Dialogue absurde pour progresser dans une langue

Apprendre une langue par l’absurde, c’est possible !

Vous voulez apprendre une langue ? Vous voulez progresser en anglais, en espagnol ou en allemand ? De nombreuses méthodes ont fait leurs preuves…

Entre autres, cet article vous conseille de réemployer le vocabulaire que vous apprenez. Cela vous permettra de le retenir durablement. Concrètement, il s’agit d’écrire des textes ou des phrases avec ces mots nouveaux. Mais quand ces termes n’ont rien à voir les uns avec les autres, ça peut donner des textes complètement absurdes. Cet exercice littéraire vous permet d’apprendre en vous amusant.

Depuis quelques mois, j’apprends le breton grâce à cette méthode. J’ai donc rédigé un dialogue dans cette langue passionnante. J’ai juste utilisé les 400 mots que je connais pour le moment. Ce texte littéraire n’a ni queue ni tête. Je vous proposerai d’abord le dialogue en breton, puis sa traduction en français.

Étant encore un novice dans l’apprentissage de cette langue, je ne garantis pas que ce soit de la grande littérature. Ne vous attendez pas non plus à de la haute philosophie druidique ! En effet, il est possible que le texte en breton contienne des erreurs. Le but n’est pas d’enrichir la littérature en langue bretonne, mais de promouvoir cette langue tout en vous faisant passer un bon moment ! 😊

Dialogue absurde en breton

– Ac’h ! An amann en osteleri zo glas !

– N’eo ket amann ! Madigoù int…

– Madigoù int ?

– Evel just ! Int madigoù ar baraer gant laezh ha chistr !

– Ha pelec’h emañ ar levr ? Pell ar gador eo ?

– N’eo ket ! War an taol eo, e-kichen ar gador.

– Trugarez Mammig !

– N’on ket da mamm ! Da c’hoar on. An Itron El-Kalawi eo ma anv.

– N’ouzon ket piv out.

– N’ouzout ket ? Ul leue out !

– N’on ket ! Ma tad zo an Aotrou Diallo, ar maer, ha ma mamm zo ur skolaerez. Ha n’eo ket melen ma blev !

– Nann, avat ar bara orañjez zo ret. Keta ?

– Eo ! Hag ur gwele digor ivez !

– Ya ! Hag aez eo o chom en ti-kêr tomm-tomm !

– Ya ! Ha daez eo butuniñ ganin war ur vag yaouank…

– Trist eo, kentoc’h.

– Ya, trist eo… Sell ! Petra eo se ?

– Se zo kafe gant laezh, chokolad, chistr, gwin ruz ha butun…

– Mat-tre ! Yec’hed mat !

– Trugarez ! Piv eo ar sekretour ?

– Hemañ eo : ar den-mañ gant ar sac’h.

– N’eo ket ar person ?

– Nann. Ar person zo ar den-hont, hep leue. Mab ma mignonez eo.

– Piv eo da mignonez ?

– Ar plac’h-se eo. Homañ gant ar blev gwenn eo, ha medisinez eo.

– Mat-tre ! Ha pelec’h emañ ar mor ?

– Ahont, e-kichen Bro-Saoz, Iwerzhon, Euskadi, Bro-C’hall ha Kembre…

– …hag emaint e-kichen ma liorzh !

– Evel just ! Hag ar gazetenner ivez. Pell ar gazetenn int…

– Piv eo ar gazetenner ?

– Homañ eo ! Al leue-mañ eo ! Ar gwaz ar studierez eo !

– Piv eo ar studierez ?

– Honnezh eo ! Ar plac’h-se merc’h ar skolaer eo. Zo gwreg ar gazetenner. Zo c’hoazh yac’h.

– ‘Ta diskuizh eo ?

– Ya, met skuizh eo Tadig ! An dour fresk zo ret…

– Ha bras eo ar paotr-mañ…

– Petra zo ?

– Ar straed zo gwer avat ar sekretour zo kozh, hepken er gêr…

– Marteze… Koulskoude, ar vakansoù tostoc’h int… Prest out ?

– Prest on ! Peseurt lein emañ en daoulagad an amezeg ?

– N’ouzon ket ! Avat ar sukr emañ war an taol. Mat eo ar sport hag al labour ivez !

– Te out ur paour-kaezh !

– Ya, un tammig. Mar plij, deus amañ, ez eus an korn ha glav zo.

– Eo se an amzer brezhoneg…

– Tomatez, deuit ! Mat-tre eo dont ha saludiñ hep gouzout peseurt ospital zo fall !

– N’eus ket studier klañv en ospital-mañ ken d’ar sul…

– Hag er stal nevez ivez !

– Petra ?

– Omp studieren eus Bro-C’hall. Pe liv eo banniel Bro-C’hall ?

– Int glas, gwenn ha ruz bannieloù Bro-C’hall ha Bro-Saoz !

– Mat-tre ! Ha penaos zo al livioù en ti ?

– Evel ur banne hag evel ur pellgomzadenn…

– Diaes eo goulenn ur penestr serret digant da breur. Lavar din : piv o chom er stal-vutun ?

– Ma mignonez !

– Ha piv eo he kamarad ?

– Henhont, hag ar bananez brav ivez. Dit eo o arc’hant.

– Trugarez ! Bananez eo honhont ?

– Ya, met diaes eo o chom en ti-post ganeoc’h, gant ar sigaretennoù ha gant an all traoù…

– Ebet ki zo dit.

– Gortoz ! Te eo. Tomm out er korn hag er gêr !

– Ma ! Neuze mat eo bezañ echu hag ober bannieloù dindan an dour. Ac’h ! Piv eo hennezh ?

– Ma c’hoar eo ar studierez-se. Xun eo he anv. Koant eo ?

– N’eo ket ! Setu unan all salud !

– N’eo ket yen ar salud-mañ dirak da breur. Eus pelec’h zo ?

– Eus a-dreñv hini ah zo kozh.

– Ar tud kozh oc’h c’hwi !

– Trugarez ! Pelec’h emañ ar pakad ? En ti ?

– Aes eo mont ganin ha gant ur gador tomm ha demata e Iwerzhon.

– A-walc’h ! Kenavo !

– Demat ! Mont a ra ? Alo adarre ! Salud c’hoazh !

– Ken arc’hoazh !

Traduction en français du dialogue absurde ci-avant

– Berk ! Le beurre est bleu dans le bistrot !

– Ce n’est pas du beurre ! Ce sont des bonbons…

– Ce sont des bonbons ?

– Bien sûr ! Ce sont les bonbons du boulanger avec du lait et du cidre !

– Et où se trouve le livre ? Est-il loin de la chaise ?

– Non ! Il est sur la table, à côté de la chaise.

– Merci maman !

– Je ne suis pas ta mère ! Je suis ta sœur. Mon nom est madame El-Kalawi.

– Je ne sais pas qui tu es.

– Tu ne sais pas ? Tu es un imbécile !

– Non, je n’en suis pas un ! Mon père est monsieur Diallo, le maire, et ma mère est une institutrice. Et je ne suis pas blond !

– Non, mais le pain orange est nécessaire. N’est-ce pas ?

– Si ! Et un lit ouvert également !

– Oui ! Et il est facile d’habiter dans une mairie très chaude !

– Oui ! Et il est difficile de fumer avec moi sur un jeune bateau…

– C’est triste, tu veux dire.

– Oui, c’est triste… Regarde ! Qu’est-ce que c’est ?

– C’est du café avec du lait, du chocolat, du cidre, du vin rouge et du tabac…

– Très bien ! Santé !

– Merci ! Qui est le secrétaire ?

– C’est lui : cet homme-ci, avec le sac.

– Ce n’est pas le curé ?

– Non. Le curé est cet homme, là-bas, qui n’a pas de veau avec lui. C’est le fils de mon amie.

