L’argot des cathos

Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

Oui, malgré le confinement, nous fêtons Pâques. Nous célébrons la victoire de la Vie sur la mort. D’où les œufs en chocolat, qui symbolisent la naissance de futurs poussins.

Pâques est célébrée par les chrétiens du monde entier. En France, la majorité des disciples du Christ sont catholiques. Mais les orthodoxes et les protestants sont aussi nos frères et sœurs en Jésus ! 😊

Les catholiques pratiquants représenteraient 2 % de la population française. L’Église catholique en France est un large réseau qui dépasse les classes sociales. Il y a des cathos riches et des cathos pauvres. Il y a des cathos de droite et des cathos de gauche. Il y a des cathos âgés et des cathos jeunes. Il y a des cathos en ville et à la campagne.

Mais malgré cela, l’Église est une. Elle est unie dans sa diversité. Comme marque de son identité, de sa culture commune, elle dispose d’un langage spécifique. Je ne vais pas parler de termes liturgiques et théologiques barbares. La question n’est pas de disserter sur l’étymologie de « périchorèse » ou sur la prononciation de « messe chrismale ». Non, dans cet article, je vais m’intéresser au langage familier des cathos. Ces mots qui n’ont rien de formel, qui font partie d’un grand trip propre à ce milieu. Car oui, les catholiques pratiquants forment un milieu qui dépasse les classes sociales. Si vous faites du théâtre d’improvisation, une synergie se crée dans le groupe. Et pourtant, ce sont souvent des gens qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. Ils ont des métiers très divers, gagnent des salaires inégaux et ne pensent pas nécessairement pareil. Néanmoins, ils créent une réalité sociale, avec des interactions, des codes, des délires communs. On retrouve un peu la même chose chez les cathos. Ils ont leurs propres codes, leurs propres blagues et leur propre jargon.

En linguistique, on appelle « sociolecte » tout langage propre à un groupe social. Êtes-vous prêt·e·s pour la leçon de sociolinguistique du jour ? Je vous laisse donc découvrir le sociolecte des cathos francophones… 😉

Ado : diminutif d’« adoration ». Chez les cathos, l’adoration du Saint-Sacrement consiste à prier devant une hostie consacrée, exposée dans un ostensoir. Beaucoup de gens se disent que nous sommes complètement fadas de nous prosterner devant un morceau de pain et de lui adresser nos prières. Seulement, nous croyons que ce n’est plus du pain. Pour nous, c’est le Corps du Christ. Et comme nous croyons que Jésus est Dieu, nous pouvons adorer l’hostie. Car, aussi barré que ça puisse paraître, nous croyons que ce « morceau de pain », c’est Dieu tout-puissant, le Créateur de tout l’univers…

– Mais où étais-tu passé, Nathanaël ? Encore à jouer avec ton portable sous le figuier ?

– Non, papa. J’ai trouvé mieux pour rechercher l’éveil : une heure d’ado à l’heure du dîner, et je suis boosté pour la semaine !

– Certes, mais tu pourrais faire ça à une heure où ça ne gêne pas l’ensemble de la famille ! Je ne pense pas que tu adores le pot-au-feu froid…

« Amen de gloire ! » : formule humoristique (qui ne veut strictement rien dire) pour se moquer des charismatiques. En effet, ces derniers exclament parfois des prières spontanées à voix haute lors des soirées de louange. D’après leur spiritualité, elles sont inspirées par l’Esprit Saint. Ce qui est sûr, c’est que la dimension émotionnelle prime sur la dimension intellectuelle. D’où des phrases qui, selon les mauvaises langues, peuvent manquer de cohérence. Il paraît d’ailleurs que « Merci sois-tu Seigneur ! » a déjà été entendu… Cf. cha-cha.

« Merci sois-tu Seigneur pour la journée de ouf que j’ai passée ! Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit… Amen de gloire ! »

L’autre : le diable. Si Dieu existe et nous aime infiniment, nous pensons aussi que Satan nous déteste. Il ne cesse de nous attirer vers le péché et la souffrance. Parfois, nous allons dans une direction en pensant bien faire car nous y voyons la main de Dieu. Mais il s’avère que cela nous conduit sur un chemin qui nous fait souffrir. Alors, une personne lucide et bienveillante nous dira : « Je pense que c’est plutôt l’autre qui t’a induit(e) en erreur ! ».

