Photos du château d’Angers

Ville réputée pour sa douceur et sa qualité de vie, Angers est également chargée d’histoire. Si vous y venez, vous ne pourrez pas manquer son imposant château médiéval. Depuis des siècles, il trône en plein centre-ville. Du haut d’un éperon rocheux, il surplombe la Maine et fait face au quartier historique de la Doutre.

Les lieux sont habités par l’homme depuis le néolithique. Pendant l’Antiquité, les Gaulois puis les Romains ont occupé le site à leur tour. Construite en schiste et en tuffeau, la forteresse date du XIIIe siècle. Au Moyen Âge, le château d’Angers était la demeure des ducs d’Anjou. Parmi eux, le Roi René fut un illustre personnage de l’histoire locale.

Outre ses hautes tours, ses murailles imposantes, son fier logis et sa petite chapelle, l’édifice abrite la tapisserie de l’Apocalypse. Ce joyau du XIVe siècle est l’une des perles de l’Anjou. Une visite guidée vous permettra de bien comprendre toute la symbolique de cette œuvre majestueuse.

Au pied du château, des douves sèches ont été aménagées en beaux jardins à la française.

Aujourd’hui, nous fêtons la Saint-Maurice. Le 22 septembre fait mémoire de ce soldat romain mort en martyr au IIIe siècle avec plusieurs compagnons d’armes. C’est sous son patronage qu’a été placé le diocèse d’Angers. La cathédrale Saint-Maurice se trouve d’ailleurs juste à côté du château. Vous la verrez donc apparaître sur certains clichés…

Fier de la ville d’Angers et de son histoire, je vous présente les photos que j’ai prises de cet édifice incontournable. Cette galerie montre toujours l’extérieur du château, sous différents angles et à différents moments de la journée. Bonne visite ! 😊

Ces photos vous ont plu ? Qu’attendez-vous pour visiter le château d’Angers ? Vous trouverez de plus amples informations (tarifs, horaires, etc.) sur ce lien.

Jean O’Creisren


Vous aussi, vous aimez l’Anjou ?

Vous aimerez :

Parlez-vous angevin ?

Bx Noël Pinot : quel exemple pour nous aujourd’hui ?


Vous aussi, vous aimez les photos sympas ?

Vous aimerez :

Voyage en Algérie

The Backwoods of Canada, un hommage littéraire au pays de l’érable

Bx Noël Pinot : quel exemple pour nous aujourd’hui ?

En 1794, un prêtre réfractaire est guillotiné à Angers. Dans ce diocèse en partie ravagé par les guerres de Vendée, le bienheureux Noël Pinot est vénéré en tant que martyr local. Son sacrifice couronne une vie toute donnée au service des autres. Mais en quoi l’exemple de cet homme mort il y a plus de 200 ans peut nous parler aujourd’hui ?

Qui était Noël Pinot ?

Né à Angers en 1747, Noël est le dernier enfant d’une famille nombreuse. À 18 ans, il entre au grand séminaire et est ordonné prêtre cinq ans plus tard, en 1770. Après onze ans comme vicaire de diverses paroisses, il est nommé aumônier des incurables d’Angers. Au chevet des malades, il montre un dévouement exemplaire et tout le monde l’apprécie.

En parallèle de ce service, il poursuit ses études à l’université afin de pouvoir être nommé curé. Une fois diplômé, il est envoyé dans la paroisse du Louroux-Béconnais, à l’ouest d’Angers, en 1788. Il y montre une attention particulière pour les pauvres, parfois jusqu’à se priver de la nourriture et du linge dont il a besoin. « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre » (Lc 21, 3-4). Ce que Jésus a dit de cette veuve dans ce passage de l’Évangile de Luc, il aurait pu le dire de Noël Pinot.

