L’ingérence et la corruption dans l’histoire politique de l’isthme de Panama (1501-1941)

Entre l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud, l’isthme de Panama est un territoire à l’histoire passionnante. Depuis sa découverte par les Espagnols au début du XVIe siècle, cette fine bande de terre interocéanique a toujours été convoitée tant pour sa position stratégique que pour ses richesses. Il n’est donc pas étonnant que son histoire politique soit jalonnée d’épisodes d’ingérence et minée par la corruption… À l’heure où la République du Panama élit son nouveau président et doit relever des défis de taille, intéressons-nous à son passé captivant ! 😀

Au Panama se trouve la plus grande mine de cuivre d’Amérique centrale, qui génère près de 4 % du PIB et 65 % des recettes des exportations. Elle est exploitée par le consortium canadien First Quantum Minerals. Le 20 octobre 2023, le contrat entre celle-ci et l’État panaméen a été adopté pour 20 ans renouvelables. Des manifestations ont commencé à partir de cette date. Des associations écologistes, des corps de métiers, des syndicats, des groupes amérindiens et des étudiants, entre autres, ont exigé l’annulation de cet accord. Ils ont dénoncé la corruption y ont voulu protéger les ressources naturelles. Ils ont également considéré que cette mesure ne respecte pas la souveraineté nationale, estimant que l’exploitation de cette mine est un vol envers le peuple panaméen. Afin de mieux comprendre les racines de ce conflit, nous pouvons nous pencher sur l’histoire de l’Isthme

Avant d’approfondir ce sujet, il convient de définir les concepts clés. D’après le Larousse (version numérique disponible sur ce lien), l’ingérence est, entre autres, l’« intervention d’un État dans la politique intérieure d’un autre État. » Dans cet article, nous nous baserons sur la définition retenue par le droit international, à savoir le fait qu’un État ou une organisation internationale intervienne dans la politique intérieure d’un État souverain sans l’accord de ce dernier (vous trouverez une définition plus complète de ce concept sur le site Internet de l’ENS de Lyon). Nous pouvons considérer comme la personnalité morale d’un État souverain soit la majorité de ses citoyens soit ses dirigeants, en principe élus démocratiquement par le peuple. Concernant la corruption, le Dictionnaire de l’Académie française définit, entre autres, ce concept emprunté du latin classique corruptio (« altération », « séduction ») de la manière suivante : « Le fait de détourner une personne de son devoir, de la soudoyer, de la suborner. User de corruption pour parvenir à ses fins. Recourir sans scrupule à la corruption. DROIT. Corruption active de fonctionnaire, délit consistant à solliciter d’un fonctionnaire un acte contraire à son devoir, en faisant appel à ses intérêts propres. Corruption électorale, pratique consistant à acheter les suffrages lors d’une consultation électorale. La corruption électorale est punie de la privation des droits civiques. Corruption passive, le fait de se laisser détourner de son devoir par de l’argent ou tout autre moyen de subornation. Le trésorier de cette association a été soupçonné de corruption passive. »

Compte tenu des éléments ci-avant, nous pouvons nous demander : Quels rôles jouèrent l’ingérence, d’autres types d’influence étrangère légitime et illégitime, ainsi que la corruption et les autres formes de manipulation de la part d’acteurs extérieurs, dans l’histoire politique de l’Isthme de Panama depuis l’ère coloniale jusqu’au milieu du XXe siècle ?

Pour répondre à cette question, nous suivrons le cours de l’histoire de cette région, en commençant par la phase qui s’étend de la conquête espagnole au projet de canal français (1501-1868). Nous nous intéresserons ensuite au rôle de l’influence étrangère dans la construction du canal et l’indépendance du Panama (1879-1914). Pour finir, nous terminerons notre étude chronologique en considérant ce qui se produisit entre la fin des travaux du canal de Panama et la Seconde Guerre mondiale (1914-1941).

  1. De la conquête espagnole au projet de canal français (1501-1868)

Entre deux océans et deux sous-continents, l’isthme de Panama est situé dans un lieu stratégique et naturellement ouvert à l’influence de plusieurs peuples. Nous verrons que cela est déjà documenté bien avant avant le projet de canal interocéanique.

D’après ce que savent les historiens, nous pouvons affirmer avec certitude que le début de l’ingérence sur le territoire de l’isthme de Panama remonte à 1501, quand les Européens mirent pour la première fois le pied sur cette terre. Christophe Colomb visita lui-même ces contrées lors de son quatrième voyage en 1502 et écrit au roi Ferdinand le Catholique qu’il s’agissait des terres les plus fertiles du monde. Ce fut alors que les Espagnols s’y installèrent ; ils y furent immédiatement harcelés par les autochtones. Vasco Núñez de Balboa leur imposa son autorité et se lia d’amitié avec quelques puissants chefs tribaux. Ces derniers lui révélèrent l’existence d’une autre mer, au bord de laquelle prospéraient des royaumes très riches en or. En 1513, l’expédition dirigée par le conquistador atteignit l’océan Pacifique, où les Amérindiens lui confirmèrent l’existence d’un grand empire au midi, c’est-à-dire l’Empire inca. Ainsi, la ville de Panamá la Vieja fut construite, servant de base pour conquérir l’Amérique du Sud.

Pendant l’époque coloniale, les Espagnols durent faire face à l’ingérence d’autres puissances européennes ainsi qu’aux pirates des Caraïbes. En effet, Portobelo était la ville dans laquelle étaient entreposés les trésors provenant des colonies méridionales. Le célèbre corsaire Francis Drake essaya de prendre la région pour y établir une base anglaise dans les Caraïbes et mettre en échec l’empire colonial espagnol. Il fut vaincu et mourut en 1596 face à Portobelo. Cette ville fut également attaquée par le pirate Morgan, qui incendia ensuite Panamá la Vieja, dont il ne reste aujourd’hui que des décombres. En 1663, la ville actuelle fut établie sur un lieu plus facilement défendable. Plus tard, des Écossais fondèrent des colonies dans le Darién, avec l’intention de relier par un chemin les deux océans. Après des conflits avec les Espagnols, la paix fut signée en 1700, puis les Britanniques abandonnèrent ce projet. Le XVIIIe siècle marqua le début du déclin de l’empire colonial espagnol en Amérique. À cette époque, la zone de l’isthme dut faire face aux attaques constantes des pirates des Caraïbes, ainsi qu’aux conflits contre les Amérindiens du Nicaragua et du Darién, qui détruisirent de nombreux villages. En 1746, les Anglais portèrent le coup de grâce à Portobelo. Les Espagnols arrêtèrent donc d’y entreposer des richesses. Les familles aisées avaient déjà commencé à déserter la bande de terre, qui commença à péricliter.

Par conséquent, le Panama commença le XIXe siècle sous l’aspect d’une petite province oubliée d’un empire en pleine décadence. Les révolutions américaine et française constituèrent d’autres influences étrangères, qui diffusèrent des idées indépendantistes sur le continent. Profitant de l’affaiblissement de couronne espagnole du fait de l’invasion napoléonienne, Simón Bolívar prit la tête de la révolte dans la zone qui englobait notamment le territoire qui nous intéresse. Il vainquit les armées royales lors de la bataille décisive de Boyacá (actuelle Colombie) le 7 août 1819. L’isthme de Panama quitta donc la domination de la métropole pour être rattaché au nouvel État de Grande Colombie. Autour de l’an 1835, les États-Unis manifestèrent pour la première fois un certain intérêt pour cette région. En effet, ils avaient déjà acheté la Louisiane aux Français, s’ouvrant ainsi un accès à la mer des Caraïbes. Le territoire de l’Isthme est une bande de terre très fine, qui permet de passer facilement d’un océan à l’autre. Or, en 1848, commença ce qu’on appelle la « ruée vers l’or ». Des mines étaient exploitées en Californie et le Panama était la route la plus sûre pour que les minerais fussent transportés jusqu’à la côte orientale des États-Unis. En effet, le Middle West était marqué par les conflits avec les Indiens ; ces peuples massacrés et affamés volontairement par les étasuniens ne perdaient aucune occasion de prendre en embuscade les diligences et les trains chargés de marchandises et de matières premières de valeur. De ce fait, l’or transitait par le Panama. Les navires étaient déchargés sur la côte Pacifique, puis la cargaison était transportée en canoë le long du fleuve Chagres. Enfin, elle était acheminée à dos d’âne jusqu’à la mer des Caraïbes. Le président américain Andrew Jackson (1829-1837) avait déjà en tête l’idée d’un canal interocéanique. Dans les années 1850, un traité fut signé entre les États-Unis et la Colombie afin d’utiliser l’isthme en tant que route commerciale. En 1855 fut inaugurée la ligne ferroviaire qui marqua la fondation de la compagnie des chemins de fer du Panama. La ville de Colón fut construite à cette époque, en tant que terminal de cette liaison sur la côte atlantique, mais aussi afin d’assumer la fonction de port pour des grands navires à vapeur. Après l’inauguration de cette ligne, l’isthme était constamment traversé par des milliers de personnes.

En somme, bien avant le projet français de canal interocéanique, le Panama était considéré par tous comme une zone stratégique et riche en ressources. C’est pour cela que toutes les puissances militaires et économiques de la région convoitaient cette bande de terre. Entre le XVIe et le milieu du XIXe siècle, les uns et les autres essayaient de la conquérir par les armes. Nous verrons qu’à l’époque contemporaine, d’autres moyens furent utilisés pour s’approprier ce lieu désiré par tant de monde…

Quelle est l’histoire de la construction du canal de Panama ?

II. La construction du canal et l’indépendance du Panama (1869-1914)

Le grand tournant dans l’histoire de l’isthme fut indubitablement la construction du canal, qui conduisit à l’indépendance de la République du Panama. Quel fut le rôle de certaines puissances étrangères dans le déroulement de ces événements ? Quelles armes utilisèrent-elles pour que tout se produisît selon leur volonté dans cette bande de terre si convoitée ?

En 1869, le commandant étasunien Thomas Oliver Selfridge dirigea une expédition à travers l’isthme afin de vérifier la faisabilité d’un canal interocéanique à cet endroit. Presque tous ses hommes moururent d’une fièvre mystérieuse. Par conséquent, les États-Unis apportèrent leur soutien à un autre projet, au Nicaragua. De son côté, le célèbre diplomate français Ferdinand de Lesseps envoya sur les mêmes lieux l’ingénieur Lucien Napoléon Bonaparte-Wyse, qui ambitionnait de marquer l’histoire, comme con grand-oncle Napoléon Ier. De façon similaire, les hommes tombèrent les uns après les autres. L’explorateur avança donc à marche forcée pour atteindre la côte pacifique avant d’être touché par la fièvre en question. Après y être parvenu, il prépara rapidement un contrat avec le gouvernement colombien afin de construire un canal à travers l’isthme. Le comte de Lesseps soutint ce projet, cachant la réalité tragique de l’expédition de Wyse. En mai 1879, une réunion fut convoquée, rassemblant les meilleurs ingénieurs du monde, afin qu’ils décidassent quel projet choisir entre les deux canaux, à savoir le nicaraguayen et le panaméen. Thomas Oliver Selfridge et Ferninand de Lesseps se faisaient face. Ce dernier sut vendre du rêve et proposa un canal à niveau, comme il l’avait fait avec prestige à Suez. Il ne parla pas de la mystérieuse fièvre et partait gagnant car la plupart de des votants étaient français. Son projet fut approuvé avec une très faible majorité. Le gouvernement français ne lui apporta pas son soutien. La société chargée de la construction du canal chercha des fonds privés, acheta la presse et attira des actionnaires en diffusant l’idée que le Panamá était synonyme de « progrès ». En 1881, les travaux commencèrent sous la direction d’Henri Bionne. Des milliers d’ouvriers arrivèrent sur les lieux, originaires pour la plupart de Jamaïque ou de la Nouvelle-Orléans. Finalement, la fièvre jaune et le paludisme tuèrent des milliers d’ouvriers et d’ingénieurs. En 1882, un tremblement de terre causa la mort de plusieurs travailleurs et détruisit de nombreuses infrastructures. Les travaux n’avançaient pas aussi vite que prévu et les ouvriers, qui voyaient mourir leurs camarades, étaient démoralisés. En France, l’opinion publique et les actionnaires commencèrent à perdre confiance. Après la mort de Bionne et le départ de Jules Dingler, qui avait perdu toute sa famille à cause de la fièvre jaune, Lesseps nomma Philippe Bunau-Varilla à la tête du chantier. À la suite d’un cyclone aux conséquences tragiques (50 employés y trouvèrent la mort et la société y enregistra de nombreux dommages matériels), le jeune ingénieur en chef déclara au comte qu’il fallait abandonner l’idée d’un canal à niveau pour en réaliser un fonctionnant à l’aide d’écluses. Lesseps convoqua plusieurs ingénieurs (dont Gustave Eiffel) afin de concevoir ce nouveau projet, mais il était déjà trop tard. Las actions de la société chutèrent sans cesse et, après une tentative de financement au moyen d’une loterie frauduleuse, la faillite se produisit sans attendre. Beaucoup d’investisseurs, dont un grand nombre étaient de condition modeste, perdirent tout leur avoir, ce qui provoqua une crise économique en France. Ferdinand et Charles de Lesseps y furent jugés pour malversation. Il fut prouvé que des législateurs avaient reçu des pots-de-vin pour que le parlement autorisât la loterie. La France avait tenté d’influer sur l’histoire de l’Isthme à l’aide de nouvelles armes, à savoir l’argent et la corruption. Cela devait se solder par un échec aux conséquences dramatiques. Toutefois, le projet allait se poursuivre à travers une autre puissance étrangère qui sut utiliser à sa manière des ressources financières et stratégiques.