Ben : non, non ! Rien à voir avec une fameuse horloge londonienne… C’est juste le diminutif de « bénédicité ». Cette prière est dite ou chantée avant le repas. En voici un exemple :

« Bénissez-nous, Seigneur ! Bénissez ce repas, ceux qui l’ont préparé, et procurez du pain à ceux qui n’en ont pas. Ainsi soit-il ! »

Parmi les nombreuses versions du « ben », une autre est parfois mentionnée pour plaisanter. À titre personnel, il m’arrive d’y faire référence en blaguant. Mais je trouve que la prier pour de vrai serait irrespectueux envers notre Créateur : « Pif ! Paf ! Pouf ! Bénissez la bouffe ! »

Béner : réciter ou chanter le bénédicité. Par exemple, avant de commencer le repas, l’un des convives propose de manière très poétique de bénir le Seigneur pour ses bienfaits et lui demander de nourrir les affamés : « Alors, on bène ? »

Cathomobile : voiture espace qui transporte une famille de cathos. En effet, les cathos ont en général beaucoup plus d’enfants que la moyenne des Français. Ouverture à la vie oblige ! Les catholiques font donc preuve d’autodérision en nommant ainsi ces véhicules souvent un peu usés. Si vous voulez vous assurer que vous avez bien affaire à une cathomobile, un signe ne trompe pas : un autocollant scout ou du groupe Glorious sous la lunette arrière…

« C’est pas très Laudato Si’ ! » : Cette expression signifie « ce n’est pas très écolo ». En effet, le Pape François a pris position pour la protection de l’environnement dans l’encyclique Laudato Si’. Pour nous, polluer est un péché !

Cha-cha : diminutif de « charismatique ». Le Renouveau charismatique est un mouvement spirituel apparu à la fin des années 1960. Les charismatiques prient en chantant, en dansant, en tapant des mains. Ils s’appuient sur les charismes reçus de l’Esprit Saint. Concrètement, une soirée louange peut donner ça. En France, deux communautés cha-chas importantes sont l’Emmanuel et le Chemin Neuf. Cf. dévisser des ampoules.

Clin-Dieu : clin d’œil de la part de Dieu. Les cathos utilisent cette expression lorsqu’ils perçoivent un truc cool qu’ils interprètent comme un signe du Seigneur. Par exemple, je connais un traducteur qui a commencé sa carrière en tant qu’enseignant. Il était très malheureux dans ce métier et pensait à se réorienter. Il a donc traversé la France pour participer à une rencontre entre traducteurs et traductrices. Cela lui a fait très bonne impression et l’a confirmé dans cette nouvelle vocation professionnelle. La rencontre avait lieu sur un week-end. Pour la messe dominicale, il s’est rendu à l’église qui jouxtait le lieu de l’événement. Elle s’appelait Saint-Jérôme. Or ce saint au très mauvais caractère a traduit la Bible en latin au moment de la chute de l’Empire romain. Sa traduction, la Vulgate, a fait foi pendant des siècles au sein de l’Église catholique. Saint Jérôme est donc le patron des traducteurs. Ce jeune homme en réorientation a donc vu un clin-Dieu dans le nom de cet édifice. Il savait déjà qu’il voulait exercer ce beau métier. Mais il a vu dans ce signe une preuve que Jésus pensait bien à lui en ce moment important de sa vie professionnelle. 😊

Deo Gratias : façon de dire « merci » dans certaines communautés religieuses. Cette expression latine peut être traduite de différentes manières : « Dieu soit loué ! », « Dieu merci ! », « (Nous) rendons grâce à Dieu ! », etc. Quelle que soit la traduction, l’idée est de remercier notre Créateur, qui nous aime et qui est la source de tout bien.

Dévisser des ampoules : les charismatiques prient parfois en dansant. Certains chantent donc en se trémoussant sur place avec les mains en l’air. D’où l’expression « dévisser des ampoules » pour « louer le Seigneur ». cf. cha-cha.

– Salut Marie-Sixtine, ça te dit de prendre un verre ce soir ?

– Désolée Kilian, mais j’ai déjà un truc de prévu. Je vais dévisser des ampoules de 19h30 à 23h30. Mais tu peux venir avec moi, si tu veux. Tu verras, c’est super sympa !

Effata : Cette expression araméenne signifie « ouvre-toi ! ». Dans l’évangile de Marc, Jésus guérit une personne sourde en lui disant « Effata ! ». Ainsi, on peut répondre cela à un catho qui a l’esprit étriqué ou qui ne parle que de ses centres d’intérêt :

– Eh, Jeanne-Marthe, as-tu vu mon nouveau chapelet ? Il est en pur buis. C’est le cinquantième que je fabrique cette année. Je suis un vrai patenôtrier ! Ou « patenostrier » devrais-je dire… Bref, les deux sont acceptés ! Tu sais, « patenôtrier » ou « patenostrier », c’est le nom qu’on donne à une personne qui fabrique des chapelets. Étymologiquement, ça vient de « Pater Noster ». Ça veut dire « Notre Père » en latin. Parce qu’on prie six fois le Notre Père quand on récite le chapelet. Patenôtrier, c’est vraiment le plus beau des métiers ! Savais-tu que…

– Merci pout toutes ces infos, Jean-Baudouin ! Vraiment, je suis admirative de ton talent ! Mais à part les chapelets, qu’est-ce qui t’intéresse dans la vie ?

– Rien ! Mais alors là, rien du tout !

– Effata !

