vie de prêtre est déjà un don et un sacrifice. Il n’a pas eu peur de se mettre radicalement au service des pauvres et des malades. À sa suite, n’hésitons pas à nous retrousser les manches, à donner même de notre nécessaire à ceux qui n’ont rien ! Il existe mille et une façons de s’investir. Aller discuter avec les personnes qui font la manche, éventuellement leur donner de l’argent ou de la nourriture si nous sommes à l’aise avec ces manières de procéder. Nous pouvons aussi soutenir des associations sérieuses qui viennent en aide aux plus démunis. C’est notamment le cas du Secours Catholique ou de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Mais donner ne se résume pas à ce qui est matériel. Nous pouvons donner notre temps, nos compétences, notre prière, notre sourire. 😊

Enfin, Noël Pinot a subi le martyre parce qu’il voulait rester fidèle au Christ. Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens sont encore persécutés dans de nombreux pays. Que faisons-nous pour eux ? Plusieurs associations, comme l’Aide à l’Église en Détresse, œuvrent à leurs côtés. Là aussi, nous pouvons donner de notre temps, de notre argent, de nos compétences et/ou tout simplement notre prière pour aider nos frères et sœurs dans la foi ! Eux aussi nous tendraient la main si nous étions à leur place.

À la suite du curé du Louroux, une dizaine de fidèles, clercs et laïcs, sont engagés au sein de l’Oratoire bienheureux Noël Pinot. De sensibilités ecclésiales diverses, ils ont en commun une fibre sociale et une attention aux plus pauvres. Dans leur vie personnelle, professionnelle et/ou associative, ils viennent en aide à différentes personnes en difficulté : Roms, migrants, personnes souffrant d’addictions, SDF, personnes âgées, personnes en situation de handicap… Reconnue à la fois par l’Église et par l’État, cette association marche à la suite du Christ et du bienheureux. Pauvres au milieu des pauvres, ses membres aspirent à annoncer l’Évangile aux personnes qui se trouvent en marge de la société.

Et nous ? Que faisons-nous pour nos frères et sœurs en difficulté ? Prenons-nous le temps de vivre l’Évangile dans une charité radicale ? Écoutons-nous celui qui a dit : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres »[2] ?

Bienheureux Noël Pinot, intercédez pour que nous sachions imiter Jésus !

Jean O’Creisren

Crédits image : Fraternité de l’Oratoire Bienheureux Noël Pinot.


[1] « Je monte à l’autel de Dieu »

[2] Jn 13, 35


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Vous pouvez le relire en espagnol sur ce lien.


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