En 1889, la faillite de la société française ruina de nombreux Français, mais l’un d’entre eux voulut récupérer sa mise : le dernier ingénieur en chef du projet, Philippe Bunau-Varilla. Ce dernier se mit en relation avec Theodore Roosevelt, élu président des États-Unis en 1901, qui voulait transformer son pays en une puissance mondiale et avait pour projet de contrôler les deux océans. Le Sénat étasunien soutenait l’idée d’un canal interocéanique passant par le Nicaragua, mais le président apprit que la société française en liquidation voulait céder pour 40 millions de dollars (soit environ 1 000 000 000 $ en valeur actuelle), 12 000 hectares de propriété foncière, le chemin de fer, du patrimoine immobilier (hôpitaux, bureaux et logements pour les salariés), ainsi qu’une immense quantité de machines (pelleteuses, grues, locomotives, wagons, etc.). Bunau-Varilla essaya de corrompre un membre clé du Sénat, chef de file des soutiens au canal nicaraguayen, mais sans succès. Quelques jours avant le vote, une éruption explosive dévasta la Martinique. En ce triste jour de 1902, le Mont Pelée fit disparaître environ 30 000 personnes et la panique des volcans s’étendit à toute la région. Le Français profita de cet événement tragique pour envoyer à chaque sénateur une lettre avec un timbre du Nicaragua, sur lequel apparaissait l’image d’un volcan. Dans ces missives, il expliqua qu’un ne pouvait pas construire un canal dans des lieux foisonnant de volcans. Par conséquent, le Sénat des États-Unis d’Amérique approuva, avec une très faible majorité, l’achat du chantier au Panama. Néanmoins, pour pouvoir opérer à cet endroit, il fallait bénéficier de l’accord de Bogotá. John Hay, qui était à cette époque secrétaire d’État de la puissance montante du continent américain, commença à dialoguer avec le gouvernement colombien, qui devait alors faire face à la guerre des Mille Jours. Le conflit entre conservateurs et libéraux s’avéra particulièrement violent au sein de l’isthme. Pour Roosevelt, il était impossible de commencer les travaux sans sécuriser la zone au préalable. Il y envoya donc des troupes. Ce débarquement, effectué sans avoir demandé au préalable l’autorisation du gouvernement conservateur, fut considérée comme une ingérence. De ce fait, la situation se tendit énormément entre les deux pays. Après le retrait des troupes américaines, la Colombie refusait toute négociation.

L’isthme de Panama était toujours une province très isolée du reste de la Colombie. À l’extrémité orientale de cette zone, la région appelée « le bouchon du Darién » est une forêt tropicale épaisse et dangereuse qui a toujours empêché le passage à pied de l’Amérique centrale à l’Amérique du Sud. À cette époque, la seule manière de se déplacer du territoire de l’actuel Panama à Bogotá était un trajet en bateau jusqu’à Cartagena, puis un voyage à dos de mule jusqu’à la capitale. Ce périple durait deux semaines. Au sein de l’isthme, beaucoup de personnes souffraient de la pauvreté et de la faim, manquant également de médicaments. Le projet de canal constituait une aubaine pour que la région sortît la tête de l’eau. Après la faillite de la compagnie française, le traité Herrán-Hay incarnait un nouvel espoir. Ce dernier s’évanouit quand le Sénat colombien s’opposa à ce texte juridique, qui avantageait beaucoup la puissance étrangère qui venait de faire preuve d’ingérence sur son territoire national. Il octroyait aux États-Unis des droits souverains pendant 100 ans sur une bande de terre de 6 milles à travers l’isthme. Par conséquent, le traité fut rejeté avec une large majorité. Dans la province reculée, cette nouvelle déception était inacceptable. Le médecin Manuel Amador Guerrero, que travaillait à l’hôpital du chemin de fer, voulut offrir un meilleur accès à la santé à la population locale. Il s’associa à José Agustín Arango, un avocat de la même compagnie fondée par les États-Unis. En collaboration avec d’autres cadres, ils organisèrent dans la clandestinité un mouvement révolutionnaire visant l’indépendance de l’isthme de Panama. Pour parvenir à leurs fins, ils avaient besoin du soutien de Washington, en contrepartie d’un permis de construire pour le canal interocéanique. En octobre 1903, le Dr Amador Guerrero partit aux États-Unis, où il prit contact avec le seul homme qui à la fois connaissait le Panama et pouvait lui ouvrir les portes de la Maison Blanche : Philippe Bunau-Varilla. Ils se réunirent pendant 15 jours dans la chambre 1162 de l’hôtel Waldorf Astoria. En bonne posture pour négocier, le Français imposa beaucoup de conditions au Panaméen. Entre autres, il exigea d’être nommé ambassadeur plénipotentiaire du Panama une fois l’indépendance proclamée. L’ingénieur français avait les contacts à Washington et parlait anglais, ce que peu de Panaméens pouvaient faire à cette époque. Le médecin n’eut pas d’autre choix que d’accepter et retourna vers l’isthme avec le soutien de la puissance américaine, mais aussi une liste de conditions, dont beaucoup furent rejetées par les autres cadres du mouvement. Le 2 novembre, un cuirassé étasunien se présenta face à la côte de Colón en même temps qu’un navire de guerre colombien venu écraser la rébellion. María Ossa de Amador, l’épouse de Manuel Amador Guerrero, imagina un stratagème pour séquestrer les officiers des troupes colombiennes. Les 500 hommes restèrent donc sous le commandement du colonel Torres et sans protection entre les insurgés et les marins américains. Les cadres du mouvement séparatiste corrompirent le colonel avec une quantité d’or d’une valeur de 8 000 $. Torres accepta leur proposition et la révolution triompha sans qu’une seule goutte de sang ne fût versée. Après la lutte sanglante entre libéraux et conservateurs, Arango et Amador Guerrero avaient conclu des alliances avec les figures importantes des deux camps sur le territoire de l’Isthme. Le drapeau du Panama symbolise cette union à travers les couleurs bleue et rouge, associées au blanc, qui représente la paix. Les jours suivants, plusieurs navires de guerre étasuniens arrivèrent sur les côtes de l’isthme afin d’en garantir l’indépendance et la sécurité. Bunau-Varilla, à qui était donc réservé le poste d’ambassadeur plénipotentiaire du Panama auprès des États-Unis, méprisa les directives du nouveau gouvernement panaméen et négocia avec Hay, avant l’arrivée des délégués, un traité qui n’était pas à l’avantage de la jeune république. Entre autres, il céda une zone de 10 milles de large sur laquelle Washington disposerait de droits souverains. L’ingénieur français leur accorda ces avantages de manière perpétuelle au nom du peuple panaméen. Furieuse, la délégation envoyée par le gouvernement panaméen exigea un amendement de la convention, mais Bunau-Varilla leur mentit, prétendant que Roosevelt était disposé à abandonner la jeune république ainsi qu’à négocier directement avec la Colombie. Par conséquent, le gouvernement provisoire finit par remettre ledit traité dûment ratifié au consul des États-Unis, si bien que les travaux purent commencer.

La priorité du projet de canal mené par Washington était d’empêcher une nouvelle hécatombe. L’excellent ingénieur John Frank Stevens fut nommé à la tête du chantier. Il fit confiance au Dr William Crawford Gorgas, qui avait compris que les vecteurs de la fièvre jaune et de la malaria étaient les moustiques. Une grande campagne de fumigation fut donc mise en œuvre afin de tuer les insectes. L’on plaça des moustiquaires dans les maisons, les rues des villes de Panama et de Colón furent pavées, l’on canalisa toutes les eaux et les deux premières stations de potabilisation furent construites. Toutes ces mesures donnèrent lieu à une efficacité inattendue. Les travaux purent se poursuivre et s’achevèrent en 1914. Du fait de la Première Guerre mondiale, le canal fut inauguré plus tard, en 1920.

En définitive, la construction du canal et l’indépendance de la jeune république se concrétisèrent à travers l’intervention de puissances étrangères qui n’hésitèrent pas à manipuler, à mentir et à corrompre pour que ces projets débouchassent sur un résultat à leur avantage. Bien que la population panaméenne ne parvînt pas à obtenir une juste rétribution, les Français et les Américains leur offrirent des infrastructures et des conditions sanitaires qui améliorèrent un peu leur situation.

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III. De la fin des travaux pour la construction du canal à la Seconde Guerre mondiale (1914-1941)

Toutefois, avec les dispositions prévues au titre du Traité Hay-Bunau-Varilla, l’isthme de Panama ne pouvait pas sortir de la pauvreté. Voyons comment, du début au milieu du XXe siècle, l’histoire politique du nouvel État souverain resta un conflit d’intérêts, entre négociations, ingérence, usage de la force, corruption et coups d’État.

La constitution de la jeune République du Panama permettait aux États-Unis d’intervenir militairement sur son territoire national. Cet article fut ratifié à la suite de débats entre conservateurs et libéraux afin de garantir la sécurité intérieure du pays. En effet, son application permit d’empêcher une tentative de coup d’État au début du siècle. Après la fin des travaux du canal en 1914, des altercations se produisirent entre des soldats américains et certains éléments des forces de l’ordre panaméennes. Le gouvernement des États-Unis demanda donc au président libéral Belisario Porras Barahona de désarmer la police. Porras protesta, mais Washington l’obligea à prendre cette mesure humiliante. En 1916, le président Valdés fut élu. Il mourut en 1918. Son premier adjoint, le Dr Ciro Luis Urriola Garrés, se vit confier le pouvoir et reporta plusieurs fois les élections. Toute la classe politique protesta et les soldats américains le déposèrent. En 1921, l’armée costaricienne envahit la République du Panama à cause d’un différend territorial concernant une région frontalière revendiquée par les deux pays depuis le XIXe siècle. Lors de la guerre dite du Coto, les Panaméens étaient convaincus de pouvoir compter sur le soutien des États-Unis, qui s’étaient engagés à défendre leur intégrité territoriale. Pourtant, non seulement ils ne les aidèrent pas, mais ils leur demandèrent de se soumettre à la décision de la Cour Suprême du géant américain, qui donnait raison au Costa Rica. Le président Warren G. Harding envoya même une flotte de guerre au Panama afin que cet État retire ses troupes de la zone disputée. Mécontents, les Panaméens voulurent renégocier les contrats du canal, par l’intermédiaire du diplomate Ricardo Joaquín Alfaro. À la suite de l’élection du candidat libéral Rodolfo Chiari en 1924, les Indiens emberá se révoltèrent, incités par un citoyen étasunien. Après de longues négociations, ils finirent par déposer les armes. En octobre 1925, des émeutes se produisirent du fait de l’augmentation des loyers. Le gouvernement panaméen demanda aux États-Unis d’intervenir militairement pour rétablir l’ordre. Le 28 juillet 1926, Panama signa avec Washington le Traité Alfaro-Kellogg. Un nouveau groupe nationaliste appelé Acción Comunal protesta contre cette convention, considérant qu’elle cédait la souveraineté nationale aux forces armées des États-Unis. Par conséquent, ce nouvel accord ne fut jamais appliqué. En somme, les prérogatives militaires dont disposaient les États-Unis au Panama en vertu de la constitution de cette jeune république leur permit plusieurs fois de garantir l’ordre et la démocratie au sein de l’isthme. Néanmoins, à d’autres moments, ils utilisèrent ces droits d’une manière qui peut être considérée comme une forme d’ingérence.