En 1789, la Révolution éclate. Au début, l’abbé Pinot se montre plutôt favorable à ce changement car il promet de sortir les plus démunis de la misère. Mais lorsqu’est promulguée la Constitution civile du clergé, le curé du Louroux s’y oppose. En effet, cette loi oblige l’Église à se soumettre à l’État. Les clercs deviendront des fonctionnaires. Les évêques ne seront plus nommés par le Pape, mais élus par tous les citoyens, qu’ils soient catholiques ou non. En ce sens, les prêtres qui s’opposent à ce texte peuvent être considérés comme des défenseurs de la laïcité. Ils entendent séparer l’Église et l’État. Ces prêtres dits « réfractaires » sont nombreux dans l’Ouest. Ils refusent de prêter serment à la Constitution pour rester fidèles au Pape. En 1791, Noël Pinot explique ce refus dans une homélie et est arrêté.

Après deux ans de prison à Baupréau, dans le sud du Maine-et-Loire, il voit le vent tourner. Les guerres de Vendée éclatent. Des paysans se révoltent contre la République, notamment pour défendre les prêtres réfractaires. Libéré par les rebelles, Noël retourne donc dans sa paroisse, où il devra célébrer dans la clandestinité. En effet, un prêtre fidèle à la Révolution a été nommé à sa place et l’abbé Pinot devra se cacher chez des paroissiens.

Au fil du conflit, les Vendéens enchaînent défaite sur défaite. Noël est en danger, mais il tient à rester auprès de ses ouailles. Les soldats le recherchent mais ses amis prennent des risques pour qu’il puisse rester dans la région.

Finalement, il est dénoncé en février 1794 et arrêté au hameau de La Milandrie. Emmené à Angers, il ne dénonce aucune des personnes qui l’ont aidé. Son juge est un prêtre défroqué. Celui-ci condamne à mort le prisonnier et lui propose de monter à l’échafaud vêtu de ses habits liturgiques. Est-ce par provocation ou pour lui faire honneur ? Nul ne le sait. Quoi qu’il en soit, Noël accepte avec joie. C’est donc en tenue de célébrant qu’il marche vers la guillotine, le vendredi 21 février 1794, vers trois heures de l’après-midi. Il aurait alors prononcé les premiers mots de la messe en rite tridentin : « Introibo at altare Dei »[1]. Son martyre est ainsi associé à celui de Jésus sur la croix.

Le 31 octobre 1926, le Pape Pie XI béatifie Noël Pinot. En tant que bienheureux, il peut recevoir un culte public uniquement au sein du diocèse d’Angers.

Que nous dit aujourd’hui la vie de Noël Pinot ?

Il existe de nombreuses manières d’être saint. Chacun peut l’être à sa façon. Ceux que l’Église a reconnus comme tels ont vécu l’Évangile de manière héroïque et/ou sont morts pour leur foi. Leurs vies sont des témoignages, mais le seul exemple que nous devons imiter reste le Christ.

Quel témoignage nous apporte la vie du bienheureux Noël Pinot ?

Tout d’abord, sa vie de prêtre est déjà un don et un sacrifice. Il n’a pas eu peur de se mettre radicalement au service des pauvres et des malades. À sa suite, n’hésitons pas à nous retrousser les manches, à donner même de notre nécessaire à ceux qui n’ont rien ! Il existe mille et une façon se s’investir. Aller discuter avec les personnes qui font la manche, éventuellement leur donner de l’argent ou de la nourriture si nous sommes à l’aise avec ces manières de procéder. Nous pouvons aussi soutenir des associations sérieuses qui viennent en aide aux plus démunis. C’est notamment le cas du Secours Catholique ou de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Mais donner ne se résume pas à ce qui est matériel. Nous pouvons donner notre temps, nos compétences, notre prière, notre sourire. 😊

Enfin, Noël Pinot a subi le martyre parce qu’il voulait rester fidèle au Christ. Aujourd’hui, beaucoup de chrétiens sont encore persécutés dans de nombreux pays. Que faisons-nous pour eux ? Plusieurs associations, comme l’Aide à l’Église en Détresse, œuvrent à leurs côtés. Là aussi, nous pouvons donner de notre temps, de notre argent, de nos compétences et/ou tout simplement notre prière pour aider nos frères et sœurs dans la foi ! Eux aussi nous tendraient la main si nous étions à leur place.

