Vous aimez les langues ? Vous aimez jouer avec les mots, rigoler, refaire le monde ? Délires de linguiste est fait pour vous ! Bienvenus sur le blog de Jean O'Creisren !
Catégorie : Littérature, histoire de la littérature et analyse littéraire
Retrouvez ici les différentes créations littéraires de Jean O’Creisren, mais aussi les traductions de textes relevant des littératures hispanophone ou lusophone, ainsi que certains articles sur l’histoire de la littérature et l’analyse littéraire.
Éventuellement herbes de Provence et/ou cumin selon vos goûts (et/ou allergies).
Ne me demandez pas d’infos sur les proportions ; je
fais tout au pifomètre ! 😊
Ustensiles :
Assiette ou planche à découper
Couteau à viande
Couteau à dents
Casserole
La plus grande poêle que vous aurez sous la main
Spatule ou cuillère en bois
Cuillère à soupe
Cuillère à café
Gazinière ou plaque chauffante
Allumette ou briquet si non inclus dans la gazinière (non applicable en cas de plaque chauffante)
1/ Faire cuire le riz dans une casserole en respectant le temps de cuisson indiqué sur le paquet. Ne pas oublier de mettre de l’eau !
2/ Pendant que l’eau bout ou pendant que le riz cuit, éplucher les oignons et les couper de la façon qui vous convient le mieux. Les faire bouillir dans une poêle assez grande avec un fond d’eau et d’huile végétale (huile de palme interdite) et couvrir. Goûter de temps en temps pour voir si c’est cuit.
3/ Mélanger environ 2/3 (ou 3/4) de crème fraîche avec 1/3 (ou 1/4) de moutarde et une cuillère à café de miel. Goûter de temps en temps pour vous assurer que la sauce est bonne. Elle doit avoir du goût, comporter assez de moutarde pour être relevée, mais pas non plus au point d’arracher sa race. Le miel doit adoucir par une petite note sucrée.
4/ Couper les escalopes en petits morceaux carrés et les
faire cuire à feu vif dans la poêle avec un fond de beurre.
5/ Mélanger les oignons (une fois qu’ils sont cuits) avec la sauce puis verser le contenu dans la poêle une fois que les morceaux d’escalopes sont à point.
6/ Verser le riz (il a largement eu le temps de cuire pendant que vous vous occupiez des oignons, de la sauce et de la viande) dans la grande poêle où se trouvent lesdits oignons, ladite sauce et ladite viande. Mélanger et rajouter éventuellement le cumin et les herbes de Provence.
Aujourd’hui, on nous parle sans cesse d’écologie : recyclage, énergies renouvelables, croissance verte (voire décroissance), agriculture biologique, déconstruction, biocarburants, agriculture écologiquement intensive, permaculture…
Et l’humain dans tout ça ?
En effet, tandis que certains mouvements écologistes affichent un certain mépris pour l’être humain, la plupart n’en sont heureusement pas là ! L’écologie dite « intégrale » considère que l’on peut prendre soin à la fois de l’environnement (écologie environnementale) et de tous les êtres humains (écologie humaine). Tout est lié !
C’est dans cette optique qu’a été fondé, en 2013, le Courant pour une écologie humaine (CEH). Ouverte à toute personne de bonne volonté, cette association reconnue d’utilité publique souhaite changer la société par une révolution de la bienveillance. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à visiter leur site officiel.
Le week-end des 24-25 mars 2018, j’ai eu la chance de participer à la rencontre nationale du CEH à Paris. Suite à la conférence de l’économiste Pierre-Yves Gomez sur l’individualisme intégral, j’ai participé à un atelier sur le sujet avec deux autres personnes. Avec l’accord de ces dernières, je vous fais part de notre contribution, qui pourrait presque faire l’objet d’un programme politique. N’hésitez pas à commenter…
Quelles sont les traces mortifères d’individualisme intégral dans notre quotidien ?
1. Relations entre les personnes :
– Incivilités au volant et conduite dangereuse, notamment en région parisienne. – Incivilités dans les transports en commun (par exemple, le fait de ne pas remercier quelqu’un qui nous laisse gentiment sa place). – Fait de ne pas dire bonjour à la caissière lorsque l’on fait ses courses. – Conversations privées dans les open-spaces ou dans les transports en commun, qui font que nous nous affirmons en tant qu’individus sans penser aux autres. – Fumeurs qui prennent des pauses cigarette longues et régulières, travaillant donc moins que leurs collègues non-fumeurs tout en s’abîmant la santé. – Mentalité qui consiste à « ne pas se mêler des problèmes d’autrui », quitte à ne pas intervenir pour défendre les personnes en danger et à ne pas corriger fraternellement la personne qui en aurait besoin (incivilités dans le métro, indifférence face aux problèmes d’addiction, refus de dénoncer les violences au sein des familles de nos voisins, le harcèlement au travail, etc.). – Refus de s’arrêter pour discuter avec les mendiants ou les personnes touchées par l’alcoolisme (on peut très bien discuter avec eux sans leur donner d’argent). – Indifférence envers les sans-abris, les Roms, lespersonnes âgées, malades, seules et/ou handicapées, ou encore envers les migrants.
2. Nouvelles technologies :
– Addiction aux écrans, comme le fait que chacun soit accroché à son smartphone dans les transports en commun ou passe sa journée seul devant son ordinateur. – Caisses automatiques et automates à la gare, qui font disparaître le travail d’êtres humains, en plus d’exclure certaines personnes (personnes âgées qui ne maîtrisent pas les nouvelles technologies et personnes seules qui ont besoin de contact humain lorsqu’elles font leurs courses). – Publicités toxiques (pornographie ou autres produits utilisant des images dégradantes pour les femmes, sites de rencontres néfastes comme Gleeden, etc.) qui peuvent nous êtres proposées en fonction de notre historique de navigation. – Fascination pour les gadgets sans se rendre compte qu’ils sont fabriqués à partir de minerais volés aux Africains dans des conditions qui ne respectent ni les droits de l’homme ni l’environnement.
3. Au niveau environnemental :
– Emballages individuels pour les produits que l’on achète dans les supermarchés (yaourts, par exemple). – Journaux gratuits, qui proposent une information de piètre qualité accessible à tous tout en faisant mourir la presse papier payante, puis sont abandonnés dans le métro ou ailleurs, créant un nombre important de déchets qui ne sont pas nécessairement recyclés. – Personnes qui voyagent seules dans leur voiture alors qu’elles pourraient faire du covoiturage ou prendre les transports en commun. – Fait de laisser traîner par terre ses déchets (canettes de bière, mégots ou autres). – Vacances prises à l’autre bout du monde pour une semaine, là où l’on pourrait soit y aller pour une période plus longue et se rendre utile (en voyage humanitaire, par exemple) soit voyager plus près de chez soi. – Indifférence du monde politique par rapport à l’environnement. – Individualisme involontaire par manque de sensibilisation.
Comment remédier à ces tendances mortifères ?
