Nous parlons tous breton sans le savoir

Avez-vous déjà essayé d’apprendre le breton ? Croyez-moi : cette langue celtique est passionnante ! Depuis environ un an, je m’y suis mis avec passion. J’accomplis ainsi un rêve qui me berce depuis l’adolescence…

Pour avoir étudié l’arabe, l’allemand et le polonais, je dirais que la langue bretonne n’est pas extrêmement difficile. Bon, c’est certes plus corsé que l’espagnol ou l’italien. Mais ça reste plus facile que les langues sémitiques ou slaves.

Aujourd’hui, nous fêtons la Saint-Yves. En plus d’être le saint patron des avocats. Yves revêt, avec sainte Anne, une importance particulière en Bretagne (plus d’infos sur ce lien).

Dans cet article, je ne vais pas vous dispenser un cours de breton. Je vous partage juste quelques trouvailles humoristiques sur cet idiome passionnant. Vous verrez à quel point nous parlons tous breton sans le savoir…

  • Amañ signifie « ici ». Ce terme breton se prononce exactement comme le français « amant ». Rien à voir avec amann, qui se prononce légèrement différemment et signifie « beurre ». Vous connaissez sans doute le kouign amann, le meilleur des desserts bretons, dont la saveur n’a d’égal que le taux de matière grasse…

— Chérie, il paraît que tu as un amant. C’est vrai ?

— Evel just[1] !

— Et où est-il, que je lui règle son compte ?

— Ici, dans cette pièce. Juste derrière ta marinière tâchée avec du beurre.

  • Brav [braw] signifie « beau » en breton. Rien à voir avec « brave » en français.

— Dis-donc Maïwenn, il est beau, ce mec, là-bas !

— Oui, c’est vrai. Mais il n’est pas très brave. L’autre jour, il hurlait en courant dans toute la crêperie parce qu’il avait vu un moucheron convoiter son verre de cidre…

  • D’ar est la particule utilisée en breton avant une date. On français, cela se traduirait par « le », comme dans l’expression : « le 21 février 1794 ». Rien à voir avec le dard d’un insecte, ou l’expression « avoir un dard dans le flanc », qui signifie « avoir fumé un joint ».

— À quand remonte la dernière fois que tu t’es mis un dard dans le flanc ?

— C’était le 21 juillet 2000, lors du concert des Cranberries au festival des Vieilles Charrues.

— Oulà, ça fait un bail !

— Eh oui, j’ai fait des bêtises dans ma jeunesse. Mais j’ai compris que le chanvre indien n’apporte rien de bon. Et on peut très bien être un vrai Breton sans boire et sans fumer !

  • Debriñ se prononce plus ou moins comme le mot français « débris ». Mais ce verbe breton se traduit par « manger ».

— Les débris que tu vois sont les restes d’une épave du XVIe siècle. Ça te dirait qu’on essaie de retrouver le reste du bateau pour voir s’il y a un fabuleux trésor ?

— Je m’en fiche complètement si ça ne se mange pas !

  • Echu veut dire « fini » en breton. Cela a sans doute un lien avec « échu » en français.

— Papa, que veut dire « à terme échu » ?

— As-tu fini de poser des questions idiotes, sale morveux ?

— Et toi, as-tu fini de m’insulter au lieu d’avouer tout simplement que tu n’en sais rien ?

  • E-pad : eh non ! Rien à voir avec les EPHAD ! Ce terme breton signifie « pendant ».

— J’étudie le breton pendant mon séjour en Basse-Bretagne. Mais je ne sais pas avec qui le parler.

— Tu peux aller visiter l’EPHAD qui est à côté de chez moi. Il y a plein de personnes âgées qui ne demandent qu’à parler breton, et même à parler tout court. Et elles seront ravies de se sentir utiles pour toi qui reprends le flambeau : grâce à elles, tu aideras à la langue bretonne à traverser les âges ! 😉

  • Evit n’a rien à voir avec le verbe « éviter ». Il s’agit de la traduction de la préposition « pour » en breton.

— S’il te plaît, évite de manger du jambon.

— Pourquoi ? Ma religion me le permet…

— Peut-être, mais je ne mange jamais de porc pour des raisons environnementales. En effet, la Bretagne est polluée par les nitrates occasionnés par cet élevage.

  • Karr-tan : traduit littéralement par « char de feu », ce mot composé est la façon dont le breton exprime le français « voiture ». Évidemment, cette orthographe ne vous dit rien. Mais la prononciation peut laisser croire qu’on dit « carton » avec un fort accent brésilien. Aujourd’hui, on dit tout simplement karr (avec une mutation consonantique devant l’article : ur c’harr).

— J’ai une voiture super écologique. Je l’ai achetée à 15 000 € sur Ar C’horn Mat et je vais l’essayer demain.

— Combien consomme-t-elle ?

— 12 litres aux cents.

— Hein ? Et en quoi c’est écologique ?

— Eh bien, elle est tout en carton : du volant aux pneus en passant par le moteur. Fabrication très peu polluante et 100 % recyclable.

— Mais ton char de feu va brûler dès que tu allumeras le contact. Tu n’as quand même pas mis 15 000 € dans cette m**** ? Montre-moi ton contrat, que je vois s’il y a une clause de rétractation !

— Je n’ai signé aucun contrat. Je gars qui m’a fait la proposition me paraissait honnête. J’ai versé les 15 000 € sur un compte domicilié aux îles Caïman et il m’a envoyé la marchandise. De toute façon, je ne peux plus joindre le vendeur. Je suis retourné sur Ar C’horn Mat pour lui poser une question, mais il avait supprimé son profil…

  • Korn : rien à voir avec les vaches, les rhinocéros, les tricératops et le dragon de l’Apocalypse ! En breton, korn signifie « coin ». Il y a certainement un lien avec l’anglais « corner ».

— Sais-tu ce qui rend fou un paysan breton ?

— Non.

— Tu le mets dans un pré rond et tu lui dis qu’il y a une corne dans un coin !

  • Al-laezh se prononce comme le français « à l’aise ». Pourtant, ça n’a rien à voir. En breton, cela signifie « le lait ».

— Tu as vu le lait qui se trouve sur la table ? Il y a au moins 3 litres. Chiche de le boire cul-sec ?

— À l’aise ! Quand il s’agit de boire, je suis toujours là ! Je ne suis pas breton pour rien !

  • Mignon n’est pas l’équivalent breton de l’anglais cute. Ce terme est la traduction du français « ami », quelle que soit l’apparence et l’attitude de ce dernier.

— Sois mignon et prépare-moi une galette saumon-jambon-chocolat-choux de Bruxelles, s’il te plait !

— Non.

— Et pourquoi donc ? N’es-tu pas mon ami ?

— C’est justement par amitié que je refuse. Ce que tu me demandes de faire est absolument dégueu. J’ai trop d’estime pour toi pour céder à tes pulsions gastro-maso.

  • Mont veut dire « aller » ou « partir » en breton.

— Que fais-tu pendant les vacances, Jakez ?

— Je pars à l’étranger !

— Où ça ? Au Pays de Galles ? En Irlande ? En Écosse ? À l’île de Man ? En…

— En Normandie ! Mais rassure-toi : je n’irai pas plus loin que le Mont Saint-Michel !

  • Na n’est pas une façon gamine de narguer autrui en breton ! En français, on le traduirait par « ni ».

« Tu veux le beurre et l’agent du beurre ? Eh bien tu n’auras ni l’un ni l’autre ! Na ! »

  • Neuze [nözé] signifie « alors » en breton. Phonétiquement, cela fait penser à « nausée ».

— Ac’h[2] ! C’est quoi, cette odeur ?

— Ça vient de mon compost.

— Et que mets-tu dans ton compost ?

— Alors il y a des déchets de sardine et de crabe, du beurre rance, des miettes de kouign-amann, du gras de porc, des épluchures de légume, les étrons de mon chien Ar C’hi avec un peu de mazout d’Erika. Que du naturel ! Qu’en penses-tu ?

— J’en pense que ça me donne une de ces nausées ! Je me sens dans le même état qu’après douze verres de chouchen…

  • N’ouzon ket signifie « je ne sais pas » en breton. Sur le plan phonétique, ça ressemble au français : « nous f’sons une quête »

— Nous faisons une quête pour un groupe militant basé en Afrique qui soutient l’indépendance de la Bretagne.

— Es-tu sûr que mon argent ira bien à la cause séparatiste ?

— Ah, ça, je ne sais pas ! C’est un mec que j’ai rencontré sur Internet qui me l’a dit. Il avait l’air sympa, donc je lui fais confiance…

NB : « N’… ket » est une double négation, comme « ne… pas » en français. Or le français est la seule langue latine à utiliser ce procédé. Est-ce une influence celtique ? Cela viendrait-il du gaulois ?

  • Person signifie « curé » en breton et se prononce comme le français « personne ».

— Qui est cette personne là-bas ?

— C’est le père Le Kozh, le curé de notre paroisse. Ou plutôt le recteur, comme on dit dans le Morbihan.

— Comme son nom l’indique, il a l’air très âgé. La relève est-elle assurée ?

— Non, malheureusement ! C’est pour ça qu’il faut prier pour les vocations…

  • Pet : en breton, il ne s’agit ni de flatulences ni de drogue ! Pet ? est un mot interrogatif qui veut dire « combien ? »

— Combien de pets as-tu fumé avant de taguer un triskell sur la voiture de l’ambassadeur de France ?

— Aucun, pardi ! J’ai arrêté le cannabis depuis le dernier concert de Matmatah. En revanche, le chouchen, c’est une autre histoire…

  • Poatr [‘pot] signifie « gars » ou « garçon » en breton. Eh oui, ça se prononce pareil que « pote » en français. Peut-être même que le mot français est bel et bien d’origine bretonne. Ce serait à vérifier…

— Eh, gars ! Où est le Parlement de Bretagne, s’te plaît ?

— Monsieur, de quel droit m’appelez-vous « gars » et me tutoyez-vous ? Je ne suis pas votre pote, jarnicoton !

  • Ro ne se réfère pas à l’action de roter. En breton, il s’agit de l’impératif « donne » ???
  • Sellet signifie « regarder » en breton. Rien à voir avec « la sellette » en français !

— Regarde-moi ce procès inique ! Argan est sur la sellette juste à cause de ses idées séparatistes ?