Comme nous l’avons vu ci-avant, la population de la bande de terre interocéanique prit son indépendance et approuva le projet de canal pour sortir de la pauvreté. En 1928, le nouveau président Florencio Harmodio Arosemena (Parti libéral réformé) présenta un plan de développement ambitieux, mais la dépression économique des années 1930 obligea le gouvernement à modifier presque tous ses projets. Acción Comunal échafaudait des plans pour le renverser. Ce groupe se composait de militants nationalistes et de professionnels mécontents de la direction que prenait la politique nationale.  Au cours de la nuit du 31 décembre 1930 au 1er janvier 1931, Arnulfo Arias, membre de l’organisation et gendre d’un ami intime du président, enivra les soldats de la garde présidentielle, puis attaqua la résidence du chef de l’État. Acción Comunal prit le contrôle de la ville de Panama et l’ambassadeur des États-Unis convainquit Arosemena de démissionner. Ce dernier signa son dernier décret en nommant ministre Harmodio Arias Madrid (frère d’Arnulfo Arias). Les instances compétentes désignèrent Ricardo Joaquín Alfaro comme président jusqu’à la fin du mandat. Cet événement marqua un tournant dans l’histoire politique du Panama, puisque la lutte nationaliste voulait mettre fin à l’ingérence étasunienne, contrôler le canal et éradiquer la pauvreté du territoire de l’isthme. Arias Madrid bénéficia du soutien du gouvernement lors des élections de 1932 et fut élu président. Il renégocia les traités avec son homologue Franklin D. Roosevelt. Voici la traduction d’un paragraphe extrait du journal La Estrella de Panamá et relatif au traité Arias-Roosevelt :

« Dans ce traité, la redevance annuelle était revalorisée et s’élevait désormais à 430 000 balboas. En outre, des mesures furent mises en œuvre pour contrôler la contrebande de biens dans la zone du canal, une activité illégale qui portait préjudice à l’économie panaméenne. Concernant les terres contrôlées par les États-Unis, la convention limitait l’expropriation de biens fonciers, mais ne prévoyait aucune restitution. Enfin, cet accord engageait le Panama en tant qu’allié militaire du géant américain. »

Le mandat d’Harmodio Arias Madrid se poursuivit jusqu’en 1936. Lorsqu’éclata la Seconde Guerre Mondiale, son frère Arnulfo présidait la République du Panama. En tant que nationaliste, le nouveau chef de l’exécutif admirait les régimes de l’Axe et refusa d’aider la marine américaine quand les États-Unis s’engagèrent dans le conflit. Un officier de police nommé Ricardo Adolfo de la Guardia dirigea un coup d’État orchestré par la puissance occidentale montante. Dès lors, la police allait jouer un rôle important au niveau de la politique nationale. Peut-on considérer cette intervention américaine comme un cas d’ingérence légitime du point de vue géopolitique ? Avant de la définir de la sorte, il convient d’interroger la légitimité du gouvernement d’Arias, qui avait accédé à la présidence par la force, étant donné que ses militants avaient poussé Alfaro à la démission par la violence. En octobre 1941, Ricardo Adolfo de la Guardia honora les requêtes des États-Unis et leur permit d’armer des navires marchands. Cela fut un autre exemple de l’influence étrangère (et principalement américaine) dans l’histoire politique du Panama, du commencement à nos jours.

Pour conclure ce que nous pouvons raisonnablement avancer sur cette période historique, les avantages que les textes juridiques octroyaient aux États-Unis en matière d’accès à la politique intérieure de la République du Panama leur permirent d’intervenir par la force à plusieurs reprises, parfois au bénéfice des intérêts du peuple panaméen. Dans d’autres cas, leur action pouvait clairement être qualifiée d’ingérence. Quoi qu’il en fût, la plus grande résistance à laquelle dut faire face la puissance nord-américaine fut le parti nationaliste Acción Comunal, qui s’appuyait sur le mécontentement d’une population peinant à sortir de la pauvreté car elle ne bénéficiait pas des recettes occasionnées par l’exploitation du canal. Grâce aux négociations menées par plusieurs politiciens, la République du Panama parvint à défendre ses intérêts légitimes et obtint la résiliation d’un contrat que John Hay lui-même avait considéré comme inégalitaire en son temps.

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En définitive, depuis l’époque coloniale, l’isthme de Panama a toujours été une terre convoitée tant pour ses richesses que pour sa position stratégique. C’est pourquoi les Espagnols durent se battre contre les pirates et les Britanniques, puis les Colombiens furent expulsés de la région par les Américains après que les Français eussent échoué dans le premier projet de construction d’un canal interocéanique. Après l’indépendance, les États-Unis n’hésitèrent ni à faire preuve d’ingérence ni à jouer la carte de la corruption pour parvenir à leurs fins, comme l’avaient fait d’autres puissances à d’autres moments de l’histoire. Comme le monde entier transite par cette zone, l’isthme de Panama est depuis longtemps ouvert à l’influence étrangère, ce qui fait partie intégrante de son identité. Ce fait récurrent bénéficie souvent au peuple panaméen. Par conséquent, on ne peut pas le considérer comme une ingérence. Celle-ci existe à certaines occasions pour des raisons stratégiques et du fait d’intérêts économiques, de même que la corruption. Ces deux phénomènes semblent intimement liés à l’histoire de l’Amérique latine en général.

Néanmoins, comme à plusieurs reprises par le passé, le peuple panaméen n’accepte pas la tournure que prennent ces concepts récurrents, qui s’incarnent aujourd’hui dans le projet minier. Les élections présidentielles se tiendront le 5 mai prochain. Le peuple votera-t-il de manière souveraine et libre ou pouvons-nous craindre que l’ingérence d’une puissance étrangère et la corruption d’acteurs de poids, comme certains cartels de narcotrafiquants, influent sur les résultats ?

Jean O’Creisren

Auto-traduction d’un article initialement écrit en espagnol (« La injerencia y la corrupción en la Ha política del Istmo de Panamá ») et publié sur le blog Délires de linguiste le 29 février 2024.

Sources :


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« Huit » et « nuit » se ressemblent en français, de même qu’ocho et noche en espagnol, eight et night en anglais ou encore Acht et Nacht en allemand et en néerlandais. Et nous pourrions allonger cette énumération avec oito et noite en portugais, otto et notte en italien, opt et noapte en roumain, aetta et natte en suédois, ainsi qu’(h)ocht et oíche en gaélique irlandais. La liste n’est pas exhaustive et vous pouvez trouver différentes occurrences sur ce forum.

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Quoi qu’il en soit, cela ne concerne que certains types de langues, apparentées entre elles, à savoir les langues romanes, les langues germaniques et les langues gaéliques (sous-branche des langues celtiques). Tous ces idiomes font partie de la famille indo-européenne, donc ont une origine commune.

Lisant actuellement Historia de la lengua española, de Rafael Lapesa[1], j’ai trouvé un passage qui apporte certains éléments de réponse à cette question. Voici la traduction que je vous propose :

« Dans presque tous les pays de langue romane où les Celtes étaient présents, le groupe de phonèmes latin /kt/ a évolué en /it/ ou en /ĉ/[2], des résultats dans lesquels se retrouvent les langues romanes occidentales (lat. nocte, factu > port. noite, feito ; esp. noche, hecho ; cat. nit, fet ; prov. nuech, fach ; fr. nuit, fait). La première phase de ce phénomène (relâchement du phonème /k/ en [χ], un son correspondant au j du castillan moderne) apparaît dans des inscriptions gauloises et est généralisée en gaélique irlandais. Dans des inscriptions celtibères, on peut lire Rectugenus, ainsi que sa contraction Rectugeno, qui devrait probablement se prononcer *Reitugeno ; ce nom évoque le personnage même de Rhetogenès, héro de Numance[3] mentionné par Appien. Comme le groupe /ks/ a suivi une transformation analogue à celle de /kt/ (lat. laxare > port. leixar ; esp. lexar ; fr. laisser), d’importance similaire, ce phénomène pourrait être également d’origine celtique. »

Cet extrait d’un ouvrage de référence en philologie montre donc que le nuit et huit se terminaient de la même façon en latin. Peut-être était-ce aussi le cas dans les langues celtiques des pays conquis[4]. Quoi qu’il en soit, les langues italiques et celtiques étaient assez proches, au point que certains linguistes parlent d’un rameau italo-celtique[5] au sein de la famille indo-européenne. Cette origine commune expliquerait pourquoi nuit et huit de terminent de la même façon dans les langues romanes et gaéliques.

Que dire alors de la coïncidence dans des langues germaniques, comme l’allemand, le néerlandais, le suédois ou l’anglais ?

Il se trouve que les langues germaniques font également partie de la grande famille indo-européenne. La génétique prouverait que les habitants d’Europe occidentale (Celtes, Latins et Germains) sont assez homogènes génétiquement, et différents en la matière des Européens orientaux (notamment les Slaves et les Baltes). En effet, les Indo-européens auraient conquis l’Europe occidentale plus tard que les territoires eurasiens situés plus à l’Est, par des conquêtes ayant eu lieu entre -2200 et -1800, du fait de leur supériorité en technologies militaires. En effet, on pense que leurs ancêtres yamnayas avaient été les premiers à domestiquer le cheval et à inventer le char. À cette époque, on commençait à maîtriser la métallurgie du bronze et le seul endroit où se trouvaient réunis les gisements nécessaires à cet alliage (cuivre et étain) était la Bohême (actuelle République tchèque). Les Indo-européens qui y étaient installés pouvaient donc s’imposer grâce à leurs armes plus solides. Néanmoins, à cette période, certains pensent qu’ils ont apporté leurs gènes en décimant la population masculine, mais pas encore leur langue sur tous ces territoires (hormis peut-être par endroit, comme dans le cas des Lusitaniens à l’Ouest de la péninsule Ibérique). Cette hypothèse est aujourd’hui remise en question. Actuellement, les historiens pensent plutôt que les hommes yamnayas étaient des guerriers forts et dominants, bien placés dans la hiérarchie des clans mêlés, dont le prestige social séduisait davantage les femmes autochtones que les mâles issues de leur ethnie. Vers -500, les Celtes ont imposé leur langue indo-européenne sur de larges territoires, du fait de leur maîtrise d’un nouveau métal : le fer. Notons que, d’après certains linguistes, les Daces de l’actuelle Roumanie étaient des Celtes. Comme indice qui va dans ce sens, pour s’adresser à son père, on dit tad en breton et tata en roumain. D’autres spécialistes estiment que le dace était une langue indo-européenne d’une autre branche, apparentée à l’albanais. Quoi qu’il en soit, le roumain est une langue latine également concernée par le rapport huit / nuit. Cette vidéo de la revue historique Hérodote explique tout cela avec clarté et précision :

Pour résumer, la similitude entre huit et nuit dans de nombreuses langues s’explique tout simplement par le fait que ces idiomes ont une origine commune remontant à une période assez récente à l’échelle de l’histoire de l’humanité, à savoir l’Antiquité.

Jean O’Creisren


[1] D’après Rafael Lapesa, Historia de la lengua española, Gredos, Madrid, 2022, p. 49, point 7. Traduction inédite de Jean O’Creisren.

[2] Son [tʃ], comme dans l’espagnol chico / chica ou l’anglais cheap.

[3] Ville celtibère ayant résisté pendant une vingtaine d’années à l’invasion romaine, au milieu du IIe siècle avant Jésus-Christ.

[4] gaulois pour la France, langues hispano-celtiques (dont celtibère) pour l’Espagne centrale et occidentale, éventuellement lusitanien pour le Portugal et dace pour la Roumanie (bien que les philologues ne s’accordent pas quant à la celticité de ces deux derniers peuples indo-européens).