1. Sur les relations entre les personnes :
– Mettre en place des spectacles et animations dans le métro (notamment des concerts qui parleraient à tout type de public). – Proposer des accueils café gratuits (café de qualité et si possible issu du commerce équitable) dans les stations de métro à destination de tous (du cadre au SDF) et à l’initiative d’associations qui informeraient sur leurs actions. – Installer des pianos dans les stations de métro, comme cela se fait déjà dans de nombreuses gares. – Lutter contre le tabagisme en augmentant drastiquement les taxes sur les paquets de cigarette et de tabac dans toute l’Union européenne. – Inciter au tourisme familial, avec des aides à la location de gîtes à la campagne. – Promouvoir le tourisme solidaire, tels que le pratiquent des associations comme Coup de pouce humanitaire. – Sensibiliser sur le fait que nous sommes tous responsables les uns des autres et qu’il faut intervenir en cas de situation injuste. – Obliger les ressources humaines à protéger les salariés harcelés par leurs collègues.
2. Sur les nouvelles technologies :
– Informer le public, notamment les parents, surl’effet des ondes sur le cerveau (via des émissions télévisées et les associations de consommateurs). – Confisquer les téléphones à l’entrée des écoles, des collèges et des lycées. – Sensibiliser les familles à l’importance des temps conviviaux sans écrans, notamment pour le bon développement des enfants (promenades en forêt, jeux de société, dîners au coin du feu, etc.). – Interdire les publicités toxiques et mieux réglementer les cookies. – Supprimer les caisses et guichets automatiques pour pouvoir créer du lien et de l’emploi, ou les boycotter à notre échelle.
3. Sur les questions environnementales :
– Règlement européen obligeant à mettre sur chaque produit en vente l’origine de tous les composants ainsi que l’empreinte carbone. – Placer des poubelles de tri sélectif dans le métro. – Supprimer les journaux gratuits. – Pour éviter les déchets issus des emballages individuels, revenir à la consigne, aux emballages collectifs, au vrac… – Mener une politique de tolérance zéro en matière d’incivilités et notamment de déchets jetés par terre : amende même pour un mégot ou pour un chewing-gum. – Promouvoir le tourisme vert en interdisant le tourisme discount, par des taxes au niveau européen envers les compagnies aériennes, notamment low-cost. Cela permettrait de subventionner le transport ferroviaire, afin que celui-ci soit toujours moins cher que l’avion pour un même trajet. – Interdire les voitures individuelles à Paris (Anne Hidalgo sera contente !).
Lors d’un autre atelier, j’ai rédigé avec une autre personne un poème sur notre expérience respective par rapport au CEH. Comme nous n’avions que 45 minutes pour réaliser cet exercice d’écriture, nous n’avons pas été très rigoureux sur le nombre de pieds. Mais nous avons fait attention aux rimes. Voici notre contribution, que je publie également avec l’accord de cette personne :
Retour d’expérience sur le Courant pour une écologie humaine
Le Courant vous êtes au courant ? – Par une conférence j’en ai eu vent. – Moi j’étais aux Assises, Et ils ne disaient pas que des bêtises…
Je me disais que l’écologie était un truc de gauchos Et l’anthropologie un truc de cathos, Mais le Courant m’a montré que tout est lié : Entre écologie et bioéthique pas d’incompatibilité !
Le tout n’est pas de cogiter : Agissons concrètement pour l’humanité ! Afin de cohabiter dans notre commune maison, Invitons tous les hommes à franchir notre paillasson…
À l’image de nos co-initiateurs, Ouvrons-nous à ceux qui vivent à l’extérieur, Aux périphéries, dans la rue, et même à ceux qui viennent d’ailleurs ! Comme eux, nous avons des limites et l’accepter est un vrai bonheur !
On peut se multiplier en décroissant, On peut s’ancrer dans son identité tout en aidant les migrants. Nature et humanité : Tout est lié !
En été 2017, je suis parti en coopération en Israël et en Palestine. Je me suis donc remis à étudier l’arabe de manière autodidacte.
En effet, j’avais déjà commencé à apprendre cette belle langue lorsque j’étais lycéen puis jeune étudiant. Mais les exigences de la vie professionnelle m’ont empêché de continuer au-delà de la licence. Je me suis donc replongé dans mes bouquins avant et pendant le voyage…
En apprenant de nouveaux mots, j’ai remarqué que nous parlons tous les jours arabe sans le savoir. Laissez-moi vous citer quelques exemples concrets :
« Salle à Manger » : en arabe, salâm Angers (سلام أنجيه) signifie « Bonjour Angers »
– Bonjour Angers ! La Terre Sainte te salue ! – Arrête de parler tout seul et viens jeter un œil à ma salle à manger…
« Chou crâne » : en arabe, shoukran (شكرًا) signifie « merci » – Regarde comment mon chou crâne avec sa nouvelle moto ! – Merci de lui dire d’arrêter de draguer ma poulette avec…
« Mousse d’argile » : en arabe, moustacjil (مستعجل) signifie « pressé » – Pourrais-tu me donner un peu de mousse d’argile, s’il te plaît ? – Désolé, je n’ai pas que ça à foutre car je suis pressé !
« T’as mal où ? » : en arabe, tacmalou (تعمل) signifie « tu travailles » (si l’on s’adresse à un homme) ou « elle travaille » – T’as mal où, Roger ? – J’ai mal pour toi à l’idée que tu travailles pour ces escrocs qui t’exploitent, Robert !
« L’abbesse » : en arabe, lâ be’s (لا بأس) signifie « pas mal » – Comment va l’abbesse ? – Pas mal, ma foi !
« Ôte-la » : en arabe, coutla (عطلة) signifie « congé » – Ôte la machine à casser la caillasse de ton bureau tout de suite ! – Pourquoi ? – Ça fait tellement de bruit que tu ne peux pas faire tes traductions sérieusement… Essaie et ça te fera des congés, tu verras !
« Mal » : en arabe, mâl (مال) signifie « argent » Proverbe anticapitaliste : « L’argent, c’est mal ! »
« Ara » : en arabe, ‘ârâ’ (آراء) signifie « opinion » – Quelle est ton opinion sur l’ara macao ? – C’est quoi ce truc ? – C’est un oiseau qui vit en Amazonie ainsi qu’en Amérique centrale. Emblème national du Honduras, ce cousin du perroquet est aussi appelé « ara rouge ». Il mesure environ 85 cm et vit en moyenne jusqu’à l’âge de 80 ans. Mangeant principalement des fruits et des graines, il pèse autour d’un kilogramme. En tant qu’oiseau social, l’ara macao ne se trouve presque qu’en groupe, souvent composé d’une vingtaine d’individus. De plus… – Bon, ça va, j’ai compris ! Mon opinion sur ce machin, c’est que je m’en fiche pas mal…
« Azur » : en arabe, az-zuhr (الظهر) signifie « midi » À midi, le ciel revêt sa robe d’azur.
« Mouche qu’il a » : en arabe, moushkila (مشكلة) signifie « problème » – Son problème, c’est la mouche qu’il a sur le nez. – Alors pourquoi ne la chasse-t-il pas ? – Parce qu’il est débile et qu’il n’a pas encore pensé que c’est la meilleure solution…
Et ça marche aussi en espagnol ! Dans la langue de Cervantès, comment dit-on « tuer » ? « Matar », n’est-ce pas ? Eh bien en arabe, matâr (مطار) signifie « aéroport ». Bon, étant donné le contexte actuel de menace terroriste, je m’abstiendrai de faire une énième blague vaseuse par respect pour les victimes de l’islamisme radical.