— Il a quand même entarté le Président français avec un kouign amann et bombardé Matignon de harengs pourris. J’ai l’impression qu’il est davantage jugé pour ses actes que pour ses idées.

— Il y a quand même pire que ça. Étant donné qu’Argan est la traduction bretonne du prénom « Barthélémy », il aurait pu se sentir appelé à faire un massacre…

  • Stal signifie « magasin » en breton. En français, les stalles sont des pièces de mobilier en bois qui ornent le chœur de certaines églises.

— Tiens, il paraît qu’un nouveau magasin a ouvert. Il s’appelle « Ar stal nevez ». Sais-tu ce qu’ils y vendent ?

— Uniquement des stalles ! C’est un ébéniste qui a monté ça.

— Ça ne doit pas marcher fort ?

— Tu rigoles ? Quand la saison des pardons approche, toutes les églises du coin les appellent pour se faire un coup de neuf !

  • Tomm-tomm : en breton, tomm signifie « chaud » et tomm-tomm veut donc dire « très chaud ». Eh non : rien à voir avec les GPS !

« Gast ! Ce village en centre-Bretagne est complètement paumé ! Ce sera très chaud d’y aller au feeling. Je préfère utiliser mon GPS TomTom. »

  • Yen : eh non, rien à voir avec la monnaie japonaise ! En breton, yen signifie « froid ».

— Si la Bretagne devient indépendante, quelle monnaie adopter ? L’euro ? Le dinar breton ? Une monnaie nationale nommée « l’hermine » ?

— La finance est toujours un débat passionné ! En Bretagne, il fait froid. Cela me rappelle le caractère introverti des Japonais. Pourquoi ne pas adopter le yen ?

Cet article vous a plu ? Pourquoi ne pas vous mettre, vous aussi, au breton ? Pour l’avoir testée, je peux vous assurer que la méthode ASSIMIL est encore très efficace, mais elle est payante. Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à consulter ce lien.

Si vous parlez déjà arabe, hébreu ou araméen, il vous sera facile d’apprendre le breton et toutes les langues celtiques. Plus d’explications sur ce lien (en anglais).

Vous êtes breton ou bretonne et vous trouvez que mon article appuie trop sur certains clichés de mauvais goût ? Pour me faire pardonner, je vous propose une chanson qui met en valeur la beauté de cette langue celtique. 😊 Je vous préviens juste qu’il s’agit d’un chant nationaliste, en faveur de l’indépendance de la Bretagne. Les paroles sont traduites en anglais. Peut-être ne serez-vous pas d’accord avec tout, mais rien ne vous empêche de régaler vos oreilles au son d’« Ar chas doñv ‘yelo da ouez » :

Bon vent en mer celtique !

Kenavo !

Jean O’Creisren


[1] En breton, evel just signifie « bien sûr ».

[2] En breton, ac’h ! signifie « beurk ! » ou « pouah ! ».


Vous aussi, vous aimez jouer avec les mots ?

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Les phrases les plus bizarres de Duolingo

Connaissez-vous Duolingo ? C’est une méthode qui permet d’apprendre une langue en ligne gratuitement.

À partir du français, vous pouvez vous perfectionner en anglais, en espagnol, en allemand et en italien.

Mais vous pouvez aussi apprendre l’arabe, le gaélique, l’espéranto, le gallois et plein d’autres langues. Cependant, il vous faudra passer par l’anglais.

Depuis quelques années, je perfectionne mon arabe grâce à Duolingo. Je peux donc vous assurer que cette application est une bonne méthode pour s’améliorer sur le plan linguistique. Cela est très efficace pour acquérir du vocabulaire. Or le lexique est ce qu’il y a de plus important pour progresser dans une langue.

Mais pour s’améliorer, il faut apprendre en s’amusant ! Or les phrases proposées par Duolingo sont parfois très drôles…

En travaillant mon arabe, voici quelques phrases bizarres que j’ai trouvées :

Phrase en arabeTranslittération / transcriptionTraduction en français
هل كلبك كريم؟  Hal kalbuka karrîm ?Est-ce que ton chien est généreux ?  
هو زوجك وهو غريب جدّاً۰  Huwa zawjuki wa-huwa rarrîb jiddan.C’est ton mari et il est très bizarre.  
ابنك غريب٠  ‘Ibnuka rarrîb.Ton fils est bizarre.  
بوب عنده تنّورة٠  Bob cindahu tannurra.Bob a une jupe.  
غرفة القطّ جميلة٠  Rurrfatu-l-qiṯṯ jamîla.La chambre du chat est belle.  
هل أنا كرسيّ القطّ؟  Hal ‘anâ kursîyy el-qiṯṯ?Suis-je la chaise du chat ?  
قهوة سيث بيضاء لكن طيّبة Qahwa Seth beïḏâ’ lâkin ṯayyiba.Le café de Seth est blanc mais il est bon.  
لا أُحِبُّ السَّفَر إلى بَيتيLâ ‘uhhibbu-s-safarr ‘ilâ beïtî.Je n’aime pas voyager vers ma maison.
قطّتك ملكة يا سامQiṯṯatak malika yâ Sam.Ta chatte est une reine, Sam.
كراج جميلKarrâj jamîl.Un beau garage
تِلفازي في أسَديTilfâzî fî ‘assadî.Mon téléviseur est dans mon lion.
لَيْسَ عِنْدُها كَلْب أزْرَق لٰكِن عِنْدُها كَلْب أبْيَضLaysa cinduhâ kalb ‘azrraq lâkin cinduhâ kalb ‘abyaḏ.Elle n’a pas de chien bleu mais elle a un chien blanc.
أعْمَل في شَرِكة قِطَّتي وَأنا مَشْغولة دائما‘Acmal fî sharrika qiṯṯatî wa-‘anâ mashrûla dâ’iman.Je travaille dans l’entreprise de mon chat et je suis toujours occupée.
كَري لا تُحِبّ النَّوم بَعْد الظُّهْر، ما مُشْكِلَتُها؟Karrrrî lâ tuhhibbu-n-nawm bacd eż-żuhrr, mâ mushkilatuha?Carrie n’aime pas dormir l’après-midi. Quel est son problème ?
مَن لَيْسَ عِندُهُ قَريب غَريب؟Man laysa cinduhu qarrîb rarrîb?Qui n’a personne de bizarre parmi ses proches ?
أُمّي لا تَشْرَبُ مَاء‘Ummî lâ tashrrabu mâ’.Ma mère ne boit pas d’eau.
يُحِبّ النَّوم لٰكِن يُحِبّ دُروسَهُ أيضْاًYuhhibb en-nawm lâkin yuhhibb durrûsahu ‘ayḏan.Il aime dormir, mais il aime aussi ses leçons.
ٲنْتِ صَديقَتي لِٲنَّكِ تُحِبّينَ ٱلٲكْل يا سارۃ‘Anti sadîqatî li’annaki tuhhibbîna-l-‘akl yâ Sâra.Tu es mon amie car tu aimes manger, Sarah.
 .لا، لا يُريد عَصيراً ساخِناًLâ, lâ yurrîd casîrran sâhrinan.Non, il ne veut pas de jus chaud.
لا تُحِبِّينَ الكَباب لٰكِن اليَوْم تُريدينَ كَباباً، صَحيح؟Lâ tuhhibbîna-l-kabâb lâkin al-yawm turrîdîna kabâban, sahhîhh?Tu n’aimes pas les kébabs, mais aujourd’hui, tu veux un kébab. C’est bien ça ?
خالَتي غَريبة لٰكِن لا نَكْرَهُهاhrâlatî rarrîba lâkin lâ nukrrahuhâ.Ma tante maternelle est bizarre, mais nous ne la haïssons pas.
أفَرِّش أسْنان كَلْبي كُلّ صَباح‘Afarrrrish ‘asnân kalbî kull sabahh.Je brosse les dents de mon chien tous les matins.
لِماذا لا تُفَرِّشون أسْنانَكُم؟Limâza lâ tufarrrrishûn ‘asnânkum?Pourquoi ne se brossent-ils pas les dents?
L’application Duolingo propose de nombreuses phrases bizarres.

Si Duolingo vous permet d’apprendre une langue gratuitement, ce n’est pas la méthode parfaite. En effet, certaines personnes me disent que le rythme n’est pas adapté et qu’elles aimeraient avancer plus vite dans leur apprentissage. J’ai moi-même fait cette expérience en apprenant l’arabe. Pendant les deux premiers mois, je trouvais tout trop facile et je m’ennuyais. Néanmoins, le côté intuitif de Duolingo m’a néanmoins permis de dépasser un point de grammaire qui m’avait toujours bloqué dans l’apprentissage de cette langue sémitique. Ayant commencé à utiliser cette application il y a un peu plus de 3 ans, j’ai testé un certain nombre de langues. Je remarque que j’ai seulement persévéré dans 3 d’entre elles : l’arabe, le portugais et l’allemand. Or, il se trouve que ce sont les seules que j’avais étudiées auparavant avec des méthodes plus solides, notamment au niveau de la grammaire. La persévérance est-elle due au fait que je ne partais pas vraiment de zéro ou au fait que j’étais déjà assez motivé d’avance pour apprendre ces langues qui peuvent me servir dans ma profession de traducteur ?

Duolingo vous permet de vous améliorer en langues, mais quel est le revers de la médaille ? Qui est derrière cette application ? Où vont vos données ?

Dans Eco-Translation, Michael Cronin observe qu’en utilisant Duolingo, vous travaillez gratuitement pour la traduction du Web. Il relaye des propose que Luis Von Ahn, fondateur de l’appli, a tenu en 2011 dans cette conférence :

« Von Ahn veut exploiter ce pouvoir informatique collectif à des fins de traduction en encourageant les utilisateurs à apprendre une deuxième langue avec Duolingo. À mesure qu’ils progresseront, les élèves seront d’abord invités à traduire des phrases simples. Puis on leur demandera finalement de traduire des extraits de contenu web disponibles en ligne. L’exploitation de ce pouvoir collectif transnational à travers la haute technologie est la réponse de Von Ahn à sa question initiale : “Comment pouvons-nous faire en sorte que 100 millions de personnes traduisent gratuitement le Web vers chaque langue majeure ?” (Von Ahn 2011) »

Donc, d’après le fondateur et CEO de Duolingo, lorsque vous atteignez un niveau avancé, Duolingo utilise vos données pour détruire l’emploi des traducteurs professionnels.