[5] Les langues italiques comprenaient l’osque, l’ombrien, le vénète, le messapien, le rhétique et le latin (plus d’informations sur ce lien). Seule cette dernière a donné naissance à des idiomes encore parlés aujourd’hui, les langues romanes. Les langues celtiques se répartissaient en 5 branches sous l’Antiquité, à savoir le gaulois, le celtibère et le lépontique sur le continent, ainsi que les langues brittoniques et gaéliques dans les Îles britanniques. Seuls les deux rameaux insulaires ont traversé les siècles jusqu’à nos jours. Les langues brittoniques incluent le gallois, le cornique et le breton (qui ne descend pas du gaulois, mais a été apporté en Armorique par des Celtes de Grande-Bretagne fuyant les invasions anglo-saxonnes aux Ve et VIe siècle). La branche gaélique inclut les gaéliques irlandais et écossais, ainsi que le mannois (ou manxois), parlé sur l’Île de Man.


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La injerencia y la corrupción en la historia política del Istmo de Panamá

En Panamá existe la mayor mina de cobre de Centroamérica, que genera cerca del 4% del PIB y el 65% de los ingresos de exportaciones. La explota el consorcio canadiense First Quantum Minerals. El 20 de octubre de 2023 fue aprobado el contrato entre esta y el Estado panameño para 20 años renovables. A partir de esta fecha empezaron protestas. Unas asociaciones ambientales, gremios, sindicatos, grupos indígenas, estudiantes, entre otros, exigieron la cancelación del acto. Denunciaron la corrupción y quisieron proteger los recursos naturales. También consideraron que esta medida no respeta la soberanía nacional, siendo la explotación de la mina, un robo al pueblo panameño. Para entender bien las raíces de este conflicto, podemos hacer un recorrido por la historia del Istmo

Antes de profundizar este tema, cabe definir debidamente los conceptos clave. Según el Diccionario panhispánico del español jurídico (de la Real Academia Española), la injerencia es la “intromisión, actuación sin habilitación ni título en un negocio o competencia ajenos.” En este artículo vamos a considerar la definición del derecho internacional, es decir, el hecho de que un Estado o una organización internacional intervenga en los asuntos internos de un Estado soberano sin el consentimiento de éste (véase una definición más completa en francés en la página web de la ENS de Lyon). En cuanto a la corrupción, el Diccionario Jurídico Elemental (de la firma de auditoría salvadoreña Jacobo & Asociados) la define de esta forma: “Se estimaba tal el acto de quienes, estando revestidos de autoridad pública, sucumbían a la seducción, como los realizados por aquellos que trataban de corromperlos. En realidad, la corrupción venía a confundirse con el soborno o el cohecho. Pero en el presente, corrupción equivale a destruir los sentimientos morales de los seres humanos.”

Considerando estos elementos, nos podemos preguntar: ¿qué papel desempeñaron la injerencia, otros tipos de influencia extranjera legítima e ilegítima, así como la corrupción y las otras formas de manipulación por parte de actores foráneos, en la historia política del Istmo de Panamá desde la era colonial hasta mediados del siglo XX?

Para contestar esta cuestión, vamos a seguir el curso de la historia de la zona, empezando por la fase que se extiende de la conquista española al proyecto de canal francés (1501-1879). Luego nos interesaremos en el papel de la influencia extranjera en la construcción del canal y la independencia de Panamá (1879-1914). Por fin, terminaremos nuestro estudio cronológico considerando lo que pasó entre el final de las obras del canal de Panamá y la II Guerra Mundial (1914-1941).

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  1. De la conquista española al proyecto de canal francés (1501-1868)

Entre dos océanos y dos subcontinentes, el Istmo de Panamá está ubicado en un lugar estratégico y naturalmente abierto a la influencia de varios pueblos. Vamos a ver que esto ya se documenta mucho antes del proyecto de canal interoceánico.

El principio de la injerencia en el Istmo de Panamá, según lo que han registrado los historiadores, podemos afirmar de forma segura que se remonta a 1501, cuando los europeos pisaron por primera vez esa tierra. El propio Cristóbal Colón la visitó en su cuarto viaje, en 1502, y le escribió al rey Fernando el Católico que eran las tierras más fértiles del mundo. Entonces los españoles se asentaron allí y fueron acosados por los indígenas desde el principio. Vasco Núñez de Balboa los sometió y trabó amistades con unos caciques potentes. Estos le revelaron la existencia de otro mar, donde prosperaban unos reinos muy ricos en oro. En 1513, la expedición encabezada por el conquistador llegó al Océano Pacífico, en donde los indios le confirmaron la existencia de un gran reino en el sur, es decir, el Imperio Incaico. Así que se construyó la ciudad de Panamá la Vieja, que sirvió como base para conquistar Sudamérica.

En la era colonial, los españoles tuvieron que enfrentarse a la injerencia de otras potencias europeas y a los piratas del Caribe. En efecto, Portobelo era la ciudad en la cual se almacenaban los tesoros provenientes de América del Sur. El famoso bucanero Francis Drake trató de tomar la zona para establecer una base inglesa en el Caribe y poner en jaque al imperio colonial español. Fue derrotado y murió en 1596 frente a Portobelo. Esa ciudad también fue atacada por el pirata Morgan, que luego incendió Panamá la Vieja, de la cual solo quedan escombros hoy en día. En 1663 se fundó la ciudad actual en un lugar mejor defendible. Más adelante, unos escoceses fundaron colonias en el Darién, con la intención de conectar ambos océanos mediante un camino. Luego de conflictos con los españoles, la paz fue firmada en 1700 y los británicos abandonaron ese proyecto. En el siglo XVIII, que marcó el principio de la decadencia del imperio español en América, la zona del Istmo tuvo que enfrentarse a los ataques constantes de los piratas del Caribe, así como a los conflictos con indios de Nicaragua y del Darién que acabaron con muchas poblaciones. En 1746, los ingleses le dieron el golpe de gracia a Portobelo, así que los españoles dejaron de almacenar riquezas allí. Las familias adineradas ya habían empezado a abandonar el territorio istmeño, que empezó a decaer.

Por lo tanto, Panamá empezó el siglo XIX como una pequeña provincia olvidada de un imperio en plena decadencia. Otras influencias extranjeras, es decir, las revoluciones norteamericana y francesa, difundieron ideas de independencia por América. Aprovechando el debilitamiento de la Corona Española por la invasión napoleónica, Simón Bolívar encabezó la revuelta en la zona y derrotó los ejércitos españoles en la batalla decisiva de Boyacá (actual Colombia) el 7 de agosto de 1819. El Istmo pasó a formar parte de la Gran Colombia. Alrededor del año 1835, EE. UU. demostró su primer interés por la zona. En efecto, ya había comprado Luisiana a los franceses, tendiendo un acceso al Caribe. El territorio istmeño es una franja de tierra muy fina, que permite fácilmente pasar de un mar a otro. Ahora bien, en 1848 empezó la llamada « fiebre del oro ». Se explotaban minas en California y Panamá era la ruta más segura para que los minerales se trasladaran hasta la costa oriental de los Estados Unidos. En efecto, el Middle West estaba marcado por los conflictos con los indios, y estos pueblos masacrados y hechos hambrientos por los estadounidenses no dejaban ninguna oportunidad de emboscar las diligencias y los trenes que cargaban mercancías y materias primas valiosas. Así que el oro transitaba por Panamá. Se descargaban los buques en la costa pacífica, luego el cargamento se trasladaba en canoas por el río Chagres, y por fin lo transportaban burros hasta el Caribe. Ya el presidente norteamericano Andrew Jackson (1829-1837) pensaba en la idea de un canal interoceánico. En la década de 1850 se firmó un tratado entre EE. UU. y Colombia para usar el Istmo como ruta comercial. En 1855 se inauguró la línea ferroviaria que fue el inicio de la compañía de ferrocarril de Panamá. Colón fue construida en aquella época, como punto terminal en el Atlántico de esta conexión, y también para que sirviera de puerto a los grandes buques de vapor. Luego de la inauguración de esta línea, miles de personas cruzaban el Istmo constantemente.

En suma, ya antes del proyecto francés de canal interoceánico, Panamá era vista por todos como una tierra estratégica y llena de riquezas. Así que todas las potencias de la zona la codiciaban. Entre el siglo XVI y mediados del siglo XIX, unos y otros intentaban conquistarla con armas. Veremos que, en la era contemporánea, otros medios se usaron más para apoderarse de este lugar tan deseado.

La historia del Istmo de Panamá es apasionante.

II. La construcción del canal y la independencia de Panamá (1869-1914)

Sin duda alguna, el gran giro en la historia del Istmo fue la construcción del canal, que llevó a la independencia de la República de Panamá. ¿Cuál fue el papel de las potencias extranjeras en estos fenómenos? ¿Qué armas usaron para que las cosas ocurriesen según su voluntad en esta franja de tierra tan codiciada?

En 1869, el comandante norteamericano Thomas Oliver Selfridge dirigió una expedición a través del Istmo para ver si se podía construir un canal interoceánico allí. Casi todos murieron de una misteriosa fiebre, así que EE. UU. apoyó otro proyecto, en Nicaragua. Por su parte, el famoso diplomático francés Ferdinand de Lesseps envió a la misma zona al ingeniero Lucien Napoléon Bonaparte-Wyse, que tenía la ambición de marcar la historia, como su tío abuelo, el emperador Napoleón I. De igual modo, los hombres cayeron unos tras otros, así que el explorador avanzó costara lo que costase para alcanzar la costa pacífica antes de que la fiebre de la selva lo alcanzara a él. Después de conseguirlo, preparó rápidamente un contrato con el gobierno colombiano para construir un canal que en el Istmo. El conde de Lesseps apoyó este proyecto, ocultando los muertos de la expedición de Wyse. En mayo de 1879, se convocó una reunión con los mejores ingenieros del mundo, para que decidieran cuál proyecto elegirían entre la ruta nicaragüense y la panameña. Thomas Oliver Selfridge y Ferninand de Lesseps se encontraban frente a frente. Este supo vender sueño y propuso un canal a nivel, como hizo con prestigio en Suez. No habló de la misteriosa fiebre y confió en el éxito porque la mayoría de los presentes eran franceses. Su proyecto ganó por muy poco margen. El gobierno francés no lo apoyó, así que la compañía encargada de la construcción del canal buscó fondos privados, compró la prensa y atrajo accionistas con la idea de que Panamá era un sinónimo de progreso. En 1881 empezaron las obras bajo la dirección de Henri Bionne. Llegaron miles de obreros, en su mayoría oriundos de Jamaica y Nueva Orleáns. Finalmente, la fiebre amarilla y el paludismo acabaron con la vida de miles de obreros e ingenieros. En 1882, un terremoto mató a varios trabajadores y destruyó muchas infraestructuras. Las obras no avanzaban tan rápidamente como lo esperaban y los obreros, que veían morir a sus compañeros, se desmoralizaban. En Francia, también la opinión pública y los accionistas empezaron a desconfiar. Después de la muerte de Bionne y de la salida de Dingler, que había perdido a toda su familia por la fiebre amarilla, Lesseps nombró a Philippe Bunau-Varilla para encabezar la obra. Después de una tormenta tropical de consecuencias trágicas (murieron 50 empleados y se dañaron muchas instalaciones de la compañía), el joven ingeniero en jefe le dijo al conde que había que abandonar la idea de un canal a nivel para hacer uno con esclusas. Lesseps convocó a varios ingenieros (entre los cuales el famoso Gustave Eiffel) para que diseñaran el proyecto, pero ya era demasiado tarde. Las acciones de la compañía bajaban sin parar y, después de un intento de financiación mediante una lotería fraudulenta, la bancarrota no se hizo esperar. Muchos inversionistas, entre los cuales muchos eran personas humildes, lo perdieron todo, y eso provocó una crisis económica en Francia. Ferdinand y Charles de Lesseps fueron juzgados por malversación. Se evidenciaron pruebas de sobornos a legisladores para que aceptaran la lotería. Francia había intentado influir en la historia del Istmo con nuevas armas, es decir, el dinero y la corrupción. Resultó en un fracaso que tuvo consecuencias dramáticas. No obstante, el proyecto iba a proseguir con otra potencia extranjera que iba a usar a su modo recursos financieros y estratégicos.