Il y aurait certainement plein d’autres jeux de mots à faire, alors ceux d’entre vous qui parlent arabe peuvent me proposer quelques idées en commentaire, du moment que c’est publiable (par exemple, évitons la déformation de salâm calikoum que certains de mes anciens collègues connaissent)…
Si vous tenez à avoir un vrai cours de linguistique sur les mots français d’origine arabe, je vous invite à faire un tour sur ce lien.
Si vous souhaitez apprendre à parler arabe, je vous recommande la méthode ASSIMIL. Maca-s-salâma tout l’monde !
Quel regard portons-nous sur les personnes handicapées ? Voyons-nous d’abord la personne ou le handicap ? Aujourd’hui, je vous parlerai particulièrement du handicap mental. Qu’elles soient porteuses d’une maladie génétique ou d’une autre difficulté, les personnes en situation de handicap mental peuvent parfois nous étonner, voire nous déranger. Pourtant, elles peuvent aussi beaucoup nous apporter. Je vais vous parler de l’expérience que j’ai vécue avec certaines d’entre elles via une association quand j’étais étudiant.
Suite à une proposition de l’aumônerie, j’ai pris contact avec l’équipe Foi et Lumière de la paroisse. En effet, le thème de l’année 2014-2015 était la fragilité. Dans ce cadre, il leur était proposé d’entrer en relation avec des personnes handicapées.
Personnellement, j’avais envie de vivre cette expérience dans un but complètement utilitaire. En effet, il se trouve que j’écris des nouvelles et des contes. Je voulais y faire intervenir des personnages porteurs de handicap. Mais lorsqu’on écrit sur un tel sujet, il faut que ce soit basé sur du concret, sur du vécu.
C’était donc ma motivation initiale pour y aller, mais j’avais tout de même un peu peur. La proposition nous avait été faite en septembre 2014. Mais ce n’est qu’en janvier 2015 que je me suis décidé à contacter la communauté Foi et Lumière. La première personne handicapée que j’ai croisée dans ce cadre est Patricia. Je n’étais pas très à l’aise au début, et la première chose qu’elle m’a dit a été : « T’as fini ? » Bonjour l’accueil ! Mais je me suis vite rendu compte que Patricia dit ça tout le temps et à tout le monde.
Cette première journée avec Foi et Lumière m’a fait beaucoup de bien. C’était un moment où je n’avais pas trop le moral. Deux communautés étaient réunies et nous étions très nombreux. Ce qui m’a d’abord frappé à la messe, c’est que, parmi les personnes porteuses de handicap, certaines sont très belles. J’ai aussi été marqué par une atmosphère remplie d’allégresse. Les personnes handicapées sont très joyeuses et ont un bel humour. Bref, j’étais venu avec le moral dans les chaussettes, et je suis reparti tout gonflé. En effet, on arrive avec nos fragilités, qui sont cachées, mais qui font mal. Et ces personnes qui ont la simplicité de ne pas cacher les leurs nous aident à relativiser. Comment peux-tu être malheureux quand tu vois rire des personnes qui auraient bien plus de raisons que toi de pleurnicher ?
Et à chaque rencontre Foi et Lumière, ça me faisait un bien fou ! Je me souviens également d’une fois où mon moral était au plus bas. Bon, rassurez-vous, ça ne m’arrive pas tous les jours non plus ! 😉 Bref, ce jour-là, je suis allé à la messe du Jeudi saint. J’y suis allé tout seul avec mes problèmes. J’étais en retard, ou juste à l’heure, je ne me souviens plus. En tout cas, l’église était pleine à craquer. J’ai tout de même pu trouver une place au fond. Sur la même rangée, un peu plus loin, il y avait Patricia avec sa maman. Quand Patricia m’a vu, elle m’a fait un grand sourire, et ça m’a remis du baume au cœur. Ça m’a vraiment remonté le moral et ça m’a aidé à oublier mes problèmes pendant un certain temps.
Pour conclure sur cette expérience, il ne faut pas hésiter à vivre cette rencontre avec les personnes handicapées. Certaines d’entre elles peuvent nous paraître un peu déstabilisantes au début. Mais elles ont toutes un grand cœur et elles font énormément de bien autour d’elles. En tout cas, moi, elles m’ont transformé !
* * *
Comme je l’ai mentionné au début de ce témoignage, j’ai décidé de vivre cette expérience pour pouvoir écrire un conte. J’ai maintenant terminé la rédaction de ce récit et je suis à la recherche d’un éditeur pour le faire publier avec d’autres textes. Vous trouverez ci-dessous le passage où interviennent des personnes en situation de handicap mental.
Pour situer cet extrait dans son contexte, le conte s’intitule « Mémoires d’un chapelet ». Eh oui, encore un truc de cathos (lol) ! Dans ce récit, j’ai imaginé un chapelet qui raconte sa vie. Si cela peut paraître rasoir au premier abord, cette vie est passionnante, puisqu’elle commence en 1980 à Lourdes, à la fin de la guerre froide, et s’étend jusqu’à aujourd’hui. Pendant ce temps, le chapelet ne cesse de changer de propriétaire et fait le tour du monde. Il vit donc différents événements historiques qui ont marqué les pays visités ainsi que les joies et les peines des personnes qui l’utilisent pour prier.
Dans le passage que je vous propose ci-dessous, le chapelet revient d’Espagne, où un séminariste nigérian l’a donné à Marta, une jeune Mexicaine trisomique. En effet, ces deux personnages étaient réunis autour du pape Benoît XVI à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Madrid (2011). Un rassemblement d’un million de pèlerins venus de toute la planète…
Bonne lecture !
« Marta était venue au monde dans une famille en détresse. Son père Emiliano était alcoolique, violent et infidèle envers son épouse, absent pour ses enfants. Lorsque Lupita fut enceinte pour la troisième fois, elle confia cette grossesse à la Vierge de Guadalupe, sa sainte patronne, patronne du Mexique et de toute l’Amérique latine. Et l’enfant naquit avec cette fragilité qu’on appelle la trisomie 21. Cette nouvelle fut d’abord difficile à accepter, mais l’arrivée de cet enfant souda finalement toute la famille. Emiliano prit la résolution d’arrêter de boire, et, se laissant attendrir par cette enfant faible et touchante, il mûrit et se mit à assumer avec exemplarité son rôle d’époux et de père.
Marta grandit dans l’État mexicain du Sinaloa, sur la côte pacifique, dans un cadre familial sécurisant. Bien que son handicap générât des difficultés et même une certaine souffrance pour elle, pour ses parents et pour ses frères et sœurs, l’amour qui régnait entre les uns et les autres les aidait à tout supporter, à faire confiance en tout, à tout espérer, à tout endurer. Cet amour portait de très beaux fruits qui n’auraient pas été là sans la présence de la jeune fille.
Marta, lorsqu’elle revint d’Espagne en me portant autour du cou, fut heureuse de me montrer à sa famille. En effet, elle accompagnait de temps en temps Lupita, qui récitait le chapelet une fois par semaine avec d’autres femmes dans l’église paroissiale. La première fois qu’elle m’y emmena, sa mère lui dit : “tu sais, avec ton chapelet, tu n’es jamais seule. Quand tu le tiens dans ta main, c’est comme si tu tenais la main de la Vierge Marie.”
