L’argot des cathos

Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

Oui, malgré le confinement, nous fêtons Pâques. Nous célébrons la victoire de la Vie sur la mort. D’où les œufs en chocolat, qui symbolisent la naissance de futurs poussins.

Pâques est célébrée par les chrétiens du monde entier. En France, la majorité des disciples du Christ sont catholiques. Mais les orthodoxes et les protestants sont aussi nos frères et sœurs en Jésus ! 😊

Les catholiques pratiquants représenteraient 0,5 à 1 % de la population française. L’Église catholique en France est un large réseau qui dépasse les classes sociales. Il y a des cathos riches et des cathos pauvres. Il y a des cathos de droite et des cathos de gauche. Il y a des cathos âgés et des cathos jeunes. Il y a des cathos en ville et à la campagne.

Mais malgré cela, l’Église est une. Elle est unie dans sa diversité. Comme marque de son identité, de sa culture commune, elle dispose d’un langage spécifique. Je ne vais pas parler de termes liturgiques et théologiques barbares. La question n’est pas de disserter sur l’étymologie de « périchorèse » ou sur la prononciation de « messe chrismale ». Non, dans cet article, je vais m’intéresser au langage familier des cathos. Ces mots qui n’ont rien de formel, qui font partie d’un grand trip propre à ce milieu. Car oui, les catholiques pratiquants forment un milieu qui dépasse les classes sociales. Si vous faites du théâtre d’improvisation, une synergie se crée dans le groupe. Et pourtant, ce sont souvent des gens qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Ils ont des métiers très divers, gagnent des salaires inégaux et ne pensent pas nécessairement pareil. Néanmoins, ils créent une réalité sociale, avec des interactions, des codes, des délires communs. On retrouve un peu la même chose chez les cathos. Ils ont leurs propres codes, leurs propres blagues et leur propre jargon.

En linguistique, on appelle « sociolecte » tout langage propre à un groupe social. Êtes-vous prêt·e·s pour la leçon de sociolinguistique du jour ? Je vous laisse donc découvrir le sociolecte des cathos francophones… 😉

Ado : diminutif d’« adoration ». Chez les cathos, l’adoration du Saint-Sacrement consiste à prier devant une hostie consacrée, exposée dans un ostensoir. Beaucoup de gens se disent que nous sommes complètement fadas de nous prosterner devant un morceau de pain et de lui adresser nos prières. Seulement, nous croyons que ce n’est plus du pain. Pour nous, c’est le Corps du Christ. Et comme nous croyons que Jésus est Dieu, nous pouvons adorer l’hostie. Car, aussi barré que ça puisse paraître, nous croyons que ce « morceau de pain », c’est Dieu tout-puissant, le Créateur de tout l’univers…

– Mais où étais-tu passé, Nathanaël ? Encore à jouer avec ton portable sous le figuier ?

– Non, papa. J’ai trouvé mieux pour rechercher l’éveil : une heure d’ado à l’heure du dîner, et je suis boosté pour la semaine !

– Certes, mais tu pourrais faire ça à une heure où ça ne gêne pas l’ensemble de la famille ! Je ne pense pas que tu adores le pot-au-feu froid…

« Amen de gloire ! » : formule humoristique (qui ne veut strictement rien dire) pour se moquer des charismatiques. En effet, ces derniers exclament parfois des prières spontanées à voix haute lors des soirées de louange. D’après leur spiritualité, elles sont inspirées par l’Esprit Saint. Ce qui est sûr, c’est que la dimension émotionnelle prime sur la dimension intellectuelle. D’où des phrases qui, selon les mauvaises langues, peuvent manquer de cohérence. Il paraît d’ailleurs que « Merci sois-tu Seigneur ! » a déjà été entendu… Cf. cha-cha.

« Merci sois-tu Seigneur pour la journée de ouf que j’ai passée ! Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit… Amen de gloire ! »

L’autre : le diable. Si Dieu existe et nous aime infiniment, nous pensons aussi que Satan nous déteste. Il ne cesse de nous attirer vers le péché et la souffrance. Parfois, nous allons dans une direction en pensant bien faire car nous y voyons la main de Dieu. Mais il s’avère que cela nous conduit sur un chemin qui nous fait souffrir. Alors, une personne lucide et bienveillante nous dira : « Je pense que c’est plutôt l’autre qui t’a induit(e) en erreur ! ».