En 1889, la bancarrota de la compañía francesa arruinó a muchos galos, pero uno quiso recuperar su inversión: el último ingeniero en jefe, Philippe Bunau-Varilla. Este se relacionó con Theodore Roosevelt, elegido presidente de EE. UU. en 1901, que quería convertir a su país en una potencia de carácter global y tenía la idea de controlar ambos océanos. El senado estadounidense estaba a favor de un canal interoceánico que pasase por Nicaragua, pero el presidente se enteró de que la desaparecida compañía francesa quería vender por 40 millones de dólares (es decir, unos 1.000.000.000$ actuales), 12.000 hectáreas de terreno, el ferrocarril, hospitales, edificios de oficinas y viviendas para los empleados, así como una inmensa cantidad de maquinaria (excavadoras, grúas, locomotoras, vagones, etc.). Bunau-Varilla trató de sobornar a un miembro clave del Senado, líder en el apoyo del canal nicaragüense, pero no lo consiguió. A pocos días de la votación, se produjo una erupción explosiva devastadora en Martinica. Aquel día de 1902, el Monte Pelée acabó con la vida de unas 30.000 personas y el pánico a los volcanes se extendió por toda la región. El francés se aprovechó de aquel acontecimiento trágico para mandarle a cada senador una carta con un sello de Nicaragua, en el cual aparecía la imagen de un volcán. En esas misivas explicaba que no se podía construir un canal en un lugar lleno de volcanes. Así que, por muy poco margen, el senado norteamericano aprobó la compra de la obra en Panamá. Sin embargo, para poder operar en la zona, se necesitaba el apoyo de Bogotá. John Hay, que entonces era Secretario de Estado de Estados Unidos, inició el diálogo con el gobierno colombiano, que en aquel momento tenía que enfrentarse a la Guerra de los Mil Días. El conflicto entre conservadores y liberales era particularmente violento en el Istmo. Para Roosevelt, no se podía empezar la obra sin garantizar la seguridad de la zona, así que mandó tropas. Este desembarco sin haber solicitado previamente la aprobación del gobierno conservador fue considerado como una injerencia, y la situación se hizo muy tensa entre ambos países. Aun después de que EE. UU. retirase sus tropas, Colombia rechazaba cualquier negociación.

La Guerra de los Mil Días fue particularmente violenta en el Istmo de Panamá

El Istmo de Panamá seguía siendo una provincia muy aislada del resto de Colombia. En la extremidad oriental de la zona, el llamado Tapón del Darién es una selva tropical espesa y peligrosa que siempre ha impedido el paso a pie de Centroamérica a Sudamérica. En aquella época, la única forma de viajar del territorio istmeño a Bogotá era en barco hasta Cartagena, y luego en acémila hasta la capital. En el Istmo, muchos sufrían la pobreza, pasaban hambre, y carecían de medicamentos. El proyecto de canal era una oportunidad para que la región saliera de aquella situación. Después de la bancarrota de la compañía francesa, el tratado Herrán-Hay representaba una nueva esperanza. Esta se derrumbó cuando el senado colombiano se opuso a ese texto jurídico, que era muy ventajoso para la potencia extranjera que acababa de injerir en su territorio. Le otorgaba a Estados Unidos derechos soberanos durante 100 años sobre una franja de tierra de 6 millas a través del Istmo. Así que el tratado no fue aprobado por un amplio margen. En la remota provincia, no se podía aceptar otra decepción. El médico Manuel Amador Guerrero, que trabajaba en el hospital del ferrocarril, quiso otorgarle a la población istmeña un mejor acceso a la salud. Se unió con José Agustín Arango, un abogado de la misma compañía de origen estadounidense. Junto con otros líderes, organizaron a escondidas un movimiento revolucionario para independizar al Istmo de Panamá. Para que su movimiento triunfara, necesitaban contar con el apoyo de Washington, a cambio de una licencia para construir el canal interoceánico. En octubre de 1903, el Dr. Amador Guerrero fue a Estados Unidos, en donde se reunió con el único hombre que conocía Panamá y podía abrirle las puertas de la Casa Blanca: Philippe Bunau-Varilla. Se reunieron durante 15 días en la habitación 1162 del hotel Waldorf Astoria. En buena posición para negociar, el francés le impuso muchas cosas al panameño. Entre otras cosas, le exigió que, cuando se consiguiera la independencia, el propio Bunau-Varilla fuera nombrado representante plenipotenciario de Panamá. El ingeniero galo tenía los contactos en Washington y hablaba inglés, lo que muy pocos panameños podían hacer en aquel entonces. El médico no tuvo otra opción que aceptar y regresó al Istmo con el apoyo de la potencia norteamericana, pero también con una lista de condiciones, de las cuales muchas fueron rechazadas por los demás líderes. El 2 de noviembre, un acorazado estadounidense llegó frente a las costas de Colón al mismo tiempo que un buque militar colombiano que había venido a aplastar la rebelión. María Ossa de Amador, esposa de Manuel Amador Guerrero, imaginó una estrategia para secuestrar a los oficiales de las tropas colombianas. Los 500 hombres quedaban al mando del coronel Torres y desprotegidos entre los rebeldes y los marinos norteamericanos. Los líderes separatistas sobornaron al coronel con 8.000 dólares en oro. Torres aceptó la propuesta y la revolución venció sin que se derramara ni una gota de sangre. Después del sangriento conflicto entre liberales y conservadores, Arango y Amador Guerrero habían trabado alianzas con los líderes istmeños de ambos bandos. La bandera de Panamá muestra esta unión con los colores azul y rojo, junto al blanco de la paz. En los días siguientes, varios buques de guerra norteamericanos llegaron al Istmo para garantizar su independencia y su seguridad. Bunau-Varilla, que se preveía como ministro plenipotenciario, despreció las instrucciones del nuevo gobierno panameño y negoció con Hay, antes de que llegaran sus representantes, un tratado que no era ventajoso para la nueva república. Cedió una zona de 10 millas de ancho en la cual los EE. UU. iba a tener derechos soberanos, entre otras cosas. El ingeniero francés otorgó a perpetuidad estas ventajas en nombre del pueblo panameño. Enfurecida, la delegación exigió una modificación del contrato, pero Bunau-Varilla les mintió, pretendiendo que Roosevelt estaba dispuesto a abandonar a la joven república y a entablar negociaciones directamente con Colombia. Así que el gobierno provisional finalmente le entregó el tratado ratificado al cónsul de Estados Unidos y pudieron comenzar las obras.

La prioridad del proyecto norteamericano era impedir una nueva masacre. El excelente ingeniero John Frank Stevens encabezó la obra. Le dio su confianza al Dr. William Crawford Gorgas, que había entendido que el vector de la fiebre amarilla y de la malaria eran los mosquitos. Así que se emprendió una gran campaña de fumigación para matar a los insectos. Se pusieron mosquiteros en las casas, pavimento en las calles de las cuidades de Panamá y Colón, se canalizaron todas las aguas y se construyeron las primeras dos potabilizadoras. La eficacia de todas estas medidas fue inesperada. Las obras pudieron seguir un curso normal y terminaron en 1914. Debido a la Primera Guerra Mundial, se inauguró el canal más tarde, en 1920.

En definitiva, la construcción del canal y la independencia de la joven república fueron posibles por la intervención de potencias extranjeras que no dudaron en manipular, mentir y sobornar para que estos proyectos desembocaran en un resultado ventajoso para ellas. Aunque la población panameña no consiguió acceder a una debida retribución, los franceses y los norteamericanos les ofrecieron infraestructuras y condiciones sanitarias que permitieron mejorar un poco su situación.

En la historia del Istmo de Panamá la construcción del canal es un episodio clave.

III. Del final de las obras del canal a la II Guerra Mundial (1914-1941)

Sin embargo, con las condiciones del Tratado Hay-Bunau-Varilla, el Istmo de Panamá no pudo salir de la pobreza. Vamos a ver cómo, de inicios a mediados del siglo XX, la historia política del nuevo Estado soberano siguió siendo una lucha de intereses, entre negociaciones, injerencia, uso de la fuerza, corrupción y golpes de Estado.

La constitución de la joven República de Panamá le permitía a EE.UU. que interviniera militarmente en su territorio nacional. Este artículo fue aprobado después de debates entre conservadores y liberales para asegurar la seguridad nacional. En efecto, permitió impedir una tentativa de golpe de Estado a principios de siglo. Después de terminar las obras del canal en 1914 y de incidentes entre soldados norteamericanos y unos elementos de las fuerzas de seguridad panameñas, el gobierno estadounidense le pidió al presidente liberal Belisario Porras Barahona que desarmara a la policía. Porras protestó, pero Washington le obligó a que tomara esta medida humillante. En 1916 fue elegido el presidente Valdés, que murió en 1918. Su primer designado, el Dr. Ciro Luis Urriola Garrés, asumió el poder y pospuso varias veces las elecciones. Todos los políticos protestaron y las tropas norteamericanas lo depusieron. En 1921, el ejército costarricense invadió la República de Panamá por un desacuerdo territorial respecto a una zona fronteriza reivindicada por ambos países desde el siglo XIX. En la llamada Guerra del Coto, los panameños estaban convencidos de que pudieran contar con el apoyo de Estados Unidos, que se había comprometido a defender su integridad territorial. Sin embargo, no solo no los ayudaron, sino que les pidieron que se sometiesen a la decisión de la Corte Suprema de EE. UU., que le daba la razón a Costa Rica. El presidente Warren G. Harding aun mandó una armada de guerra a Panamá para que retiraran sus tropas de la zona disputada. Descontentos, los panameños quisieron renegociar los contratos del canal, con el diplomático Ricardo Joaquín Alfaro. Después de la elección del candidato liberal Rodolfo Chiari en 1924, los indios emberá se rebelaron, instigados por un ciudadano norteamericano. Luego de largas negociaciones, los indígenas depusieron las armas. En octubre de 1925, serios disturbios ocurrieron debido al aumento de las rentas. El gobierno panameño pidió la intervención militar de los Estados Unidos para restablecer la orden. El 28 de julio de 1926, Panamá firmó con ellos el Tratado Alfaro-Kellogg. Un nuevo grupo nacionalista llamado Acción Comunal protestó contra este convenio, considerando que les concedía la soberanía nacional a las fuerzas armadas de EE. UU. Por eso, el nuevo acuerdo nunca fue implementado. Al fin y al cabo, las prerrogativas militares de las cuales disponían los Estados Unidos en Panamá conforme a la constitución de la joven república les permitió varias veces garantizar el orden y la democracia en el Istmo, pero en otros momentos, usaron esos derechos de un modo que se puede considerar como una forma de injerencia.

Como vimos antes, la población istmeña se independizó y aprobó el proyecto de canal para salir de la pobreza. En 1928, el nuevo presidente Florencio Harmodio Arosemena (Partido Liberal Reformado) presentó un ambicioso plan de desarrollo, pero la depresión económica de los años 1930 le obligó al gobierno a cambiar casi todos sus proyectos. Acción Comunal hacía planes para derrocarlo. Esta agrupación estaba integrada por nacionalistas y profesionales descontentos con la dirección de la política nacional. Durante la Nochevieja de 1930 a 1931, Arnulfo Arias, miembro de la organización y yerno de un amigo íntimo del presidente, embriagó a los guardas presidenciales, tomó la comandancia y atacó la residencia del jefe del Estado. Acción Comunal tomó el control de la ciudad de Panamá y el embajador de EE. UU. le convenció a Arosemena a que renunciara. Este firmó su último decreto nombrando a Harmodio Arias Madrid (hermano de Arnulfo Arias) como ministro y las instituciones competentes designaron a Ricardo Joaquín Alfaro como presidente para que terminara el periodo. Ese acontecimiento marcó un giro en la historia política de Panamá, ya que la lucha nacionalista quería acabar con la injerencia norteamericana, controlar el canal y poner fin a la pobreza en el Istmo. Arias Madrid fue apoyado por el gobierno en las elecciones de 1932 y elegido presidente. Revisó los tratados con el presidente Franklin D. Roosevelt. Aquí viene lo que La Estrella de Panamá publica sobre el tratado Arias-Roosevelt:

“En el tratado la anualidad se incrementaba a 430,000 Balboas y también se implementaron medidas para controlar el contrabando de bienes de la Zona del canal, los cuales eran dañinos para la economía panameña. Respecto al tema de las tierras controladas por los Estado Unidos, el tratado limita[ba] la expropiación de tierras, pero no especificaba ninguna devolución. El tratado también comprometía a Panamá como un aliado militar de los Estados Unidos.”