⚠ Autre point d’alerte : je me demande si Duolingo n’est pas une entreprise d’origine satanique. 😈 En effet, à l’heure où je mets à jour cet article, cela fait près de 2 ans que j’utilise cette application presque au quotidien. Chaque jour où le streak s’allonge, une célébration discrète est prévue autour du nombre atteint. Par exemple, si j’ai joué sur Duolingo pendant 12 jours d’affilée, le chiffre 12 est illuminé avec une flammèche. Quand on atteint une centaine, comme un streak de 300 jours, une célébration bien plus festive est prévue : l’oiseau de Duolingo devient un phœnix doré et les récompenses pleuvent pour le joueur. Il y a peu, j’ai atteint un streak de 666 jours. Quelle ne fut pas ma surprise de voir que le nombre de l’antéchrist était, lui aussi, célébré en grandes pompes ! 😲 Bien que cette appli soit très efficace pour apprendre une langue, peut-être faut-il quand même s’en méfier…

Vous l’avez compris : Duolingo est une méthode intéressante pour apprendre une langue. Parfois, elle vous propose des phrases bizarres, ce qui vous permet de progresser en vous amusant. Mais en tant que professeur de langues et traducteur, j’ai quelques réserves quant à la pleine efficacité et quelques doutes quant à l’éthique de Duolingo. À vous de choisir si vous utilisez cette méthode, et comment vous l’utilisez…

Je ne suis pas le seul à avoir repéré des phrases bizarres sur Duolingo. En effet, la chaîne YouTube Langfocus a publié une vidéo en anglais à ce sujet :

Cet article sur Duolingo vous a plu ? Vous pouvez le relire en anglais sur ce lien.

Jean O’Creisren


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Blagues sur l’alcool

Ah, l’alcool… Sujet à la fois amusant et dramatique… En cette période qui n’est facile pour personne, l’humour peut tous nous faire du bien. Voici donc quelques chistes de borrachos traduits de l’espagnol. 😊

Néanmoins, peut-on rire de tout ? Les boutades que je vous propose portent sur un sujet sensible. J’ai bien conscience que cela n’est pas drôle pour les personnes qui souffrent d’alcoolisme et leur entourage. Aussi ai-je trié ce qui était publiable et ce qui ne l’était pas. Dans ma vie quotidienne, je côtoie un certain nombre de personnes très portées sur la bouteille. Et je sais qu’elles seraient les premières à rire de ces blagues.

Le but n’est pas de faire la promotion de l’abus d’alcool, mais de prendre les choses au second degré. Alors, bon divertissement et à la vôtre !

Jean O’Creisren

Photo de cottonbro sur Pexels.com

Le pouvoir du spiritueux

Il était une fois un type qui était tellement alcoolique, mais tellement alcoolique que tout le monde l’appelait « le génie ». En effet, chaque fois qu’on débouchait une bouteille, il apparaissait.

L’œil de lynx

Un homme en état d’ivresse s’arrête et regarde bouche bée deux types qui passent dans la rue.
— Pourquoi nous regardez-vous comme ça ? Eh oui, nous sommes jumeaux !
— Tous les quatre ???

Quel est votre nom ?

Blessé lors d’une mauvaise chute, un homme en état d’ivresse vient d’être conduit aux urgences. L’infirmière lui nettoie la plaie de la tête avec une éponge imbibée d’eau. Une importante quantité coule sur le corps du patient.
— Comment vous appelez-vous ? 
— Moi ? Comme vous voudrez…
— Allez, dites-moi votre nom !
— Vous le savez certainement. N’êtes-vous pas en train de me baptiser ?

Promesse tenue ?

Un mec bourré envoie un message à sa femme : 
« Mon amour, j’arrive dans une demi-heure. Si je ne suis pas rentré, relis ce message ! »

Pour votre santé, attention à l’abus d’alcool

Un homme en état d’ivresse conduit en zigzag. Une patrouille de police l’arrête donc sur le bas-côté. Sortant de son véhicule, le policier lui dit qu’il va le soumettre à un contrôle d’alcoolémie. Le conducteur gris lui répond :
— Je ne peux pas car je souffre d’asthme sévère. Cela peut provoquer un arrêt cardiaque.
Le policier lui réplique donc :
— Alors nous devrons vous faire une prise de sang.
L’ivrogne lui rétorque :
— Ce ne sera pas possible car je suis hémophile. Si une plaie est ouverte, je peux mourir d’une hémorragie.
Agacé, le policier lui dit :
— Alors vous devrez vous soumettre à une analyse d’urine.
Le soulard lui répond :
— Non, car je suis diabétique. Cela pourrait augmenter mon taux de sucre et me faire mourir.
Le policier est maintenant rouge de colère. Hors de lui, il crie au conducteur :
— Alors sortez du véhicule et marchez en ligne droite ! Nous allons tester votre équilibre !
À nouveau, le conducteur en état d’ivresse lui réplique :
— Ça ne va pas être possible.
— Et pourquoi donc ?
— Eh bien parce que je suis bourré !!!

Source : https://chistesde.net/borrachos/

Blagues traduites de l’espagnol par Jean O’Creisren

L’exorciste

Deux hommes ivres marchent dans la rue. L’un dit à l’autre :
— Je crois que je vais rentrer. Ma femme m’attend pour jouer à l’exorciste.
— À l’exorciste ? Et comment on y joue ?
— Eh bien, pendant qu’elle me prêche son sermon, je vomis.

La question qui tue

Un groupe de personnes saoules passe dans la rue et s’arrête devant un portail. Ils sonnent à la porte d’une maison et une voix leur répond :
— Oui ?
— Excusez-moi, est-ce bien ici qu’habite Juan Antonio Rodríguez ?
— Oui.
— Accepteriez-vous de descendre pour nous dire lequel d’entre nous c’est ?

As-tu trouvé Jésus ?

Un mec bourré voit un groupe de protestants baptistes debout dans une rivière qui pratique le rite du Baptême. Sans y réfléchir à deux fois, il entre dans l’eau en trébuchant, s’approche du prêcheur et reste à côté de lui. Alors celui-ci se retourne, voit le vieil ivrogne et lui demande : 
— Monsieur, êtes-vous prêt à trouver Jésus ?
L’homme en état d’ivresse se retourne vers le prédicateur et lui répond : 
— Oui, je le suis. 
Le pasteur l’immerge alors dans l’eau, le laisse sortir et lui demande : 
— Avez-vous trouvé Jésus ?
— Non, répond l’ivrogne.
Le prêcheur l’immerge à nouveau un peu plus longtemps. Quand il le sort de l’eau, il lui demande : 
— Et maintenant, mon frère, as-tu trouvé Jésus ?
— Non, répond encore l’homme en état d’ivresse. 
Agacé, le pasteur le saisit et lui met la tête sous l’eau pendant presque une minute. Énervé, il lui demande une fois de plus :
— Pour l’amour du Ciel, as-tu enfin trouvé Jésus ? 
Le vieil ivrogne s’essuie les yeux et implore, à demi noyé : 
— Non, putain !!!… Mais… êtes-vous sûr que c’est ici qu’il est tombé ?

Encore un p’tit verre !

Un homme entre dans un bar et demande au serveur :
— Sers-moi cinq verres de whisky !
Le serveur les lui sert et l’homme les boit. Puis il lui dit :
— Maintenant, sers-moi quatre verres de whisky.
Et au bout d’un moment :
— Maintenant, tu me seeers trois veeerres de whisky ?
Plus tard :
— Tuuu me seeers deux auuutres veeerres de whisky ?
Puis il lui dit :
— Maintenant, seeers-moi un veeerre de whisky !
Et il fait remarquer au serveur :
— T’as vu… que… ? Moins je bois, pluuus je suis bourré !

Prière d’un ivrogne

Deux hommes ivres se couchent dans un lit superposé. Celui qui est en haut commence à prier avant de dormir :
— Avec Dieu je me couche, avec Dieu je me lève, en présence de la Vierge Marie et de l’Esprit Saint. Sur ce, il tombe du lit et l’homme ivre qui est allongé en bas lui dit :
— T’as vu ? Voilà ce qui se passe quand tu dors avec autant de monde !

Dialogue de soûlards

Un type complètement rond rentre chez lui à 3h du matin. Il tourne lentement la clef dans la serrure, sans faire de bruit, pour ne pas réveiller sa femme. Mais cette dernière l’attend, assise dans un fauteuil du salon. Quand il ouvre la porte, elle allume la lumière. Remarquant qu’il a été découvert, l’ivrogne lui dit :
Ivrogne : Quoi… ?
Épouse : Quoi… quoi ?
Ivrogne : Quoi… quoi, ou quoi ?
Épouse : Quoi… quoi, ou quoi de quoi ?
Ivrogne : Quoi… quoi, ou quoi de quoi, ou quoi ?
Épouse : Quoi… quoi, ou quoi de quoi, ou quoi, pourquoi ?
Ivrogne : Quoi… quoi, ou quoi de quoi, ou quoi, pourquoi, mais c’est que ?
Épouse : C’est que… Où étais-tu ?!?
Ivrogne : Ne… ne… ne change pas de conversation !

Rentre avant minuit

Un jeune marié va boire un coup avec ses amis. Il promet à sa femme qu’il sera de retour avant minuit. Mais, comme d’habitude, la fête se prolonge, le type se prend une cuite monumentale et rentre chez lui à trois heures du matin.

Juste au moment où il passe la porte, la pendule sonne trois coups. Craignant que son épouse ne se réveille, le jeune marié imite la sonnerie. « Dang », « dang »… dit-il à neuf reprises pour qu’elle croie qu’il est minuit.

« Cool ! Je m’en suis bien sorti. Je suis sûr qu’elle ne s’est rendu compte de rien », se dit-il juste avant de se coucher.

Le lendemain matin, sa femme lui demande à quelle heure il est rentré. Il lui répond :
— À minuit, ma chérie.
— D’accord. Dis, Pepe, je crois qu’on va devoir acheter une nouvelle pendule.
— Comment ça, une nouvelle pendule ?
— Si, si, je t’assure : celle-ci doit être cassée. Tu ne penses pas ?
— Mais tu vois bien qu’elle indique parfaitement l’heure qu’il est !
— Et avec quelle perfection ! Cette nuit, elle a sonné 3 fois, elle a fait une pause, elle sonné 4 autres coups, elle s’est raclé la gorge pour s’éclaircir la voix, elle a sonné 3 fois de plus, elle a pété, elle a sonné les 2 derniers coups et elle a éclaté de rire.