– Qui est ton amie ?

– C’est cette fille. Celle-là, avec les cheveux blancs. Elle est médecin.

– Très bien ! Et où se trouve la mer ?

– Là-bas, à côté de l’Angleterre, de l’Irlande, du Pays Basque, de la France et du Pays de Galle…

– …et tout cela est à côté de mon jardin !

– Bien sûr ! Et le journaliste aussi. Tout cela est loin du journal…

– Qui est le journaliste ?

– C’est lui ! C’est cet imbécile-ci ! C’est le mari de l’étudiante !

– Qui est l’étudiante ?

– C’est cette fille-là ! C’est la fille de l’instituteur et la femme du journaliste. Elle est encore en bonne santé.

– Mais elle n’est pas fatiguée ?

– Non, mais papa l’est ! L’eau fraiche s’avère nécessaire…

– Et ce gars est grand…

– Qu’y a-t-il ?

– La rue est verte mais le secrétaire est vieux, seulement dans la maison…

– Peut-être… Pourtant, les vacances se sont approchées… Es-tu prêt ?

– Je suis prêt ! Quel petit-déjeuner se trouve dans les yeux du voisin ?

– Je ne sais pas ! Mais le sucre est sur la table. Le sport, c’est bien, et le travail aussi !

– Tu es une pauvre malheureuse !

– Oui, un peu. S’il te plaît, viens ici, il y a un coin et il pleut.

– C’est un temps breton…

– Venez, les tomates ! C’est très bien de venir et de saluer sans savoir quel hôpital est mauvais !

– Il n’y a plus d’étudiant malade dans cet hôpital le dimanche…

– Et dans le nouveau magasin non plus !

– Quoi ?

– Nous sommes des étudiants originaires de France. De quelle couleur est le drapeau français ?

– Les drapeaux français et anglais sont bleu, blanc et rouge !

– Très bien ! Et comment sont les couleurs à la maison ?

– Comme un coup à boire et comme un coup de fil…

– Il est difficile de demander une fenêtre fermée à ton frère. Dis-moi : qui habite dans le bureau de tabac ?

– Mon amie !

– Qui est son ami ?

– Celui qui est là-bas, et les belles bananes également. Leur argent t’appartient.

– Merci ! Ce sont des bananes ?

– Oui, mais il est difficile d’habiter dans le bureau de poste avec vous, avec les cigarettes et avec les autres choses…

– Aucun chien n’est à toi.

– Attends ! C’est toi. Tu es chaud dans le coin et dans la ville !

– Bien ! Alors il est bon d’être fini et de faire des drapeaux sous l’eau. Berk ! Qui est-ce ?

– Cette étudiante est ma sœur. Elle s’appelle Xun. Est-elle jolie ?

– Non ! Voici une autre salutation !

– Cette salutation-ci n’est pas froide devant ton frère. D’où est-il ?

– De derrière celui qui est vieux.

– C’est vous, les vieux !

– Merci ! Où est le paquet ? À la maison ?

– Il est facile de partir avec toi ainsi qu’avec une chaise chaude et de dire bonjour à l’Irlande.

– Assez ! Au revoir !

– Bonjour ! Ça va ? Allô à nouveau ! Salut encore !

– À demain !

Et voilà pour l’exercice de style de fin août ! Ce dialogue absurde vous a donné envie d’apprendre le breton ? Vous pourrez le faire gratuitement grâce à cette méthode. Vous voulez progresser dans une langue ? Cet article vous donne de bons conseils pour vous améliorer rapidement !

À bientôt sur mon blog pour de nouvelles trouvailles en littérature linguistique !

Jean O’Creisren


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Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

Oui, malgré le confinement, nous fêtons Pâques. Nous célébrons la victoire de la Vie sur la mort. D’où les œufs en chocolat, qui symbolisent la naissance de futurs poussins.

Pâques est célébrée par les chrétiens du monde entier. En France, la majorité des disciples du Christ sont catholiques. Mais les orthodoxes et les protestants sont aussi nos frères et sœurs en Jésus ! 😊

Les catholiques pratiquants représenteraient 0,5 à 1 % de la population française. L’Église catholique en France est un large réseau qui dépasse les classes sociales. Il y a des cathos riches et des cathos pauvres. Il y a des cathos de droite et des cathos de gauche. Il y a des cathos âgés et des cathos jeunes. Il y a des cathos en ville et à la campagne.

Mais malgré cela, l’Église est une. Elle est unie dans sa diversité. Comme marque de son identité, de sa culture commune, elle dispose d’un langage spécifique. Je ne vais pas parler de termes liturgiques et théologiques barbares. La question n’est pas de disserter sur l’étymologie de « périchorèse » ou sur la prononciation de « messe chrismale ». Non, dans cet article, je vais m’intéresser au langage familier des cathos. Ces mots qui n’ont rien de formel, qui font partie d’un grand trip propre à ce milieu. Car oui, les catholiques pratiquants forment un milieu qui dépasse les classes sociales. Si vous faites du théâtre d’improvisation, une synergie se crée dans le groupe. Et pourtant, ce sont souvent des gens qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Ils ont des métiers très divers, gagnent des salaires inégaux et ne pensent pas nécessairement pareil. Néanmoins, ils créent une réalité sociale, avec des interactions, des codes, des délires communs. On retrouve un peu la même chose chez les cathos. Ils ont leurs propres codes, leurs propres blagues et leur propre jargon.

En linguistique, on appelle « sociolecte » tout langage propre à un groupe social. Êtes-vous prêt·e·s pour la leçon de sociolinguistique du jour ? Je vous laisse donc découvrir le sociolecte des cathos francophones… 😉

Ado : diminutif d’« adoration ». Chez les cathos, l’adoration du Saint-Sacrement consiste à prier devant une hostie consacrée, exposée dans un ostensoir. Beaucoup de gens se disent que nous sommes complètement fadas de nous prosterner devant un morceau de pain et de lui adresser nos prières. Seulement, nous croyons que ce n’est plus du pain. Pour nous, c’est le Corps du Christ. Et comme nous croyons que Jésus est Dieu, nous pouvons adorer l’hostie. Car, aussi barré que ça puisse paraître, nous croyons que ce « morceau de pain », c’est Dieu tout-puissant, le Créateur de tout l’univers…

– Mais où étais-tu passé, Nathanaël ? Encore à jouer avec ton portable sous le figuier ?

– Non, papa. J’ai trouvé mieux pour rechercher l’éveil : une heure d’ado à l’heure du dîner, et je suis boosté pour la semaine !

– Certes, mais tu pourrais faire ça à une heure où ça ne gêne pas l’ensemble de la famille ! Je ne pense pas que tu adores le pot-au-feu froid…

« Amen de gloire ! » : formule humoristique (qui ne veut strictement rien dire) pour se moquer des charismatiques. En effet, ces derniers exclament parfois des prières spontanées à voix haute lors des soirées de louange. D’après leur spiritualité, elles sont inspirées par l’Esprit Saint. Ce qui est sûr, c’est que la dimension émotionnelle prime sur la dimension intellectuelle. D’où des phrases qui, selon les mauvaises langues, peuvent manquer de cohérence. Il paraît d’ailleurs que « Merci sois-tu Seigneur ! » a déjà été entendu… Cf. cha-cha.

« Merci sois-tu Seigneur pour la journée de ouf que j’ai passée ! Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit… Amen de gloire ! »

L’autre : le diable. Si Dieu existe et nous aime infiniment, nous pensons aussi que Satan nous déteste. Il ne cesse de nous attirer vers le péché et la souffrance. Parfois, nous allons dans une direction en pensant bien faire car nous y voyons la main de Dieu. Mais il s’avère que cela nous conduit sur un chemin qui nous fait souffrir. Alors, une personne lucide et bienveillante nous dira : « Je pense que c’est plutôt l’autre qui t’a induit(e) en erreur ! ».