El mandato de Harmodio Arias Madrid se extendió hasta 1936. Cuando estalló la Segunda Guerra Mundial, su hermano Arnulfo presidía la República de Panamá. Como nacionalista, admiraba los regímenes del Eje y se negó a ayudar a la Armada estadounidense cuando EE. UU. se comprometió en el conflicto. Ricardo Adolfo de la Guardia, un oficial de la policía, lideró un golpe de Estado instigado por la potencia occidental. En adelante, la policía iba a desempeñar un papel importante en la política nacional. ¿Se puede considerar esta intervención norteamericana como un caso de injerencia legítima desde un punto de vista geopolítico? Antes de definirla así, cabe cuestionar la legitimidad del gobierno de Arias, que había llegado a la presidencia por la fuerza, ya que sus militantes violentos le habían empujado a Alfaro a que renunciara. En octubre de 1941, Ricardo Adolfo de la Guardia accedió a las peticiones de EE. UU. y le permitió armar los navíos mercantes. Esto fue un ejemplo más de la influencia extranjera (particularmente estadounidense) en la historia política de Panamá, del principio a nuestros días.

Para concluir, las ventajas que diferentes textos legales le otorgaban a EE. UU. en la política interna de la República de Panamá le permitieron intervenir por la fuerza varias veces, a favor de los intereses del pueblo panameño en algunas ocasiones e injiriéndose en otros casos. Sea lo que fuere, la mayor resistencia que encontró la potencia norteamericana fue el partido nacionalista Acción Comunal, que se basaba en el descontento de una población que no salía de la pobreza por no aprovecharse de los ingresos generados por la explotación del canal. Por las negociaciones de varios políticos, la República de Panamá pudo defender sus intereses legítimos y acabar con un contrato que el propio John Hay había considerado desigual en su tiempo.

En Panamá hubo grandes manifestaciones en contra de un proyecto minero.

Al fin y al cabo, desde la era colonial, el Istmo de Panamá siempre has sido una tierra codiciada por sus riquezas y su posición estratégica. Por eso, los españoles tuvieron que luchar contra los piratas y los británicos, y los colombianos fueron echados de la zona por los norteamericanos después del fracaso del proyecto de canal francés. Luego de la independencia, los Estados Unidos no dudaron en injerirse y en corromper para llegar a sus fines, como lo habían hecho otras potencias en otros momentos de la historia. Como el mundo entero transita por la zona, el Istmo de Panamá es desde hace mucho tiempo un lugar abierto a la influencia extranjera, lo que forma parte de su identidad. Este hecho recurrente en muchas ocasiones se beneficia al pueblo panameño y, por lo tanto, no se puede considerar como injerencia. Esta existe en algunos casos, por razones estratégicas y por intereses económicos, así como la corrupción. Por cierto, ambos fenómenos están muy vinculados con la historia de América Latina.

Sin embargo, como en varias veces en el pasado, el pueblo panameño no acepta la forma que toman hoy en día estos conceptos recurrentes con el proyecto minero. En mayo tendrán lugar las elecciones presidenciales. ¿Votará el pueblo de forma soberana y libre o se puede temer que la injerencia de alguna potencia extranjera y la corrupción de pudientes actores, como unos carteles de narcotraficantes, influyan en los resultados?

Jean O’Creisren

Principales fuentes:


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Aquí viene la versión francesa: L’ingérence et la corruption dans l’histoire politique de l’isthme de Panama (1501-1941)


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Valladolid : université, cathédrale et autres merveilles architecturales

Après un long voyage au Portugal, j’ai séjourné dans la ville espagnole de Valladolid du 14 au 21 août 2023. Loin de l’agitation des JMJ, j’ai apprécié la tranquillité du chef-lieu de la région Castilla-y-León.

Peu après la publication de mon livre Unis par le Camino, je planifie d’écrire un deuxième roman, dont l’intrigue se déroulera majoritairement à Valladolid. Vous en saurez plus le moment venu… 😉

Voici l’Hôtel de Ville (Ayuntamiento), qui trône sur la Plaza Mayor :

À proximité de la Plaza Mayor de Valladolid, la Fontaine dorée (Fuente Dorada) sert souvent de point de ralliement aux personnes qui se donnent rendez-vous pour sortir en centre-ville :

Et voici d’autres prises de vue de la Plaza Mayor de Valladolid :

De style gothique flamboyant, l’église Saint-Paul (San Pablo) est l’un des joyaux de Valladolid :

Juste à côté se trouve le monastère Saint-Grégoire (San Gregorio), qui abrite le musée national de sculpture. Au milieu du XVIe siècle, c’est à cet endroit qu’a eu lieu la fameuse controverse de Valladolid, au terme de laquelle l’Église catholique a reconnu officiellement que les Amérindiens ont une âme. Par conséquent, ils devaient être évangélisés en vue de leur salut et en aucun cas réduits en esclavage. Vers la même époque, le pape a condamné toute forme d’esclavage (y compris celui des Africains), mais, malheureusement, rares furent les chrétiens qui l’écoutèrent… 😥

Voici la faculté de droit de l’Université de Valladolid. Elle est située à côté de la cathédrale, sur la Place de l’Université :

Le Collège de la Sainte-Croix (Colegio de Santa Cruz) abrite le rectorat de l’Université de Valladolid, ainsi que des expositions temporaires très intéressantes. Je me souviens en avoir visité une passionnante sur l’art médiéval en Afrique subsaharienne. Comme la traduction en français laissait à désirer, j’ai écrit dans le livre d’or un retour critique avec mon adresse e-mail professionnelle. Évidemment, je n’ai jamais reçu de réponse… 😅

Près de la Plaza Mayor de Valladolid, l’ancienne église de la Passion (La Pasión) est désormais une salle municipale qui accueille des expositions artistiques temporaires.

Voici quelques clichés de la cathédrale de Valladolid. Conçue au XVIe siècle par l’architecte Juan de Herrera, elle ajoute au style propre de ce génie quelques éléments baroques. L’une de ses caractéristiques est qu’elle est inachevée. Au sommet, une statue de Jésus montrant son Sacré-Cœur surplombe la ville. En effet, en 1733, le Jésuite Bernardo Francisco de Hoyos aurait bénéficié à Valladolid d’apparitions du Christ promettant que son Cœur régnerait sur l’Espagne. Que l’on y croie ou non, les théologiens disent que l’Emmanuel souhaite combler d’amour nos cœurs blessés par le péché. Le Cœur de Jésus est lui aussi blessé par nos péchés, mais de ses blessures jaillit l’Amour dont nos cœurs blessés sont assoiffés.

En 2023-2024, l’archidiocèse de Valladolid vit une année jubilaire autour du Sacré-Cœur de Jésus. Les fidèles sont invités, entre autres, à accueillir la miséricorde de Dieu en allant se confesser. Ils sont aussi incités à communier, à adorer le Saint-Sacrement, à se réconcilier avec les personnes avec qui ils sont en froid, ainsi qu’à annoncer l’Évangile autour d’eux. Vous trouverez de plus amples informations sur ce lien.

Voici l’église Santa María la Antigua. C’est l’un des plus beaux édifices religieux de Valladolid et de nombreux mariages y sont célébrés :

Voici l’académie militaire de Valladolid :

Quelques photos de la rue Saint-Jacques (Calle de Santiago, où passe le Chemin de Compostelle), de la Plaza Zorrilla et du Campo Grande (Valladolid) :

Dans la calle de Santiago, l’ancienne église dite des Françaises accueille des expositions temporaires. Lors de mon séjour, j’ai pu voir Cartografías silenciadas / De trabajos forzados. Il s’agit d’une série de photos prises par l’artiste Ana Teresa Ortega. Elles représentent des lieux où le régime franquiste a réduit aux travaux forcés des prisonniers de guerre républicains. Ces photographies ne font apparaître que les murs, sans vie, comme des lieux hantés. N’ayant pas osé prendre de photos de l’exposition pour des questions de droits d’auteur, je vous partage la belle façade néo-classique de l’église des Françaises (rue Saint-Jacques – Valladolid) :

Voici quelques clichés de l’église Saint-Benoît (San Benito) :

Un peu plus excentrés, l’église Sainte-Marie-Madeleine (iglesia de Santa María Magdalena) et le Monasterio de las Huelgas Reales se situent à proximité de différentes facultés de l’Université de Valladolid :

Tout près de la faculté de commerce de l’Université de Valladolid, le centre civique Esgueva met à disposition une bibliothèque municipale :

Voici quelques clichés de la Faculté de philosophie et de lettres (Facultad de Filosofía y Letras) de l’Université de Valladolid :

En face de ce bâtiment, vous pouvez voir la Faculté de commerce (Facultad de Comercio) de l’Université de Valladolid :

Enfin, voici les locaux techniques de l’Université de Valladolid :

Derrière les locaux de l’université, la rivière Esgueva apporte un peu de verdure et de tranquillité à ce quartier résidentiel de Valladolid :

Pour continuer avec la verdure en mode plus classe, éloignons-nous de l’université, retraversons le centre-ville et redescendons la calle de Santiago depuis la Plaza Mayor. Au bout de la rue Saint-Jacques, nous retrouvons l’académie militaire et la Plaza Zorrilla. Derrière la fontaine se trouve le plus beau parc de Valladolid, le Campo Grande. Nul besoin de commentaires, car les photos parleront d’elles-mêmes… 🙂 Je vous propose néanmoins un petit jeu : saurez-vous retrouver l’écureuil qui apparaît sur l’un des clichés ?

Derrière le Campo Grande, vous pouvez visiter le musée oriental de Valladolid. On y trouve de très belles collections, notamment concernant les Philippines, colonisées par les Espagnols à la Renaissance et indépendantes depuis 1898.

Non loin du Campo Grande et de la rivière Pisuerga, le théâtre Lope de Vega expose sa belle façade en faïence :

Chargée d’histoire, Valladolid est notamment la ville où est mort Christophe Colomb en 1506, sans savoir qu’il avait découvert un continent jusqu’alors inconnu des Européens. Voici un musée qui lui est dédié :

Ces photos vous donnent-elles envie de visiter Valladolid ? Voulez-vous étudier dans son université, vous promener dans ses jardins, vous cultiver dans ses musées et prier dans ses églises ? Ce site vous présente toutes les sorties culturelles proposées, y compris une visite guidée gratuite des monuments phares. N’attendez pas ! Sautez sur la première occasion pour découvrir cette ville merveilleuse ! 😊

Jean O’Creisren

PS : Pour terminer, je vous propose un clip en espagnol en hommage à cette ville particulière qu’est Valladolid. Je vous informe néanmoins qu’elle s’adresse aux initiés qui connaissent très bien cette ville et sa culture, et ayant un niveau d’espagnol suffisamment élevé pour comprendre l’argot et les variantes dialectales péninsulaires.

Une chanson subtile en hommage à Valladolid

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Qu’y a-t-il de commun entre Albane, Jonaz, Maëlwenn, Hakam, Scratch et Girolamo ?

Apparemment, tout les différencie : une jeune femme au cœur d’or qui parle aussi bien anglais que russe, deux Bretons aussi têtus l’un que l’autre, un chirurgien algérien qui a tout abandonné pour commencer une licence de droit, un SDF alcoolique, ainsi qu’un traducteur italien à la fois fervent catholique et fan du groupe anarchiste Ska-P. 😉

Pourtant, ils vont cheminer ensemble vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils vont affronter les mêmes épreuves sur un pied d’égalité. Avec les autres pèlerins, ils formeront une communauté très hétérogène, mais solidaire. Tous marchent pour une raison singulière, qu’ils en aient conscience ou non. Trouveront-ils ce qu’ils recherchent en cours de route ? 🌻

Photo de Guduru Ajay bhargav sur Pexels.com

Vous aimez lire les articles de « Délires de linguiste » ? 🙂 Quatre ans après avoir lancé ce blog, je publie Unis par le Camino. Ce roman original se développe autour du Chemin de Compostelle. Différents personnages évoluent au cœur de cette Espagne que j’aime tant. Ce voyage initiatique leur permet de soulever de grandes questions dans des dialogues constructifs, de se connecter à leur for intérieur et de se recentrer sur leurs aspiration les plus profondes. Vous retrouverez dans cet ouvrage ma passion pour les langues, mon goût de l’aventure et une bonne dose d’humour. 😉

Entre autres retours sur ce roman, un lecteur m’a dit que l’intrigue est bien construite, avec autant de suspense que vous êtes en droit de l’attendre. 😎

Cette idée de lecture vous intéresse ? Vous pouvez commander mon livre sur le site de l’éditeur.