Bon voyage !

Trois hommes en état d’ivresse arrivent à la gare. « TAM TAM TA-AM ! Voie 4, le train AVE numéro 1234 à destination de Séville va partir… » Le trio se met à courir. Le chef de gare en aide un à monter, puis en aide un autre. Quand arrive le tour du troisième, le train a déjà pris de la vitesse et il ne peut pas l’y faire entrer.
— Je suis désolé, mais c’est trop tard !
— Eh bien eux, ils vont être encore plus désolés… Ils étaient juste venus m’accompagner jusqu’au quai pour me souhaiter un bon voyage !

L’alcool et la conduite

Il était une fois un homme ivre qui monta dans un bus où se tenait beaucoup de monde. S’arrêtant dans l’allée, il annonça :
— Ceux qui sont à droite sont des couillons ! Ceux qui sont à gauche sont des idiots ! Ceux de derrière sont des imbéciles ! Ceux de devant sont des cons !
En entendant cela, le conducteur freina brutalement sous l’effet de la surprise. Tout le monde tomba par terre, y compris l’ivrogne. Très énervé, le chauffeur prit ce dernier par le col et lui demanda :
— Allez, vas-y, maintenant ! Essaie donc de me dire qui sont les couillons, les idiots, les imbéciles et les cons !
Et le soûlard répondit :
— Je ne sais pas ; ils sont tous mélangés !

Le sens du commerce

Un paysan arrive dans un bar avec une radio sous le bras. Il vient la mettre en vente. Près de là, plusieurs hommes sont attablés. Le voyant si humble, ils se mettent d’accord pour lui prendre la radio sans payer un centime. L’un d’entre eux dit aux autres :
— Je vous assure qu’après quelques bières, ce péquenot finira par baisser le prix de sa radio à presque rien.
Les hommes attablés invitent donc le paysan à s’assoir avec eux. Ils lui demandent :
— Combien nous vends-tu ta radio ?
— 30 euros, répond-il naïvement.
— OK. On se prend quelques bières et on en discute après.
Au bout d’un moment, chacun a déjà bu plusieurs demis. L’initiateur de l’arnaque interroge à nouveau sa victime :
— Alors, combien la vends-tu ?
— Bien, donne-moi 10 euros, répond le paysan.
— Ça me semble plus raisonnable. Allez, on t’offre quelques bières de plus !
Après un long moment, il demande à nouveau au paysan :
— Et maintenant, combien tu me la vends ?
— Donne-moi 5 euros pour que je puisse rentrer à la maison.
Espérant pouvoir récupérer la radio gratuitement, l’homme décide de payer une nouvelle tournée. Puis au bout d’un autre long moment, il insiste :
— Et maintenant, paysan, combien me la vends-tu ?
Ce à quoi le paysan répond :
— Je vais te dire la vérité : je voulais vendre ma radio pour pouvoir boire de la bière. Mais comme je suis déjà bourré, j’ai décidé de ne plus la mettre en vente et de rentrer chez moi.

Hypersensibilité

Les personnes en état d’ivresse sont les êtres les plus sensibles au monde… En effet, elles sont les seules capables de ressentir le mouvement de la Terre qui tourne.

Tournée dangereuse

Un mec bourré entre dans un bar. En arrivant, il dit au serveur :
— Donnez-moi une bouteille, prenez-en une pour vous et donnez-en une à tous ceux qui sont ici.
Le serveur les distribue. Quand elles sont terminées, il présente l’addition à l’ivrogne, qui répond :
— Zut ! Je n’ai pas d’argent sur moi, aujourd’hui.
Le serveur le sort donc violemment.
Le lendemain, le mec bourré retourne au bar et dit :
— Donnez-moi une bouteille, prenez-en une pour vous et donnez-en une à tous ceux qui sont ici.
Le serveur les distribue. Quand elles sont terminées, il présente l’addition à l’ivrogne, qui répond :
— J’ai oublié d’apporter l’argent. 
Le serveur le sort donc une fois de plus à coups de pieds.
Le troisième jour, l’ivrogne revient et commande :
— Donnez-moi une bouteille et donnez-en une à tous ceux qui sont ici.
Le serveur lui demande :
— Et pourquoi n’y en a-t-il pas une pour moi, cette fois-ci ?
— Parce que, quand vous buvez, vous devenez violent.

Devinette

Quelle est la différence entre un arbre et un ivrogne ?
L’arbre commence au sol et finit à la coupe alors que l’ivrogne commence avec une coupe et finit au sol.

Querelle entre deux poivrots

Deux hommes bien enivrés se disputent devant une maison.
L’un dit : « C’est moi qui habite ici ! »
L’autre réplique : « Non, c’est moi qui habite ici ! » 
Avec un tel tapage, la lumière s’allume et une femme se penche à la fenêtre. Les fusillant du regard, elle leur dit : 
« C’est bien beau, le père et le fils qui passent une bonne soirée ensemble ! »

Mauvaise idée

Un homme entre dans un bar, s’assoit et commande :
— Un double whisky !!! Même si, avec ce que j’ai… je ne devrais pas commander ça.
— Et qu’avez-vous donc ?
— Vingt centimes.

Source : https://chistesoriginales.com/chistes-borrachos

Blagues traduites de l’espagnol par Jean O’Creisren


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¿Quién era el beato Natal Pinot?

En 1794, a finales de la Revolución Francesa, guillotinan a un sacerdote refractario en la ciudad de Angers. En esa diócesis parcialmente devastada por las guerras de Vandea, al beato Natal Pinot lo veneran como mártir local. Su sacrificio corona una vida totalmente entregada al servicio de los demás. Pero ¿en qué el ejemplo de aquel hombre muerto hace más de 200 años puede servirnos hoy en día?

¿Quién era Natal Pinot?

Nacido en Angers en 1747, Natal es el pequeño de una familia numerosa. A los 18 años, ingresa al seminario mayor y es ordenado sacerdote cinco años después, en 1770. Después de once años como vicario en distintas parroquias, es nombrado capellán para los pacientes incurables del hospital de Angers. Al velar a los enfermos, muestra una devoción ejemplar y todo el mundo lo quiere.

En paralelo con este servicio, prosigue sus estudios en la universidad para que puedan nombrarlo párroco. Una vez conseguido el diploma, es enviado al Louroux-Béconnais, al oeste de Angers, en 1788. Allí presta una atención especial a los pobres. A veces hasta se priva de la comida y de la ropa que necesita. «Les aseguro que esta pobre viuda ha dado más que nadie. Porque todos los demás dieron como ofrenda algo de lo que les sobraba, pero ella, de su indigencia, dio todo lo que tenía para vivir» (Lc 21, 3-4). Lo que Jesús dijo de esa viuda en este fragmento del Evangelio según san Lucas, habría podido decirlo de Natal Pinot.

En 1789 estalla la Revolución Francesa. Al principio, el padre Pinot tiene una opinión más bien positiva respecto a ese cambio. En efecto, éste promete salir de la miseria a los más desfavorecidos. Sin embargo, cuando promulgan la Constitución civil del clero, el párroco del Louroux se opone. En efecto, esta ley obliga a la Iglesia a que se someta al Estado. Los clérigos pasarán a ser funcionarios. A los obispos ya no los nombrará el Papa, sino que los elegirán todos los ciudadanos, sean éstos católicos o no. En este sentido, se puede considerar a los sacerdotes que se oponen a ese texto como defensores de la laicidad. Quieren separar la Iglesia y el Estado. Esos sacerdotes llamados «refractarios» son numerosos en el oeste de Francia. Se niegan a prestar juramento ante la Constitución para permanecer fieles al Papa. En 1791, Natal Pinot explica ese rechazo en una homilía. Entonces los soldados lo detienen.

Después de dos años de cárcel en Baupréau, en el sur del departamento francés de Maine y Loira, ve cambiar las tornas. Estallan las guerras de Vandea. Unos campesinos se sublevan contra la República, en particular para defender a los sacerdotes refractarios. Librado por los rebeldes, Natal regresa a su parroquia, en donde deberá celebrar la misa clandestinamente. En efecto, un sacerdote fiel a la Revolución ha sido nombrado en su lugar y el padre Pinot tendrá que esconderse en casas de parroquianos.

A lo largo del conflicto, el ejército católico y real de Vandea va sufriendo derrotas. Natal está en peligro, pero quiere quedarse con sus feligreses. Los soldados lo buscan, mas sus amigos corren riesgos para que él pueda seguir viviendo en la comarca.

Finalmente, alguien lo delata en febrero de 1794 y lo detienen en la aldea de La Milandrie. Llevado a Angers, no denuncia a ninguna de las personas que lo ayudaron. Su juez es un sacerdote que ha colgado los hábitos. Éste condena a muerte al prisionero, y le propone que suba al patíbulo llevando sus vestidos litúrgicos. ¿Es para provocarlo o para honrarlo? Nadie sabe. Sea lo que sea, Natal acepta alegremente. Entonces es vestido para celebrar la Eucaristía como avanza hacia la guillotina, el viernes, 21 de febrero de 1794, sobre las tres de la tarde. Dicen que en aquel momento pronunció las primeras palabras de la misa tridentina: «Introibo at altare Dei»[1]. Así que su martirio queda asociado con el sacrifico de Cristo en la cruz.

El 31 de octubre de 1926, el Papa Pío XI beatifica a Natal Pinot. Como beato, se le puede rendir culto público únicamente en la diócesis de Angers.


¿Qué nos enseña hoy la vida de Natal Pinot?

Existen muchas formas de ser santo. Cada uno puede serlo en su manera propia. Los cuya santidad reconoció la Iglesia vivieron el Evangelio de forma heroica y/o murieron por su fe. Sus vidas son testimonios, pero el único ejemplo que hemos de imitar es Cristo.

¿Qué testimonio nos aporta la vida del beato Natal Pinot?