Ben : non, non ! Rien à voir avec une fameuse horloge londonienne… C’est juste le diminutif de « bénédicité ». Cette prière est dite ou chantée avant le repas. En voici un exemple :

« Bénissez-nous, Seigneur ! Bénissez ce repas, ceux qui l’ont préparé, et procurez du pain à ceux qui n’en ont pas. Ainsi soit-il ! »

Parmi les nombreuses versions du « ben », une autre est parfois mentionnée pour plaisanter. À titre personnel, il m’arrive d’y faire référence en blaguant. Mais je trouve que la prier pour de vrai serait irrespectueux envers notre Créateur : « Pif ! Paf ! Pouf ! Bénissez la bouffe ! »

Béner : réciter ou chanter le bénédicité. Par exemple, avant de commencer le repas, l’un des convives propose de manière très poétique de bénir le Seigneur pour ses bienfaits et lui demander de nourrir les affamés : « Alors, on bène ? »

Cathomobile : voiture espace qui transporte une famille de cathos. En effet, les cathos ont en général beaucoup plus d’enfants que la moyenne des Français. Ouverture à la vie oblige ! Les catholiques font donc preuve d’autodérision en nommant ainsi ces véhicules souvent un peu usés. Si vous voulez vous assurer que vous avez bien affaire à une cathomobile, un signe ne trompe pas : un autocollant scout ou du groupe Glorious sous la lunette arrière…

« C’est pas très Laudato Si’ ! » : Cette expression signifie « ce n’est pas très écolo ». En effet, le Pape François a pris position pour la protection de l’environnement dans l’encyclique Laudato Si’. Pour nous, polluer est un péché !

Cha-cha : diminutif de « charismatique ». Le Renouveau charismatique est un mouvement spirituel apparu à la fin des années 1960. Les charismatiques prient en chantant, en dansant, en tapant des mains. Ils s’appuient sur les charismes reçus de l’Esprit Saint. Concrètement, une soirée louange peut donner ça. En France, deux communautés cha-chas importantes sont l’Emmanuel et le Chemin Neuf. Cf. dévisser des ampoules.

Clin-Dieu : clin d’œil de la part de Dieu. Les cathos utilisent cette expression lorsqu’ils perçoivent un truc cool qu’ils interprètent comme un signe du Seigneur. Par exemple, je connais un traducteur qui a commencé sa carrière en tant qu’enseignant. Il était très malheureux dans ce métier et pensait à se réorienter. Il a donc traversé la France pour participer à une rencontre entre traducteurs et traductrices. Cela lui a fait très bonne impression et l’a confirmé dans cette nouvelle vocation professionnelle. La rencontre avait lieu sur un week-end. Pour la messe dominicale, il s’est rendu à l’église qui jouxtait le lieu de l’événement. Elle s’appelait Saint-Jérôme. Or ce saint au très mauvais caractère a traduit la Bible en latin au moment de la chute de l’Empire romain. Sa traduction, la Vulgate, a fait foi pendant des siècles au sein de l’Église catholique. Saint Jérôme est donc le patron des traducteurs. Ce jeune homme en réorientation a donc vu un clin-Dieu dans le nom de cet édifice. Il savait déjà qu’il voulait exercer ce beau métier. Mais il a vu dans ce signe une preuve que Jésus pensait bien à lui en ce moment important de sa vie professionnelle. 😊

Deo Gratias : façon de dire « merci » dans certaines communautés religieuses. Cette expression latine peut être traduite de différentes manières : « Dieu soit loué ! », « Dieu merci ! », « (Nous) rendons grâce à Dieu ! », etc. Quelle que soit la traduction, l’idée est de remercier notre Créateur, qui nous aime et qui est la source de tout bien.

Dévisser des ampoules : les charismatiques prient parfois en dansant. Certains chantent donc en se trémoussant sur place avec les mains en l’air. D’où l’expression « dévisser des ampoules » pour « louer le Seigneur ». cf. cha-cha.

– Salut Marie-Sixtine, ça te dit de prendre un verre ce soir ?

– Désolée Kilian, mais j’ai déjà un truc de prévu. Je vais dévisser des ampoules de 19h30 à 23h30. Mais tu peux venir avec moi, si tu veux. Tu verras, c’est super sympa !

Effata : Cette expression araméenne signifie « ouvre-toi ! ». Dans l’évangile de Marc, Jésus guérit un sourd-muet en lui disant « Effata ! ». Ainsi, on peut répondre cela à un catho qui a l’esprit étriqué ou qui ne parle que de ses centres d’intérêt :

– Eh, Jeanne-Marthe, as-tu vu mon nouveau chapelet ? Il est en pur buis. C’est le cinquantième que je fabrique cette année. Je suis un vrai patenôtrier ! Ou « patenostrier » devrais-je dire… Bref, les deux sont acceptés ! Tu sais, « patenôtrier » ou « patenostrier », c’est le nom qu’on donne à une personne qui fabrique des chapelets. Étymologiquement, ça vient de « Pater Noster ». Ça veut dire « Notre Père » en latin. Parce qu’on prie six fois le Notre Père quand on récite le chapelet. Patenôtrier, c’est vraiment le plus beau des métiers ! Savais-tu que…

– Merci pout toutes ces infos, Jean-Baudouin ! Vraiment, je suis admirative de ton talent ! Mais à part les chapelets, qu’est-ce qui t’intéresse dans la vie ?

– Rien ! Mais alors là, rien du tout !

– Effata !

Évanj’ : raccourci d’ « évangélisation ». Cette pratique consiste à parler de Jésus à des gens qui ne le connaissent pas. Même le chrétien le plus convaincu et le plus saint ne connaît pas Jésus dans tous les aspects de sa vie. Tout le monde a donc besoin d’être évangélisé. Mais attention : l’évangélisation n’est pas un prosélytisme agressif ! L’idée est de proposer la Bonne Nouvelle, pas de l’imposer ! Les gens sont libres d’adhérer ou non à la foi chrétienne. Nous pouvons parler de Dieu, mais c’est Dieu seul qui peut choisir de convertir telle ou telle personne, en respectant sa liberté, car Il nous aime. 😊

Si vous voulez rigoler un peu sur le sujet, n’hésitez pas à regarder cette vidéo.

Grenouille de bénitier : cette expression est bien connue même en dehors du milieu catho. Elle désigne familièrement une personne très pratiquante. J’aime bien son équivalent espagnol, un mot qui respire la délicatesse… En effet, meapilas se traduirait littéralement par « pisseur d’eau bénite ».

« Ma femme » : c’est ainsi que certains prêtres et séminaristes désignent leur bréviaire. Cet objet est un livre de prières. Les membres du clergé sont obligés de prier tous les jours certains passages écrits dedans. C’est ce qu’on appelle la « liturgie des heures ». Dans le rite romain, les prêtres sont célibataires. Alors que les personnes mariées doivent être fidèles à leur conjoint, les clercs doivent être fidèles à leur bréviaire…

Pélé : raccourci très courant de « pèlerinage ».

– Que fais-tu pendant les vacances ?

– Je pars en pélé !

– Ah oui ? Où ça ? À Rome ? À Compostelle ? À Lourdes ? À Jérusalem ?

– Non, à La Mecque !

Pharisien : à l’époque de Jésus, les pharisiens étaient l’un des courants dominants du judaïsme. Dans les Évangiles, ils sont présentés comme des Juifs rigoristes qui jugent selon les apparences. Jésus les dérange et ils lui posent parfois des questions gênantes pour le coincer. Mais le Christ arrive toujours à les remettre à leur place par une parole qui enseigne le droit chemin. Chez les cathos, le vocable « pharisien » désigne un chrétien hypocrite. Par exemple, une personne qui irait à la messe tous les dimanches, mais juste pour donner une bonne image afin de briller en société. Ou alors qui croirait détenir la vérité et jugerait les gens qui sont « dans l’erreur » alors qu’elle-même agit d’une manière non conforme à la loi d’amour de Dieu.

