Vous aimez les langues ? Vous aimez jouer avec les mots, rigoler, refaire le monde ? Délires de linguiste est fait pour vous ! Bienvenus sur le blog de Jean O'Creisren !
En été 2017, je suis parti en coopération en Israël et en Palestine. Je me suis donc remis à étudier l’arabe de manière autodidacte.
En effet, j’avais déjà commencé à apprendre cette belle langue lorsque j’étais lycéen puis jeune étudiant. Mais les exigences de la vie professionnelle m’ont empêché de continuer au-delà de la licence. Je me suis donc replongé dans mes bouquins avant et pendant le voyage…
En apprenant de nouveaux mots, j’ai remarqué que nous parlons tous les jours arabe sans le savoir. Laissez-moi vous citer quelques exemples concrets :
« Salle à Manger » : en arabe, salâm Angers (سلام أنجيه) signifie « Bonjour Angers »
– Bonjour Angers ! La Terre Sainte te salue ! – Arrête de parler tout seul et viens jeter un œil à ma salle à manger…
« Chou crâne » : en arabe, shoukran (شكرًا) signifie « merci » – Regarde comment mon chou crâne avec sa nouvelle moto ! – Merci de lui dire d’arrêter de draguer ma poulette avec…
« Mousse d’argile » : en arabe, moustacjil (مستعجل) signifie « pressé » – Pourrais-tu me donner un peu de mousse d’argile, s’il te plaît ? – Désolé, je n’ai pas que ça à foutre car je suis pressé !
« T’as mal où ? » : en arabe, tacmalou (تعمل) signifie « tu travailles » (si l’on s’adresse à un homme) ou « elle travaille » – T’as mal où, Roger ? – J’ai mal pour toi à l’idée que tu travailles pour ces escrocs qui t’exploitent, Robert !
« L’abbesse » : en arabe, lâ be’s (لا بأس) signifie « pas mal » – Comment va l’abbesse ? – Pas mal, ma foi !
« Ôte-la » : en arabe, coutla (عطلة) signifie « congé » – Ôte la machine à casser la caillasse de ton bureau tout de suite ! – Pourquoi ? – Ça fait tellement de bruit que tu ne peux pas faire tes traductions sérieusement… Essaie et ça te fera des congés, tu verras !
« Mal » : en arabe, mâl (مال) signifie « argent » Proverbe anticapitaliste : « L’argent, c’est mal ! »
« Ara » : en arabe, ‘ârâ’ (آراء) signifie « opinion » – Quelle est ton opinion sur l’ara macao ? – C’est quoi ce truc ? – C’est un oiseau qui vit en Amazonie ainsi qu’en Amérique centrale. Emblème national du Honduras, ce cousin du perroquet est aussi appelé « ara rouge ». Il mesure environ 85 cm et vit en moyenne jusqu’à l’âge de 80 ans. Mangeant principalement des fruits et des graines, il pèse autour d’un kilogramme. En tant qu’oiseau social, l’ara macao ne se trouve presque qu’en groupe, souvent composé d’une vingtaine d’individus. De plus… – Bon, ça va, j’ai compris ! Mon opinion sur ce machin, c’est que je m’en fiche pas mal…
« Azur » : en arabe, az-zuhr (الظهر) signifie « midi » À midi, le ciel revêt sa robe d’azur.
« Mouche qu’il a » : en arabe, moushkila (مشكلة) signifie « problème » – Son problème, c’est la mouche qu’il a sur le nez. – Alors pourquoi ne la chasse-t-il pas ? – Parce qu’il est débile et qu’il n’a pas encore pensé que c’est la meilleure solution…
Et ça marche aussi en espagnol ! Dans la langue de Cervantès, comment dit-on « tuer » ? « Matar », n’est-ce pas ? Eh bien en arabe, matâr (مطار) signifie « aéroport ». Bon, étant donné le contexte actuel de menace terroriste, je m’abstiendrai de faire une énième blague vaseuse par respect pour les victimes de l’islamisme radical.
Il y aurait certainement plein d’autres jeux de mots à faire, alors ceux d’entre vous qui parlent arabe peuvent me proposer quelques idées en commentaire, du moment que c’est publiable (par exemple, évitons la déformation de salâm calikoum que certains de mes anciens collègues connaissent)…
Si vous tenez à avoir un vrai cours de linguistique sur les mots français d’origine arabe, je vous invite à faire un tour sur ce lien.
Si vous souhaitez apprendre à parler arabe, je vous recommande la méthode ASSIMIL. Maca-s-salâma tout l’monde !
Quelle est la ville la plus féroce ? Lyon ! Quelle est la ville la plus périlleuse ? La ville d’Angers ! Quelle est la ville où tout le monde est frère et sœur ? Quimper !
Qui n’a pas été bercé dans son enfance par ces jeux de mots qui éveillent l’humour des élèves de primaire ?
Vous qui lisez de temps en temps mes exercices de style sur ce qui me sert de blog, vous avez dû remarquer que je suis un grand gamin… Dans ma famille, on est tous un peu comme ça. Alors je ne vous laisse pas imaginer les repas quand nous nous retrouvons autour de nos parents…
Par exemple, un dimanche où nous étions tous réunis, mes frères et moi nous sommes mis à inventer plein de blagues de ce type sur les villes. Je vais donc vous en faire profiter :
1. Quelle est la ville la plus riche ? 2. Quelle est la ville où les Chinois crèvent le plus la dalle ? 3. Quelle est la ville où les gens ne sont jamais d’accord ? 4. Quelle est la ville où on perd tout le temps ? 5. Quelle est la ville où il y a le plus de scouts ? 6. Quelle est la ville la plus pieuse ? 7. Quelle est la ville où Tintin, Obélix et Spirou vont cueillir des fraises des bois ? 8. Quelle est la ville où ce n’est pas beau de dormir ? 9. Quelle est la ville où on fait caca ? 10. Quelle est la ville de l’Ouest qui est la plus à l’Est ? 11. Quelle ville est cerclée d’eau ? 12. Quelle est la ville la plus drôle ? 13. Quelle est la ville la plus polaire ? 14. Quelle est la ville où les papas ne sont jamais contents ? 15. Quelle ville est à la fois féroce et dangereuse ? 16. Quel est le village où les églises sont les plus droites ? 17. Quel est le bourg qui a le plus de rues ? 18. Quelle est la ville où il ne se passe jamais rien ? 19. Dans quelle ville les Bretons se sentent chez eux ? 20. Dans quelle ville mange-t-on du steak de baleine avec des pâtes ?