Primero, su sacerdocio ya es un don y un sacrificio. No tuvo miedo de ponerse radicalmente al servicio de los pobres y de los enfermos. En el seguimiento de Natal Pinot, ¡no dudemos en arremangarnos, e incluso a dar desde nuestra pobreza a los que no tienen nada! Existen muchísimas formas de implicarse: tomarse el tiempo para hablar con las personas que mendigan, darles dinero o darles de comer si nos conviene este modo de obrar… También podemos apoyar asociaciones serias que ayudan a los más desfavorecidos. Por ejemplo, podemos donar a Cáritas o a la Sociedad de San Vicente de Paúl. Mas, lo que podemos dar no es solo lo material. Podemos dar nuestro tiempo, nuestras competencias, nuestra oración o nuestra sonrisa. 

Por fin, Natal Pinot sufrió el martirio porque quiso permanecer fiel a Cristo. Hoy en día, muchos cristianos siguen siendo perseguidos en numerosos países. ¿Qué hacemos para ellos? Varias asociaciones, como la Ayuda a la Iglesia Necesitada, les proporcionan apoyo. Ahí también, ¡podemos dar nuestro tiempo, nuestro dinero, nuestras competencias y/o simplemente nuestra oración para ayudar a nuestros hermanos y hermanas en la fe! Ellos también nos echarían una mano si estuviéramos en su lugar.

En el seguimiento del párroco del Louroux-Béconnais, una decena de fieles, clérigos y laicos, están comprometidos en el seno del Oratorio del beato Natal Pinot. De diversas sensibilidades eclesiales, tienen en común un sentido social y una atención a los más pobres. En su vida personal, profesional y/o asociativa, ayudan a distintas personas en dificultades: romaníes, inmigrantes, personas que sufren de distintas adicciones, sin techo, personas mayores, personas discapacitadas… Reconocida a la vez por la diócesis de Angers y por el Estado francés (como asociación declarada ante la prefectura), esta cofradía trata de seguir a Cristo y al beato. Como pobres entre los pobres, los miembros procuran anunciar el Evangelio a las personas que se encuentran al margen de la sociedad.

¿Y nosotros? ¿Qué hacemos por nuestros hermanos y nuestras hermanas en dificultades? ¿Nos tomamos tiempo para vivir el Evangelio con una caridad radical? ¿Escuchamos a Aquél que dijo: «En esto todos reconocerán que ustedes son mis discípulos: en el amor que se tengan los unos a los otros»?[2]

Beato Natal Pinot, ¡intercede para que sepamos imitar a Jesús!

Jean O’Creisren


Oración para pedir la canonización del beato Natal Pinot

Presbítero y mártir (1747-1794‍)

Oh Dios nuestro Padre, te damos gracias por el ejemplo que nos diste mediante la vida del beato Natal Pinot. Le concediste la gracia de luchar en la buena batalla de la unidad de la Iglesia, así como el celo de cuidar a los pobres y de anunciar con amor el Evangelio. Por amor no dudó en prodigar la caridad a los más pequeños que padecían necesidad. Por amor no dudó en abandonarse a ti al ofrecerte su vida en el cadalso. Hasta el último momento cantó tus alabanzas, dejándonos el sumo testimonio del amor. Te rogamos para que, mediante su canonización, la Iglesia reconozca la santidad de su vida. Que su ejemplo nos permita comprender más cómo sacerdotes y laicos están, juntos, al servicio de tu Evangelio según su vocación propia. Que deseemos profundamente la unidad de la Iglesia y que nuestro amor a los pobres sea inagotable. Por su intercesión, concédenos, según tu voluntad, las gracias que te pedimos… Permite por fin que, por la intercesión del beato Natal Pinot, seamos heraldos del Evangelio y prosigamos en el mundo, la obra de Jesucristo, tu Hijo, nuestro Señor, que vive y reina contigo en la unidad del Espíritu Santo, y es Dios por los siglos de los siglos. Amén‍‍

Imprimátur: Mons. Emmanuel Delmas, obispo de Angers (18 de abril de 2022)

Si usted consigue gracias por la intercesión del beato, le rogamos se comunique con nosotros a la dirección siguiente: «Oratoire Bx Noël Pinot – Centre Saint Jean – 36 rue Barra – 49000 ANGERS – FRANCIA» o envíe un correo electrónico a: oratoirebxnoelpinot@gmail.com


Créditos de imagen: Oratorio del beato Natal Pinot.


[1] «Subo al altar de Dios».

[2] Jn 13, 35


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« Rosa » de Pixinguinha et Otávio de Souza (paroles en français)

Vous aussi, vous êtes fan de Pixinguinha et d’Otávio de Souza ? Voici ma traduction en français des paroles de « Rosa ».

AVERTISSEMENT : « Rosa » est une chanson d’amour brésilienne qui s’appuie sur des images religieuses. Comme vous pourrez le lire, il s’agit de sentiments passionnels non réciproques. La vision torturée de l’amour véhiculée par cette chanson n’est pas représentative du point de vue de l’Église catholique sur les questions affectives. Elle ne correspond pas non plus au point de vue de Jean O’Creisren, à qui la traduction de « Rosa » a été confiée. Cette traduction s’adresse donc aux personnes curieuses de savoir ce que signifie cette chanson en français. Elle ne souhaite en aucun cas diffuser les idées exprimées dans les paroles de ce morceau interprété par Marisa Monte. Si vous souhaitez en savoir plus sur ce que disent l’Église et le blogueur de ce mystère insondable qu’est l’amour, vous pouvez lire cet article.

Rose

Tu es divine et gracieuse,
Statue majestueuse
D’amour sculptée par Dieu
Et formée avec l’ardeur
De l’âme de la plus belle des fleurs
Dont l’odeur entraîne aux cieux.
Dans la vie, elle est ma préférée
Par le beija-flor.
Si seulement, avec moi, Dieu était si clément,
Ici, dans cet environnement
De lumière formée sur une toile
Éblouissante et belle :
Ton cœur, près du mien transpercé,
Cloué et crucifié
Sur la croix rose
De ta poitrine essoufflée.

Tu es la forme idéale,
Statue magistrale,
Ô âme éternelle
De mon premier amour, sublime amour.
Tu es, de Dieu, la fleur souveraine.
Tu es, de Dieu, la création
Qui, dans tout son cœur, ensevelis un amour,
Le rire, la foi, la douleur,
Dans des santals parfumés
Qui exhalent une intense saveur ;
Dans des voix aussi torturées
Qu’un rêve en fleur.
C’est l’étoile lactée ;
C’est la mère de la royauté ;
C’est enfin tout ce qu’il y a de beau
Dans toute la splendeur
De la sainte nature.

Pardon si j’ose te confesser
Que je t’aimerai toujours.
Oh fleur, ma poitrine ne résiste pas !
Oh, mon Dieu ! Comme c’est triste,
L’incertitude d’un amour
Qui me fait davantage peiner en espérant
Te conduire un jour au pied de l’autel,
Pour promettre aux pieds du Tout-Puissant
En prières émouvantes
De douleur et recevoir
L’onction de ta gratitude.
Après avoir racheté mes désirs
Dans des nuages de baisers
Je devrai t’envelopper jusqu’à souffrir
De complètement faner.

D’après la chanson « Rosa » de Pixinguinha et Otávio de Souza

Traduction du portugais vers le français par Jean O’Creisren


NB : dans la première strophe de « Rosa » apparaît le mot portugais beija-flor. La traduction littérale en français serait « embrasseur de fleurs ». En fait, il s’agit d’une espèce de colibri. En traduisant les paroles, j’ai donc choisi de laisser l’expression originale, qui n’a sans doute pas d’équivalent dans la langue de Molière.


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Le pouvoir de l’amour

Comme toute bonne mère, quand Diana sut qu’elle attendait un bébé, elle fit tout ce qu’elle pouvait pour aider Luisito, son fils de trois ans, à se préparer à cette nouvelle étape dans sa vie.

Ils savaient que le nouvel enfant serait une fille. Jour et nuit, Luisito chantait et chantait encore pour sa petite sœur qui était dans le ventre de sa mère. Il s’attendrissait à son sujet avant même de la connaître… Il voulait déjà jouer avec elle et la protéger.

La grossesse de Diana se déroula normalement, et au bout des neuf mois, l’accouchement s’annonça. Bientôt, les contractions se produisaient toutes les cinq minutes, puis toutes les trois minutes… Et finalement toutes les minutes… Diana dut passer plusieurs heures en salle d’accouchement quand, soudain, une complication se présenta.

Les médecins dirent qu’il fallait faire une césarienne… Après de longues heures de combat, la petite sœur de Luisito vint au monde, mais dans de très mauvaises conditions. On l’emmena immédiatement dans une ambulance au service de réanimation néo-natale de l’hôpital de la ville. Les jours passèrent et l’état de santé de l’enfant empira. Les pédiatres durent finalement annoncer aux parents cette terrible nouvelle : « Il y a très peu d’espoir, attendez-vous au pire. » Diana et son mari contactèrent alors le cimetière local afin de réserver un emplacement pour leur petite fille.

Ils avaient aménagé une nouvelle chambre pour leur bébé et ils étaient maintenant en train de faire les préparatifs pour des funérailles. Toutefois, Luisito suppliait ses parents de le laisser voir sa petite sœur, en leur répétant :

« Je veux chanter pour elle comme quand elle était dans le ventre de maman… »

Cela faisait deux semaines qu’elle était en thérapie intensive et il semblait que l’enterrement viendrait avant la fin de la semaine entamée. Luisito continuait à dire avec insistance qu’il voulait chanter pour sa petite sœur, mais ses parents lui expliquaient que les enfants n’étaient pas autorisés à entrer dans le service des soins intensifs. Cependant, Luisito ne pouvait pas comprendre et insista jusqu’à ce que sa maman se décide…

Diana emmènerait Luisito voir sa petite sœur, qu’on le lui permette ou non ! S’il ne la voyait pas à ce moment-là, peut-être ne la verrait-il jamais vivante. Elle le vêtit d’une énorme barboteuse et l’emmena aux soins intensifs. Luisito était caché dans un immense panier de linge sale. Mais l’infirmière en chef s’en aperçut et devint rouge de colère…

« Sortez-le d’ici tout de suite ! Les enfants ne sont pas admis dans ce service ! »

Le fort caractère de Diana se révéla. Oubliant ses bonnes manières de dame bien éduquée qui l’avaient toujours caractérisée, elle fusilla l’infirmière du regard, ses lèvres ne formant qu’une seule ligne. Puis elle lui dit fermement :

« Il ne s’en va pas avant d’avoir vu sa petite sœur et d’avoir chanté pour elle ! »

Ensuite, elle prit Luisito et le conduisit jusqu’au lit du bébé. Il regarda ce tout petit être qui perdait déjà la bataille pour garder la vie… Au bout d’un moment, il commença à chanter, avec la voix qui sort du cœur d’un enfant de trois ans :

« Tu es mon soleil, ma seule lumière,

 Tu me rends heureux quand le ciel n’est pas bleu… »

Tout de suite, le bébé parut répondre à la voix stimulante de Luisito. Son pouls commença à redevenir normal.