Évanj’ : raccourci d’ « évangélisation ». Cette pratique consiste à parler de Jésus à des gens qui ne le connaissent pas. Même le chrétien le plus convaincu et le plus saint ne connaît pas Jésus dans tous les aspects de sa vie. Tout le monde a donc besoin d’être évangélisé. Mais attention : l’évangélisation n’est pas un prosélytisme agressif ! L’idée est de proposer la Bonne Nouvelle, pas de l’imposer ! Les gens sont libres d’adhérer ou non à la foi chrétienne. Nous pouvons parler de Dieu, mais c’est Dieu seul qui peut choisir de convertir telle ou telle personne, en respectant sa liberté, car Il nous aime. 😊

Si vous voulez rigoler un peu sur le sujet, n’hésitez pas à regarder cette vidéo :

Grenouille de bénitier : cette expression est bien connue même en dehors du milieu catho. Elle désigne familièrement une personne très pratiquante. J’aime bien son équivalent espagnol, un mot qui respire la délicatesse… En effet, meapilas se traduirait littéralement par « pisseur d’eau bénite ».

« Ma femme » : c’est ainsi que certains prêtres et séminaristes désignent leur bréviaire. Cet objet est un livre de prières. Les membres du clergé sont obligés de prier tous les jours certains passages écrits dedans. C’est ce qu’on appelle la « liturgie des heures ». Dans le rite romain, les prêtres sont célibataires. Alors que les personnes mariées doivent être fidèles à leur conjoint, les clercs doivent être fidèles à leur bréviaire…

Pélé : raccourci très courant de « pèlerinage ».

– Que fais-tu pendant les vacances ?

– Je pars en pélé !

– Ah oui ? Où ça ? À Rome ? À Compostelle ? À Lourdes ? À Jérusalem ?

– Non, à La Mecque !

Pharisien : à l’époque de Jésus, les pharisiens étaient l’un des courants dominants du judaïsme. Dans les Évangiles, ils sont présentés comme des Juifs rigoristes qui jugent selon les apparences. Jésus les dérange et ils lui posent parfois des questions gênantes pour le coincer. Mais le Christ arrive toujours à les remettre à leur place par une parole qui enseigne le droit chemin. Chez les cathos, le vocable « pharisien » désigne un chrétien hypocrite. Par exemple, une personne qui irait à la messe tous les dimanches, mais juste pour donner une bonne image afin de briller en société. Ou alors qui croirait détenir la vérité et jugerait les gens qui sont « dans l’erreur » alors qu’elle-même agit d’une manière non conforme à la loi d’amour de Dieu.

« Seigneur, prends pitié ! » : cette phrase est tirée de la prière du Kyrie. Au début de la messe, nous demandons pardon à Dieu pour nos péchés : « Seigneur, prend pitié ! » (ou « Kyrie eleison » en grec). Par extension, c’est une manière humoristique de dire que l’attitude de quelqu’un nous désespère…

– Mon père, j’ai beau expliquer à Bernard qu’il chante comme une casserole, il tient absolument à animer la messe. Tout le monde le lui dit gentiment, mais il a un caractère de cochon et ne veut pas en démordre. Il y a des gens bien plus compétents que lui qui sont prêts à le remplacer. Bernard serait très doué pour faire la lecture au lieu du chant. Mais il s’énerve dès qu’on aborde le sujet. Il nous traite de pharisiens et il a même menacé de chanter l’Internationale pendant la messe de Pâques si on continue à lui résister !

– Quoi ? Seigneur, prends pitié !

Seumé : verlan de « messe ».

– Tancrède, on fait un footing dimanche matin ?

– Merci pour l’invitation Abdoulaye, mais je ne pourrai pas. Je serai à la seumé.

Théo : raccourci de « théologie ».

– Emmanuelle, on se retrouve où pour aller au RU ?

– Juste devant la fac de théo !

– Ça marche ! À toute ma poule !

Tra-tra / tradi : vous connaissez déjà les cha-chas. Mais qui sont les tra-tras ? « tra-tra », « tradi », voire « tra » est le diminutif de « traditionnaliste ». Les tradis sont des cathos qui préfèrent la messe selon la forme extraordinaire du rite romain. C’est-à-dire en latin, comme autrefois. C’est notamment le cas de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre. L’Église catholique est diverse. Certains cathos sont plus à l’aise pour prier comme-ci, d’autres pour prier comme ça. Quoi qu’il en soit, l’Église est une et nos différences sont des richesses.

Udp : sigle utilisé pour conclure une lettre, un mail ou un SMS qu’un(e) catho adresse à un(e) coreligionnaire. Cela signifie « en union de prière ». Par cette phrase, on assure au destinataire du message que l’on prie pour elle ou pour lui. Chez nos frères protestants, « Dieu te bénisse » est une expression plus courante.

Pour conclure ces délires sociologiques de linguiste, je vous propose une missive quelque peu farfelue… En sociolecte catho, voilà ce que pourrait donner une lettre d’amour :

Chère Marie-Astrid,

Lorsque je t’ai vue pour la première fois, c’était à la sortie de la seumé. Ta beauté m’a subjugué. Dans mon cœur, j’ai béni le Seigneur comme un cha-cha : « Amen de gloire ! »

Avec le temps, j’ai pu découvrir ta beauté intérieure. Ado, évanj’, louange… J’aime ta manière de prier ! Je suis notamment un grand fan de la façon gracieuse dont tu dévisses les ampoules !