Ben : non, non ! Rien à voir avec une fameuse horloge londonienne… C’est juste le diminutif de « bénédicité ». Cette prière est dite ou chantée avant le repas. En voici un exemple :

« Bénissez-nous, Seigneur ! Bénissez ce repas, ceux qui l’ont préparé, et procurez du pain à ceux qui n’en ont pas. Ainsi soit-il ! »

Parmi les nombreuses versions du « ben », une autre est parfois mentionnée pour plaisanter. À titre personnel, il m’arrive d’y faire référence en blaguant. Mais je trouve que la prier pour de vrai serait irrespectueux envers notre Créateur : « Pif ! Paf ! Pouf ! Bénissez la bouffe ! »

Béner : réciter ou chanter le bénédicité. Par exemple, avant de commencer le repas, l’un des convives propose de manière très poétique de bénir le Seigneur pour ses bienfaits et lui demander de nourrir les affamés : « Alors, on bène ? »

Cathomobile : voiture espace qui transporte une famille de cathos. En effet, les cathos ont en général beaucoup plus d’enfants que la moyenne des Français. Ouverture à la vie oblige ! Les catholiques font donc preuve d’autodérision en nommant ainsi ces véhicules souvent un peu usés. Si vous voulez vous assurer que vous avez bien affaire à une cathomobile, un signe ne trompe pas : un autocollant scout ou du groupe Glorious sous la lunette arrière…

« C’est pas très Laudato Si’ ! » : Cette expression signifie « ce n’est pas très écolo ». En effet, le Pape François a pris position pour la protection de l’environnement dans l’encyclique Laudato Si’. Pour nous, polluer est un péché !

Cha-cha : diminutif de « charismatique ». Le Renouveau charismatique est un mouvement spirituel apparu à la fin des années 1960. Les charismatiques prient en chantant, en dansant, en tapant des mains. Ils s’appuient sur les charismes reçus de l’Esprit Saint. Concrètement, une soirée louange peut donner ça. En France, deux communautés cha-chas importantes sont l’Emmanuel et le Chemin Neuf. Cf. dévisser des ampoules.

Clin-Dieu : clin d’œil de la part de Dieu. Les cathos utilisent cette expression lorsqu’ils perçoivent un truc cool qu’ils interprètent comme un signe du Seigneur. Par exemple, je connais un traducteur qui a commencé sa carrière en tant qu’enseignant. Il était très malheureux dans ce métier et pensait à se réorienter. Il a donc traversé la France pour participer à une rencontre entre traducteurs et traductrices. Cela lui a fait très bonne impression et l’a confirmé dans cette nouvelle vocation professionnelle. La rencontre avait lieu sur un week-end. Pour la messe dominicale, il s’est rendu à l’église qui jouxtait le lieu de l’événement. Elle s’appelait Saint-Jérôme. Or ce saint au très mauvais caractère a traduit la Bible en latin au moment de la chute de l’Empire romain. Sa traduction, la Vulgate, a fait foi pendant des siècles au sein de l’Église catholique. Saint Jérôme est donc le patron des traducteurs. Ce jeune homme en réorientation a donc vu un clin-Dieu dans le nom de cet édifice. Il savait déjà qu’il voulait exercer ce beau métier. Mais il a vu dans ce signe une preuve que Jésus pensait bien à lui en ce moment important de sa vie professionnelle. 😊

Deo Gratias : façon de dire « merci » dans certaines communautés religieuses. Cette expression latine peut être traduite de différentes manières : « Dieu soit loué ! », « Dieu merci ! », « (Nous) rendons grâce à Dieu ! », etc. Quelle que soit la traduction, l’idée est de remercier notre Créateur, qui nous aime et qui est la source de tout bien.

Dévisser des ampoules : les charismatiques prient parfois en dansant. Certains chantent donc en se trémoussant sur place avec les mains en l’air. D’où l’expression « dévisser des ampoules » pour « louer le Seigneur ». cf. cha-cha.

– Salut Marie-Sixtine, ça te dit de prendre un verre ce soir ?

– Désolée Kilian, mais j’ai déjà un truc de prévu. Je vais dévisser des ampoules de 19h30 à 23h30. Mais tu peux venir avec moi, si tu veux. Tu verras, c’est super sympa !