À la suite du curé du Louroux, une dizaine de fidèles, clercs et laïcs, sont engagés au sein de l’Oratoire bienheureux Noël Pinot. De sensibilités ecclésiales diverses, ils ont en commun une fibre sociale et une attention aux plus pauvres. Dans leur vie personnelle, professionnelle et/ou associative, ils viennent en aide à différentes personnes en difficulté : Roms, migrants, personnes souffrant d’addictions, SDF, personnes âgées, personnes en situation de handicap… Reconnue à la fois par l’Église et par l’État, cette association marche à la suite du Christ et du bienheureux. Pauvres au milieu des pauvres, ses membres aspirent à annoncer l’Évangile aux personnes qui se trouvent en marge de la société.

Et nous ? Que faisons-nous pour nos frères et sœurs en difficulté ? Prenons-nous le temps de vivre l’Évangile dans une charité radicale ? Écoutons-nous celui qui a dit : « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres »[2] ?

Bienheureux Noël Pinot, intercédez pour que nous sachions imiter Jésus !

Jean O’Creisren

Crédits image : Fraternité de l’Oratoire Bienheureux Noël Pinot.


[1] « Je monte à l’autel de Dieu »

[2] Jn 13, 35


Vous aussi, vous aimez réfléchir sur des thèmes profonds ?

Vous aimerez :

Mon corps sous le regard de Dieu

Que peuvent nous apporter les personnes en situation de handicap ?

Espérer l’inespéré

Quel est le sens de Noël ?

Des arguments pour évangéliser

On récolte ce que l’on sème…


Vous aussi, vous vous sentez proche des plus pauvres ?

Vous aimerez :

Quel est le sens de Noël ?

« Alí el magrebí » (paroles en français)

« El Olvidado » (paroles en français)

Que peuvent nous apporter les personnes en situation de handicap ?

On récolte ce que l’on sème…


Vous aussi, vous aimez l’Anjou ?

Vous aimerez :

Parlez-vous angevin ?

Photos du château d’Angers

Parlez-vous angevin ?

Ah, Angers ! Cette ville où il fait si bon vivre ! De Joachim du Bellay aux enquêtes sur la qualité de vie en passant par le journal espagnol El País, tout le monde vante la « douceur angevine »…

Mais savez-vous qu’en Anjou, on parle aussi un français un peu différent ? Ce phénomène est observé par la linguiste Henriette Walter dans L’aventure des langues en Occident. La professeure émérite à Rennes-II remarque que le patois angevin a disparu, mais qu’il a laissé des traces sur le parler du Maine-et-Loire. Nous allons voir quelques exemples…

Baner :

Ce verbe signifie « pleurer » ou « crier ». Quand j’étais en primaire, mes camarades et moi utilisions ce terme de manière très courante, comme nous aurions dit « chialer ». En jour, j’étais en train de discuter avec des cousins d’Orléans. Je leur ai parlé d’un enfant qui était en train de baner. Ils n’ont évidemment rien compris. Je me suis demandé d’où ils sortaient, pour ne pas saisir un verbe familier si courant. Ce n’est que des années plus tard que j’ai appris que c’est du patois.

Barrer une porte :

Cette expression signifie « fermer une porte à clef ». Il paraît que ça se dit en Anjou, mais je ne l’ai pas souvent entendu.

Berouette / berrouette :

Brouette. Si vous voulez entendre ce mot, venez pratiquer des activités agricoles dans la région !