J’ai été ravi de cette belle conversation lors de notre pélé vers Notre-Dame-des-Petits-Oiseaux. Ta passion pour la théo a éveillé en moi une passion pour la grenouille de bénitier que tu es !

Tu as un côté tra-tra et tu n’oublies jamais de béner avant les pique-niques à l’aumônerie. Profonde, tu fuis tous ces pharisiens qui ne te méritent pas. Quand l’autre m’incite à trop te parler de mes chapelets, tu me dis « Effata ! » avec une bienveillance qui me transfigure.

Rayonnant d’amour comme un ostensoir, je me sens appelé à te donner ma vie. D’ailleurs, nous avons tous les deux des prénoms composés. N’est-ce pas là un clin-Dieu ?

Quelle est ma vocation ? Je sais bien que je ne suis pas appelé à épouser un bréviaire ! Veux-tu être ma femme ? Nous pourrions avoir plein d’enfants et les emmener en vacances dans notre splendide cathomobile… Bon, je sais, comparé au train, c’est pas très Laudato Si’ !

Si tu acceptes mon amour, je dirai « Deo gratias ! » Mais si ma lettre te paraît trop farfelue pour cela, j’espère que tu ne t’exclameras pas « Seigneur, prends pitié ! »

Sur ce, je te souhaite une excellente octave pascale,

Udp,

Jean-Baudouin

Voilà donc ce à quoi ressemble l’argot des cathos ! Ou, pour être plus docte, le sociolecte des catholiques pratiquants. Vous connaissez d’autres expressions familières utilisées dans ce milieu ? N’hésitez pas à me les soumettre en commentaire !

Jean O’Creisren

Crédits image : https://fr.freepik.com/photos-vecteurs-libre/conception


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« Patriotadas » de Ska-P (paroles en français)

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Coups de patriotisme

Ils nous mènent en bateau :
écoutez cette bande de mille bandits
parler de la « patrie » et emporter le fric
à l’ombre d’un quelconque paradis fiscal

Ces messieurs les voleurs, 
disciples des fascistes mutants, 
piquent la tirelire des cotisants, 
puis blanchissent ça par une amnistie fiscale.

Un voleur de bracelets
exhibe le drapeau avec ego et orgueil
en parasitant la classe ouvrière
qui, elle, sauve les victimes de ce pays. 

Chapardeurs aux gants blancs 
ouh oh oh oh 
toujours accrochés au pouvoir…

Je vais vous rappeler
qui paye ici les retraites,
la dépendance, l’école ou la santé !

Le héros, c’est toi,
anonyme de la classe ouvrière,
car, à partir de ton humble portefeuille,
est financé l’État-providence.

Eo ! Ce n’est pas du tout nouveau, ay ay ay ay,
leur patriotisme est pharisien.
Eo ! Ce n’est pas du tout nouveau, ay ay ay ay,
seul l’intérêt les mobilise.

Conclusion : la patrie est un butin.
Répartition : dans une mallette.
La population : qu’elle mange un bon
étron, étron, étron. (bis)

Je vais vous rappeler
qui paye ici les retraites,
la dépendance, l’école ou la santé !

Le héros, c’est toi,
anonyme de la classe ouvrière,
car, à partir de ton humble portefeuille,
est financé l’État-providence.

Traduit de l’espagnol par Jean O’Creisren avec l’autorisation du groupe Ska-P


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Érase una vez tres árboles

           Érase una vez, en una montaña, tres árboles que compartían sus sueños y sus esperanzas. El primero dijo:

           «Quisiera ser un cofre del tesoro, lujosamente adornado, lleno de oro y de piedras preciosas. Así todos verán mi hermosura.»

            El segundo dijo:

            «Un día, seré un barco sólido y fuerte, y llevaré a los reyes al otro lado del mundo. Todos se sentirán a salvo a bordo de mi embarcación.»

            El tercero dijo:

            «Quiero llegar a ser el mayor árbol y el más fuerte del monte. La gente me verá en la cumbre de la colina, pensará en el cielo y en Dios, y en mi proximidad con ellos; seré el mejor árbol de toda la eternidad y la gente nunca me olvidará.»

            Los tres árboles rezaron a Dios durante años para que sus sueños se hicieran realidad. Y un día vinieron tres leñadores.

            Uno de ellos se aproximó al primer árbol y dijo:

            «Este árbol me parece sólido, podré venderlo a un carpintero de armar.»

            Y le dio un primer golpe con el hacha.

            El árbol estaba contento porque estaba seguro de que el carpintero de armar lo convertiría en un cofre del tesoro

            El segundo leñador dijo, al ver el segundo árbol:

            «Este árbol me parece sólido y fuerte, podré venderlo al fabricante de barcos

            El segundo árbol era feliz al pensar que iba a empezar su carrera por los mares…

            Cuando los leñadores se aproximaron al tercer árbol, éste tuvo miedo, ya que sabía que, si lo cortaban, sus sueños de grandeza se reducirían a nada.