Effata : Cette expression araméenne signifie « ouvre-toi ! ». Dans l’évangile de Marc, Jésus guérit un sourd-muet en lui disant « Effata ! ». Ainsi, on peut répondre cela à un catho qui a l’esprit étriqué ou qui ne parle que de ses centres d’intérêt :

– Eh, Jeanne-Marthe, as-tu vu mon nouveau chapelet ? Il est en pur buis. C’est le cinquantième que je fabrique cette année. Je suis un vrai patenôtrier ! Ou « patenostrier » devrais-je dire… Bref, les deux sont acceptés ! Tu sais, « patenôtrier » ou « patenostrier », c’est le nom qu’on donne à une personne qui fabrique des chapelets. Étymologiquement, ça vient de « Pater Noster ». Ça veut dire « Notre Père » en latin. Parce qu’on prie six fois le Notre Père quand on récite le chapelet. Patenôtrier, c’est vraiment le plus beau des métiers ! Savais-tu que…

– Merci pout toutes ces infos, Jean-Baudouin ! Vraiment, je suis admirative de ton talent ! Mais à part les chapelets, qu’est-ce qui t’intéresse dans la vie ?

– Rien ! Mais alors là, rien du tout !

– Effata !

Évanj’ : raccourci d’ « évangélisation ». Cette pratique consiste à parler de Jésus à des gens qui ne le connaissent pas. Même le chrétien le plus convaincu et le plus saint ne connaît pas Jésus dans tous les aspects de sa vie. Tout le monde a donc besoin d’être évangélisé. Mais attention : l’évangélisation n’est pas un prosélytisme agressif ! L’idée est de proposer la Bonne Nouvelle, pas de l’imposer ! Les gens sont libres d’adhérer ou non à la foi chrétienne. Nous pouvons parler de Dieu, mais c’est Dieu seul qui peut choisir de convertir telle ou telle personne, en respectant sa liberté, car Il nous aime. 😊

Si vous voulez rigoler un peu sur le sujet, n’hésitez pas à regarder cette vidéo.

Grenouille de bénitier : cette expression est bien connue même en dehors du milieu catho. Elle désigne familièrement une personne très pratiquante. J’aime bien son équivalent espagnol, un mot qui respire la délicatesse… En effet, meapilas se traduirait littéralement par « pisseur d’eau bénite ».

« Ma femme » : c’est ainsi que certains prêtres et séminaristes désignent leur bréviaire. Cet objet est un livre de prières. Les membres du clergé sont obligés de prier tous les jours certains passages écrits dedans. C’est ce qu’on appelle la « liturgie des heures ». Dans le rite romain, les prêtres sont célibataires. Alors que les personnes mariées doivent être fidèles à leur conjoint, les clercs doivent être fidèles à leur bréviaire…

Pélé : raccourci très courant de « pèlerinage ».

– Que fais-tu pendant les vacances ?

– Je pars en pélé !

– Ah oui ? Où ça ? À Rome ? À Compostelle ? À Lourdes ? À Jérusalem ?

– Non, à La Mecque !

Pharisien : à l’époque de Jésus, les pharisiens étaient l’un des courants dominants du judaïsme. Dans les Évangiles, ils sont présentés comme des Juifs rigoristes qui jugent selon les apparences. Jésus les dérange et ils lui posent parfois des questions gênantes pour le coincer. Mais le Christ arrive toujours à les remettre à leur place par une parole qui enseigne le droit chemin. Chez les cathos, le vocable « pharisien » désigne un chrétien hypocrite. Par exemple, une personne qui irait à la messe tous les dimanches, mais juste pour donner une bonne image afin de briller en société. Ou alors qui croirait détenir la vérité et jugerait les gens qui sont « dans l’erreur » alors qu’elle-même agit d’une manière non conforme à la loi d’amour de Dieu.

« Seigneur, prends pitié ! » : cette phrase est tirée de la prière du Kyrie. Au début de la messe, nous demandons pardon à Dieu pour nos péchés : « Seigneur, prend pitié ! » (ou « Kyrie eleison » en grec). Par extension, c’est une manière humoristique de dire que l’attitude de quelqu’un nous désespère…

– Mon père, j’ai beau expliquer à Bernard qu’il chante comme une casserole, il tient absolument à animer la messe. Tout le monde le lui dit gentiment, mais il a un caractère de cochon et ne veut pas en démordre. Il y a des gens bien plus compétents que lui qui sont prêts à le remplacer. Bernard serait très doué pour faire la lecture au lieu du chant. Mais il s’énerve dès qu’on aborde le sujet. Il nous traite de pharisiens et il a même menacé de chanter l’Internationale pendant la messe de Pâques si on continue à lui résister !