Marta connaissait par cœur toutes les prières, même si elle n’en comprenait pas tous les mots, sur lesquels elle fourchait. “Dios te salve María, llena eres de gracia…” À la fin de chaque dizaine, après avoir récité “Gloria al Padre, al Hijo y al Espíritu Santo como era en el principio ahora y siempre, y por los siglos de los siglos. Amén”, l’on s’adressait à la Vierge pour lui demander sa protection : “María, madre de gracia, de piedad y de misericordia, defiéndenos de nuestros enemigos y ampáranos, ahora y en la hora de nuestra muerte. Amén.” Devant la statue habillée et multicolore de sainte Marie, chacune des priantes portait des intentions particulières, depuis les petits problèmes du quotidien jusqu’à des événements plus graves, comme les violences occasionnées par la guerre entre l’État et les cartels. Marta priait simplement. Si elle formulait maladroitement ses prières à voix haute, ces paroles venaient du fond du cœur. Et le Bon Dieu, qui a choisi ce qu’il y a de faible dans le monde pour couvrir de confusion ce qui est fort, devait certainement accorder une grande importance à ces demandes toutes simples.
Marta fréquentait également la communauté locale Foi et Lumière, qui rassemblait des personnes handicapées et leurs familles, ainsi que des bénévoles extérieurs, appelés « amis ». Cela commençait par la messe dominicale à l’église paroissiale. Ce jour-là, pendant l’office, on entendait Verónica qui chantonnait des airs improvisés mais mélodieux, générant un agréable bruit de fond en continu. Comme elle, Amérigo ne savait presque pas parler. En revanche, il passait des heures à observer sa mappemonde et avait donc une immense culture géographique, dans un pays où la plupart des gens en savent peu sur le sujet. Il pointait alors ses interlocuteurs du doigt en disant le nom d’un pays. Ainsi, pendant la messe, on entendait de temps à autres : “Islande !” “Émirats Arabes Unis !” “Guatemala !” “Jordanie !” “Mongolie !” “Pays-Bas !” “Afghanistan !” “Népal !” “Oman !” “Chypre !” “Turquie !”. Après le Notre Père, les personnes du groupe Foi et Lumière se donnèrent la paix du Christ. Plus pacifique que les autres, Mahatma fit le tour de l’église pour serrer la main à toute l’assemblée, ce qui dura jusqu’à la fin de la messe. Puis vint le moment du déjeuner. Manolo marchait frénétiquement dans la salle paroissiale en poussant des cris aigus, et renversait parfois les couverts et les plats sur son passage. Parfois, il voulait entraîner avec lui un bénévole en le prenant affectueusement par le bras. Dans un élan de générosité, le jeune homme lança dans les mains de l’un des amis une cuillère et des serviettes en papier chiffonnées, avant de repartir faire une énième fois le même parcours. Pendant ce temps, Isabel tapotait sur un tambourin tout en chantant en boucle l’hymne de la dernière coupe du monde de football. Elle improvisait ainsi les paroles du refrain : “¡Samira-mira hé-hé! ¡Wó cào – wó cào heyéyé! Sam Ituarte vomitará… ¡Porque esto es África!” Les psalmodies de Verónica accompagnaient cette chanson au rythme de laquelle se trémoussait Mahatma, dans une prestation très originale qui empruntait à la fois au tai chi quan, au yoga, à la tecktonik et à la danse contemporaine. Derrière, on entendait la voix affirmée d’Amérigo qui scandait la chorégraphie : “Bahreïn ! … Belgique ! … Bolivie ! … Koweït ! … Malte ! … Qatar ! … Vatican !”
Marta et les autres personnes handicapées étaient certes blessées et souffrantes, mais porteuses d’une joie si simple qu’elle transformait les personnes valides qui les accompagnaient, les ramenant à leurs propres fragilités, et les aidant à relativiser leurs petits problèmes. Ces cris, ces paroles au contenu étonnant étaient pleines de force et d’amour. Ces corps tordus étaient parfois d’une beauté rayonnante. Ces personnes faibles étaient libres, détachées de tout bien pour vivre l’amour. Car le Dieu d’amour est fort dans la fragilité humaine extrême. Et de cet amour jaillissait la communion, cette communion pour laquelle tous les êtres humains sont faits.
Marta intervint durant le temps de prière : “Seigneur, je Te prie pour les personnes qui sont plus handicapées que moi, qui ne peuvent plus du tout bouger. Rends-leur le sourire malgré tout !” Pauvre en esprit, la jeune fille avait un cœur puissant et une foi d’une simplicité à déplacer les montagnes. Elle serrait ma croix dans sa main et s’adressait à voix basse à Jésus, à tout moment de la journée, pour lui confier ci et ça. Elle était également rayonnante de joie et s’émerveillait de tout, même des choses les plus insignifiantes. Elle amenait ainsi les personnes tristes à porter un regard renouvelé sur le monde (…). Oui, sa joie était contagieuse et elle faisait beaucoup de bien autour d’elle.
Marta vit une seconde fois Benoît XVI, qui se rendit au Mexique en mars 2012. Le 21 décembre suivant, il ne se passa rien de particulier, n’en déplaise aux Mayas et à quelques illuminés. Puis, l’été d’après, nous nous embarquâmes pour le Brésil [où allaient se tenir les JMJ de Rio de Janeiro]. »
Dans cet article, je ne vais pas parler politique. L’idée est juste de faire un petit exercice de style sur le vocabulaire financier.
Oui, car même les gens qui travaillent dans le secteur de la finance vous diront qu’ils n’y comprennent rien. En effet, on vous parle de tontine, de prospectus de vente, d’agent de transfert, de compartiment, de produit monétaire, de sous-pondération, de teneur de registre, de DICI, de fonds maître-nourricier, de swap, d’alpha, d’inflation tendancielle, de prix de transfert, de jour bancable ou de sentiment de marché… Que de termes ésotériques ! Un vrai casse-tête !
Pourtant, il s’agit à chaque fois de la même chose, à savoir d’argent. Alors, comment vulgariser tout ça ?
Si l’on remplaçait certains termes du jargon financier par des synonymes du mot « argent », le résultat serait bien plus compréhensible. D’autant plus que la langue française est assez fournie en la matière. On essaie ? Allons-y !
Imaginez que vous, Français(e) lambda, vous souhaitez placer une partie de votre épargne afin de la faire fructifier. Vous allez donc voir votre conseiller bancaire, qui pourrait vous répondre ceci :
« L’encours de votre compte est assez important pour que vous puissiez placer une partie de votre avoir dans le fonds Foytougol-Kanaro. Votre investissement vous donnera accès à des titres financiers et votre capital produira peut-être un retour sur investissement, qui vous permettra d’obtenir des liquidités à terme. Le fonds Foytougol-Kanaro touchera, quant à lui, une commission sur les actifs que vous placerez chez lui. »
« La quantité de fric sur votre compte est assez importante pour que vous puissiez foutre une partie de votre flouze dans la boîte à pognon Foytougol-Kanaro. Votre investissement vous donnera accès à une paperasse qui dit où vous avez foutu vos briques et votre pèzeproduira peut-être du blé, qui vous permettra d’obtenir des pépètes à terme. La boîte à pognon Foytougol-Kanaro touchera, quant à elle, un peu d’oseille sur l’ensemble des thunes que vous foutrez chez elle. »
Et voilà pour l’exercice de style d’aujourd’hui !