Bouiner :

Ce verbe signifie « ne rien faire ». On pourrait le comparer à « glander ». Pour demander « qu’est-ce que tu fais ? » (parfois sous-entendu « on t’attend »), on dira : « qu’est-ce que tu bouines ? »

Brâiller :

Au même titre que « baner », on utilisera ce terme pour parler d’un enfant qui pleure de façon sonore.

Crayon de bois :

Suivant les régions, la mine graphite est appelée différemment. En Anjou, ce n’est ni « crayon à papier » ni « crayon gris », mais plutôt « crayon de bois ». Et ce, même lorsque ces fournitures ne contiennent pas un gramme de matière végétale…

Crémet :

Dessert typiquement angevin. Vous en trouverez la recette ici.

Du coup :

Cette expression, qui signifie « par conséquent », est tout à fait française. Mais j’ai l’impression qu’à Angers, on l’utilise plus qu’ailleurs. Moi-même, je ne suis pas épargné…

Goule :

En patois angevin, on utilise « goule » comme on dirait « gueule » en français familier : « je me suis cassé la goule. »

Liaisons en [n] :

En primaire, je remarquais que certains de mes camarades faisaient des liaisons en [n]. Par exemple, au lieu de dire « il en faut encore », ils disaient « y n’en faut encore ». Je pensais qu’il s’agissait d’une erreur d’enfants qui apprenaient à parler. Mais juste après le bac, j’ai fait la cueillette de pommes avec des adultes qui parlaient de cette façon. Depuis, j’ai eu l’occasion de rencontrer d’autres personnes s’exprimant ainsi. J’ai donc compris que c’est la façon dont on parle dans les campagnes du Haut-Anjou. Personnellement, je trouve que ça comporte un certain charme…

Patouille :

J’ai souvent entendu ce mot étant enfant. Je viens de découvrir que c’est du patois. En gros, la patouille correspond à un truc visqueux et pas très propre. Par exemple, quand un enfant joue avec de la boue ou mélange des aliments qui n’ont rien à voir. Encore aujourd’hui, je fais de la patouille en compostant mes déchets sur mon appui de fenêtre.

Pigner :

Verbe signifiant « geindre » / « pleurnicher ».

Topette :

Non, non, ce n’est pas une insulte homophobe ! « Topette ! » (parfois orthographié « Tôpette ! ») signifie « Au revoir ! » On utilise cette formule pour prendre congé d’une personne avec qui on est familier.

Pour terminer, je vous propose un petit dialogue plein de clichés pour illustrer la douceur de la langue angevine :

— Pourquoi barres-tu la porte avec cette berouette ?

— Parce que mon gamin est en train de brâiller et qu’on ne s’entend plus !

— Du coup, pourquoi il bane comme ça ?

— Il s’est cassé la goule en faisant de la patouille. Il mettait du Côteaux du Layon dans son crémet et il a glissé dessus…

— Y n’en faut peu, pour faire pigner un môme !

— N’insulte pas mon fils, l’ami ! Et d’abord, qu’est-ce que tu bouines ? Tu ne devais pas descendre la Loire sur ta gabare ?

— Certes ! Je me taille ! Topette !

Pour plus d’informations sur le patois angevin, cliquez ici ou ici !

Voilà pour la leçon de linguistique d’aujourd’hui ! J’espère que ça vous a plu… À bientôt pour de nouveaux articles ! Topette ! 😉


Vous aussi, vous aimez l’Anjou ?

Vous aimerez :

Bx Noël Pinot : quel exemple pour nous aujourd’hui ?

Photos du château d’Angers


Vous aussi, vous aimez jouer avec les mots ?

Vous aimerez :

L’argot des cathos

Blagues espagnoles et latino-américaines

Les jurons distingués

Les textos littéraires

Comment disait-on, dans la Grèce antique… ?

Nous parlons tous arabe sans le savoir…

La finance vulgarisée

Litanie des vins et des fromages français

Une soirée étudiante qui foira…

Les nouvelles blagues

À la mémoire du líder máximo