            Entonces el tercer leñador dijo:

            «No necesito un árbol particular, así que voy a cortar éste.»

            Y el tercer árbol cayó…

            Cuando el primer árbol llegó al carpintero de armar, se convirtió en un simple pesebre para los animales. Lo colocaron en un establo y lo llenaron de heno.

            Esto no era en absoluto la respuesta a su plegaria.

            El segundo árbol que soñaba con llevar reyes por los mares se convirtió en una barca de pescadores. Desaparecieron sus antiguos sueños de grandeza.

            El tercer árbol fue cortado en largos pedazos de madera y abandonado en un rincón…

            Pasaron los años y los árboles olvidaron sus antiguos sueños…

            Un buen día, un hombre y una mujer entraron en el establo. La joven mujer dio a luz a un bebé y la pareja lo puso en el pesebre que se había fabricado con la madera del primer árbol.

            El hombre hubiera querido ofrecerle una cuna al bebé, pero este pesebre lo había hecho. Entonces el árbol comprendió la importancia del acontecimiento que estaba viviendo, y supo que en él se encontraba el tesoro más precioso de toda la eternidad.

            Muchos años después, un grupo de hombres subió a la barca fabricada con la madera del segundo árbol; uno de ellos estaba cansado y se durmió. Una tempestad terrible ocurrió, y el árbol temió no ser bastante fuerte para mantener a toda su tripulación a salvo. Los hombres le despertaron al que estaba durmiendo; éste se levantó y dijo:

            «¡Paz!»

            Y la tempestad terminó. En aquel momento, el árbol supo que había llevado al Rey del mundo.

            Por fin, alguien se fue a coger el tercer árbol olvidado en un rincón; fue llevado por las calles, y la muchedumbre insultaba al hombre que lo transportaba.

            Ese hombre fue clavado sobre los pedazos de madera formando una cruz, y murió en la cumbre de la colina.

            Cuando llegó el domingo, el árbol se dio cuenta de que había sido lo bastante fuerte como para hallarse en la cumbre de la colina y estar lo más cerca posible a Dios, ya que Jesucristo había sido crucificado en su madera.

            Cada uno de los tres árboles obtuvo lo que soñaba, pero de manera diferente de lo que imaginaba. Nunca sabemos con certeza cuáles son los proyectos que Dios guarda para nosotros. Sólo sabemos que Sus caminos no son los nuestros, pero que siempre son los mejores si le damos confianza.

Fuente: diaporama Il était une fois trois arbres, de Marcel Tramblay y Diane Turcotte

Traducido del francés por Jean O’Creisren

Créditos de imagen: https://fr.freepik.com/vecteurs-libre/ensemble-differents-arbres_3875712.htm


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L’oublié

Sous un pont en béton,
le froid pénètre ma peau chaque fois que la nuit tombe.
Parmi des boîtes en carton
ton indifférence à mon égard est une humiliation.


La solution n’est pas la charité ;
ça peut soulager, mais jamais soigner.
Quelle est la solution face à cette inégalité ?
Tant que la misère existera, il n’y aura pas de dignité.


Beaucoup de solidarité,
mais, si je traverse devant toi, tu vas m’ignorer.
La pièce que tu me donnes
me sert à pouvoir m’évader de la réalité.


C’est dit dans la Constitution
que j’ai le droit d’avoir une vie meilleure.
Quel tribunal puis-je saisir pour dénoncer
le fait qu’au moment du partage, j’ai été oublié ? (bis)

Des millions de personnes vivent dans la misère la plus absolue. Cours ! Big Brother arrive.

Traduit de l’espagnol par Jean O’Creisren,
 avec l’autorisation du groupe Ska-P

Source : https://www.musica.com/letras.asp?letra=32344 [consulté le 18 décembre 2019]


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À la mémoire du Líder Máximo

Il y a exactement trois ans, Fidel Castro est mort. En tant qu’être humain, je ne peux pas m’en réjouir. En tant que chrétien, je prie et j’appelle à prier pour le salut de son âme.

Depuis la révolution de 1959, il aura apporté à Cuba de bonnes et de moins bonnes choses, mais le but de ce message n’est pas de faire de la politique.

Je voudrais simplement me rappeler le livre que le défunt a écrit lorsqu’il était emprisonné, suite à sa première tentative de coup d’État, en 1953. Cet ouvrage s’intitule L’histoire m’absoudra.

Je ne l’ai pas lu, mais je vous encourage à lire un autre livre, intitulé L’histoire me vomira, de Fiel Gastro.

¡¡Hasta la victoria siempre!!