« Continue, mon fils ! », lui demandait désespérément sa mère, les larmes aux yeux.

Et l’enfant continua sa chanson :

« Tu ne sais pas, ma petite sœur, combien tu remplis mon cœur.

Aujourd’hui, je voudrais que tu viennes, s’il te plaît… »

Tandis que Luisito chantait pour la fillette, celle-ci remuait et sa respiration était maintenant aussi douce que celle d’un chaton que l’on caresse.

« Continue, mon chéri ! », lui disait sa maman.

Et il continuait, comme lorsque sa petite sœur était encore dans le ventre de sa mère.

« L’autre nuit, petite sœur, quand je dormais, j’ai rêvé que je t’embrassais… »

Tandis que le garçon continuait à chanter, le bébé commençait à se relâcher et à entrer dans un sommeil réparateur, qui semblait le rétablir à vue d’œil.

« Continue, Luisito ! »

C’était maintenant la voix de l’infirmière grognon qui, les larmes aux yeux et la gorge nouée, n’arrêtait pas de demander à l’enfant de poursuivre sa chanson.

« Tu es ma lumière, ma seule amie ; comme je t’aime !

S’il te plaît, je voudrais que tu viennes… »  

Et le lendemain… la petite fille était presque en assez bonne santé pour rentrer à la maison. Les journaux et les informations ne se lassèrent pas de relater « le miracle de la chanson d’un frère ».

Les médecins appelèrent tout simplement cela « un miracle ». Diana l’appela « le miracle de l’amour et de la miséricorde de Dieu ».

Voici une belle histoire, celle du pouvoir de l’amour, en toutes circonstances. Ne te décourage pas et bats-toi pour ceux que tu aimes : l’amour est incroyablement puissant ! (…)

D’après une chaîne de prière en espagnol reçue par courriel. Source inconnue.

Titre original : « El poder del amor ».

Traduction : Jean O’Creisren


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Un beau matin, une femme bien habillée s’arrêta devant un homme délaissé, qui leva les yeux lentement… et regarda franchement cette femme qui paraissait habituée aux bonnes choses. Son manteau était neuf. Il semblait qu’elle n’avait jamais manqué un repas de toute sa vie. La première pensée de cet homme fut : « Elle veut seulement se moquer de moi ». Tant d’autres l’avaient fait…

– S’il vous plaît, laissez-moi tranquille ! grogna l’indigent.

À sa surprise, la femme resta face à lui. Elle souriait, ses dents blanches renvoyaient des éclats éblouissants.

– As-tu faim ? lui demanda-t-elle.

– Non, répondit-il sarcastiquement, je reviens tout juste d’un dîner avec le Président de la République… Maintenant, va-t’en !

Le sourire de la femme se fit plus grand encore. Soudain, l’homme sentit une main douce sous son bras.

– Que faites-vous, madame ? demanda l’homme, irrité. Je vous dis de me laisser tranquille !!! 

Juste à ce moment-là, un policier s’approcha.

– Il y a un problème, madame ? demanda l’agent.

– Il n’y a aucun problème, officier, répondit la femme. Je suis juste en train de l’aider à se lever. Voulez-vous me donner un coup de main ?

L’officier se gratta la tête.

– Bien sûr ! Ces dernières années, le Vieux Juan n’a pas arrêté de nous gêner par ici. Que lui voulez-vous ? demanda-t-il.

– Vous voyez la cafétéria, là-bas ? demanda-t-elle. Je vais lui donner quelque chose à manger et le sortir du froid un petit instant.

– Êtes-vous folle, madame ? résista le pauvre laissé-pour-compte. Je ne veux pas y aller !

Il sentit alors deux mains fortes qui le saisirent par les bras et le soulevèrent.

– Laissez-moi partir, officier ! Je n’ai rien fait…

– Allons, mon vieux, c’est une bonne opportunité pour toi ! lui susurra le policier à l’oreille.

Finalement, et non sans difficulté, la femme et l’agent de police emmenèrent le Vieux Juan à la cafétéria et l’assirent à une table dans un coin de la salle. Il était presque midi, la plupart des gens avait déjà pris leur encas du matin et le groupe du déjeuner n’était pas encore arrivé.

Le gérant s’approcha et leur demanda :

– Qu’est ce qui se passe, officier ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Cet homme a un problème ?

– Cette dame l’a amené ici pour qu’il mange quelque chose, répondit le policier.

– Oh, non ! Pas ici ! répondit le gérant en colère. Avoir quelqu’un comme ça ici, c’est mauvais pour mon commerce !!!

Le Vieux Juan esquissa un sourire presque édenté.

– Madame, je vous l’avais dit. Maintenant, allez-vous enfin me laisser partir ? Moi, je ne voulais pas venir ici depuis le début…

La femme s’adressa au gérant de la cafétéria et sourit.

– Monsieur, connaissez-vous Hernández y Asociados, la banque qui est à deux rues d’ici ?

– Bien sûr que je les connais, répondit-il avec impatience, leurs réunions hebdomadaires ont lieu dans l’une de mes salles de banquets. 

– Et vous gagnez beaucoup d’argent en les nourrissant lors de ces réunions hebdomadaires ? 

– Et en quoi ça vous regarde ?

– Moi, monsieur, je suis Penélope Hernández, présidente et propriétaire de cette société.

– Oh, pardon !!! s’écria le gérant.

La femme sourit à nouveau.

– Je pensais bien que ça pouvait faire la différence et changer votre attitude.

Elle s’adressa au policier, qui essayait tant bien que mal de réprimer un éclat de rire :

– Voulez-vous prendre une tasse de café avec nous, ou peut-être un repas, monsieur l’agent ?

– Non, merci, madame, répliqua l’officier. Je suis de service.

– Alors peut-être une tasse de café à emporter ?

– Oui, madame. Ce serait mieux.

Le gérant de la cafétéria tourna sur ses talons, comme s’il eût reçu un ordre.

– Je vous apporte un café immédiatement, monsieur l’agent !

L’officier le vit s’éloigner et livra sa pensée.

– Vous l’avez bien remis à sa place, dit-il.

– Ce n’était pas mon intention, répondit la dame. Que vous le croyiez ou non, j’ai une bonne raison de faire tout cela.

Elle s’assit à table, face à son invité. Elle le regarda fixement.

– Juan, te souviens-tu de moi ?

Le Vieux Juan regarda le visage de son hôte de ses yeux chassieux.

– Je crois que oui. Enfin, vous me dites quelque chose…

– Regarde, Juan, peut-être suis-je un peu plus grande, mais regarde-moi bien, dit la dame. Peut-être me vois-tu plus enrobée maintenant, mais quand tu travaillais ici, il y a de nombreuses années, j’y suis venue une fois, par cette même porte, morte de faim et de froid. 

Quelques larmes coulèrent sur ses joues.

– Madame ? interrogea l’agent. Il ne pouvait pas croire ce à quoi il assistait, ni même penser que cette femme eût pu connaître la faim.

– Je venais d’être diplômée de l’université de ma région, commenta-t-elle. J’étais arrivée dans cette ville à la recherche d’un emploi, mais je ne trouvais rien.

La voix brisée, elle poursuivit :

– Mais quand il ne me restait plus que mes derniers centimes et qu’on m’avait expulsée de mon appartement, je déambulais dans les rues. C’était en février, il faisait froid et j’étais presque morte de faim. Alors j’ai vu cet endroit et je suis entrée avec l’infime espoir de pouvoir obtenir quelque chose à manger.

Les yeux baignés de larmes, la femme continua à parler :

– Juan m’a reçue avec un sourire.

– Maintenant, je me souviens, dit Juan. J’étais de service, derrière le comptoir. Vous vous êtes approchée et vous m’avez demandé si vous pouviez travailler en échange de quelque chose à manger.

– Tu m’as dit que ce n’était pas conforme à la politique de la maison, continua la femme. Alors, tu m’as fait le sandwich à la viande, le plus gros que j’avais jamais vu… Tu m’as donné une tasse de café et je suis allée dans un coin pour profiter de ma nourriture. J’avais peur que tu t’attires des ennuis. Ensuite, quand je t’ai vu payer de ta poche le prix du repas dans la caisse, alors j’ai su que tout allait bien se passer.

– Alors, vous avez monté votre propre entreprise ? demanda le Vieux Juan.

– Oui, j’ai trouvé du travail le jour même. J’ai travaillé très dur, et j’ai gravi les échelons avec l’aide de Dieu, mon Père. Plus tard, j’ai monté ma propre entreprise, qui a prospéré, avec l’aide de Dieu.

Elle ouvrit son sac à main et sortit une carte de visite.

– Quand tu auras terminé, je veux que tu ailles faire une visite à monsieur Martínez. C’est le DRH de mon entreprise. J’irai lui parler et je suis sûre qu’il te trouvera quelque chose à faire au bureau.

Elle sourit.

– Je crois même que je pourrais t’avancer de l’argent, suffisamment pour que tu puisses t’acheter un peu de vêtements et trouver un endroit où vivre jusqu’à ce que tu retrouves une vie stable. Si une fois ou l’autre, tu as besoin de quelque chose, ma porte est toujours ouverte pour toi, Juan. 

Il y eut des larmes dans les yeux du vieillard.

– Comment puis-je vous remercier ? demanda-t-il.

– Ne me remercie pas, répondit la femme. Rends gloire à Dieu. C’est Lui qui m’a amenée jusqu’à toi.

Hors de la cafétéria, l’agent et la femme s’arrêtèrent et, avant de s’en aller chacun de son côté, ils échangèrent :

– Merci pour toute votre aide, officier, dit madame Hernández.