« Seigneur, prends pitié ! » : cette phrase est tirée de la prière du Kyrie. Au début de la messe, nous demandons pardon à Dieu pour nos péchés : « Seigneur, prend pitié ! » (ou « Kyrie eleison » en grec). Par extension, c’est une manière humoristique de dire que l’attitude de quelqu’un nous désespère…

– Mon père, j’ai beau expliquer à Bernard qu’il chante comme une casserole, il tient absolument à animer la messe. Tout le monde le lui dit gentiment, mais il a un caractère de cochon et ne veut pas en démordre. Il y a des gens bien plus compétents que lui qui sont prêts à le remplacer. Bernard serait très doué pour faire la lecture au lieu du chant. Mais il s’énerve dès qu’on aborde le sujet. Il nous traite de pharisiens et il a même menacé de chanter l’Internationale pendant la messe de Pâques si on continue à lui résister !

– Quoi ? Seigneur, prends pitié !

Seumé : verlan de « messe ».

– Tancrède, on fait un footing dimanche matin ?

– Merci pour l’invitation Abdoulaye, mais je ne pourrai pas. Je serai à la seumé.

Théo : raccourci de « théologie ».

– Emmanuelle, on se retrouve où pour aller au RU ?

– Juste devant la fac de théo !

– Ça marche ! À toute ma poule !

Tra-tra / tradi : vous connaissez déjà les cha-chas. Mais qui sont les tra-tras ? « tra-tra », « tradi », voire « tra » est le diminutif de « traditionnaliste ». Les tradis sont des cathos qui préfèrent la messe selon la forme extraordinaire du rite romain. C’est-à-dire en latin, comme autrefois. C’est notamment le cas de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre. L’Église catholique est diverse. Certains cathos sont plus à l’aise pour prier comme-ci, d’autres pour prier comme ça. Quoi qu’il en soit, l’Église est une et nos différences sont des richesses.

Udp : sigle utilisé pour conclure une lettre, un mail ou un SMS qu’un(e) catho adresse à un(e) coreligionnaire. Cela signifie « en union de prière ». Par cette phrase, on assure au destinataire du message que l’on prie pour elle ou pour lui. Chez nos frères protestants, « Dieu te bénisse » est une expression plus courante.

En sociolecte catho, voilà ce que pourrait donner une lettre d’amour :

Chère Marie-Astrid,

Lorsque je t’ai vue pour la première fois, c’était à la sortie de la seumé. Ta beauté m’a subjugué. Dans mon cœur, j’ai béni le Seigneur comme un cha-cha : « Amen de gloire ! »

Avec le temps, j’ai pu découvrir ta beauté intérieure. Ado, évanj’, louange… J’aime ta manière de prier ! Je suis notamment un grand fan de la façon gracieuse dont tu dévisses les ampoules !

J’ai été ravi de cette belle conversation lors de notre pélé vers Notre-Dame-des-Petits-Oiseaux. Ta passion pour la théo a éveillé en moi une passion pour la grenouille de bénitier que tu es !

Tu as un côté tra-tra et tu n’oublies jamais de béner avant les pique-niques à l’aumônerie. Profonde, tu fuis tous ces pharisiens qui ne te méritent pas. Quand l’autre m’incite à trop te parler de mes chapelets, tu me dis « Effata ! » avec une bienveillance qui me transfigure.

Rayonnant d’amour comme un ostensoir, je me sens appelé à te donner ma vie. D’ailleurs, nous avons tous les deux des prénoms composés. N’est-ce pas là un clin-Dieu ?

Quelle est ma vocation ? Je sais bien que je ne suis pas appelé à épouser un bréviaire ! Veux-tu être ma femme ? Nous pourrions avoir plein d’enfants et les emmener en vacances dans notre splendide cathomobile… Bon, je sais, comparé au train, c’est pas très Laudato Si’ !

Si tu acceptes mon amour, je dirai « Deo gratias ! » Mais si ma lettre te paraît trop farfelue pour cela, j’espère que tu ne t’exclameras pas « Seigneur, prends pitié ! »

Sur ce, je te souhaite une excellente octave pascale,

Udp,

Jean-Baudouin

Voilà donc ce à quoi ressemble l’argot des cathos ! Ou, pour être plus docte, le sociolecte des catholiques pratiquants. Vous connaissez d’autres expressions familières utilisées dans ce milieu ? N’hésitez pas à me les soumettre en commentaire !

Jean O’Creisren

Crédits image : https://fr.freepik.com/photos-vecteurs-libre/conception


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Il y a exactement trois ans, Fidel Castro est mort. En tant qu’être humain, je ne peux pas m’en réjouir. En tant que chrétien, je prie et j’appelle à prier pour le salut de son âme.

Depuis la révolution de 1959, il aura apporté à Cuba de bonnes et de moins bonnes choses, mais le but de ce message n’est pas de faire de la politique.

Je voudrais simplement me rappeler le livre que le défunt a écrit lorsqu’il était emprisonné, suite à sa première tentative de coup d’État, en 1953. Cet ouvrage s’intitule L’histoire m’absoudra.

Je ne l’ai pas lu, mais je vous encourage à lire un autre livre, intitulé L’histoire me vomira, de Fiel Gastro.

¡¡Hasta la victoria siempre!!

Jean O’Creisren

Crédits images :  Camer.be, « Cuba : Fidel Castro, le père de la révolution cubaine n’est plus », article rédigé par Hugues Seumo le 26 novembre 2016. URL : https://www.camer.be/56195/11:1/cuba-fidel-castro-le-pere-de-la-revolution-cubaine-n39est-plus.html


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Parlez-vous angevin ?

Homenaje al líder máximo

Hace exactamente tres años falleció Fidel Castro. Como ser humano, no puedo alegrarme de eso. Como cristiano, ruego por la salvación de su alma.

Desde la revolución de 1959 el líder máximo le aportó a Cuba buenas y malas cosas, pero el asunto de este mensaje no es hacer política.

Solo quisiera recordar que el difunto escribió un libro cuando estaba encarcelado, después de su primer intento de golpe de Estado, en 1953. Ese libro se titula La Historia me absolverá.

Yo no lo he leído, pero vosotr@s/ustedes podéis/pueden leer otra obra, titulada La Historia me vomitará de Hiel Gastro… 

¡¡Hasta la victoria siempre!!

Jean O’Creisren

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Parlez-vous angevin ?

Ah, Angers ! Cette ville où il fait si bon vivre ! De Joachim du Bellay aux enquêtes sur la qualité de vie en passant par le journal espagnol El País, tout le monde vante la « douceur angevine »…

Mais savez-vous qu’en Anjou, on parle aussi un français un peu différent ? Ce phénomène est observé par la linguiste Henriette Walter dans L’aventure des langues en Occident. La professeure émérite à Rennes-II remarque que le patois angevin a disparu, mais qu’il a laissé des traces sur le parler du Maine-et-Loire. Nous allons voir quelques exemples…

Baner :

Ce verbe signifie « pleurer » ou « crier ». Quand j’étais en primaire, mes camarades et moi utilisions ce terme de manière très courante, comme nous aurions dit « chialer ». En jour, j’étais en train de discuter avec des cousins d’Orléans. Je leur ai parlé d’un enfant qui était en train de baner. Ils n’ont évidemment rien compris. Je me suis demandé d’où ils sortaient, pour ne pas saisir un verbe familier si courant. Ce n’est que des années plus tard que j’ai appris que c’est du patois.

Barrer une porte :

Cette expression signifie « fermer une porte à clef ». Il paraît que ça se dit en Anjou, mais je ne l’ai pas souvent entendu.