Réponses :
1. Bourges 2. Paris 3. Nancy 4. Toulouse 5. Caen 6. Metz 7. Roubaix 8. Limoges 9. Pau 10. Lorient 11. Lille 12. Vannes 13. Rennes 14. Perpignan (plus d’explications sur ce lien) 15. Le Lion d’Angers (bon, c’est sûr, il fallait connaître la géographie du Haut-Anjou) 16. La Chapelle d’Aligné (bon, c’est sûr, il fallait connaître la géographie du Sud de la Sarthe) 17. Strasbourg (bon, je sais que ce n’est pas un bourg, mais si vous avez des notions d’allemand, vous comprendrez le calembour) 18. Nevers 19. Le Caire (plus d’explications sur ce lien) 20. New York.
Bon, il est fort possible que vous ayez déjà entendu certaines de ces blagues par ailleurs, mais ce n’est que coïncidence. De toute façon, les blagues, les mots et autres expressions sont difficilement brevetables.
Quoi qu’il en soit, nous avons passé un bon déjeuner entre frères à retomber en enfance, sous le regard désespéré de nos parents…
Quel regard portons-nous sur les personnes handicapées ? Voyons-nous d’abord la personne ou le handicap ? Aujourd’hui, je vous parlerai particulièrement du handicap mental. Qu’elles soient porteuses d’une maladie génétique ou d’une autre difficulté, les personnes en situation de handicap mental peuvent parfois nous étonner, voire nous déranger. Pourtant, elles peuvent aussi beaucoup nous apporter. Je vais vous parler de l’expérience que j’ai vécue avec certaines d’entre elles via une association quand j’étais étudiant.
Suite à une proposition de l’aumônerie, j’ai pris contact avec l’équipe Foi et Lumière de la paroisse. En effet, le thème de l’année 2014-2015 était la fragilité. Dans ce cadre, il leur était proposé d’entrer en relation avec des personnes handicapées.
Personnellement, j’avais envie de vivre cette expérience dans un but complètement utilitaire. En effet, il se trouve que j’écris des nouvelles et des contes. Je voulais y faire intervenir des personnages porteurs de handicap. Mais lorsqu’on écrit sur un tel sujet, il faut que ce soit basé sur du concret, sur du vécu.
C’était donc ma motivation initiale pour y aller, mais j’avais tout de même un peu peur. La proposition nous avait été faite en septembre 2014. Mais ce n’est qu’en janvier 2015 que je me suis décidé à contacter la communauté Foi et Lumière. La première personne handicapée que j’ai croisée dans ce cadre est Patricia. Je n’étais pas très à l’aise au début, et la première chose qu’elle m’a dit a été : « T’as fini ? » Bonjour l’accueil ! Mais je me suis vite rendu compte que Patricia dit ça tout le temps et à tout le monde.
Cette première journée avec Foi et Lumière m’a fait beaucoup de bien. C’était un moment où je n’avais pas trop le moral. Deux communautés étaient réunies et nous étions très nombreux. Ce qui m’a d’abord frappé à la messe, c’est que, parmi les personnes porteuses de handicap, certaines sont très belles. J’ai aussi été marqué par une atmosphère remplie d’allégresse. Les personnes handicapées sont très joyeuses et ont un bel humour. Bref, j’étais venu avec le moral dans les chaussettes, et je suis reparti tout gonflé. En effet, on arrive avec nos fragilités, qui sont cachées, mais qui font mal. Et ces personnes qui ont la simplicité de ne pas cacher les leurs nous aident à relativiser. Comment peux-tu être malheureux quand tu vois rire des personnes qui auraient bien plus de raisons que toi de pleurnicher ?
Et à chaque rencontre Foi et Lumière, ça me faisait un bien fou ! Je me souviens également d’une fois où mon moral était au plus bas. Bon, rassurez-vous, ça ne m’arrive pas tous les jours non plus ! 😉 Bref, ce jour-là, je suis allé à la messe du Jeudi saint. J’y suis allé tout seul avec mes problèmes. J’étais en retard, ou juste à l’heure, je ne me souviens plus. En tout cas, l’église était pleine à craquer. J’ai tout de même pu trouver une place au fond. Sur la même rangée, un peu plus loin, il y avait Patricia avec sa maman. Quand Patricia m’a vu, elle m’a fait un grand sourire, et ça m’a remis du baume au cœur. Ça m’a vraiment remonté le moral et ça m’a aidé à oublier mes problèmes pendant un certain temps.
Pour conclure sur cette expérience, il ne faut pas hésiter à vivre cette rencontre avec les personnes handicapées. Certaines d’entre elles peuvent nous paraître un peu déstabilisantes au début. Mais elles ont toutes un grand cœur et elles font énormément de bien autour d’elles. En tout cas, moi, elles m’ont transformé !
* * *
Comme je l’ai mentionné au début de ce témoignage, j’ai décidé de vivre cette expérience pour pouvoir écrire un conte. J’ai maintenant terminé la rédaction de ce récit et je suis à la recherche d’un éditeur pour le faire publier avec d’autres textes. Vous trouverez ci-dessous le passage où interviennent des personnes en situation de handicap mental.
Pour situer cet extrait dans son contexte, le conte s’intitule « Mémoires d’un chapelet ». Eh oui, encore un truc de cathos (lol) ! Dans ce récit, j’ai imaginé un chapelet qui raconte sa vie. Si cela peut paraître rasoir au premier abord, cette vie est passionnante, puisqu’elle commence en 1980 à Lourdes, à la fin de la guerre froide, et s’étend jusqu’à aujourd’hui. Pendant ce temps, le chapelet ne cesse de changer de propriétaire et fait le tour du monde. Il vit donc différents événements historiques qui ont marqué les pays visités ainsi que les joies et les peines des personnes qui l’utilisent pour prier.