Si par hasard vous avez vraiment besoin d’un linguiste qui s’y connaît en finance, ne faites surtout pas appel à moi ! Vous trouverez sur le site de la SFT un traducteur ou une traductrice reconnu(e) en la matière. Il ou elle saura vous fournir des services à hauteur de ses compétences… Bonne navigation dans le monde du flouze et du pognon !
Jean O’Creisren, piètre trésorier d’une association inconnue
Devant les difficultés de la vie, nous avons parfois tendance à être pessimistes, à désespérer, à nous dire qu’il n’y a plus rien à faire. Et si nous pouvions justement espérer au-delà de toute espérance ? Pablo Domínguez Prieto, prêtre espagnol décédé en 2009, fait le pari d’espérer l’inespéré…
Le vrai miracle : espérer l’inespéré
Et voici ce qui nous arrive : nous n’avons pas cette capacité à nous laisser impressionner par la parole de Dieu. Il nous manque cette capacité pour voir l’incroyable, pour voir des miracles.
Il y a vingt-six siècles, le philosophe Héraclite était surnommé « l’Obscur ». C’était un homme très sympathique et étrange comme peu de gens. Il se retira dans la montagne pour contempler le logos, cédant ses titres de noblesse à son cousin. Il dit, entre autres, cette phrase que j’aime beaucoup : « Si on n’espère pas, on ne trouvera pas l’inespéré. » Nous, malheureusement, nous espérons seulement ce que nous espérons. Nous espérons ce qui est susceptible d’être espéré.
Voici ce qui nous arrive lorsque nous traversons une situation difficile : nous disons « prions ». Mais au fond de nous-mêmes, nous ne sommes pas convaincus. Pourquoi n’espérons-nous pas l’inespéré ? Pourquoi les miracles n’augmentent-ils pas ? C’est comme lorsque quelqu’un dit à quelqu’un d’autre : « Tu sais, un tel a abandonné sa femme et est parti de chez lui. Prions. » Et l’autre répond : « Bah, c’est impossible… ! »
Il faut espérer l’inespéré, parce que si nous n’espérons pas, nous ne trouverons pas l’inespéré. Et en nous-mêmes, il arrive parfois que nous fassions un pacte avec la médiocrité ou pensions que les choses ne peuvent pas changer, car elles semblent totalement inespérées. Mais justement, c’est bien l’inespéré qu’il faut espérer !
Et cela arrive aussi dans notre vie intérieure, car celui qui n’espère pas ne trouvera pas l’inespéré […].
Parfois, nous devons apprendre de l’expérience de personnes qui, apparemment, sont loin de nous ou de Dieu. Néanmoins, elles ont encore la capacité d’étonnement, la capacité à être surprises, à espérer l’inespéré, à être captivées, à se laisser captiver par Dieu Lui-même. En effet, Dieu existe, Il est mon Père et qu’Il m’a choisi(e) pour me consacrer à Lui[1].
Il faut rencontrer Dieu. Non seulement entendre parler de Lui, non seulement parler de Lui, mais Le rencontrer, en tête à tête, face à face, et contempler Son visage. « C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face » (Ps 26, 8-9)[2]. Voici quel pourrait être le thème de cette matinée : « C’est ta face, Seigneur, que je cherche, je veux Te voir, je veux être surpris, je veux être stupéfait de Toi. » Si nous n’approchons pas de Dieu comme des enfants, il n’y a rien à faire. Je crois qu’avec ce déguisement de découvreur et en nous faisant petits enfants, nous pouvons demander à l’Esprit Saint de nous faire entrer dans le mystère, de nous introduire dans son mystère. Et de nous rendre plus contemplatifs, afin que nous sachions contempler Dieu sans nous y habituer.
D’après Pablo Domínguez Prieto, Hasta la cumbre: testamento espiritual, 2009. Ce passage a été traduit de l’espagnol par Jean O’Creisren.
Suite au succès qu’il a connu en Espagne, l’ouvrage dont est tiré cet extrait a été traduit en français par Cathy Brenti et publié par les Éditions des Béatitudes sous le titre : Le dernier sommet : testament spirituel. Plus d’infos sur ce lien.
« Aujourd’hui, les jeunes ne lisent plus ! Ils sont tout le temps cramponnés à leurs portables et à Internet et ils écrivent n’importe comment… » Autant de discours défaitistes que l’on entend çà et là…
Mais si les nouvelles technologies pouvaient être précisément le laboratoire de nouvelles productions littéraires ?
Imaginons un groupe d’amis étudiants qui aime se réunir régulièrement pour déjeuner au restaurant universitaire (RU). L’un d’entre eux enverrait habituellement un SMS collectif comme :
« Bonsoir à tous ! Qui déjeune au RU demain ? »[1] Ou encore « RDV à 12h15 place André Leroy ».
Jusque là, rien de bien original… Mais ce même étudiant peut aussi explorer des styles littéraires autres que les formulations plates citées ci-dessus. Voici plusieurs exemples, dont certains sont d’authentiques « textos » envoyés jour après jour à la même liste de diffusion.
Salut les amis ! J’espère que vous allez tous bien. Je viens d’avoir une super idée ! Que diriez-vous qu’on se fasse une bouffe entre potes ? Je vous propose donc, pour ceux qui le peuvent, de nous retrouver à 12h15 place André Leroy pour aller au RU.
En 2012, je vous propose le changement ! J’ai décidé d’être candidat aux élections gastronomiques car j’ai le souci de manger. Pour le déjeuner de demain, je vous propose une alternative radicale à ce qui se pratiquait jusqu’à présent. Ce midi encore, le rendez-vous était fixé à 12h15 pour aller ensemble au RU. Demain, c’est à 12h10 que nous nous unirons pour une marche de la place André Leroy jusqu’au boulevard du Roi René en protestation contre la faim dans nos ventres.
On vous crève à la tâche ! On vous exploite ! On vous spolie des nuits entières à vous faire préparer vos partiels, vos dossiers, vos séminaires ! On vous condamne à un travail inhumain qui vous aliène à la musique, à l’histoire, aux sciences de l’éducation, aux sciences de l’opium du peuple[4] ! Ça ne peut plus durer !
Je vous appelle, au nom de tous nos camarades de Lutte Étudiante, à faire la Révolution ! Demain, venez nombreux à la marche populaire qui partira à 12h15 de la place Dédé Leréactionnaire pour prendre le RU d’assaut ! Nous allons leur montrer qui nous sommes !
Salut les amis ! Voici un message un peu différent de d’habitude pour le RU… Si, si, j’ai encore des idées ! Aujourd’hui, la différence ne réside pas dans la forme mais dans le fond. En bref, demain, j’irai vendre des places pour la soirée fluo et paillettes dans le hall du RU, mais j’ai aussi envie de déjeuner avec vous. Seriez-vous prêts à venir m’aider dans ce service, sachant qu’on déjeunera là-bas ensemble avant ou après ? Peut-être y aura-t-il même d’autres volontaires, auquel cas il n’y aura pas forcément besoin de nous. Êtes-vous chauds comme des baraques à frites pour me rendre ce petit service ?