– Au contraire, répondit l’agent, merci à vous ! Aujourd’hui, j’ai vu un miracle, quelque chose que je n’oublierai jamais. Et… et merci pour le café !

Que Dieu te bénisse toujours ! Et n’oublies pas que, quand tu lances ton pain sur l’eau, tu ne sais jamais quand tu le retrouveras… Dieu est si grand qu’Il peut abriter tout le monde de Son amour. Et en même temps, Il est assez petit pour entrer dans ton cœur.

Quand Dieu t’emmène au bord de la falaise, aie pleinement confiance en Lui et laisse-toi porter ! Seulement l’une de ces deux choses se passera : soit Il te soutiendra dans ta chute, soit Il t’apprendra à voler !

(…)

D’après une chaîne de prière en espagnol reçue par courriel. Source inconnue. Titre original : Uno cosecha lo que siembra.

Traduction : Jean O’Creisren.

Image par J Garget de Pixabay


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Entre autres, je vous conseille de réemployer le vocabulaire que vous apprenez. Cela vous permettra de le retenir durablement. Concrètement, il s’agit d’écrire des textes ou des phrases avec ces mots nouveaux. Mais quand ces termes n’ont rien à voir les uns avec les autres, ça peut donner des textes complètement absurdes. Cet exercice littéraire vous permet d’apprendre en vous amusant.

Depuis quelques mois, j’apprends le breton grâce à une méthode qui me convient. J’ai donc rédigé un dialogue dans cette langue passionnante. J’ai juste utilisé les 400 mots que je connais pour le moment. Ce texte littéraire n’a ni queue ni tête. Je vous proposerai d’abord le dialogue en breton, puis sa traduction en français.

Étant encore un novice dans l’apprentissage de cette langue, je ne garantis pas que ce soit de la grande littérature. Ne vous attendez pas non plus à de la haute philosophie druidique… Ce sont juste de purs délires de linguiste ! Entre autres, il est possible que le texte en breton contienne des erreurs. Le but n’est pas d’enrichir la littérature en langue bretonne, mais de promouvoir cette langue tout en vous faisant passer un bon moment ! 😊

Dialogue absurde en breton

– Ac’h ! An amann en osteleri zo glas !

– N’eo ket amann ! Madigoù int…

– Madigoù int ?

– Evel just ! Int madigoù ar baraer gant laezh ha chistr !

– Ha pelec’h emañ ar levr ? Pell ar gador eo ?

– N’eo ket ! War an taol eo, e-kichen ar gador.

– Trugarez Mammig !

– N’on ket da mamm ! Da c’hoar on. An Itron El-Kalawi eo ma anv.

– N’ouzon ket piv out.

– N’ouzout ket ? Ul leue out !

– N’on ket ! Ma tad zo an Aotrou Diallo, ar maer, ha ma mamm zo ur skolaerez. Ha n’eo ket melen ma blev !

– Nann, avat ar bara orañjez zo ret. Keta ?

– Eo ! Hag ur gwele digor ivez !

– Ya ! Hag aez eo o chom en ti-kêr tomm-tomm !

– Ya ! Ha daez eo butuniñ ganin war ur vag yaouank…

– Trist eo, kentoc’h.

– Ya, trist eo… Sell ! Petra eo se ?

– Se zo kafe gant laezh, chokolad, chistr, gwin ruz ha butun…

– Mat-tre ! Yec’hed mat !

– Trugarez ! Piv eo ar sekretour ?

– Hemañ eo : ar den-mañ gant ar sac’h.

– N’eo ket ar person ?

– Nann. Ar person zo ar den-hont, hep leue. Mab ma mignonez eo.

– Piv eo da mignonez ?

– Ar plac’h-se eo. Homañ gant ar blev gwenn eo, ha medisinez eo.

– Mat-tre ! Ha pelec’h emañ ar mor ?

– Ahont, e-kichen Bro-Saoz, Iwerzhon, Euskadi, Bro-C’hall ha Kembre…

– …hag emaint e-kichen ma liorzh !

– Evel just ! Hag ar gazetenner ivez. Pell ar gazetenn int…

– Piv eo ar gazetenner ?

– Homañ eo ! Al leue-mañ eo ! Ar gwaz ar studierez eo !

– Piv eo ar studierez ?

– Honnezh eo ! Ar plac’h-se merc’h ar skolaer eo. Zo gwreg ar gazetenner. Zo c’hoazh yac’h.

– ‘Ta diskuizh eo ?

– Ya, met skuizh eo Tadig ! An dour fresk zo ret…

– Ha bras eo ar paotr-mañ…

– Petra zo ?

– Ar straed zo gwer avat ar sekretour zo kozh, hepken er gêr…

– Marteze… Koulskoude, ar vakansoù tostoc’h int… Prest out ?

– Prest on ! Peseurt lein emañ en daoulagad an amezeg ?

– N’ouzon ket ! Avat ar sukr emañ war an taol. Mat eo ar sport hag al labour ivez !

– Te out ur paour-kaezh !

– Ya, un tammig. Mar plij, deus amañ, ez eus an korn ha glav zo.

– Eo se an amzer brezhoneg…

– Tomatez, deuit ! Mat-tre eo dont ha saludiñ hep gouzout peseurt ospital zo fall !

– N’eus ket studier klañv en ospital-mañ ken d’ar sul…

– Hag er stal nevez ivez !

– Petra ?

– Omp studieren eus Bro-C’hall. Pe liv eo banniel Bro-C’hall ?

– Int glas, gwenn ha ruz bannieloù Bro-C’hall ha Bro-Saoz !

– Mat-tre ! Ha penaos zo al livioù en ti ?

– Evel ur banne hag evel ur pellgomzadenn…

– Diaes eo goulenn ur penestr serret digant da breur. Lavar din : piv o chom er stal-vutun ?

– Ma mignonez !

– Ha piv eo he kamarad ?

– Henhont, hag ar bananez brav ivez. Dit eo o arc’hant.

– Trugarez ! Bananez eo honhont ?

– Ya, met diaes eo o chom en ti-post ganeoc’h, gant ar sigaretennoù ha gant an all traoù…

– Ebet ki zo dit.

– Gortoz ! Te eo. Tomm out er korn hag er gêr !

– Ma ! Neuze mat eo bezañ echu hag ober bannieloù dindan an dour. Ac’h ! Piv eo hennezh ?

– Ma c’hoar eo ar studierez-se. Xun eo he anv. Koant eo ?

– N’eo ket ! Setu unan all salud !

– N’eo ket yen ar salud-mañ dirak da breur. Eus pelec’h zo ?

– Eus a-dreñv hini ah zo kozh.

– Ar tud kozh oc’h c’hwi !

– Trugarez ! Pelec’h emañ ar pakad ? En ti ?

– Aes eo mont ganin ha gant ur gador tomm ha demata e Iwerzhon.

– A-walc’h ! Kenavo !

– Demat ! Mont a ra ? Alo adarre ! Salud c’hoazh !

– Ken arc’hoazh !

Traduction en français du dialogue absurde ci-avant

– Berk ! Le beurre est bleu dans le bistrot !

– Ce n’est pas du beurre ! Ce sont des bonbons…

– Ce sont des bonbons ?

– Bien sûr ! Ce sont les bonbons du boulanger avec du lait et du cidre !

– Et où se trouve le livre ? Est-il loin de la chaise ?

– Non ! Il est sur la table, à côté de la chaise.

– Merci maman !

– Je ne suis pas ta mère ! Je suis ta sœur. Mon nom est madame El-Kalawi.

– Je ne sais pas qui tu es.

– Tu ne sais pas ? Tu es un imbécile !

– Non, je n’en suis pas un ! Mon père est monsieur Diallo, le maire, et ma mère est une institutrice. Et je ne suis pas blond !

– Non, mais le pain orange est nécessaire. N’est-ce pas ?

– Si ! Et un lit ouvert également !

– Oui ! Et il est facile d’habiter dans une mairie très chaude !

– Oui ! Et il est difficile de fumer avec moi sur un jeune bateau…

– C’est triste, tu veux dire.

– Oui, c’est triste… Regarde ! Qu’est-ce que c’est ?

– C’est du café avec du lait, du chocolat, du cidre, du vin rouge et du tabac…

– Très bien ! Santé !

– Merci ! Qui est le secrétaire ?

– C’est lui : cet homme-ci, avec le sac.

– Ce n’est pas le curé ?

– Non. Le curé est cet homme, là-bas, qui n’a pas de veau avec lui. C’est le fils de mon amie.

– Qui est ton amie ?

– C’est cette fille. Celle-là, avec les cheveux blancs. Elle est médecin.

– Très bien ! Et où se trouve la mer ?

– Là-bas, à côté de l’Angleterre, de l’Irlande, du Pays basque, de la France et du Pays de Galle…

– … et tout cela est à côté de mon jardin !

– Bien sûr ! Et le journaliste aussi. Tout cela est loin du journal…

– Qui est le journaliste ?

– C’est lui ! C’est cet imbécile-ci ! C’est le mari de l’étudiante !

– Qui est l’étudiante ?

– C’est cette fille-là ! C’est la fille de l’instituteur et la femme du journaliste. Elle est encore en bonne santé.

– Mais elle n’est pas fatiguée ?

– Non, mais papa l’est ! L’eau fraiche s’avère nécessaire…

– Et ce gars est grand…

– Qu’y a-t-il ?

– La rue est verte mais le secrétaire est vieux, seulement dans la maison…

– Peut-être… Pourtant, les vacances se sont approchées… Es-tu prêt ?

– Je suis prêt ! Quel petit-déjeuner se trouve dans les yeux du voisin ?

– Je ne sais pas ! Mais le sucre est sur la table. Le sport, c’est bien, et le travail aussi !

– Tu es une pauvre malheureuse !

– Oui, un peu. S’il te plaît, viens ici, il y a un coin et il pleut.

– C’est un temps breton…

– Venez, les tomates ! C’est très bien de venir et de saluer sans savoir quel hôpital est mauvais !

– Il n’y a plus d’étudiant malade dans cet hôpital le dimanche…

– Et dans le nouveau magasin non plus !

– Quoi ?

– Nous sommes des étudiants originaires de France. De quelle couleur est le drapeau français ?

– Les drapeaux français et anglais sont bleu, blanc et rouge !

– Très bien ! Et comment sont les couleurs à la maison ?