Berouette / berrouette :

Brouette. Si vous voulez entendre ce mot, venez pratiquer des activités agricoles dans la région !

Bouiner :

Ce verbe signifie « ne rien faire ». On pourrait le comparer à « glander ». Pour demander « qu’est-ce que tu fais ? » (parfois sous-entendu « on t’attend »), on dira : « qu’est-ce que tu bouines ? »

Brâiller :

Au même titre que « baner », on utilisera ce terme pour parler d’un enfant qui pleure de façon sonore.

Crayon de bois :

Suivant les régions, la mine graphite est appelée différemment. En Anjou, ce n’est ni « crayon à papier » ni « crayon gris », mais plutôt « crayon de bois ». Et ce, même lorsque ces fournitures ne contiennent pas un gramme de matière végétale…

Crémet :

Dessert typiquement angevin. Vous en trouverez la recette ici.

Du coup :

Cette expression, qui signifie « par conséquent », est tout à fait française. Mais j’ai l’impression qu’à Angers, on l’utilise plus qu’ailleurs. Moi-même, je ne suis pas épargné…

Goule :

En patois angevin, on utilise « goule » comme on dirait « gueule » en français familier : « je me suis cassé la goule. »

Liaisons en [n] :

En primaire, je remarquais que certains de mes camarades faisaient des liaisons en [n]. Par exemple, au lieu de dire « il en faut encore », ils disaient « y n’en faut encore ». Je pensais qu’il s’agissait d’une erreur d’enfants qui apprenaient à parler. Mais juste après le bac, j’ai fait la cueillette de pommes avec des adultes qui parlaient de cette façon. Depuis, j’ai eu l’occasion de rencontrer d’autres personnes s’exprimant ainsi. J’ai donc compris que c’est la façon dont on parle dans les campagnes du Haut-Anjou. Personnellement, je trouve que ça comporte un certain charme…

Patouille :

J’ai souvent entendu ce mot étant enfant. Je viens de découvrir que c’est du patois. En gros, la patouille correspond à un truc visqueux et pas très propre. Par exemple, quand un enfant joue avec de la boue ou mélange des aliments qui n’ont rien à voir. Encore aujourd’hui, je fais de la patouille en compostant mes déchets sur mon appui de fenêtre.

Pigner :

Verbe signifiant « geindre » / « pleurnicher ».

Topette :

Non, non, ce n’est pas une insulte homophobe ! « Topette ! » (parfois orthographié « Tôpette ! ») signifie « Au revoir ! » On utilise cette formule pour prendre congé d’une personne avec qui on est familier.

Pour terminer, je vous propose un petit dialogue plein de clichés pour illustrer la douceur de la langue angevine :

— Pourquoi barres-tu la porte avec cette berouette ?

— Parce que mon gamin est en train de brâiller et qu’on ne s’entend plus !

— Du coup, pourquoi il bane comme ça ?

— Il s’est cassé la goule en faisant de la patouille. Il mettait du Côteaux du Layon dans son crémet et il a glissé dessus…

— Y n’en faut peu, pour faire pigner un môme !

— N’insulte pas mon fils, l’ami ! Et d’abord, qu’est-ce que tu bouines ? Tu ne devais pas descendre la Loire sur ta gabare ?

— Certes ! Je me taille ! Topette !

Pour plus d’informations sur le patois angevin, cliquez ici ou ici !

Voilà pour la leçon de linguistique d’aujourd’hui ! J’espère que ça vous a plu… À bientôt pour de nouveaux articles ! Topette ! 😉


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À la mémoire du líder máximo

Riz-dinde au miel (recette en style culinaire-juridique)

Ingrédients :

  • Riz (de préférence produit pas trop loin de chez vous, par exemple en Camargue ou en Italie)
  • Crème fraîche
  • Moutarde
  • Miel
  • Oignons
  • Escalopes de dinde
  • Éventuellement herbes de Provence et/ou cumin selon vos goûts (et/ou allergies).

Ne me demandez pas d’infos sur les proportions ; je fais tout au pifomètre ! 😊

Ustensiles :

  • Assiette ou planche à découper
  • Couteau à viande
  • Couteau à dents
  • Casserole
  • La plus grande poêle que vous aurez sous la main
  • Spatule ou cuillère en bois
  • Cuillère à soupe
  • Cuillère à café
  • Gazinière ou plaque chauffante
  • Allumette ou briquet si non inclus dans la gazinière (non applicable en cas de plaque chauffante)

1/ Faire cuire le riz dans une casserole en respectant le temps de cuisson indiqué sur le paquet. Ne pas oublier de mettre de l’eau !

2/ Pendant que l’eau bout ou pendant que le riz cuit, éplucher les oignons et les couper de la façon qui vous convient le mieux. Les faire bouillir dans une poêle assez grande avec un fond d’eau et d’huile végétale (huile de palme interdite) et couvrir. Goûter de temps en temps pour voir si c’est cuit.

3/ Mélanger environ 2/3 (ou 3/4) de crème fraîche avec 1/3 (ou 1/4) de moutarde et une cuillère à café de miel. Goûter de temps en temps pour vous assurer que la sauce est bonne. Elle doit avoir du goût, comporter assez de moutarde pour être relevée, mais pas non plus au point d’arracher sa race. Le miel doit adoucir par une petite note sucrée.

4/ Couper les escalopes en petits morceaux carrés et les faire cuire à feu vif dans la poêle avec un fond de beurre.

5/ Mélanger les oignons (une fois qu’ils sont cuits) avec la sauce puis verser le contenu dans la poêle une fois que les morceaux d’escalope sont à point.

6/ Verser le riz (il a largement eu le temps de cuire pendant que vous vous occupiez des oignons, de la sauce et de la viande) dans la grande poêle où se trouvent lesdits oignons, ladite sauce et ladite viande. Mélanger et rajouter éventuellement le cumin et les herbes de Provence.

C’est prêt ! Bon appétit ! 😊

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Nous parlons tous arabe sans le savoir…

En été 2017, je suis parti en coopération en Israël et en Palestine. Je me suis donc remis à étudier l’arabe de manière autodidacte.


En effet, j’avais déjà commencé à apprendre cette belle langue lorsque j’étais lycéen puis jeune étudiant. Mais les exigences de la vie professionnelle m’ont empêché de continuer au-delà de la licence. Je me suis donc replongé dans mes bouquins avant et pendant le voyage…


En apprenant de nouveaux mots, j’ai remarqué que nous parlons tous les jours arabe sans le savoir. Laissez-moi vous citer quelques exemples concrets :


« Salle à Manger » : en arabe, salâm Angers (أنجيه سلام) signifie « Bonjour Angers »

– Bonjour Angers ! La Terre Sainte te salue !
– Arrête de parler tout seul et viens jeter un œil à ma salle à manger…

« Chou crâne » : en arabe, shoukran (شكرًا) signifie « merci »
– Regarde comment mon chou crâne avec sa nouvelle moto !
– Merci de lui dire d’arrêter de draguer ma poulette avec…

« Mousse d’argile » : en arabe, moustacjil (مستعجل) signifie « pressé »
– Pourrais-tu me donner un peu de mousse d’argile, s’il te plaît ?
– Désolé, je n’ai pas que ça à foutre car je suis pressé !

« T’as mal où ? » : en arabe, tacmalou (تعمل) signifie « tu travailles » (si l’on s’adresse à un homme) ou « elle travaille »
– T’as mal où, Roger ?
– J’ai mal pour toi à l’idée que tu travailles pour ces escrocs qui t’exploitent, Robert !

« L’abbesse » : en arabe, lâ be’s (بأس لا) signifie « pas mal »
– Comment va l’abbesse ?
– Pas mal, ma foi !