Jean O’Creisren

Crédits images :  Camer.be, « Cuba : Fidel Castro, le père de la révolution cubaine n’est plus », article rédigé par Hugues Seumo le 26 novembre 2016. URL : https://www.camer.be/56195/11:1/cuba-fidel-castro-le-pere-de-la-revolution-cubaine-n39est-plus.html


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Dialogue absurde pour progresser dans une langue

Homenaje al líder máximo

Hace exactamente tres años falleció Fidel Castro. Como ser humano, no puedo alegrarme de eso. Como cristiano, ruego por la salvación de su alma.

Desde la revolución de 1959 el líder máximo le aportó a Cuba buenas y malas cosas, pero el asunto de este mensaje no es hacer política.

Solo quisiera recordar que el difunto escribió un libro cuando estaba encarcelado, después de su primer intento de golpe de Estado, en 1953. Ese libro se titula La Historia me absolverá.

Yo no lo he leído, pero vosotr@s/ustedes podéis/pueden leer otra obra, titulada La Historia me vomitará de Hiel Gastro… 

¡¡Hasta la victoria siempre!!

Jean O’Creisren

¿Te ha gustado este artículo? También puedes leer la versión francesa: À la mémoire du líder máximo


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« Alí El Magrebí » de Ska-P (paroles en français)

Vous aussi, vous êtes fan de Ska-P ? Voici ma traduction en français des paroles de « Alí El Magrebí » (Ska-P – 1994) :

Ali le Maghrébin

Je ne sais pas si tu te souviens de moi, je suis Ali,
ce pauvre malheureux de la chanson d’à côté
qui s’est fait choper avec du haschich.
Ali, Ali, Ali le Maghrébin.
Un triste jour, j’ai décidé
de fuir la misère,
en traversant la frontière
pour arriver dans ton pays.


Contre le vent et à travers la mer, Ali !!!


Mes rêves sont devenus réalité, je vais arriver.
Je veux juste travailler, je ne demande pas la charité, mais seulement une opportunité.
Ali, Ali, Ali le Maghrébin, j’ai passé le détroit sans hésiter,
en risquant ma vie, en laissant ma famille, pour pouvoir, un jour, rentrer.


Contre le vent et à travers la mer, Ali !!!


À Londres ou à Paris, à Berlin, à Rome ou à Madrid
Ali, Ali, il ne sait pas où vivre, Ali,
à l’approche de l’an 2000, Ali
essaye de survivre.
Ali, Ali, ton croissant de lune est gris, Ali,
le ciel pleure sur toi, Ali,
perdu dans ce pays.


Plus de six jours sans manger, que vais-je faire ?
Je n’ai pas d’endroit où dormir, je ne pourrai pas résister.
Putain, je ne sais pas ce qu’il se passe ici…
Allah, Allah, aide-moi Allah,
comme ce Ramadan est long !
Personne ne me donne de coup de main alors que nous sommes frères.
Ton ancêtre est maghrébin.

Je crie au vent pour que m’aide Allah, Allah !

À Londres ou à Paris, à Berlin, à Rome ou à Madrid
Ali, Ali, il ne sait pas où vivre, Ali,
à l’approche de l’an 2000, Ali

essaye de survivre.
Ali, Ali, ton croissant de lune est gris, Ali,
le ciel pleure sur toi, Ali,
perdu dans ce pays.

Traduction : Jean O’Creisren, avec l’autorisation du groupe Ska-P


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Parlez-vous angevin ?

Ah, Angers ! Cette ville où il fait si bon vivre ! De Joachim du Bellay aux enquêtes sur la qualité de vie en passant par le journal espagnol El País, tout le monde vante la « douceur angevine »…

Mais savez-vous qu’en Anjou, on parle aussi un français un peu différent ? Ce phénomène est observé par la linguiste Henriette Walter dans L’aventure des langues en Occident. La professeure émérite à Rennes-II remarque que le patois angevin a disparu, mais qu’il a laissé des traces sur le parler du Maine-et-Loire. Nous allons voir quelques exemples…

Baner :

Ce verbe signifie « pleurer » ou « crier ». Quand j’étais en primaire, mes camarades et moi utilisions ce terme de manière très courante, comme nous aurions dit « chialer ». En jour, j’étais en train de discuter avec des cousins d’Orléans. Je leur ai parlé d’un enfant qui était en train de baner. Ils n’ont évidemment rien compris. Je me suis demandé d’où ils sortaient, pour ne pas saisir un verbe familier si courant. Ce n’est que des années plus tard que j’ai appris que c’est du patois.

Barrer une porte :

Cette expression signifie « fermer une porte à clef ». Il paraît que ça se dit en Anjou, mais je ne l’ai pas souvent entendu.

Berouette / berrouette :

Brouette. Si vous voulez entendre ce mot, venez pratiquer des activités agricoles dans la région !

Bouiner :

Ce verbe signifie « ne rien faire ». On pourrait le comparer à « glander ». Pour demander « qu’est-ce que tu fais ? » (parfois sous-entendu « on t’attend »), on dira : « qu’est-ce que tu bouines ? »

Brâiller :

Au même titre que « baner », on utilisera ce terme pour parler d’un enfant qui pleure de façon sonore.