Dans le passage que je vous propose ci-dessous, le chapelet revient d’Espagne, où un séminariste nigérian l’a donné à Marta, une jeune Mexicaine trisomique. En effet, ces deux personnages étaient réunis autour du pape Benoît XVI à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Madrid (2011). Un rassemblement d’un million de pèlerins venus de toute la planète…
Bonne lecture !
« Marta était venue au monde dans une famille en détresse. Son père Emiliano était alcoolique, violent et infidèle envers son épouse, absent pour ses enfants. Lorsque Lupita fut enceinte pour la troisième fois, elle confia cette grossesse à la Vierge de Guadalupe, sa sainte patronne, patronne du Mexique et de toute l’Amérique latine. Et l’enfant naquit avec cette fragilité qu’on appelle la trisomie 21. Cette nouvelle fut d’abord difficile à accepter, mais l’arrivée de cet enfant souda finalement toute la famille. Emiliano prit la résolution d’arrêter de boire, et, se laissant attendrir par cette enfant faible et touchante, il mûrit et se mit à assumer avec exemplarité son rôle d’époux et de père.
Marta grandit dans l’État mexicain du Sinaloa, sur la côte pacifique, dans un cadre familial sécurisant. Bien que son handicap générât des difficultés et même une certaine souffrance pour elle, pour ses parents et pour ses frères et sœurs, l’amour qui régnait entre les uns et les autres les aidait à tout supporter, à faire confiance en tout, à tout espérer, à tout endurer. Cet amour portait de très beaux fruits qui n’auraient pas été là sans la présence de la jeune fille.
Marta, lorsqu’elle revint d’Espagne en me portant autour du cou, fut heureuse de me montrer à sa famille. En effet, elle accompagnait de temps en temps Lupita, qui récitait le chapelet une fois par semaine avec d’autres femmes dans l’église paroissiale. La première fois qu’elle m’y emmena, sa mère lui dit : “tu sais, avec ton chapelet, tu n’es jamais seule. Quand tu le tiens dans ta main, c’est comme si tu tenais la main de la Vierge Marie.”
Marta connaissait par cœur toutes les prières, même si elle n’en comprenait pas tous les mots, sur lesquels elle fourchait. “Dios te salve María, llena eres de gracia…” À la fin de chaque dizaine, après avoir récité “Gloria al Padre, al Hijo y al Espíritu Santo como era en el principio ahora y siempre, y por los siglos de los siglos. Amén”, l’on s’adressait à la Vierge pour lui demander sa protection : “María, madre de gracia, de piedad y de misericordia, defiéndenos de nuestros enemigos y ampáranos, ahora y en la hora de nuestra muerte. Amén.” Devant la statue habillée et multicolore de sainte Marie, chacune des priantes portait des intentions particulières, depuis les petits problèmes du quotidien jusqu’à des événements plus graves, comme les violences occasionnées par la guerre entre l’État et les cartels. Marta priait simplement. Si elle formulait maladroitement ses prières à voix haute, ces paroles venaient du fond du cœur. Et le Bon Dieu, qui a choisi ce qu’il y a de faible dans le monde pour couvrir de confusion ce qui est fort, devait certainement accorder une grande importance à ces demandes toutes simples.
Marta fréquentait également la communauté locale Foi et Lumière, qui rassemblait des personnes handicapées et leurs familles, ainsi que des bénévoles extérieurs, appelés « amis ». Cela commençait par la messe dominicale à l’église paroissiale. Ce jour-là, pendant l’office, on entendait Verónica qui chantonnait des airs improvisés mais mélodieux, générant un agréable bruit de fond en continu. Comme elle, Amérigo ne savait presque pas parler. En revanche, il passait des heures à observer sa mappemonde et avait donc une immense culture géographique, dans un pays où la plupart des gens en savent peu sur le sujet. Il pointait alors ses interlocuteurs du doigt en disant le nom d’un pays. Ainsi, pendant la messe, on entendait de temps à autres : “Islande !” “Émirats Arabes Unis !” “Guatemala !” “Jordanie !” “Mongolie !” “Pays-Bas !” “Afghanistan !” “Népal !” “Oman !” “Chypre !” “Turquie !”. Après le Notre Père, les personnes du groupe Foi et Lumière se donnèrent la paix du Christ. Plus pacifique que les autres, Mahatma fit le tour de l’église pour serrer la main à toute l’assemblée, ce qui dura jusqu’à la fin de la messe. Puis vint le moment du déjeuner. Manolo marchait frénétiquement dans la salle paroissiale en poussant des cris aigus, et renversait parfois les couverts et les plats sur son passage. Parfois, il voulait entraîner avec lui un bénévole en le prenant affectueusement par le bras. Dans un élan de générosité, le jeune homme lança dans les mains de l’un des amis une cuillère et des serviettes en papier chiffonnées, avant de repartir faire une énième fois le même parcours. Pendant ce temps, Isabel tapotait sur un tambourin tout en chantant en boucle l’hymne de la dernière coupe du monde de football. Elle improvisait ainsi les paroles du refrain : “¡Samira-mira hé-hé! ¡Wó cào – wó cào heyéyé! Sam Ituarte vomitará… ¡Porque esto es África!” Les psalmodies de Verónica accompagnaient cette chanson au rythme de laquelle se trémoussait Mahatma, dans une prestation très originale qui empruntait à la fois au tai chi quan, au yoga, à la tecktonik et à la danse contemporaine. Derrière, on entendait la voix affirmée d’Amérigo qui scandait la chorégraphie : “Bahreïn ! … Belgique ! … Bolivie ! … Koweït ! … Malte ! … Qatar ! … Vatican !”
Marta et les autres personnes handicapées étaient certes blessées et souffrantes, mais porteuses d’une joie si simple qu’elle transformait les personnes valides qui les accompagnaient, les ramenant à leurs propres fragilités, et les aidant à relativiser leurs petits problèmes. Ces cris, ces paroles au contenu étonnant étaient pleines de force et d’amour. Ces corps tordus étaient parfois d’une beauté rayonnante. Ces personnes faibles étaient libres, détachées de tout bien pour vivre l’amour. Car le Dieu d’amour est fort dans la fragilité humaine extrême. Et de cet amour jaillissait la communion, cette communion pour laquelle tous les êtres humains sont faits.