Vous pouvez également vous le procurer dans la librairie de votre choix ou sur une plate-forme en ligne. Voici les références bibliographiques à fournir à votre libraire :

O’CREISREN, Jean. Unis par le Camino : une quête de sens sur le chemin de Compostelle. Saint-Ouen : Les Éditions du Net, 2023.

Bonne lecture et ultreïa ! 😉

Jean O’Creisren

« Welcome to hell » de Ska-P (paroles en français)

Vous aussi, vous êtes fan de Ska-P ? Voici ma traduction en français des paroles de « Welcome to hell » (¡¡Que corra la voz!! – 2002)

Welcome to hell

Les heures sont éternelles dans ce couloir sale ;
Je pense en détail à mon exécution.
Le temps me presse, why ne puis-je pas l’arrêter ?
Eh brother, welcome to hell!

Attaché sur une chaise, ils vont m’électrocuter.
J’ai été condamné à la peine capitale.
J’allègue mon innocence, ils ne veulent pas la voir.
Eh brother, welcome to hell!

L’heure est arrivée, mon frère chicano
Ton heure est arrivée, Afro-américain

On condamne des déments ou des mineurs
Sur la chaise de la mort ou dans la chambre à gaz.
Combien d’innocents ai-je vu périr ?
Eh brother, welcome to hell!

Je vis dans un pays où tu peux tout acheter ;
Être vivant ou mort dépend de ton capital.
Mon futur est déjà écrit, je ne peux pas me défendre.
Eh brother, welcome to hell!

L’heure est arrivée, mon frère chicano
Ton heure est arrivée, Afro-américain

DES CRIMES D’ÉTAT CONTRE L’HUMANITÉ CONFORMES À LA LOI EN VIGUEUR.
LES DROITS DE L’HOMME EXISTENT ; ÇA LEUR EST ÉGAL.

WELCOME HELL, CETTE AFFAIRE EST CLOSE !
WELCOME HELL, IL FAUT L’ASSASSINER !
WELCOME HELL, CETTE AFFAIRE EST CLOSE !
WELCOME HELL, IL FAUT L’ÉLIMINER !

WELCOME
WELCOME DEATH

Combien d’êtres humains devrez-vous assassiner
Pour vous rendre compte que c’est une atrocité ?
« Œil pour œil », ça ne peut rien résoudre.
Eh brother, welcome to hell!

Au fil des ans, on a réussi à démontrer
Que je n’étais pas coupable. Why? On ne peut pas revenir en arrière.
Mon corps est pourri. Why? Je ne peux plus renaître.
Eh brother, welcome, welcome…

L’heure est arrivée, mon frère chicano
Ton heure est arrivée, Afro-américain

DES CRIMES D’ÉTAT CONTRE L’HUMANITÉ CONFORMES À LA LOI EN VIGUEUR.
LES DROITS DE L’HOMME EXISTENT ; ÇA LEUR EST ÉGAL.

WELCOME HELL, CETTE AFFAIRE EST CLOSE !
WELCOME HELL, IL FAUT L’ASSASSINER !
WELCOME HELL, CETTE AFFAIRE EST CLOSE !
WELCOME HELL, IL FAUT L’ÉLIMINER !

WELCOME
WELCOME DEATH

Source : https://www.letras.com/skap/421978/

Traduction de l’espagnol vers le français par Maya Ferré

Révision et relecture de la traduction de cette chanson de Ska-P contre la peine de mort par Jean O’Creisren


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« The Lobby Man » (paroles en français)

« El Olvidado » (paroles en français)

« Patriotadas » (paroles en français)

« Consumo gusto » (paroles en français)

Ecología: ¿A qué se parecería un «Nuevo Trato Verde» para una economía mundial pospandémica?

La pandemia de coronavirus ha causado el mayor choque de la economía mundial registrado en la época contemporánea. El trabajo de reconstrucción que se deberá llevar a cabo tras este desastre tendrá proporciones épicas. Ahora bien, esta obra masiva llega en un momento en el cual los analistas, economistas y activistas en todo el planeta ya instaban a que se cambiara fundamentalmente la configuración de nuestras economías para hacer frente a la crisis climática mundial.

Foto de MIXU en Pexels.com

Está casi universalmente aceptado que debemos descarbonizar nuestras economías y acabar con nuestro uso de combustibles fósiles este siglo para impedir un calentamiento global galopante y catastrófico. Eso era el convenio al cual llegaron los dirigentes que representaban a casi todos los Estados naciones del mundo en el Acuerdo de París sobre el Cambio Climático en 2015.

¿A qué se parecería realmente un Nuevo Trato Verde para la economía mundial pospandémica?

Como en los años 1930, en los cuales el presidente estadounidense Franklin D. Roosevelt implementó el New Deal para salir de la crisis, un Nuevo Trato Verde produciría un beneficio social de mayor interés, es decir, una cierta creación de empleo. El desempleo ha surgido en todo el mundo durante la crisis. La Organización Internacional de Trabajo (OIT) considera que, en 2020, el 8,8% de las horas de trabajo se perdieron respecto a 2019, lo que equivale a 255 millones de empleos de tiempo completo. Y, afortunadamente, la producción de energía renovable (por lo menos de momento) crea más trabajo que la de combustibles fósiles. Esto sugiere que esta transición debería estimular el empleo de forma global. Un programa masivo de aislamiento para millones de edificios y de retroadaptación para miles de millones de viviendas con sistemas de calefacción con emisiones de carbono bajas o nulas (como bombas de calor de fuente de aire o calderas eléctricas) también serían una fuente de nuevos empleos e ingresos para los trabajadores.

Un Nuevo Trato Verde necesitaría que los Estados desechasen todos los subsidios que todavía se otorgan a firmas y hogares para que compren combustibles fósiles. También haría falta un incremento de las tasas sobre las actividades que emiten mucho carbono, como los viajes en avión o la conducción de coches de gasolina o diésel. Sin embargo, tales políticas provocarán una fuerte resistencia por parte de varios grupos de presión. Para contrarrestar este esfuerzo de lobbying y ganar la batalla de la opinión pública, los Estados tendrán que adoptar medidas decisivas y rápidas para sostener la renta de los hogares a lo largo de la transición, redistribuyendo los ingresos de los impuestos sobre el carbono a los consumidores menos acomodados, que quedan afectados por el incremento del coste de la vida.

Fuente: fragmentos de “What would a ‘Green New Deal’ for a post-pandemic world economy look like?”,

The Independent, 10 de febrero de 2021, un texto escrito por Ben Chu y traducido en este blog por Jean O’Creisren.

Para leer una traducción del artículo en francés, haz clic aquí.


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Pourquoi suis-je fan de Ska-P ?

Ska-P est un groupe de ska-punk qui chante en espagnol depuis les années 1990…

Connaissez-vous Ska-P ? Il s’agit d’un groupe de ska espagnol originaire du quartier populaire de Vallecas, à Madrid. S’il ne vous dit rien, je vous invite à visiter leur site officiel.

J’ai eu la chance de découvrir Ska-P l’année où j’ai commencé à apprendre la langue de Cervantès. J’avais alors 13 ans. Un cousin m’a introduit dans leur musique et cette dernière m’a plu. En écoutant les chansons de Planeta Eskoria et d’El Vals del Obrero, je me suis vite rendu compte que c’était un truc de rebelles. Et ça, comme ça te parle quand tu es ado ! J’ai découvert ce qu’est l’anarchisme et j’aimais beaucoup chanter “Legalización” pour embêter mes parents.

D’autre part, j’aimais bien le Gato López. Le symbole du groupe « est un chat ouvrier » (“es un gato obrero”) qui porte une casquette verte, jaune et rouge, ainsi que quelques piercings et une médaille anarchiste. Cet animal fume également un joint. Au collège, j’ai dessiné beaucoup de Gatos Lópeces, surtout pendant les cours de mathématiques. Voici mes deux plus belles œuvres en la matière :

J’ai dessiné ce Gato López pour l’afficher sur le mur de la classe, quand j’étais en 3e. C’est un hommage à Ska-P et aux 5 albums qu’ils avaient sortis à cette époque. Mais comme nous n’avions pas le droit de faire valoir des symboles politiques dans la classe, j’ai remplacé la médaille anarchiste par une médaille “Peace and love”. Bon, nous sommes bien d’accord que cela ne convient pas du tout à ce chat si agressif… 😂
Cette série de parodies du Gato López vise à imaginer quels types de chats symboliseraient des groupes d’autres styles musicaux. Enfin, c’est le point de vue d’un adolescent qui a plus de sympathie pour certains genres que pour d’autres…

Mais, surtout, l’écoute de Ska-P m’a énormément fait progresser en espagnol. Grâce à leurs chansons, j’ai pu apprendre les gros mots. En effet, les premières paroles que j’ai mémorisées par cœur sont celles d’“A la mierda”. J’ai également pu intégrer beaucoup de vocabulaire relatif à la politique, mais aussi améliorer ma compréhension orale et mon accent. Je n’aurais pas pu être tête de classe en espagnol de la 4e à la licence Cultures et langues étrangères sans l’aide de Ska-P. Encore aujourd’hui, lorsque je traduis un texte du français vers le castillan, les paroles de leurs chansons me sont d’un grand soutien. Si j’ai un doute sur une préposition ou sur autre chose, je me rappelle que c’est formulé de telle façon dans un chant que je connais par cœur.

En outre, Ska-P propose des morceaux joyeux et dont le son me plaît, même lorsque les propos tenus sont tristes. Par exemple, le rythme de “Un@ más” donne envie de danser, bien que les paroles soient très pessimistes. Ainsi, j’ai parfois besoin d’écouter Ska-P pour me donner du courage : quand je conduis sous la pluie, quand je nettoie mon appartement, quand je fais la vaisselle, etc.

Le Gato López illustre la pochette de l’album ¡¡Que corra la voz!!

De quoi parlent les chansons de Ska-P ?

Les gens connaissent surtout Ska-P pour le tube “Legalización”. Mais il y en a d’autres, qui sont beaucoup plus intéressantes ! Certaines traitent de la condition ouvrière : “El Valso del Obrero”, “Naval Xixón”, “La fábrica”, etc. Les membres du groupe viennent des classes populaires et connaissent bien le sujet.

D’autres chansons traitent de politique. Elles critiquent le capitalisme et l’ordre établi. C’est notamment le cas de “¿Quiénes sois?” et de “Canto a la rebelión”. “Intifada” soutient le peuple palestinien sans aucun positionnement ni antisémite ni islamiste. J’aime bien ce chant, même si je ne pense pas que la contestation violente soit la solution. Le rythme de cette chanson est très rapide. Danser le rock là-dessus est un vrai défi, et je l’ai déjà relevé avec une amie. 😉 Ska-P dénonce également le libéralisme qui régit l’Union européenne dans “The Lobby Man”. De même, le groupe critique la monarchie espagnole dans “Jaque al rey”. Moi qui suis français, j’aime bien “La Colmena”, qui mentionne la crise des banlieues en 2005. Dans cette chanson, on entend Nicolas Sarkozy et Ska-P chante même en français… avec un accent espagnol. Dénoncer, critiquer… Mais bien évidemment, le groupe propose aussi des alternatives ! “Marinaleda” donne l’exemple d’une commune andalouse régie selon les principes de l’autogestion. Ska-P montre que l’anarchisme n’est pas une vaine utopie, mais qu’il peut être appliqué concrètement.

Si leur message politique est très souvent orienté, Ska-P dénonce également des injustices que tout être humain devrait dénoncer. Par exemple, “Violencia Machista” est un cri de résistance contre la violence faite aux femmes. “Alí el Magrebí” est un hommage aux migrants qui nous incite à la solidarité ainsi qu’à la lutte contre le racisme. De même, “Niño Soldado” et “Los hijos bastardos de la globalización” défendent les droits de l’enfant. Enfin, “El Olvidado” nous appelle à aider les sans-abris.

Par ailleurs, Ska-P est sensible à la cause animale. “Insensibilidad” parle des animaux de compagnie abandonnés par leurs maîtres. De même, le groupe s’oppose à la corrida dans “Abolición”, “Vergüenza” et “Wild Spain”.