« Ôte-la » : en arabe, coutla (عطلة) signifie « congé »
– Ôte la machine à casser les caillasses de ton bureau tout de suite !
– Pourquoi ?
– Ça fait tellement de bruit que tu ne peux pas faire tes traductions sérieusement… Essaie et ça te fera des congés, tu verras !

« Mal » : en arabe, mâl (مال) signifie « argent »
Proverbe anticapitaliste : « L’argent, c’est mal ! »

« Ara » : en arabe, ‘ârâ’ (آراء) signifie « opinion »
– Quelle est ton opinion sur l’ara macao ?
– C’est quoi ce truc ?
– C’est un oiseau qui vit en Amazonie ainsi qu’en Amérique centrale. Emblème national du Honduras, ce cousin du perroquet est aussi appelé « ara rouge ». Il mesure environ 85 cm et vit en moyenne jusqu’à l’âge de 80 ans. Mangeant principalement des fruits et des graines, il pèse autour d’un kilogramme. En tant qu’oiseau social, l’ara macao ne se trouve presque qu’en groupe, souvent composé d’une vingtaine d’individus. De plus…
– Bon, ça va, j’ai compris ! Mon opinion sur ce machin, c’est que je m’en fiche pas mal…

« Azur » : en arabe, az-zuhr (الظهر) signifie « midi »
À midi, le ciel revêt sa robe d’azur.

« Mouche qu’il a » : en arabe, moushkila (مشكلة) signifie « problème »
– Son problème, c’est la mouche qu’il a sur le nez.
– Alors pourquoi ne la chasse-t-il pas ?
– Parce qu’il est débile et qu’il n’a pas encore pensé que c’est la meilleure solution…


Et ça marche aussi en espagnol ! Dans la langue de Cervantès, comment dit-on « tuer » ? « Matar », n’est-ce pas ? Eh bien en arabematâr (مطار) signifie « aéroport ». Bon, étant donné le contexte actuel de menace terroriste, je m’abstiendrai de faire une énième blague vaseuse par respect pour les victimes de l’islamisme radical.

Il y aurait certainement plein d’autres jeux de mots à faire, alors ceux d’entre vous qui parlent arabe peuvent me proposer quelques idées en commentaire, du moment que c’est publiable (par exemple, évitons la déformation de salâm calikoum que certains de mes anciens collègues connaissent)…

Si vous tenez à avoir un vrai cours de linguistique sur les mots français d’origine arabe, je vous invite à faire un tour sur ce lien

Si vous souhaitez apprendre à parler arabe, je vous recommande l’application Duolingo. Elle vous permettra de travailler cette langue gratuitement à partir de l’anglais.
Maca-s-salâma tout l’monde !


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Quelle est la ville la plus féroce ? Lyon ! Quelle est la ville la plus périlleuse ? La ville d’Angers ! Quelle est la ville où tout le monde est frère et sœur ? Quimper !

Qui n’a pas été bercé dans son enfance par ces jeux de mots qui éveillent l’humour des élèves de primaire ?

Vous qui lisez de temps en temps mes exercices de style sur ce qui me sert de blog, vous avez dû remarquer que je suis un grand gamin… Dans ma famille, on est tous un peu comme ça. Alors je ne vous laisse pas imaginer les repas quand nous nous retrouvons autour de nos parents…

Par exemple, un dimanche où nous étions tous réunis, mes frères et moi nous sommes mis à inventer plein de blagues de ce type sur les villes. Je vais donc vous en faire profiter :

1.      Quelle est la ville la plus riche ?
2.      Quelle est la ville où les Chinois crèvent le plus la dalle ?
3.      Quelle est la ville où les gens ne sont jamais d’accord ?
4.      Quelle est la ville où on perd tout le temps ?
5.      Quelle est la ville où il y a le plus de scouts ?
6.      Quelle est la ville la plus pieuse ?
7.      Quelle est la ville où Tintin, Obélix et Spirou vont cueillir des fraises des bois ?
8.      Quelle est la ville où ce n’est pas beau de dormir ?
9.      Quelle est la ville où on fait caca ?
10.  Quelle est la ville de l’Ouest qui est la plus à l’Est ?
11.  Quelle ville est cerclée d’eau ?
12.  Quelle est la ville la plus drôle ?
13.  Quelle est la ville la plus polaire ?
14.  Quelle est la ville où les papas ne sont jamais contents ?
15.  Quelle ville est à la fois féroce et dangereuse ?
16.  Quel est le village où les églises sont les plus droites ?
17.  Quel est le bourg qui a le plus de rues ?
18.  Quelle est la ville où il ne se passe jamais rien ?
19.  Dans quelle ville les Bretons se sentent chez eux ?
20.  Dans quelle ville mange-t-on du steak de baleine avec des pâtes ?

Réponses :

1.      Bourges
2.      Paris
3.      Nancy
4.      Toulouse
5.      Caen
6.      Metz
7.      Roubaix
8.      Limoges
9.      Pau
10.  Lorient
11.   Lille
12.  Vannes
13.  Rennes
14.  Perpignan (plus d’explications sur ce lien)
15.  Le Lion d’Angers (bon, c’est sûr, il fallait connaître la géographie du Haut-Anjou)
16.  La Chapelle d’Aligné (bon, c’est sûr, il fallait connaître la géographie du Sud de la Sarthe)
17.  Strasbourg (bon, je sais que ce n’est pas un bourg, mais si vous avez des notions d’allemand, vous comprendrez le calambour)
18.  Nevers
19.  Le Caire (plus d’explications sur ce lien)
20.  New York.

Bon, il est fort possible que vous ayez déjà entendu certaines de ces blagues par ailleurs, mais ce n’est que coïncidence. De toute façon, les blagues, les mots et autres expressions sont difficilement brevetables.

Quoi qu’il en soit, nous avons passé un bon déjeuner entre frères à retomber en enfance, sous le regard désespéré de nos parents…

Crédits image : https://www.freepik.com/free-photo/laughing-couple-with-wine-notebook_1891957.htm


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Bonjour à toutes et à tous !

Ah, l’argent ! Le nerf de la guerre ! La finance est l’objet de nombreux débats. Certains y voient la clé du progrès alors que d’autres y voient la cause de tous les maux de notre monde globalisé.

Dans cet article, je ne vais pas parler politique. L’idée est juste de faire un petit exercice de style sur le vocabulaire financier.

Oui, car même les gens qui travaillent dans le secteur de la finance vous diront qu’ils n’y comprennent rien. En effet, on vous parle de tontine, de prospectus de vente, d’agent de transfert, de compartiment, de produit monétaire, de sous-pondération, de teneur de registre, de DICI, de fonds maître-nourricier, de swap, d’alpha, d’inflation tendancielle, de prix de transfert, de jour bancable ou de sentiment de marché… Que de termes ésotériques ! Un vrai casse-tête !

Pourtant, il s’agit à chaque fois de la même chose, à savoir d’argent. Alors, comment vulgariser tout ça ?

Si l’on remplaçait certains termes du jargon financier par des synonymes du mot « argent », le résultat serait bien plus compréhensible. D’autant plus que la langue française est assez fournie en la matière. On essaie ?
Allons-y !

Imaginez que vous, Français(e) lambda, vous souhaitez placer une partie de votre épargne afin la faire fructifier. Vous allez donc voir votre conseiller bancaire, qui pourrait vous répondre ceci :

« L’encours de votre compte est assez important pour que vous puissiez placer une partie de votre avoir dans le fonds Foytougol-Kanaro. Votre investissement vous donnera accès à des titres financiers et votre capital produira peut-être un retour sur investissement, qui vous permettra d’obtenir des liquidités à terme. Le fonds Foytougol-Kanaro touchera, quant à lui, une commission sur les actifs que vous placerez chez lui. »

Si l’on traduit en français de tous les jours, voici ce que ça donne :

« La quantité de fric sur votre compte est assez importante pour que vous puissiez foutre une partie de votre flouze dans la boîte à pognon Foytougol-Kanaro. Votre investissement vous donnera accès à une paperasse qui dit où vous avez foutu vos briques et votre pèze produira peut-être du blé, qui vous permettra d’obtenir des pépètes à terme. La boîte à pognon Foytougol-Kanaro touchera, quant à elle, un peu d’oseille sur l’ensemble des thunes que vous foutrez chez elle. »

Et voilà pour l’exercice de style d’aujourd’hui !