Marta intervint durant le temps de prière : “Seigneur, je Te prie pour les personnes qui sont plus handicapées que moi, qui ne peuvent plus du tout bouger. Rends-leur le sourire malgré tout !” Pauvre en esprit, la jeune fille avait un cœur puissant et une foi d’une simplicité à déplacer les montagnes. Elle serrait ma croix dans sa main et s’adressait à voix basse à Jésus, à tout moment de la journée, pour lui confier ci et ça. Elle était également rayonnante de joie et s’émerveillait de tout, même des choses les plus insignifiantes. Elle amenait ainsi les personnes tristes à porter un regard renouvelé sur le monde (…). Oui, sa joie était contagieuse et elle faisait beaucoup de bien autour d’elle.
Marta vit une seconde fois Benoît XVI, qui se rendit au Mexique en mars 2012. Le 21 décembre suivant, il ne se passa rien de particulier, n’en déplaise aux Mayas et à quelques illuminés. Puis, l’été d’après, nous nous embarquâmes pour le Brésil [où allaient se tenir les JMJ de Rio de Janeiro]. »
Dans cet article, je ne vais pas parler politique. L’idée est juste de faire un petit exercice de style sur le vocabulaire financier.
Oui, car même les gens qui travaillent dans le secteur de la finance vous diront qu’ils n’y comprennent rien. En effet, on vous parle de tontine, de prospectus de vente, d’agent de transfert, de compartiment, de produit monétaire, de sous-pondération, de teneur de registre, de DICI, de fonds maître-nourricier, de swap, d’alpha, d’inflation tendancielle, de prix de transfert, de jour bancable ou de sentiment de marché… Que de termes ésotériques ! Un vrai casse-tête !
Pourtant, il s’agit à chaque fois de la même chose, à savoir d’argent. Alors, comment vulgariser tout ça ?
Si l’on remplaçait certains termes du jargon financier par des synonymes du mot « argent », le résultat serait bien plus compréhensible. D’autant plus que la langue française est assez fournie en la matière. On essaie ? Allons-y !
Imaginez que vous, Français(e) lambda, vous souhaitez placer une partie de votre épargne afin de la faire fructifier. Vous allez donc voir votre conseiller bancaire, qui pourrait vous répondre ceci :
« L’encours de votre compte est assez important pour que vous puissiez placer une partie de votre avoir dans le fonds Foytougol-Kanaro. Votre investissement vous donnera accès à des titres financiers et votre capital produira peut-être un retour sur investissement, qui vous permettra d’obtenir des liquidités à terme. Le fonds Foytougol-Kanaro touchera, quant à lui, une commission sur les actifs que vous placerez chez lui. »
« La quantité de fric sur votre compte est assez importante pour que vous puissiez foutre une partie de votre flouze dans la boîte à pognon Foytougol-Kanaro. Votre investissement vous donnera accès à une paperasse qui dit où vous avez foutu vos briques et votre pèzeproduira peut-être du blé, qui vous permettra d’obtenir des pépètes à terme. La boîte à pognon Foytougol-Kanaro touchera, quant à elle, un peu d’oseille sur l’ensemble des thunes que vous foutrez chez elle. »
Et voilà pour l’exercice de style d’aujourd’hui !
Si par hasard vous avez vraiment besoin d’un linguiste qui s’y connaît en finance, ne faites surtout pas appel à moi ! Vous trouverez sur le site de la SFT un traducteur ou une traductrice reconnu(e) en la matière. Il ou elle saura vous fournir des services à hauteur de ses compétences… Bonne navigation dans le monde du flouze et du pognon !
Jean O’Creisren, piètre trésorier d’une association inconnue
En Francia solemos contar chistes sobre distintas nacionalidades. Por ejemplo, consideramos que los belgas son tontos, así como los españoles se burlan de los leperos. En cambio, los belgas, que suelen tener un sentido del humor mucho más desarrollado que los franceses, consideran que los galos somos muy orgullosos. En Canadá, suelen contar las mismas historias sobre las blondes, lo que significa “mujeres casadas” en el francés de allí. En Francia contamos los mismos chistes, pero para nosotros blonde significa “rubia” (aquí solo he puesto chistes decentes, nada sobre temas sexuales). También se cuentan historias sobre los corsos, que serían perezosos, o chistes de pésimo gusto sobre los moros y los negros (no los voy a relatar aquí ya que estoy en contra del racismo).Aquí viene la traducción de los mejores chistes franceses…
Chistes belgas
1. ¿Por qué los belgas se ríen tres veces cuando uno les cuenta un chiste? Respuesta: la primera vez que ríen corresponde al final del chiste. Ríen una segunda vez cuando lo explicas. Por fin, vuelven a reír cuando lo entienden.
2. ¿Por qué los policías belgas tienen un baño en el techo de su coche? Respuesta: para poner la sirena.
3. ¿Por qué los belgas llevan una portezuela de coche cuando andan por el desierto? Respuesta: para poder abrir la ventana si hace demasiado calor.
4. ¿Cómo se reconoce un belga en una tienda de zapatos? Respuesta: es el único que prueba las cajas de cartón.
5. ¿Por qué no se practica el esquí acuático en Bélgica? Respuesta: porque allí no hay lagos inclinados.
6. Un belga le dice a otro: “¿Puedes ayudarme para comprobar si funciona mi indicador?” Después de aceptar, el segundo belga le dice al primero: “Funciona; no funciona; funciona; no funciona…”
7. ¿Por qué los belgas siempre tienen un vaso lleno y un vaso vacío en su mesilla de noche? Respuesta: el vaso lleno sirve si despiertan y tienen sed; el vaso vacío sirve si despiertan y no tienen sed.
8. ¿Cómo volver loco un belga? Respuesta: lo pones en una habitación redonda y le dices que hay una patata frita en un rincón.
9. ¿Cómo volver loco un francés? Respuesta: le dices que el belga ha encontrado la patata frita.