– Le style « télégraphe » :
RDV. Stop. Place André Leroy. Stop. RU. Stop. 12h15. Stop.
Salut les gus ! Prêts pour le grand jeu de demain ?
Il commencera après la rupture du rasso, à 12h15. Il s’agira de faire le parcours du combattant depuis la place André Leroy. Tout d’abord, vous devrez effectuer une petite course à cloche-pied tout le long de la rue Paul Bert, puis vous traverserez le pont de singe qui passe au-dessus du boulevard Foch. Enfin, c’est après avoir rampé dans la gadoue tout le long du boulevard du Roi René que vous arriverez au fortin où la graille est jalousement gardée par une patrouille de Témoins de Jéhovah[5] en furie. Il faudra vous emparer du butin au terme d’une prise de foulards acharnée. La patrouille qui le remportera gagnera le grand jeu et pourra déjeuner.
Chers frères et sœurs, réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse, car le Seigneur nous donne chaque jour ce dont nous avons besoin. Alléluia ! Demain, laissons-nous guider vers le RU où, nous qui avons soif de nourriture et de boisson, nous serons rassasiés ! Rassemblons-nous en enfants gastronomes à 12h15 sur la place André-Lepape pour marcher sur les pas de saint Félicien et témoigner de notre faim ! Dieu vous bénisse !
Hrhey, qui peut hic ! man… man-man… manger au RU de… hips ! demaiiiiiiin ? Dessaoulé de parler cocomsa, hi ! hi ! hi ! J’hic ! J’ai fait la fêfffffête ce soiiir et hips ! J’ai un p’tit peu bu !
Bonjour messieurs-dames, Gendarmerie Nationale ! Vous êtes priés de me suivre au RU pour un contrôle gastronomique. Notre fourgon partira à 12h30 de la place André Leroy. Soyez ponctuels ! Toute tentative de fuite sera sanctionnée par une contravention de première catégorie.
Putain de bordel de merde ! Demain, je sens que je vais encore crever la dalle… Ça me fait chier mais d’une force de devoir bouffer tous les jours ! Bon, alors, vous venez grailler avec moi au RU demain ? Oui ou merde ? Et me faites pas chier à me demander à quelle heure on se retrouve, vous savez très bien que c’est 12h15 place André Leroy. Allez vous faire foutre !
– Le style « prout-prout » :
Très chers, qui d’entre vous compte se restaurer au RU demain ? À midi et quart, nous entreprendrons une charmante petite promenade depuis la place André Leroy jusqu’au boulevard du Roi René. Vous me voyez ravi de vous y inviter.
Oyez, oyez, bonnes gens ! Le seigneur de Deilyr de Lin Güist, messire le chevalier Jean Haut de Cresse-Reine, vous convie demain à un festin en l’honneur du déjeuner. Venez bouter la faim hors de vos ventres ! Venez emplir vos panses de moult frites, poulards, poissonnets et autres victuailles savoureuses ! Afin de festoyer dans la salle des bals du château de Rhült, nous devons d’abord prendre cette forteresse gardée par des félons d’hérétiques chaque vendredi. Raillions-nous pour partir guerroyer à midi sur la place de nostre bon Roy André. À l’assaut ! Montjoie ! Saint Denis !
Venez, mes chers amis, vous rassasier au RU ! Venez vous délecter de ses mets ordinaires ! Demain, marchons d’un pas très universitaire ; Depuis André Leroy, nous parcourrons les rues.
– Salut, marins d’eau douce ! Que diriez-vous d’une petite traversée du cap André Leroy à la crique du Roi René demain midi, à la recherche du trésor de Miamiam le Ru ? Tonnerre de Brest ! J’allais oublier de vous préciser à quelle heure on largue les amarres… – Amarres larguées ! Poil au nez ! – TA GUEULE ! On est dans Tintin, là, pas dans Astérix !!! Essaie un peu de suivre, espèce de moule à gaufres !… Hm, hm… Donc comme je vous disais, on largue les amarres à 12h15. En route pour de nouvelles aventures !
J’ai faim, par Toutatis ! Et je me sens un peu faible… Je mangerais bien un ou deux sangliers. Des sangliers ! Chic ! Chic ! Chic ! Allez, viens, Idéfix ! On va en cueillir dans la forêt de Ruix avec tous les Andégaves[2] qui aiment chasser. Nous partirons de l’entrée du village (forum du chef Andrix) à la quatrième heure (bref, à 12h30). Miam ! Miam ! Miam !
Salut les copains ! Eh, qui veut manger à la cantine avec moi demaiiiiiiiiiiiin ? On va manger plein de bonbons ! Mais si vous disez non, eh ben j’vais l’dire à ma maman, d’abord ! Na !
Il est convenu entre : – Jean O’Creisren, étudiant au capital de pas beaucoup d’€ dont le studio est établi quelque part à Angers (ci-après dénommé « l’Expéditeur du texto »), d’une part, et – Henri-Pacôme Bensoussan, Mohammed de Broglie, Xun Diallo, Ana María Elkalaoui et Syméon Zhang (ci-après dénommés « les Potes de Expéditeur du texto »), d’autre part, (ci-après dénommés collectivement « les Parties ») l’accord de pause déjeuner (ci-après dénommé « l’Accord ») exposé dans les présentes. 1. Les Parties conviennent d’un rendez-vous ce midi à 12h15 à la sortie de l’Université catholique de l’Ouest, sise au 3, place André Leroy, 49008 Angers (ci-après dénommé « le Lieu de rendez-vous »). 2. Lorsque les Parties seront parvenues au Lieu de rendez-vous susmentionné, elles se dirigeront ensemble au restaurant universitaire des Beaux-Arts sis à côté du parc où les étudiants font bronzette après le déjeuner en juin (ci-après dénommé « le RU »). Lors du trajet, il est autorisé de chanter, de raconter des blagues, de débattre et de discuter de tout et de rien. Toutefois, les Parties ne peuvent ni insulter les passants, ni voler les sacs à main des personnes âgées, ni lancer des pierres sur les voitures circulant de la rue Paul Bert au boulevard du Roi René. 3. Lorsque les Parties seront arrivées au RU, l’Expéditeur du texto est expressément autorisé à danser la danse de la pomme de terre sous le regard amusé des Potes de l’Expéditeur du texto et le regard étonné des passants. Le cas échéant, l’Expéditeur du texto s’engage à assumer la honte qui découlera d’un tel fait, notamment si la scène est filmée est divulguée en ligne. Toutefois, il est expressément interdit de passer devant les étudiants qui font la queue à l’entrée du RU. 4. Lorsque les Parties se serviront au RU, il leur est fortement recommandé de choisir une alimentation saine et équilibrée. 5. Lors du repas, il est expressément interdit de roter ainsi que de manger avec les doigts ou sans fermer la bouche. 6. L’Accord est régi par le droit coutumier ainsi que par le Code des bonnes manières à table en Anjou.En cas de non respect du présent Accord par l’une ou l’autre des Parties, cette dernière sera rappelée à l’ordre oralement par ses potes.