En tant que groupe anticapitaliste, Ska-P critique la société de consommation. “Consumo Gusto” en est un bon exemple. Par ailleurs, le groupe aborde bien d’autres sujets : la censure, l’environnement, la peine de mort et les violences policières, les revendications féministes et LGBT+, l’évasion fiscale, etc. Enfin, quelques rares chansons ne sont pas engagées. C’est notamment le cas de “No lo volveré a hacer más”. Elle aborde avec humour le sujet des cuites et de la gueule de bois. J’ai regardé le clip avec un ami alcoolique qui ne parle pas espagnol. Il a beaucoup ri en le voyant et m’a déclaré : « Le mec dans la vidéo, c’est moi ! » Dans son premier album, le groupe a sorti “Como un rayo”. J’aime particulièrement le rythme festif de cette chanson. En cliquant ici, vous pourrez en regarder une vidéo avec les paroles. Et sur ce lien, vous trouverez l’archive d’un concertSka-P interprète ce morceau en 1995. Pour leurs grands fans comme moi, il est émouvant de voir les débuts du groupe, quand les membres étaient très jeunes et encore à la recherche de leur style…

À mesure que j’ai progressé en espagnol, je me suis rendu compte que les paroles des chansons de Ska-P relèvent d’une qualité littéraire très intéressante. Elles foisonnent de figures de style et de références culturelles bien trouvées.

Et au sujet de la religion ?

En tant que groupe anarchiste, Ska-P critique beaucoup les religions, et plus particulièrement le catholicisme. Souvent, ils mettent des mots à connotation sexuelle ou scatologique dans leurs chansons à thème religieux. Par exemple, dans l’une d’entre elles, ils comparent le Pape à une mouche à merde.

Ceux qui me connaissent un peu savent bien que, dans la vraie vie, je suis une grenouille de bénitier. Ainsi, bien que je sois fan de Ska-P, je refuse d’écouter les chansons qui ne respectent pas mon Dieu et mes croyances. Néanmoins, j’écoute parfois “Crimen Solicitationis”. Ce morceau s’attaque à l’Église, mais pour des raisons appropriées. En effet, elle met en lumière les abus sexuels commis par certains clercs. Je suis catholique, mais je considère que ces crimes sont très graves et je suis tout à fait d’accord avec Ska-P pour les dénoncer. Toutefois, ce qu’ils disent sur Benoît XVI n’est pas adéquat étant donné que ce pape est justement celui qui a permis de lutter contre ces atrocités.

Bien que Ska-P se montre hostile envers le christianisme, les références religieuses abondent dans les paroles de certaines chansons. Par exemple, dans “Intifada”, ils chantent “¿Quién podía imaginar que David fuese Goliat?”. Ce vers se traduirait par : « Qui pouvait imaginer que David deviendrait Goliath ? » Le groupe entend par là que les Israéliens et les Palestiniens ont échangé leurs rôles respectifs sur le plan militaire. En effet, dans la Bible, Goliath représente la force armée du puissant peuple philistin (le mot « philistin » a d’ailleurs donné, plus tard, « palestinien ») et David est un enfant juif fragile qui défie le géant en lui lançant des pierres. Aujourd’hui, c’est le contraire qui se produit : l’armée israélienne est très puissante et les opposants civils palestiniens ont jeté des cailloux aux soldats de Tsahal au cours de conflits nommés « intifadas ».

En outre, le groupe propose d’autres références à la Bible, à l’histoire de l’Église, à même à d’autres religions (comme l’évocation du croissant et du Ramadan dans “Alí el Magrebí”). Si l’on voulait détailler tout cela, il faudrait écrire un autre article. Quoi qu’il en soit, cela montre que les membres de Ska-P disposent d’une bonne connaissance du catholicisme, comme beaucoup d’Espagnols. De mon point de vue, il est important de s’intéresser à la culture religieuse. Après, croire ou non est un autre sujet. Chacun·e est libre d’avoir la foi ou non. Mais, pour pouvoir choisir, il faut savoir à quoi l’on décide de croire ou de renoncer. Et si votre culture religieuse vous sert à vous opposer à la religion, vos arguments auront beaucoup plus de poids que ceux d’une personne qui se considère comme athée, mais qui, en réalité, ne peut pas critiquer de manière efficace car elle ignore ce qu’elle rejette.

En somme, Ska-P est un groupe que j’aime énormément. Bien que je ne partage pas toutes leurs idées, bien que je n’aie jamais eu la chance de les voir en concert, je suis un grand fan de ces artistes. Ça vaut vraiment le coup d’écouter leur musique. Alors, n’hésitez pas à le faire, ¡¡hasta la victoria siempre!! 😉

Jean O’Creisren

Crédits images : Ska-P et Jean O’Creisren


Cet article vous a plu ?

Vous pourrez en lire la version espagnole sur : ¿Por qué soy fan de Ska-P?


Vous aussi, vous êtes fan de Ska-P ?

Cliquez pour lire la traduction en français des chansons suivantes :

« Alí el magrebí »

« No lo volveré a hacer más »

« The Lobby Man »

« El Olvidado »

Unis par le Camino : Jean O’Creisren publie son premier roman
(avec quelques extraits d’une chanson de Ska-P et un peu d’humour bienveillant au sujet de ce groupe controversé)

« Niño Soldado »

Voyage en Aragon et en Catalogne (avec la mention d’une chanson de Ska-P et une controverse théologique au sujet des paroles et du thème abordé par ces dernières)

« Patriotadas »

« Consumo gusto »

« Welcome to hell »

« Niño Soldado »


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Mi cuerpo bajo la mirada de Dios

El martes, 3 de mayo de 2016, Jeanne Larghero habló a los estudiantes del tema de la afectividad y de la sexualidad. Este asunto no es en absoluto un tabú en la Iglesia Católica. Se abordó con benevolencia y la conferenciante nos enseñó cuánto la mirada de Dios sobre nuestro cuerpo es bella.

¿Cuál es realmente el punto de vista católico sobre el sexo?


¿Qué dice la Iglesia sobre la sexualidad? El martes, 3 de mayo de 2016, Jeanne Larghero impartió una conferencia para los estudiantes que frecuentaban la capellanía de Cergy-Pontoise, cerca de París. El tema era: «Mi cuerpo bajo la mirada de Dios». La conferenciante es filósofa, escritora y formadora de educación afectiva y sexual. Publicó un libro titulado Quand la philosophie se mêle de sexe (Desclée De Brouwer, 2014). En español, la traducción del título sería «Cuando la filosofía se mete con el sexo». En nuestra sociedad, este tema es omnipresente. Así que esa aclaración sobre el punto de vista de la Iglesia Católica cautivó al auditorio.

En efecto, la sexualidad es un asunto del cual se habla muchísimo. Sin embargo, resulta difícil articular un discurso justo y adecuado al respeto. Jeanne Larghero nos recuerda que Dios, nuestro Creador, se interesa con nuestro cuerpo. No es indiferente al hecho de que un@ tenga un cuerpo de hombre o de mujer. Nos mira y nos dice: «¡Qué hombre tan estupendo!» «¡Qué chica tan guay!» Y es más: ¡Dios tiene sentimientos por nosotros!

Además, nuestro cuerpo sexuado está llamado a la vida eterna. En el día de nuestra resurrección, veremos a Dios en nuestra propia carne, después de buscarlo durante toda nuestra existencia terrenal.

Cuando un@ lee el libro del Génesis, se entera de que el Señor crea al hombre «macho y hembra», si se traduce literalmente. Es el primer relato de la historia en el cual se afirma que el hombre y la mujer tienen el mismo origen y la misma dignidad. Antes de tratar de Adán y Eva, el texto menciona la creación de los animales y su reproducción, pero sin abordar directamente el tema de la sexualidad. A las bestias, Dios no les dice: «Sean fecundos y multiplíquense» (Gn 1, 22). En cambio, solo a la hora de crear una realidad a su imagen, el Señor le otorga la existencia a la pareja humana, dotada de una sexualidad y de una fecundidad. «Y Dios creó al hombre a su imagen; lo creó a imagen de Dios, los creó varón y mujer» (Gn 1, 27). En otros términos, la sexualidad humana no tiene nada que ver con la sexualidad animal, ya que refleja la gloria de Dios. Asimismo, no puedo separar mi forma de vivir la sexualidad y la propia mirada sobre el hombre o la mujer que soy. En efecto, no hay nada más concreto que mi masculinidad o mi feminidad. Si soy un hombre, cuánto más bella sea mi manera de mirar a las mujeres, más bella será mi forma de considerar la propia masculinidad.

Querido por Dios, mi cuerpo sirve a la relación; está enteramente hecho para relacionarse con los demás. No es diferente de mí. En efecto, un@ no «tiene» un cuerpo, sino que «es» un cuerpo. Cuando alguien me dice «te quiero», esto significa que le gusta mi cuerpo. La relación sexual es la forma cumplida de la relación amorosa; por eso la Iglesia pide que no se viva a la ligera, sino que implique un auténtico compromiso de amor.

Aunque el cuerpo del hombre produce espermatozoides sin cesar, el de la mujer sólo es fértil durante unos diez días del ciclo menstrual. Esto significa que la sexualidad humana no es el lugar del instinto y de la reproducción, a diferencia de lo que pasa con los animales. Es algo profundo y sagrado.

Cuando el acto sexual engendra un ser humano, los padres lo crean «para siempre»; le dan vida a un ser llamado a la eternidad.

Después de la conferencia, algunos estudiantes formularon preguntas sobre lo que la Iglesia permite y prohíbe en materia de moral sexual. Jeanne Larghero contestó que moralizar no tiene sentido en sí mismo. Sin embargo, la religión cristiana enseña que el amor y la sexualidad deben vivirse en la verdad, queriendo realmente el bien de la persona con la cual un@ se une, y dándose plenamente. Esto es la propia definición del matrimonio.

La tarde terminó con debates entre los estudiantes, sobre esta hermosa cuestión que preocupa a todo el mundo.

Jean O’Creisren

Créditos de imagen: https://fr.freepik.com/vecteurs-libre/adam-eve-au-jardin-eden-ander-pommier-au-fruit-defendu-connaissances-vecteur-dessin-anime-illust_4029181.htm


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Vous aussi, vous êtes fan de Ska-P ? Voici ma traduction en français des paroles de « Niño Soldado » (¡¡Que corra la voz!! – 2002)

L’Enfant soldat

Je suis allé naître là où il n’y a rien
Derrière cette ligne qui sépare le bien du mal.
Ma terre se nomme « misère »
Et je ne connais pas le mot « liberté ».

J’ai été séquestré lors d’une guerre,
Torturé et préparé à tuer.
On m’a transformé en une bête ;
Je suis seulement un enfant privé d’identité.
On m’a obligé à tirer ;
On m’a montré comment assassiner.
On m’a obligé à mutiler
Dans un véritable enfer sur Terre.

Eh non, ton indifférence ne mérite aucun pardon !
Qui a volé ton cœur ?
Tu ne bouges pas de ton fauteuil.
Eh non, ton indifférence ne mérite aucun pardon !
Qui a volé ton cœur ?
Éteins la télévision !

En me braquant un pistolet sur le tête,
Il m’oblige à assassiner mon papa.
Je suis une machine de guerre ;
Mon doigt appuie sur cette gâchette sans que je ne regarde.
On m’a obligé à tirer ;
On m’a montré comment assassiner.
On m’a obligé à mutiler
Dans un véritable enfer sur Terre.

Eh non, ton indifférence ne mérite aucun pardon !
Qui a volé ton cœur ?
Tu ne bouges pas de ton fauteuil.
Eh non, ton indifférence ne mérite aucun pardon !
Qui a volé ton cœur ?
Éteins la télévision !

On m’a obligé à tirer ;
On m’a montré comment assassiner.
On m’a obligé à mutiler
Dans un véritable enfer sur Terre.

Eh non, ton indifférence ne mérite aucun pardon !
Qui a volé ton cœur ?
Tu ne bouges pas de ton fauteuil.
Eh non, ton indifférence ne mérite aucun pardon !
Qui a volé ton cœur ?
Éteins la télévision !

Source : https://www.letras.com/ska-p/nino-soldado/

Traduction de l’espagnol vers le français par Jean O’Creisren


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