10. Un día, el Rey de los belgas llama al Presidente de la República francesa: — Oiga, Señor Presidente. Es cada vez lo mismo: todo el mundo se burla de los belgas, así que tenemos la reputación de ser tontísimos. ¿Por qué nunca se mofan de los franceses, sino únicamente de mi pueblo? ¿Por qué los franceses nunca hacen cosas estúpidas? Oiga, Señor Presidente, que le propongo algo: ¿puede construir un puente de mármol en medio del Sáhara? Así todo el mundo se reiría de su pueblo. Como la situación económica de Francia no es tan buena como la de Bélgica, le propongo cien millones de euros para financiar ese proyecto. — Vale. Acepto esta oferta. Vamos a construir ese puente en medio de Sáhara. Así, el estado francés construye el puente, y durante tres meses la prensa internacional se burla de Francia, se inventan nuevos chistes y los franceses adquieren una fama de tontos. Luego, el Rey de los belgas vuelve a llamar al Presidente francés: — Bueno, muchas gracias, Señor Presidente, que hemos reído mucho. ¡Ja! ¡Ja! ¡Ja! Ahora pueden destruir aquel puente que no sirve para nada… — Destruirlo, ¿por qué no? Pero, ¿qué hago con todos los belgas que están pescando en él?
Chistes de rubias
1. ¿Cuántas rubias se necesitan para hacer un pastel al chocolate? Respuesta: diez. En efecto, una hace la pasta y las otras nueve pelan los Smarties.
2. Dos rubias están viajando de coche por el campo. Al pasar cerca de un campo de maíz ven otra rubia en un catamarán, que actúa como si estuviera en medio del mar. La conductora le dice a la pasajera: — ¿Ves esto? Es a causa de esas chicas que nosotras las rubias tenemos esa mala reputación. — Tienes razón. Si supiera nadar, iría a darle un par de hostias.
3. Una morena, una pelirroja y una rubia están ante un espejo mágico. Cuando una persona miente al mirarse en ese objeto, desaparece. La morena se acerca y dice: “Pienso que soy guapa”. De repente desaparece. La pelirroja se acerca y dice: “Pienso que soy inteligente”. De repente desaparece. La rubia se acerca y dice: “Pienso…” De repente desaparece.
4. ¿Qué pasa cuando una rubia francesa emigra a Bélgica? Respuesta: aumenta el coeficiente intelectual de ambos países, porque Francia pierde una rubia y Bélgica gana una francesa.
Chistes sobre los franceses
1. ¿Por qué el gallo es el emblema de Francia? Respuesta: porque, aunque tenga ambos pies en la mierda, sigue cantando.
2. ¿Cómo se llama una persona que habla bien tres idiomas? Un trilingüe, verdad. ¿Y una persona que habla bien dos idiomas? Un bilingüe. Por fin, ¿cómo se llama una persona que habla bien un idioma? ¡Un francés!
Chistes sobre los franceses de distintas regiones
No hacemos tantos chistes sobre los habitantes de nuestras diferentes regiones como suelen hacer los españoles. Sólo contamos historias de corsos vagos y parece que los bretones suelen contar chistes malos sobre los parisinos.
1. Al despertar de la siesta bajo una encina, un corso le pregunta a su compañero:
— Dime, Angelo, ¿mi bragueta está abierta? — Que no. — Pues no pasa nada, que mearé mañana.
2. Dos bretones están bebiendo una caña en un bar. Uno le pregunta al otro: — ¿Sabes por qué los parisinos nunca se ríen? — No. — ¿A ti te haría gracia el ser parisino?
Chistes religiosos
1. Al salir de la misa tres parroquianos conversan para saber qué oficio honrado es el más viejo del mundo. — ¡Es sin duda mi noble profesión! pretiende el cirujano. En efecto, desde el principio del Génesis, Dios operó a Adán para crear a Eva con su costa. — Cierto, contesta el arquitecto, pero mucho antes, Dios tuvo que concebir todos los planes del universo. — Pero para crear el universo, responde el filósofo, fue necesario que Dios sacase un pensamiento del caos… — ¿Realmente? interrumpe el político. Y a tu parecer, ¿quién creó el caos?
2. La Virgen María recibe el boletín de notas de Jesús. Matemáticas: ¡tres! Jesús no sabe hacer nada más que multiplicar los panes y los pescados. Lengua: ¡cuatro! Jesús es muy enigmático. Cuando el profesor le pregunta algo él siempre contesta con parábolas. Ciencias físicas: ¡dos! Jesús está muy indisciplinado. En vez de escuchar la clase, transforma el agua en vino para divertir a sus compañeros. Artes: ¡uno! La única cosa que Jesús sabe dibujar son círculos en el suelo. Educación física: ¡cero! Jesús hizo trampas en la prueba de natación al andar sobre el agua. Muy irritada, María decide castigar a su hijo: “Jesús, dados tus pésimos resultados, mejor que hagas cruz y raya sobre tus vacaciones de la Semana Santa.”
Chistes de niños
1. ¿Qué es pequeño, amarillo y peligroso? Respuesta: un polluelo con una metralleta.
2. ¿Qué es pequeño, redondo, verde, y que sube y baja? Respuesta: un guisante en un ascensor.
3. ¿Qué es amarillo y vuela? Respuesta: ¡Superplátano!
4. ¿Qué es rojo y aplastado por el suelo? Respuesta: un tomate que se las dio de Superplátano.
5. ¿Qué es amarillo y está en un árbol? Respuesta: el cartero que se dio un trompazo.
6. ¿Qué es pequeño, cuadrado y azul? Respuesta: un pequeño cuadrado azul.
Otros chistes
1. Un conejo está perseguido por un oso que lo quiere comer. Al correr tropiezan en una lámpara mágica y sale un genio, que les puede otorgar tres deseos a cada uno. — Quisiera que todos los osos del monte fueran hembras, pide el oso. — Yo quisiera una moto, dice el conejo. — Quisiera que todos los osos del país fueran hembras, pide el oso. — Yo quisiera cascos, dice el conejo. — Quisiera que todos los osos del mundo fueran hembras, pide el oso. — Yo quisiera que el oso fuera homosexual, dice el conejo, antes de huirse con la moto.