On peut également imaginer des messages en langues étrangères. Parfois, celles-ci ne sont pas parlées par le destinataire. Certains indices peuvent donc lui permettre de comprendre les informations principales du message. Ainsi, tout le monde a compris ce SMS en arabe :
« Salâm calikum yâ ‘asdiqa’î! Keyfa-l-hâluk al-leyla? ‘Ana djayyîd, wa-l-hamdu-lillah! Wa-l-câ’ila? Man sayakulu fî-r-restaurant universitaire min al-ghad? Sawfa ‘ana fî place André Leroy bi 12h10. Leyla sacida! »
L’on peut aussi proposer un mensaje de texto en espagnol :
¡Hola tod@s!
¿Qué os parece almorzar en el comedor universitario mañana? Podemos salir de la plaza Andrés Rey a las doce y cuarto. Un poco temprano, ¿verdad? Pero así son horarios entre los gabachos…
Buenas noches
Un fuerte abrazo
Juan
… ou encore un small message service (SMS) en anglais :
Hi everybody! Would you like to eat some frogs at the university refectory tomorrow? We can meet at quarter past twelve at King Andrew Square. C u 2morro!
… et pourquoi pas un mandatum en latin ? Bien entendu, afin de rester dans l’ambiance culinaire du RU, écrivez de préférence votre texto dans un latin de cuisine :
Ave amici ! Qui edere in restauranto universitairo crastino die ? In praedicto loco platea Regis Andraeae à 12h15. Cras !
[1] La plupart de ces messages sont d’authentiques SMS qu’il m’est arrivé d’envoyer dans différents élans d’inspiration à mes amis pour marcher de la Place André Leroy (qui se trouve devant les locaux de l’Université Catholique de l’Ouest, à Angers) au RU dit des Beaux-Arts, sur le boulevard du Roi René. [2] Tribu gauloise qui peuplait l’Anjou à l’époque de la conquête de Jules César. [3] Envoyé quelques jours avant le premier tour des élections présidentielles de 2012. [4] « Sciences de l’opium du peuple » signifie « théologie » en terminologie marxiste. [5] Des témoins de Jéhovah avaient effectivement l’habitude de faire du prosélytisme à la sortie du RU le vendredi midi. [6] SMS envoyé suite à une soirée de folie avec ce même groupe d’amis, de laquelle une personne n’est pas rentrée dans son état normal après avoir abusé de… Cola-Cola. [7] Bizarrement, ce texto n’a pas été très apprécié par les destinataires, malgré un long post scriptum précisant qu’il fallait bien évidemment le prendre au 72e degré.
La langue française offre une certaine richesse, notamment dans ses différents registres. Mais que se passe-t-il si l’on mélange tout ? Par exemple, si l’on conjugue des verbes familiers et vulgaires au passé simple ou à l’imparfait du subjonctif ? Voyons donc comment une soirée étudiante qui tourne mal pourrait être narrée de la sorte.
Gwénola, jeune lycéenne innocente et sans expérience aucune, se faisait chier entre père et mère. Elle chopa donc le téléphone fixe de ses parents pour appeler son amie Claire, une étudiante qui lui avait proposé de venir teuffer le soir même. Elles organisèrent l’évasion de la candide demoiselle, qui se barra dès que ses parents se mirent à pioncer.
En arrivant dans l’appartement de sa complice, la fugitive mata avec étonnement les bouteilles et canettes qui jonchaient le sol. Elle n’était point venue en imaginant que ses hôtes picolassent. Cependant, ils tripèrent joyeusement des singeries de Vincent qui, se prenant pour un chasseur de la savane, fit comme s’il butât un éléphant à l’arc. Mais Gwénola se marra moins lorsqu’il la dragua de manière extrêmement reloue. Outre se bourrer la gueule, ils bouffèrent des chips et des pop-corn que notre lycéenne kiffa grave sa race. Et ceci jusqu’à ce qu’Arnaud, en état d’ébriété avancé, gerbât sur sa robe. La jeune demoiselle à l’habit ainsi salopé l’engueula violemment. Les autres convives, que le partage du joint eut énormément shooté, se fouturent[1] alors de sa gueule.
Prise d’une incontrôlable colère, elle les baffa tous d’une force inouïe. Claire, dont la lucidité était encore intègre, la vira de l’immeuble. Seule, triste, vulnérable au milieu de cette rue déserte, Gwénola sentit sa gorge se nouer et chiala à chaudes larmes. Elle reprit ainsi le chemin du logis familial, sous la pluie, couverte de honte. Si seulement ce malappris d’Arnaud n’avait point dégueulassé sa robe ! Que ne voulut-elle pas appeler son frère afin qu’il raboulât sa caisse pour la chercher ! Si seulement on ne lui eût point chouravé son téléphone mobile une semaine auparavant ! Qu’elle se sentit couillonnée, ce soir-là ! Cette histoire l’emmerdait et ses pieds, chaussés de talons aiguilles, douillèrent de marcher une demi-heure sous la pluie. Gwénola était désormais une lycéenne forte d’une nouvelle expérience : elle savait ce que peut être une soirée étudiante qui tourne mal…
[1] Cette forme est une entrave volontaire à la langue française. En effet, le verbe « foutre » ne se conjugue ni au passé simple ni à l’imparfait du subjonctif. Nous avons donc inventé cette forme sur le modèle du verbe « croître » : ils crûrent.
Dans la liturgie catholique, la litanie des saints est une prière chantée à des occasions solennelles, comme un baptême ou une ordination. L’assemblée invoque l’Église du Ciel en demandant à différents saints de s’unir à elle dans la prière.
La gastronomie française est riche, en particulier concernant les vins et les fromages. Certains de ces mets ont pour appellation d’origine contrôlée (AOC) des noms commençant par le mot « Saint ». Pourquoi ne pas imaginer cette litanie en leur honneur ?
Docteur, prends pitié. Docteur, prends pitié. Ô foie, prends pitié. Ô foie, prends pitié. Docteur, prends pitié. Docteur, prends pitié.
Saint Vincent, patron des vignerons, priez pour nous. Ô patron des fromagers, saint Uguzon, priez pour nous. Tous les saints qui fûtes des gloutons et des pochtrons, priez pour nous.
Saint-Estèphe et Saint-Emilion, régalez-nous. Sainte-Foy-Bordeaux et Sainte-Croix-du-Mont, régalez-nous. Saint-Julien, enivrez-nous.
Saint-Georges-Saint-Émilion, régalez-nous. Saint-Amour, régalez-nous. Tous les vins rouges et vins du Bordelais, enivrez-nous.
Saint-Nicolas-de-Bourgueil, Saint-Just et Saint-Pourçain, régalez-nous. Saint-Véran et Saint-Romain, régalez-nous. Tous les vins du Val de Loire et de Bourgogne, enivrez-nous.
Saint-Bris, Saint-Pierre Doré et Saint-Péray, régalez-nous. Saint-Chinian et Saint-Joseph, régalez-nous. Tous les vins blancs, vins floraux et vins fruités, enivrez-nous.