– Comme un coup à boire et comme un coup de fil…

– Il est difficile de demander une fenêtre fermée à ton frère. Dis-moi : qui habite dans le bureau de tabac ?

– Mon amie !

– Qui est son ami ?

– Celui qui est là-bas, et les belles bananes également. Leur argent t’appartient.

– Merci ! Ce sont des bananes ?

– Oui, mais il est difficile d’habiter dans le bureau de poste avec vous, avec les cigarettes et avec les autres choses…

– Aucun chien n’est à toi.

– Attends ! C’est toi. Tu es chaud dans le coin et dans la ville !

– Bien ! Alors il est bon d’être fini et de faire des drapeaux sous l’eau. Berk ! Qui est-ce ?

– Cette étudiante est ma sœur. Elle s’appelle Xun. Est-elle jolie ?

– Non ! Voici une autre salutation !

– Cette salutation-ci n’est pas froide devant ton frère. D’où est-il ?

– De derrière celui qui est vieux.

– C’est vous, les vieux !

– Merci ! Où est le paquet ? À la maison ?

– Il est facile de partir avec toi ainsi qu’avec une chaise chaude et de dire bonjour à l’Irlande.

– Assez ! Au revoir !

– Bonjour ! Ça va ? Allô à nouveau ! Salut encore !

– À demain !

Et voilà pour l’exercice de style de fin août ! Ce dialogue absurde vous a donné envie d’apprendre le breton ? Je vous recommande de prendre des cours avec un professeur ou d’utiliser la méthode ASSIMIL.

À bientôt sur mon blog pour de nouvelles trouvailles en littérature linguistique !

Jean O’Creisren


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« Consumo gusto » de Ska-P (paroles en français)

Vous aussi, vous êtes fan de Ska-P ? Voici ma traduction en français des paroles de « Consumo gusto » (¡¡Que corra la voz!! – 2002)

Je consomme du plaisir / Avec un plaisir suprême[1]

Acheter, des choses qui ne valent rien,
Acheter, pour les oublier dans le grenier,
Acheter, c’est un plaisir exceptionnel,
Acheter, comme j’aime gaspiller !
Toute la journée, je bosse comme un connard jusqu’à 10 heures
pour un salaire de merde qui s’épuise avant la fin du mois,
mais la télé me dit que je dois consommer.
J’accepte avec un plaisir suprême ; je me laisse persuader.


Payer, le collège du gamin,
Payer, la putain de lumière, l’eau et le gaz,
Payer, la maison de retraite de maman,
Payer, ma vie consiste à évaluer le débit.
Je paye la facture de la bagnole, je paye la copropriété
je paye la putain d’hypothèque, je paye l’addition que je dois au bar,
je paye la facture du caméscope, je paye la facture du téléviseur,
je paye l’assurance de la bagnole, je paye la facture de l’ordinateur.


Putain d’argent, putain d’argent [bis]
la société de consommation m’a transformé en son serviteur.
Putain d’argent, putain d’argent [bis]
avoir toujours de l’eau jusqu’au cou : c’est ça, la vie d’un consommateur !


Esclave de la putain de publicité, je suis esclave !
Esclave, la société du bien-être ne traite pas tout le monde en égal.


Ici se termine l’histoire de cet humble travailleur
qui s’est fait utiliser et ne s’est même pas rendu compte
de qui tire les bénéfices, de qui tire les ficelles :
ceux qui sont là-haut, ceux qui mènent la barque.


Putain d’argent, putain d’argent [bis]
la société de consommation m’a transformé en son serviteur.
Putain d’argent, putain d’argent [bis]
avoir toujours de l’eau jusqu’au cou : c’est ça, la vie d’un consommateur !


Esclave de la putain de publicité, je suis esclave !
Esclave, la société du bien-être n’est pas égale avec tout le monde. [ter]
Ne traite pas tout le monde en égal… ne traite pas tout le monde en égal… Égal !

Traduit de l’espagnol par Jean O’Creisren avec l’autorisation du groupe Ska-P

Texte source : https://www.musica.com/letras.asp?letra=23666 [consulté le 01.01.2020]


[1] «Consumo gusto» peut se traduire de plusieurs façons. Consumo signifie « je consomme », mais fait aussi partie de l’expression sociedad de consumo, qui veut dire « société de consommation ». Avec une orthographe différente, con sumo gusto se traduirait par « avec un plaisir suprême ». À la fin de la première strophe, cette expression apparaît, comme un clin d’œil au jeu de mots du titre : «Acepto con sumo gusto, yo me dejo persuadir». J’ai donc traduit par : « J’accepte avec un plaisir suprême ; je me laisse persuader. »


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« The Backwoods of Canada », un hommage littéraire au pays de l’érable

Aujourd’hui, 1er juillet, nous célébrons la fête nationale du Canada. Je vous propose donc la traduction d’un extrait de The Backwoods Of Canada. Il s’agit d’une série de lettres qu’une voyageuse britannique a écrit à sa mère au XIXe siècle. Catharine Parr Traill rédige en anglais dans un style captivant. Dans cette traduction inédite en français, j’ai tâché de rendre toute la description poétique de la nature canadienne… Pour plus d’informations sur l’œuvre, veuillez consulter ce lien.

Traduction de Jean O’Creisren :

Brick Laurel, fleuve Saint-Laurent, le 6 août 1832

Ma chère mère, j’ai arrêté de vous écrire pour cette simple raison : je n’avais rien à dire. Chaque jour n’était en quelque sorte que l’écho de celui qui le précédait ; si bien qu’une page copiée sur le journal de bord du capitaine se serait avérée aussi amusante et tout à fait aussi instructive que mon journal si j’en avais tenu un pendant la dernière quinzaine.

Ce temps a été si vide d’événements que la vue d’un groupe d’hyperoodons, de deux ou trois phoques et d’un marsouin, peut-être en chemin pour un dîner ou un thé au Pôle Nord, a été considérée comme un fait d’une grande importance. Chaque longue-vue a été réquisitionnée dès qu’ils ont fait leur apparition et les monstres marins ont presque été dévisagés à en être décontenancés.

Les côtes de la Terre-Neuve étaient en vue le 5 août, exactement un mois après le jour où nous avons jeté notre dernier regard sur les îles Britanniques. Bien que la côte fût brune, déchiquetée et désolée, j’ai salué son apparition avec ravissement. Rien ne m’a jamais semblé aussi rafraîchissant et délicieux que la brise de la terre qui nous est parvenue, portant, pensai-je, la santé et la joie sur ses ailes (…).

Le 7 août—Ce matin, nous avons reçu la visite d’un joli petit oiseau, guère plus grand que notre roitelet huppé. Je l’ai salué comme un oiseau de bon augure, un petit messager envoyé pour nous souhaiter la bienvenue dans le Nouveau Monde. Et j’ai presque ressenti une joie enfantine à la vue de notre menu visiteur. Il y a dans nos vies des moments joyeux où nous tirons le plus grand plaisir des choses les plus insignifiantes, de même que les enfants sont contents avec le plus simple des jouets (…).

Je peux maintenant apercevoir avec précision le tracé de la berge sur la rive sud du fleuve. Parfois, les hautes terres sont soudainement enveloppées dans de denses nuages de brume en perpétuel mouvement, roulant dans des volutes sombres, tantôt teintes de lumière rosée, tantôt blanches et floconneuses, ou brillantes comme l’argent lorsqu’elles captent les rayons du soleil. Les changements qui se produisent dans le banc de brouillard sont si rapides que, la prochaine fois que je lèverai les yeux, je verrai peut-être la scène transfigurée, comme par magie. Le rideau de brume est lentement tiré, comme par des mains invisibles, et les montagnes sauvages et boisées sont partiellement révélées, avec leurs puissants rivages rocheux et leurs baies aux courbes majestueuses. À d’autres moments, la masse de vapeur se divise, se déplace le long des vallées et des profonds ravins, comme de hautes colonnes de fumée, ou reste suspendue comme des draperies neigeuses parmi les pins sombres de la forêt (…).

Le 8 août —Bien que je ne puisse que demeurer en état d’émerveillement et d’admiration devant la majesté et la puissance de ce fleuve imposant, je commence à me lasser de son immensité et je rêve d’une vue plus proche du rivage ; mais actuellement, nous ne voyons rien d’autre sur la rive sud que de longues rangées de collines revêtues de pins, avec ici et là une tache blanche, qu’on me présente comme des colonies et des villages ; en revanche, sur la rive nord du fleuve, d’immenses montagnes dépouillées de verdure limitent notre vue. Mon admiration pour les paysages montagneux fait davantage pencher mon intérêt vers ce côté-ci du cours d’eau, et je regarde avec un plaisir concluant la progression des cultures le long de ces régions accidentées et inhospitalières (…).

Tandis que j’écrivais ce qui précède, j’ai été surprise par un remue-ménage sur le pont. En montant pour m’enquérir de la cause de tout cela, j’ai été informée qu’un bateau amenant le pilote tant attendu avait appareillé du rivage ; mais après tout ce tapage et toute cette agitation, il s’est avéré qu’il s’agissait seulement d’un pêcheur français accompagné d’un pauvre gamin déguenillé, son assistant. Sans trop de difficulté, le capitaine a persuadé monsieur Paul Breton[1] de nous piloter jusqu’à Green Island, à une distance de quelques centaines de miles en remontant le fleuve, où il nous a assurés que nous devrions rencontrer un pilote confirmé, si cela ne se produit pas avant.

J’ai quelques petites difficultés à comprendre monsieur Paul, car il parle un dialecte particulier ; mais il semble assez accommodant et serviable. Il nous informe que le maïs est encore vert et que les épis sont à peine formés. Il nous dit également que les fruits estivaux ne sont pas encore mûrs, mais que nous trouverons à Québec des pommes et autres fruits en abondance.

D’après Catharine Parr Traill, The Backwoods Of Canada (1836)

Extrait traduit de l’anglais par Jean O’Creisren


[1] « Monsieur Paul Breton » : en français dans le texte.


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Valladolid : université, cathédrale et autres merveilles architecturales

Voyage en Aragon et en Catalogne

Voyage en Andalousie

La COMECE envoie un message de soutien au peuple ukrainien et appelle à prier pour la paix

Quand on parle du loup…

Photos de l’étang Saint-Nicolas

Voyage en Castille