Si par hasard vous avez vraiment besoin d’un linguiste qui s’y connaît en finance, ne faites surtout pas appel à moi ! Je vous recommande plutôt Pierre Jeanson, un traducteur reconnu en la matière. Il saura vous fournir des services à hauteur de ses compétences… Bonne navigation dans le monde du flouze et du pognon !

Crédits image : https://fr.freepik.com/photos-libre/dollar-billie-avec-business-chart_1025792.htm


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« Aujourd’hui, les jeunes ne lisent plus ! Ils sont tout le temps cramponnés à leurs portables et à Internet et ils écrivent n’importe comment… » Autant de discours défaitistes que l’on entend çà et là…

Mais si les nouvelles technologies pouvaient être précisément le laboratoire de nouvelles productions littéraires ?

Imaginons un groupe d’amis étudiants qui aime se réunir régulièrement pour déjeuner au restaurant universitaire (RU). L’un d’entre eux enverrait habituellement un SMS collectif comme :

« Bonsoir à tous ! Qui déjeune au RU demain ? »[1] Ou encore « RDV à 12h15 place André Leroy ».

Jusque là, rien de bien original… Mais ce même étudiant peut aussi explorer d’autres styles littéraires que les formulations plates citée ci-dessus. Voici plusieurs exemples, dont certains sont d’authentiques « textos » envoyés jour après jour à la même liste de diffusion.

–          Le style « vite dit » :

Quibouforudeumain ? 

–          Le style « formel » :

Madame, Monsieur,

Si vous désirez déjeuner au restaurant universitaire demain, veuillez me retrouver à 12h15 à la place André Leroy.

Dans l’attente de vos nouvelles, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.

Jean O’Creisren

–          Le style « faux espoir » :

Salut les amis ! J’espère que vous allez tous bien. Je viens d’avoir une super idée ! Que diriez-vous qu’on se fasse une bouffe entre potes ? Je vous propose donc, pour ceux qui le peuvent, de nous retrouver à 12h15 place André Leroy pour aller au RU.

–          Le style « politique »[3] :

Françaises, Français, mes chers compatriotes,

En 2012, je vous propose le changement ! J’ai décidé d’être candidat aux élections gastronomiques car j’ai le souci de manger. Pour le déjeuner de demain, je vous propose une alternative radicale à ce qui se pratiquait jusqu’à présent. Ce midi encore, le rendez-vous était fixé à 12h15 pour aller ensemble au RU. Demain, c’est à 12h10 que nous nous unirons pour une marche de la place André Leroy jusqu’au boulevard du Roi René en protestation contre la faim dans nos ventres.

Vive les choux à la crème, avec O’Creisren !

–          Le style « révolutionnaire » :

Travailleuses, Travailleurs,

On vous crève à la tâche ! On vous spolie des nuits entières à vous faire préparer vos partiels, vos dossiers, vos séminaires ! On vous exploite à un travail inhumain qui vous aliène à la musique, à l’histoire, aux sciences de l’éducation, aux sciences de l’opium du peuple[4] ! Ça ne peut plus durer !

Je vous appelle, au nom de tous nos camarades de Lutte Étudiante, à faire la Révolution ! Demain, venez nombreux à la marche populaire qui partira à 12h15 de la place Dédé Leréactionnaire pour prendre le RU d’assaut ! Nous allons leur montrer qui nous sommes !

¡¡Viva la Revolución!!

¡¡Hasta la victoria siempre!!

–          Le style « exploitation » :

Salut les amis ! Voici un message un peu différent de d’habitude pour le RU… Si, si, j’ai encore des idées ! Aujourd’hui, la différence ne réside pas dans la forme mais dans le fond. En bref, demain, j’irai vendre des places pour la soirée fluo et paillettes dans le hall du RU, mais j’ai aussi envie de déjeuner avec vous. Seriez-vous prêts à venir m’aider dans ce service, sachant qu’on déjeunera là-bas ensemble avant ou après ? Peut-être y aura-t-il même d’autres volontaires, auquel cas il n’y aura pas forcément besoin de nous. Êtes-vous chauds comme des baraques à frites pour me rendre ce petit service ?

–          Le style « télégraphe » :

RDV. Stop. Place André Leroy. Stop. RU. Stop. 12h15. Stop.

–          Le style « javanais » :

Quidigui mandangan  jodogo rudugu deudeugueumindinguin ?

–          Le style « imitation d’une langue exotique imaginaire » :

Ki dê-jeun ohru dheu-min ?

–          Le style « scout » :

Salut les gus ! Prêts pour le grand jeu de demain ?

Il commencera après la rupture du rasso, à 12h15.
Il s’agira de faire le parcours du combattant depuis la place André Leroy.
Tout d’abord, vous devrez effectuer une petite course à cloche-pied tout le long de la rue Paul Bert, puis vous traverserez le pont de singe qui passe au-dessus du boulevard Foch. Enfin, c’est après avoir rampé dans la gadoue tout le long du boulevard du Roi René que vous arriverez au fortin où la graille est jalousement gardée par une patrouille de Témoins de Jéhovah[5] en furie. Il faudra vous emparer du butin au terme d’une prise de foulards acharnée. La patrouille qui le remportera gagnera le grand jeu et pourra déjeuner.

Fraternel Salut Scout,

Ornithorynque W.

–          Le style « catho illuminé » :

Chers frères et sœurs, réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse, car le Seigneur nous donne chaque jour ce dont nous avons besoin. Alléluia ! Demain, laissons-nous guider vers le RU où, nous qui avons soif de nourriture et de boisson, nous serons rassasiés ! Rassemblons-nous en enfants gastronomes à 12h15 sur la place André-Lepape pour marcher sur les pas de saint Félicien et témoigner de notre faim ! Dieu vous bénisse !

–          Le style « ivrogne »[6] :

Hrhey, qui peut hic ! man… man-man… manger au RU de… hips ! demaiiiiiiin ? Dessaoulé de parler cocomsa, hi ! hi ! hi ! J’hic ! J’ai fait la fêfffffête ce soiiir et hips ! J’ai un p’tit peu bu !

–          Le style « gendarme » :

Bonjour messieurs-dames, Gendarmerie Nationale ! Vous êtes priés de me suivre au RU pour un contrôle gastronomique. Notre fourgon partira à 12h30 de la place André Leroy. Soyez ponctuels ! Toute tentative de fuite sera sanctionnée par une contravention de première catégorie.

–          Le style « râleur vulgaire » [7] :

Putain de bordel de merde ! Demain, je sens que je vais encore crever la dalle… Ça me fait chier mais d’une force de devoir bouffer tous les jours ! Bon, alors, vous venez grailler avec moi au RU demain ? Oui ou merde ? Et me faites pas chier à me demander à quelle heure on se retrouve, vous savez très bien que c’est 12h15 place André Leroy. Allez vous faire foutre !

–          Le style « prout-prout » :

Très chers, qui d’entre vous compte se restaurer au RU demain ? À midi et quart, nous entreprendrons une charmante petite promenade depuis la place André Leroy jusqu’au boulevard du Roi René. Vous me voyez ravi de vous y inviter.

–          Le style « banlieusard » :

Wech gros ! On s’fait une bouffe c’midi ? Ça vous dit on s’retrouv’ cepla Dréan Royle ? 12-15, ça vous branche ? Yo tout l’monde !