Crayon de bois :

Suivant les régions, la mine graphite est appelée différemment. En Anjou, ce n’est ni « crayon à papier » ni « crayon gris », mais plutôt « crayon de bois ». Et ce, même lorsque ces fournitures ne contiennent pas un gramme de matière végétale…

Crémet :

Dessert typiquement angevin. Vous en trouverez la recette ici.

Du coup :

Cette expression, qui signifie « par conséquent », est tout à fait française. Mais j’ai l’impression qu’à Angers, on l’utilise plus qu’ailleurs. Moi-même, je ne suis pas épargné…

Goule :

En patois angevin, on utilise « goule » comme on dirait « gueule » en français familier : « je me suis cassé la goule. »

Liaisons en [n] :

En primaire, je remarquais que certains de mes camarades faisaient des liaisons en [n]. Par exemple, au lieu de dire « il en faut encore », ils disaient « y n’en faut encore ». Je pensais qu’il s’agissait d’une erreur d’enfants qui apprenaient à parler. Mais juste après le bac, j’ai fait la cueillette de pommes avec des adultes qui parlaient de cette façon. Depuis, j’ai eu l’occasion de rencontrer d’autres personnes s’exprimant ainsi. J’ai donc compris que c’est la façon dont on parle dans les campagnes du Haut-Anjou. Personnellement, je trouve que ça comporte un certain charme…

Patouille :

J’ai souvent entendu ce mot étant enfant. Je viens de découvrir que c’est du patois. En gros, la patouille correspond à un truc visqueux et pas très propre. Par exemple, quand un enfant joue avec de la boue ou mélange des aliments qui n’ont rien à voir. Encore aujourd’hui, je fais de la patouille en compostant mes déchets sur mon appui de fenêtre.

Pigner :

Verbe signifiant « geindre » / « pleurnicher ».

Topette :

Non, non, ce n’est pas une insulte homophobe ! « Topette ! » (parfois orthographié « Tôpette ! ») signifie « Au revoir ! » On utilise cette formule pour prendre congé d’une personne avec qui on est familier.

Pour terminer, je vous propose un petit dialogue plein de clichés pour illustrer la douceur de la langue angevine :

— Pourquoi barres-tu la porte avec cette berouette ?

— Parce que mon gamin est en train de brâiller et qu’on ne s’entend plus !

— Du coup, pourquoi il bane comme ça ?

— Il s’est cassé la goule en faisant de la patouille. Il mettait du Côteaux du Layon dans son crémet et il a glissé dessus…

— Y n’en faut peu, pour faire pigner un môme !

— N’insulte pas mon fils, l’ami ! Et d’abord, qu’est-ce que tu bouines ? Tu ne devais pas descendre la Loire sur ta gabare ?

— Certes ! Je me taille ! Topette !

Pour plus d’informations sur le patois angevin, cliquez ici ou ici !

Si vous le souhaitez, vous pouvez également lire « Quand on parle du loup… », une nouvelle dans laquelle certains personnages s’expriment dans le parler populaire du Pays fléchois, mélangeant patois angevin et sarthois.

Voilà pour la leçon de linguistique d’aujourd’hui ! J’espère que ça vous a plu… À bientôt pour de nouveaux articles ! Topette ! 😉


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« The Lobby Man » de Ska-P (paroles en français)

Remarque préalable sur la traduction :

Avant de vous donner la traduction de la chanson, il convient de relever un point clé des paroles. Celles-ci sont basées sur un jeu de mot entre lobby et lobo. Lobo signifie « loup » en espagnol, d’où la métaphore filée qui traverse la chanson. Les lobbies sont donc comparés à des loups-garous qui utilisent leur pouvoir au Parlement européen pour égorger les honnêtes citoyens. Remarque : en espagnol, « loup-garou » se dit hombre lobo (littéralement « homme-loup »), ce qui n’est pas sans rappeler l’anglais lobby man. Si vous aimez la littérature de fiction qui parle de ces choses-là, vous pouvez lire ma nouvelle « Quand on parle du loup… ».

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Voici ma traduction en français des paroles de « The Lobby Man » (Game over – 2018) :

THE LOBBY MAN, la pleine lune s’est déjà levée
THE LOBBY MAN, griffes et dents déjà aiguisées
THE LOBBY MAN, astucieux, rapide et féroce
THE LOBBY MAN, parmi les ombres du pouvoir s’est transformé

Attentif à la proie, sautant directement à la jugulaire
Il sait qu’il ne peut pas échouer
(Il sait qu’il ne peut pas échouer)
Camouflé comme informateur
Ses dents mordront, elles te mordront
Sa mission : interférer, c’est LOBBY MAN

Ouh ouhhhh THE LOBBY, THE LOBBY
Ouh ouhhhh THE LOBBY MAN

Il maîtrise comme personne l’art de la persuasion
C’est un expert en corruption
(C’est un expert en corruption)
Pour le lobby, ta misère et ta voix n’ont pas d’importance
C’est un prédateur
Tueur à la solde des grandes entreprises, c’est LOBBY MAN