2. Un francés y un belga están en la cumbre de la Torre Eiffel. El francés le propone una apuesta al belga: “el que eche su reloj y consiga llegar abajo antes ganará.” El belga acepta, tira su reloj, salta al vacío y muere. El francés echa su reloj, baja de la Torre por el ascensor, va a un bar cerca del Campo de Martes para beber un café y comer un croissant, luego pasea, y por fin para en el pie de la Torre Eiffel en donde el reloj le cae a la mano. ¿Cómo es posible eso?
Respuesta: porque el reloj tiene dos horas de retraso.
Redacción: Jean O’Creisren Relectura: Ana María García Olmedo.
Devant les difficultés de la vie, nous avons parfois tendance à être pessimistes, à désespérer, à nous dire qu’il n’y a plus rien à faire. Et si nous pouvions justement espérer au-delà de toute espérance ? Pablo Domínguez Prieto, prêtre espagnol décédé en 2009, fait le pari d’espérer l’inespéré…
Le vrai miracle : espérer l’inespéré
Et voici ce qui nous arrive : nous n’avons pas cette capacité à nous laisser impressionner par la parole de Dieu. Il nous manque cette capacité pour voir l’incroyable, pour voir des miracles.
Il y a vingt-six siècles, le philosophe Héraclite était surnommé « l’Obscur ». C’était un homme très sympathique et étrange comme peu de gens. Il se retira dans la montagne pour contempler le logos, cédant ses titres de noblesse à son cousin. Il dit, entre autres, cette phrase que j’aime beaucoup : « Si on n’espère pas, on ne trouvera pas l’inespéré. » Nous, malheureusement, nous espérons seulement ce que nous espérons. Nous espérons ce qui est susceptible d’être espéré.
Voici ce qui nous arrive lorsque nous traversons une situation difficile : nous disons « prions ». Mais au fond de nous-mêmes, nous ne sommes pas convaincus. Pourquoi n’espérons-nous pas l’inespéré ? Pourquoi les miracles n’augmentent-ils pas ? C’est comme lorsque quelqu’un dit à quelqu’un d’autre : « Tu sais, un tel a abandonné sa femme et est parti de chez lui. Prions. » Et l’autre répond : « Bah, c’est impossible… ! »
Il faut espérer l’inespéré, parce que si nous n’espérons pas, nous ne trouverons pas l’inespéré. Et en nous-mêmes, il arrive parfois que nous fassions un pacte avec la médiocrité ou pensions que les choses ne peuvent pas changer, car elles semblent totalement inespérées. Mais justement, c’est bien l’inespéré qu’il faut espérer !
Et cela arrive aussi dans notre vie intérieure, car celui qui n’espère pas ne trouvera pas l’inespéré […].
Parfois, nous devons apprendre de l’expérience de personnes qui, apparemment, sont loin de nous ou de Dieu. Néanmoins, elles ont encore la capacité d’étonnement, la capacité à être surprises, à espérer l’inespéré, à être captivées, à se laisser captiver par Dieu Lui-même. En effet, Dieu existe, Il est mon Père et qu’Il m’a choisi(e) pour me consacrer à Lui[1].
Il faut rencontrer Dieu. Non seulement entendre parler de Lui, non seulement parler de Lui, mais Le rencontrer, en tête à tête, face à face, et contempler Son visage. « C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face » (Ps 26, 8-9)[2]. Voici quel pourrait être le thème de cette matinée : « C’est ta face, Seigneur, que je cherche, je veux Te voir, je veux être surpris, je veux être stupéfait de Toi. » Si nous n’approchons pas de Dieu comme des enfants, il n’y a rien à faire. Je crois qu’avec ce déguisement de découvreur et en nous faisant petits enfants, nous pouvons demander à l’Esprit Saint de nous faire entrer dans le mystère, de nous introduire dans son mystère. Et de nous rendre plus contemplatifs, afin que nous sachions contempler Dieu sans nous y habituer.
D’après Pablo Domínguez Prieto, Hasta la cumbre: testamento espiritual, 2009. Ce passage a été traduit de l’espagnol par Jean O’Creisren.
Suite au succès qu’il a connu en Espagne, l’ouvrage dont est tiré cet extrait a été traduit en français par Cathy Brenti et publié par les Éditions des Béatitudes sous le titre : Le dernier sommet : testament spirituel. Plus d’infos sur ce lien.
Dans un peu plus d’un mois, les citoyens de l’Union européenne seront appelés à voter. Nous élirons nos représentants à Strasbourg. Ce scrutin sera à la proportionnelle, donc inutile de faire des calculs pour éviter le pire au second tour ! Nous pouvons voter selon nos convictions les plus profondes…
Mais pourquoi nous déplacer le 9 juin ?
Pourquoi l’Europe ?
Avant tout, posons-nous cette question. C’est vrai, ça ! Pourquoi l’Europe ? Comment en sommes-nous venus à acheter nos bonbecs en euros ? Comment en sommes-nous arrivés à râler après les grands propriétaires terriens qui touchent toutes ces aides de Bruxelles sans jamais monter sur le tracteur ?
L’Union européenne est le fruit d’un long processus de maturation, qui n’est pas terminé. La construction de cette organisation régionale a commencé avec la création de la CECA en 1951. Mais l’Europe, c’est avant tout un continent chargé d’histoire où différents peuples ont vécu, se sont affrontés, se sont mélangés, ont fait fleurir différentes cultures et ont cheminé ensemble.
Un peu d’histoire…
Après l’effondrement de l’Empire romain, les Arabo-musulmans envahissent le sud de la Méditerranée. Un siècle plus tard, Charlemagne ressuscite le rêve impérial. Il unit les Latins et les Germains sous ce qui sera la première tentative de construction européenne. On parle souvent du couple franco-allemand. Or l’Empire carolingien est à la fois l’ancêtre du royaume de France et du Saint-Empire romain germanique. Par ailleurs, ses frontières correspondaient approximativement à celles des six pays fondateurs de l’UE.