–          Le style « médiéval » :

Oyez, oyez, bonnes gens ! Le seigneur de Deilyr de Lin Güist, messire le chevalier Jean Haut de Cresse-Reine, vous convie demain à un festin en l’honneur du déjeuner. Venez bouter la faim hors de vos ventres ! Venez emplir vos panses de moult frites, poulards, poissonnets et autres victuailles savoureuses ! Afin de festoyer dans la salle des bals du château de Rhült, nous devons d’abord prendre cette forteresse gardée par des félons d’hérétiques chaque vendredi. Raillions-nous pour partir guerroyer à midi sur la place de nostre bon Roy André. À l’assaut ! Montjoie ! Saint Denis !

–          Le style « poétique » :

Venez, mes chers amis, vous rassasier au RU !
Venez vous délecter de ses mets ordinaires !
Demain, marchons d’un pas très universitaire ;
Depuis André Leroy, nous parcourrons les rues.

–          Le style « Capitaine Haddock » :

Salut, marins d’eau douce ! Que diriez-vous d’une petite traversée du cap André Leroy à la crique du Roi René demain midi, à la recherche du trésor de Miamiam le Ru ? Tonnerre de Brest ! J’allais oublier de vous préciser à quelle heure on largue les amarres…
– Amarres larguées !  Poil au nez !
– TA GUEULE ! On est dans Tintin, là, pas dans Astérix !!! Essaie un peu de suivre, espèce de moule à gaufres !… Hm, hm… Donc comme je vous disais, on largue les amarres à 12h15. En route pour de nouvelles aventures !

–          Le style « Obélix » :

 J’ai faim, par Toutatis ! Et je me sens un peu faible… Je mangerais bien un ou deux sangliers. Des sangliers ! Chic ! Chic ! Chic ! Allez, viens, Idéfix ! On va en cueillir dans la forêt de Ruix avec tous les Andégaves[2] qui aiment chasser. Nous partirons de l’entrée du village (forum du chef Andrix) à la quatrième heure (bref, à 12h30). Miam ! Miam ! Miam ! 

–          Le style « schtroumpf » :

Salut les schtroumpfs ! Qui veut schtroumpfer au RU demain ? Comme d’habischtroumpf, rendez-vous place André Leschtroumpf à 12h15. Bonne schtroumpf ! 

–          Le style « écolier » :

Salut les copains ! Eh, qui veut manger à la cantine avec moi demaiiiiiiiiiiiin ? On va manger plein de bonbons ! Mais si vous disez non, eh ben j’vais l’dire à ma maman, d’abord ! Na !

–          Le style « maîtresse » :

Bon, les enfants, qui mange à la cantine, demain ?

Le style « juridique » :

Accord de pause déjeuner

Il est convenu entre :

–          Jean O’Creisren, étudiant au capital de pas beaucoup d’€ dont le studio est établi quelque part à Angers (ci-après dénommé « l’Expéditeur du texto »), d’une part,
et


–          Henri-Pacôme Bensoussan, Mohammed de Broglie, Xun Diallo, Ana María Elkalaoui et Syméon Zhang (ci-après dénommés « les Potes de Expéditeur du texto »), d’autre part,


(ci-après dénommés collectivement « les Parties »)


l’accord de pause déjeuner  (ci-après dénommé « l’Accord ») exposé dans les présentes.


1. Les Parties conviennent d’un rendez-vous ce midi à 12h15 à la sortie de l’Université catholique de l’Ouest, sise au 3, place André Leroy, 49008 Angers (ci-après dénommé « le Lieu de rendez-vous »).


2. Lorsque les Parties seront parvenues au Lieu de rendez-vous susmentionné, elles se dirigeront ensemble au restaurant universitaire des Beaux-Arts sis à côté du parc où les étudiants font bronzette après le déjeuner en juin (ci-après dénommé « le RU »). Lors du trajet, il est autorisé de chanter, de raconter des blagues, de débattre et de discuter de tout et de rien. Toutefois, les Parties ne peuvent ni insulter les passants, ni voler les sacs à main des personnes âgées, ni lancer des pierres sur les voitures circulant de la rue Paul Bert au boulevard du Roi René.


3. Lorsque les Parties seront arrivées au RU, l’Expéditeur du texto est expressément autorisé à danser la danse de la pomme de terre sous le regard amusé des Potes de l’Expéditeur du texto et le regard étonné des passants. Le cas échéant, l’Expéditeur du texto s’engage à assumer la honte qui découlera d’un tel fait, notamment si la scène est filmée est divulguée en ligne. Toutefois, il est expressément interdit de passer devant les étudiants qui font la queue à l’entrée du RU.


4. Lorsque les Parties se serviront au RU, il leur est fortement recommandé de choisir une alimentation saine et équilibrée.


5. Lors du repas, il est expressément interdit de roter ainsi que de manger avec les doigts ou sans fermer la bouche.


6.
L’Accord est régi par le droit coutumier ainsi que par le Code des bonnes manières à table en Anjou. En cas de non respect du présent Accord par l’une ou l’autre des Parties, cette dernière sera rappelée à l’ordre oralement par ses potes.
 

On peut également imaginer des messages en langues étrangères. Parfois, celles-ci ne sont pas parlées par le destinataire. Certains indices peuvent donc lui permettre de comprendre les informations principales du message. Ainsi, tout le monde a compris ce SMS en arabe :

« Salâm calikum yâ ‘asdiqa’î! Keyfa-l-hâluk al-leyla? ‘Ana djayyîd, wa-l-hamdu-lillah! Wa-l-câ’ila? Man sayakulu fî-r-restaurant universitaire min al-ghad? Sawfa ‘ana fî place André Leroy bi 12h10. Leyla sacida! »

L’on peut aussi proposer un mensaje de texto en espagnol :

¡Hola tod@s!

¿Qué os parece almorzar en el comedor universitario mañana? Podemos salir de la plaza Andrés Rey a las doce y cuarto. Un poco temprano, ¿verdad? Pero así son horarios entre los gabachos…

Buenas noches

Un fuerte abrazo

Juan

… ou encore un small message service (SMS) en anglais :

Hi everybody! Would you like to eat some frogs at the university refectory tomorrow? We can meet at quarter past twelve at King Andrew Square. C u 2morro!

… et pourquoi pas un mandatum en latin ? Bien entendu, afin de rester dans l’ambiance culinaire du RU, écrivez de préférence votre texto dans un latin de cuisine :

Ave amici ! Qui edere in restauranto universitairo crastino die ? In praedicto loco  platea Regis Andraeae à 12h15. Cras !

Crédits images : https://fr.freepik.com/photos-gratuite/groupe-amis-heureux-partage-smiley-emoji-telephone-mobile_2602369.htm


[1] La plupart de ces messages sont d’authentiques SMS qu’il m’est arrivé d’envoyer dans différents élans d’inspiration à mes amis pour marcher de la Place André Leroy (qui se trouve devant les locaux de l’Université Catholique de l’Ouest, à Angers) au RU dit des Beaux-Arts, sur le boulevard du Roi René.
[2] Tribu gauloise qui peuplait l’Anjou à l’époque de la conquête de Jules César.
[3] Envoyé quelques jours avant le premier tour des élections présidentielles de 2012.
[4] « Sciences de l’opium du peuple » signifie « théologie » en terminologie marxiste.
[5] Des témoins de Jéhovah avaient effectivement l’habitude de faire du prosélytisme à la sortie du RU le vendredi midi.
[6] SMS envoyé suite à une soirée de folie avec ce même groupe d’amis, de laquelle une personne n’est pas rentrée dans son état normal après avoir abusé de… Cola-Cola.
[7] Bizarrement, ce texto n’a pas été très apprécié par les destinataires, malgré un long post scriptum précisant qu’il fallait bien évidemment le prendre au 72e degré.


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