– Quoi ? Seigneur, prends pitié !

Seumé : verlan de « messe ».

– Tancrède, on fait un footing dimanche matin ?

– Merci pour l’invitation Abdoulaye, mais je ne pourrai pas. Je serai à la seumé.

Théo : raccourci de « théologie ».

– Emmanuelle, on se retrouve où pour aller au RU ?

– Juste devant la fac de théo !

– Ça marche ! À toute ma poule !

Tra-tra / tradi : vous connaissez déjà les cha-chas. Mais qui sont les tra-tras ? « tra-tra », « tradi », voire « tra » est le diminutif de « traditionnaliste ». Les tradis sont des cathos qui préfèrent la messe selon la forme extraordinaire du rite romain. C’est-à-dire en latin, comme autrefois. C’est notamment le cas de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre. L’Église catholique est diverse. Certains cathos sont plus à l’aise pour prier comme-ci, d’autres pour prier comme ça. Quoi qu’il en soit, l’Église est une et nos différences sont des richesses.

Udp : sigle utilisé pour conclure une lettre, un mail ou un SMS qu’un(e) catho adresse à un(e) coreligionnaire. Cela signifie « en union de prière ». Par cette phrase, on assure au destinataire du message que l’on prie pour elle ou pour lui. Chez nos frères protestants, « Dieu te bénisse » est une expression plus courante.

En sociolecte catho, voilà ce que pourrait donner une lettre d’amour :

Chère Marie-Astrid,

Lorsque je t’ai vue pour la première fois, c’était à la sortie de la seumé. Ta beauté m’a subjugué. Dans mon cœur, j’ai béni le Seigneur comme un cha-cha : « Amen de gloire ! »

Avec le temps, j’ai pu découvrir ta beauté intérieure. Ado, évanj’, louange… J’aime ta manière de prier ! Je suis notamment un grand fan de la façon gracieuse dont tu dévisses les ampoules !

J’ai été ravi de cette belle conversation lors de notre pélé vers Notre-Dame-des-Petits-Oiseaux. Ta passion pour la théo a éveillé en moi une passion pour la grenouille de bénitier que tu es !

Tu as un côté tra-tra et tu n’oublies jamais de béner avant les pique-niques à l’aumônerie. Profonde, tu fuis tous ces pharisiens qui ne te méritent pas. Quand l’autre m’incite à trop te parler de mes chapelets, tu me dis « Effata ! » avec une bienveillance qui me transfigure.

Rayonnant d’amour comme un ostensoir, je me sens appelé à te donner ma vie. D’ailleurs, nous avons tous les deux des prénoms composés. N’est-ce pas là un clin-Dieu ?

Quelle est ma vocation ? Je sais bien que je ne suis pas appelé à épouser un bréviaire ! Veux-tu être ma femme ? Nous pourrions avoir plein d’enfants et les emmener en vacances dans notre splendide cathomobile… Bon, je sais, comparé au train, c’est pas très Laudato Si’ !

Si tu acceptes mon amour, je dirai « Deo gratias ! » Mais si ma lettre te paraît trop farfelue pour cela, j’espère que tu ne t’exclameras pas « Seigneur, prends pitié ! »

Sur ce, je te souhaite une excellente octave pascale,

Udp,

Jean-Baudouin

Voilà donc ce à quoi ressemble l’argot des cathos ! Ou, pour être plus docte, le sociolecte des catholiques pratiquants. Vous connaissez d’autres expressions familières utilisées dans ce milieu ? N’hésitez pas à me les soumettre en commentaire !

Jean O’Creisren

Crédits image : https://fr.freepik.com/photos-vecteurs-libre/conception


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4 commentaires sur “L’argot des cathos

  1. Merci, j’ai bien rigolé. En Martinique, il y a un expression créole pour les grenouilles de bénitier. On dit : « ravèt’ légliz » (prononcer « ravette »). La traduction serait « cafard d’église ».
    UDP

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    1. Merci pour cette belle leçon de créole martiniquais ! Grenouilles, cafards… Y a-t-il d’autres expressions avec des animaux dans telle ou telle langue ? Si oui, il faudra prévoir une Arche de Noé pour chaque bénitier… Udp !

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  2. Bonjour, quoique l’article soit assez complet et sympa, je suis super étonnée de voir le terme « seumé »… Je ne l’ai jamais utilisé et jamais entendu.
    Sinon merci pour cette belle tranche de rire,
    En udp (of course)

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