Au Moyen Âge, l’Europe est unie par une même culture judéo-chrétienne. Église latine à l’ouest, Églises orthodoxes à l’est, communautés juives ici et là… En Occident, le latin est la langue véhiculaire. Bien qu’on parle une mosaïque de dialectes sur cette moitié du continent, les étudiants de partout peuvent étudier dans les premières universités qui font leur apparition : Bologne, Oxford, Palencia, Salamanque, La Sorbonne… Mais les Européens se rencontrent, se mélangent et coconstruisent cette unité chrétienne de nombreuses autres façons. Les ordres religieux tapissent le continent de monastères, gardiens de la culture, de la transmission et de la sagesse. Les pèlerins voyagent et échangent, notamment sur le chemin de Compostelle. Enfin, les croisades sont une occasion de rassembler les chrétiens contre ceux qu’ils nomment les « infidèles ». La culture médiévale unit donc les peuples européens dans leur diversité.
Quelques siècles plus tard, la Renaissance enrichit le continent d’un nouveau souffle. L’imprimerie permet à la culture écrite de se diffuser. On redécouvre les auteurs de l’Antiquité gréco-latine. Cela occasionne de grands progrès dans toutes les sciences dures et humaines. Bon, peut-être pas encore en informatique ou en nanotechnologie, mais ça viendra plus tard… 😊 Avec les avancées en navigation, les Européens partent à la conquête du monde, pour le meilleur et pour le pire. Sur le plan politique, la féodalité laisse place progressivement à l’État de droit. Au niveau économique, le religieux perd du terrain pour laisser place à l’argent et au marché. C’est le début du capitalisme et de l’individualisme qui en découle. Malgré les affrontements violents entre catholiques et protestants, l’Europe reste chrétienne et l’existence de Dieu n’est pas encore remise en cause. Les différents souverains vont constituer une alliance contre un ennemi commun : les Turcs qui veulent envahir l’Europe et la convertir à l’islam.
Au XVIIIe siècle, la philosophie des Lumières est un nouveau courant de pensée qui traverse le continent. À cette époque, les jeunes nobles pérégrinent à travers toute l’Europe. Ce « Grand Tour » est un voyage initiatique qui vient parfaire leur éducation. La langue véhiculaire est alors le français. Les intellectuels de tous pays correspondent entre eux. Les uns et les autres pensent les bases de nos systèmes démocratiques actuels. Séparation des pouvoirs, abolition de l’esclavage, respect des libertés individuelles, tolérance… On remet en cause le pouvoir politique et religieux. On pense universel. On pense Europe.
Au XIXe siècle, l’idée d’Europe perd du terrain. On regarde vers le passé avec nostalgie. Les nationalismes se réveillent ici et là et de nouveaux États apparaissent. Ce qui unit le continent est la révolution industrielle. Certains pays puissants partent coloniser les autres coins du monde. Ce jeu de tensions et de rivalités finit par éclater en 1914.
Suite au premier conflit mondial apparaît l’idée d’Union européenne. Certains veulent construire les États-Unis d’Europe. D’autres pensent à mettre en commun les intérêts économiques, en vue de construire, éventuellement, une unité politique par ce biais.
En 1951, l’Europe est ravagée par la Seconde Guerre mondiale, encore plus meurtrière que la précédente. C’est pour construire une paix durable et une certaine prospérité économique qu’est créée la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Si l’on met en commun les matériaux qui servent à l’armement, on ne se fera plus la guerre.
En 1957, on va plus loin avec le traité de Rome. La Communauté économique européenne (CEE) établit, entre autres, la Politique agricole commune (PAC). L’idée est de permettre la sécurité alimentaire des pays de l’Union. Si cette mesure est parfois critiquée, nous pouvons nous réjouir qu’il n’y ait plus de famine en Europe de nos jours… La CEE, c’est aussi la redistribution de moyens vers les régions les plus pauvres et une prise de conscience des questions environnementales.
En 1993, la CEE devient l’Union européenne, avec le traité de Maastricht. Cela signifie, entre autres, la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux. Plus besoin de poireauter des heures à la douane pour aller en vacances dans le pays d’à côté ! Puis en 2002, une partie des États membres adopte une monnaie unique : l’euro. En 2004, dix pays intègrent l’Union. Une grande partie d’entre eux a subi le joug communiste pendant plusieurs décennies. Accueillir ces peuples qui ont souffert, ces économies moins développées, est un véritable défi…
Et aujourd’hui ?
Ce long processus nous montre que l’Europe s’est construite progressivement. Les peuples du continent ont une histoire commune : la chrétienté, l’humanisme, les Lumières et la révolution industrielle. Mais aussi des guerres et de multiples brûlures de l’histoire. Nous avons donc de bonnes raisons de nous entendre et d’avancer main dans la main.
Aujourd’hui, de nouveaux défis se présentent. Par exemple, comment l’Union européenne doit-elle se positionner face au conflit ukrainien ? Quelles politiques adopter aux niveaux migratoire et environnemental ? Comment protéger les citoyens européens face à l’inflation ?
Autre débat qui n’est pas sous le feu des projecteurs : doit-on obliger les pays qui ne disposent pas dudit « droit à l’avortement » à l’appliquer dans leur loi ? Doit-on, au contraire, considérer que les prérogatives sur les questions bioéthiques doivent rester nationales, dans un souci de souveraineté et de protection de la vie humaine de sa conception à son terme naturel ?
Dans quelques temps, nous seront appelés à voter. Chacun a le droit de donner sa voix à qui il ou elle veut. Mais notre vote sera déterminant pour notre avenir. « Tu n’imagines pas la puissance que tu es ! L’histoire c’est toi, l’histoire c’est toi qui la fais ! » Dans sa chanson « Les extrêmes », le groupe Tryo nous invite ainsi à prendre « le chemin vers les urnes ».
Mais alors, pour qui
voter ? Pour quoi voter ?
Aujourd’hui, de nombreux défis se présentent à l’Europe. Aux États-Unis, les libertés individuelles règnent, mais souvent au détriment de la justice sociale et de l’environnement. En Chine, c’est une croissance économique qui se veut égalitaire, mais au mépris des droits de l’Homme et de la Planète. La France toute seule ne peut pas s’imposer face à ces deux géants. Mais l’Europe, si ! En Europe, nous avons à la fois l’économie de marché, un modèle social relativement égalitaire et des normes environnementales strictes. Nous pouvons proposer au monde ce modèle démocratique équilibré !