Ouh ouhhhh THE LOBBY, THE LOBBY
Ouh ouhhhh THE LOBBY MAN

Pourquoi permettez-vous la pression
De ces groupes d’extorsion ?
Vous mettez le loup dans la bergerie
Pour qu’il puisse égorger
Vous vous laissez soumettre, vous légiférez par intérêt
En rien pour le bien commun
Servitude du pouvoir

Ouh ouhhhh THE LOBBY, THE LOBBY
Ouh ouhhhh THE LOBBY MAN

Moi, serf de mon seigneur, c’est facile à comprendre
J’ai le pouvoir politique prosterné à mes pieds
Je suis le négociateur, je ne ressens pas de compassion
Je ne distingue pas le bien du mal

Pourquoi permettez-vous la pression
De ces groupes d’extorsion ?
Vous mettez le loup dans la bergerie
Pour qu’il puisse égorger
Vous vous laissez soumettre, vous légiférez par intérêt
En rien pour le bien commun

Le lobby énergétique, c’est la mort au niveau mondial
Ils exploiteront la terre et nous ferons exploser
Le lobby financier n’est jamais rassasié
Les grandes sociétés, une escroquerie légale

Le lobby des armes est le plus criminel
La guerre est un business qui déteste la paix
Le lobby sanitaire ne veut pas nous guérir
La chronicité est beaucoup plus rentable

THE LOBBY MAN, des restes de sang a léché
THE LOBBY MAN, dans la pénombre a disparu
THE LOBBY MAN, un sourire a révélé
THE LOBBY MAN, la politique est sa pute de luxe.

Traduction : Jean O’Creisren, avec l’autorisation du groupe Ska-P


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Vous aussi, vous êtes fan de Ska-P ? Voici ma traduction en français des paroles de « No lo volveré a hacer más » (Game over – 2018) :

Je ne recommencerai plus

Un petit verre pour déjeuner, et le shooter qui vient après. 
Et encore, et encore, et on trinque !

Développement de l’amitié, chaque jour je t’aime un peu plus. 
Et encore, et encore, et on trinque !

Quand le diable s’habille en vêtements de fête, 
quand la nuit t’ouvre ses portes. 
Tu es déjà lancé, tu t’es déjà activé 
et impossible de reculer.  

Avec les copains, il n’y aura jamais de lendemain, 
Même s’il t’attend avec la gueule de bois ; il n’y aura pas de pitié. 
Oh, alors commence le récital : 

« Je ne recommencerai plus »,
Dis-tu d’un air innocent, 
Avec le menton dans la cuvette, la tête qui explose 
et vomissant même les dents. 

« Je ne recommencerai plus ». 
La couverture et le canapé. 
Mais que veux-tu que je fasse ? Ma vie, c’est toujours le bordel ; je ne peux rien y changer.

Déjà quelques jours ont passé. 
Je me suis juré qu’il n’y en aurait plus. 
Pas une seule, pas une seule, pas une seule. 

Seulement un petit verre pour déjeuner, et le shooter qui vient après. 
Et encore, et encore, la spirale. 

Si c’est le mariage de ma tante Rebeca, 
ou si maintenant, ce sont les fêtes de Vallekas, 
l’anniversaire de ton cousin Carlos 
ou de mon ami Juan, 

S’il y a un concert dans le village d’à côté, 
Et s’il n’y a rien, je me cherche quelque chose à célébrer. 
Oh, et demain c’est le récital : 

« Je ne recommencerai plus », 
Dis-tu d’un air innocent, 
Avec le menton dans la cuvette, la tête qui explose 
et vomissant même les dents.

« Je ne recommencerai plus ». 
La couverture et le canapé. 
Mais que veux-tu que je fasse ? Ma vie, c’est toujours le bordel ; je ne peux rien y changer. 

Adelaïda, Adelaïda, Adelaïda,
ouvre les portes du bar, car tout est bien fermé à clef. 
Il fait un froid de canard et je vais m’enrhumer. 

Adelaïda, Adelaïda, Adelaïda,
c’est toi notre salut ! 
Tu sais que nous sommes des vampires et que tout s’arrête quand le soleil se lève. 
Rejoins notre bringue et chantons au son de :

« Je ne recommencerai plus »,
Dis-tu d’un air innocent,
Avec le menton dans la cuvette, la tête qui explose
et vomissant même les dents.

« Je ne recommencerai plus ». 
La couverture et le canapé. 
Mais que veux-tu que je fasse ? Ma vie, c’est toujours le bordel ; je ne peux rien y changer. 

Tu pourras lire, sur ma pierre tombale, je mettrai :  
« La moitié de ma vie avec la gueule de bois et l’autre moitié en état d’ivresse »

Tu pourras lire, sur ma pierre tombale, je mettrai : 
« La moitié de ma vie avec la gueule de bois et l’autre moitié en état d’ivresse »

Traduction : Jean O’Creisren, avec l’autorisation du groupe Ska-P


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