Sainte-Maure-de-Touraine et Saint-Rémois, puez pour nous. Pauligny-Saint-Pierre et Saint-Florentin, puez pour nous. Tous les fromages de chèvre et au lait cru, engraissez-nous.
Saint-Laurent et Saint-Félicien, puez pour nous. Saint-Marcellin, puez pour nous. Tous les fromages à pâte molle et à croûte fleurie, engraissez-nous.
Saint-Paulin et Saint-Nectaire, puez pour nous. Saint-Rémy et Saint-Gelais, puez pour nous. Tous les fromages à pâte pressée non cuite, franc-comtois ou poitevins, engraissez-nous.
Saint-Siméon et Saint-Foin, puez pour nous. Saint-Just et Saint-Staib, puez pour nous. Tous les fromages franciliens et rhônalpins, engraissez-nous.
Saint-Agur et Saint-Julien, puez pour nous. Saint-Albray et Saint-Môret, puez pour nous. Saint-Algue, tous les fromages auvergnats, nordistes et aquitains, engraissez-nous.
Curé nantais et Caprice des dieux, puez pour nous. Chaussée aux moines, puez pour nous. Tous les fromages religieux ne commençant pas par le mot « saint », engraissez-nous.
Saint-André et Saint-Nicolas, puez pour nous. Saint-Pierre et Saint-Gildas-des-Bois, puez pour nous. Tous les fromages de France et de Navarre, engraissez-nous.
De la famine et de la soif, délivre-nous, docteur. De la gloutonnerie et de l’abus des bonnes choses, délivre-nous, docteur. De l’obésité et de l’alcoolisme, délivre-nous, docteur. Du cholestérol et de la cirrhose, délivre-nous, docteur.
Nous qui sommes buveurs de glace, écoute-nous. Nous qui sommes mangeurs de graisse, écoute-nous.
Ô psy, écoute-nous, Ô psy, écoute-nous. Régime, exauce-nous, Régime, exauce-nous.
Voilà pour cette litanie d’ivrognerie et de gloutonnerie ! Si vous n’avez jamais lu ou entendu la litanie des saints pour de vrai, je vous invite à voir à quoi ça ressemble sur ce lien.
Tous les hellénistes ont appris les déclinaisons du grec ancien avec des noms tels que ἡ ἡμέρα, τῆς ἡμέρας[1], ou encore ὁ λόγος, τοῦ λόγου[2]. Mais certains mots, souvent d’un autre niveau de langage, ne sont pas mentionnés en classe.
Intéressons-nous à ces lexèmes qui, d’après le professeur Quentin-Baugos Krouakilêleubos Sakastou, faisaient la vie quotidienne des habitants de la Grèce antique…
1re déclinaison (noms féminin en –α, génitif en –ας) : ἡ βόννα, τῆς βόννας [ê bonna, tês bonnas] : la charmante demoiselle[3] ἡ πέτα, τῆς πέτας [ê péta, tês pétas] : la femme vulgaire ἡ πούφια, τῆς πούφιας [ê pouphia, tês pouphias] : la femme aux mœurs légères ἡ κόννα, τῆς κόννας [ê konna, tês konnas] : l’idiote ἡ γρώνια, τῆς γρώνιας [ê gronia, tês gronias] : la gonzesse ἡ κάια, τῆς κάιας [ê kaïa, tês kaïas] : le sol pierreux ἡ δεγεύλα, τῆς δεγεύλας [ê dégueula, tês dégueulas] : la déchetterie ἡ γαύδα, τῆς γαύδας [ê gauda, tês gaudas] : la chaussure
1re déclinaison (noms féminin en –ή, génitif en –ῆς) : ἡ βουιαϐή, τῆς βουιαϐῆς [ê bouiabè, tês bouiabès] : la soupe de poisson ἡ κηρμή, τῆς κηρμῆς [ê kermè, tês kermès] : la foire du dimanche après-midi ἡ ὡτή, τῆς ὡτῆς [ê ôtè, tês ôtès] : l’employée au sein d’une compagnie aérienne
2e déclinaison (noms masculins en –ος, génitif en –ου) : ὁ κάσος, τοῦ κάσου [o kassos, tou kassou] : le marginal ὁ βώλος, τοῦ βώλου [o bolos, tou bolou] : le soumis ὁ βώγος, τοῦ βώγου [o bogos, tou bogou] : le joli garçon ὁ βος, τοῦ βου [o bos, tou bou] : le patron ὁ νιάκος, τοῦ νιάκου [o Niakos, tou Niakou] : le Japonais[4] ὁ βλώκος, τοῦ βλώκου [o blokos, tou blokou] : la forteresse de la côte atlantique ὁ κρένιος, τοῦ κρένιου [o krénios, tou kréniou] : le quartier sensible ὁ δούδος, τοῦ δούδου [o doudos, tou doudou] : l’objet transitionnel ὁ κλάκος, τοῦ κλάκου [o klakos, tou klakou] : le camembert ὁ σπεκύλος, τοῦ σπεκύλου [o spékulos, tou spékulou] : le biscuit belge
2e déclinaison (noms neutres en –ον[5], génitif en –ου) : τό πωκέμον, τοῦ πωκέμου [to pokémon, tou pokémou] : la créature de manga τό τωϐλέρον, τοῦ τωϐλέρου [to tobléron, tou toblérou] : la tablette de chocolat τό σιλίκον, τοῦ σιλίκου [to silikon, tou silikou] : la chirurgie esthétique ό ἁνέμον, τοῦ ἁνέμου [to anémon, tou anémou] : l’asexué τό πέρον, τοῦ πέρου [to péron, tou pérou] : l’identité nationale argentine τό πέπον, τοῦ πέπου [to pépon, tou pépou] : le communisme τό ἤρμιον, τοῦ ἤρμιου [to hermion, tou hermiou] : le premier prix de sorcellerie τό κάνιον, τοῦ κάνιου [to kanion, tou kaniou] : le précipice dans le Far West
3e déclinaison (noms masculins en –αξ, génitif en –ακος) : ὁ φαξ, τοῦ φακος [o phax, tou phakos] : l’ancêtre du courrier électronique ὁ Ἀλίφαξ, τοῦ Ἀλίφακος [o Haliphax, tou Haliphakos] : la capitale de la Nouvelle-Écosse
[1] « ê èméra, tês èmèras » : « le jour » (qui a donné en français le mot « éphémère ») [2] « o logos, tou logou » : « le discours » (mot d’où provient le suffixe –logie dans les noms de disciplines comme « biologie », « géologie », « astrologie », « théologie » et autres « psychologie » ; cette racine est aussi à l’origine du suffixe –logue dans « philologue », « sociologue » et « scientologue », entre autres). [3] Nous laissons au Professeur Krouakilêleubos Sakastou l’entière responsabilité de la terminologie machiste des mots suivants et invitons la gente féminine à le prendre avec le sourire. [4] Nous laissons au professeur Krouakilêleubos Sakastou l’entière responsabilité de ce mot à consonance raciste et invitons nos amis japonais à le prendre avec le sourire. [5] En grec, l’on ne prononce pas les nasales : prononcer cette désinence comme l’ensemble de lettres -on- de « bonne » et non celui de « bon ».