Pour les élections européennes 2024, Jean-Marc Jancovici a animé un débat avec les principales têtes de liste sur les questions d’écologie :
Parmi les défis de l’Europe lors des élections européennes de 2019, les experts en la matière voulaient créer plus d’intégration au niveau fiscal, social et militaire. Mais pour quelles raisons ?
Une politique fiscale harmonisée permettrait de mieux nous protéger face à la concurrence parfois agressive des États-Unis et de la Chine. Par exemple, en 2016, l’acier chinois a inondé le marché unique européen avec ses prix cassés. Il était vendu à perte car ce régime communiste a préféré produire trop que licencier des ouvriers. Les États-Unis ont mis des barrières douanières, mais l’UE n’était pas armée pour se protéger de la même façon. Résultat : des dizaines de milliers de chômeurs dans les États membres.
S’entendre au niveau fiscal permettrait aussi de mettre en place des politiques fructueuses en matière sociale et environnementale. Par exemple, un certain nombre de partis proposent de taxer les produits d’importation venant de pays qui ne respectent pas l’humain et/ou l’environnement. Hier, les gilets jaunes réclamaient une taxe sur le kérosène. Cette idée est reprise par certaines listes de gauche à l’approche des élections européennes 2024. C’est difficile à appliquer à l’échelle d’un pays. En revanche, au niveau européen, c’est beaucoup plus faisable…
Sur le plan social, c’est peut-être plus compliqué. Le coût de la vie n’est pas du tout le même suivant les États membres. Il est donc difficile d’appliquer un salaire minimum unique. Néanmoins, plus d’harmonisation sociale permettrait d’harmoniser les économies de la zone euro. Aujourd’hui, ces dernières sont si diverses que les 20 pays sont vulnérables en cas de crise économique dans l’un d’entre eux. Mais une zone euro plus homogène permettrait de résorber plus facilement ce genre de menace. Notons qu’une meilleure intégration fiscale peut aussi jouer dans ce sens.
Enfin, pourquoi construire une Europe militaire ? Avec une armée communautaire, l’UE aurait plus de poids sur le plan géopolitique. Et rappelons-le : davantage de poids pour l’Europe, c’est davantage de poids pour la France !
Bien sûr, chacun peut voter pour qui il ou elle le souhaite. De nombreuses valeurs peuvent nous animer, qui sont toutes louables : la prospérité économique et le plein emploi, une juste redistribution des richesses, un environnement sain, une meilleure inclusion des personnes en situation de handicap, la protection de la vie de sa conception à son terme naturel, la lutte contre toute forme de discrimination, etc. Mais comme Européen et comme chrétien, je vous invite à faire confiance à des gens qui croient en l’Europe, car le monde en a besoin !
¿Puede usted imaginar lo que pasaría si tratáramos a la Biblia del mismo modo que a nuestro móvil?
¿Si lleváramos la Biblia en el portafolios, en el maletín, del cinturón o en el bolsillo de la chaqueta? ¿Si echáramos un vistazo en ella varias veces al día? ¿Si volviéramos a buscarla cuando la olvidemos en casa o en el despacho? ¿Si la usáramos para enviar mensajes a nuestros amigos? ¿Si la tratáramos como si no pudiéramos vivir sin ella? ¿Si la lleváramos cuando nos fuéramos de viaje, en caso de que necesitáramos ayuda o auxilio? ¿Si la cogiéramos en caso de emergencia?
Al contrario del móvil, la Biblia siempre tiene cobertura. Podemos conectarnos con ella en cualquier lugar. No necesitamos preocuparnos de la falta de saldo porque Jesucristo ya ha pagado la factura y los saldos no tienen límites. Mejor todavía: la comunicación nunca se interrumpe y la batería está cargada por la vida entera.
«¡Busquen al Señor mientras se deja encontrar, llámenlo mientras está cerca! » (Is 55, 6)
Números de emergencia:
Si se siente triste, teclee *Jn 14. Si la gente habla contra usted, teclee *Sal 27. Si está enojado, teclee *Sal 51. Si está inquieto, teclee *Mt 6, 19-24. Si está en peligro, teclee *Sal 91. Si Dios le parece lejano, teclee *Sal 63. Si su fe necesita fortalecerse, teclee *Heb 11. Si se siente solitario y temeroso, teclee *Sal 22. Si está duro y crítico, teclee *I Cor 13. Para conocer el secreto de la felicidad, teclee *Col 3, 12-17. Si se siente triste y solo, teclee *Rm 8, 31-39. Si desea la paz y el descanso, teclee *Mt 11, 25-30. Si el mundo se parece mayor que Dios, teclee *Sal 90.
Adaptado de un texto anónimo publicado en Foulards Blancs (revista scout francesa) n°73, febrero de 2009. Traducido del francés por Jean O’Creisren.
¿Puede usted imaginar lo que pasaría si tratáramos a la Biblia del mismo modo que a nuestro celular?
¿Si lleváramos la Biblia en el portafolios, en el maletín, del cinturón o en el bolsillo de la chaqueta? ¿Si echáramos un vistazo a ella varias veces al día? ¿Si volviéramos a buscarla cuando la olvidemos en casa o en el despacho? ¿Si la usáramos para enviar mensajes a nuestros amigos? ¿Si la tratáramos como si no pudiéramos vivir sin ella? ¿Si la lleváramos cuando nos fuéramos de viaje, en caso de que necesitáramos ayuda o auxilio? ¿Si la cogiéramos en caso de emergencia?
Al contrario del celular, la Biblia siempre tiene cobertura. Podemos conectarnos con ella en cualquier lugar. No necesitamos preocuparnos de la falta de saldo porque Jesucristo ya ha pagado la factura y los saldos no tienen límites. Mejor todavía: la comunicación nunca se interrumpe y la batería está cargada por la vida entera.
«¡Busquen al Señor mientras se deja encontrar, llámenlo mientras está cerca! » (Is 55, 6)
Números de emergencia:
Si se siente triste, teclee *Jn 14. Si la gente habla contra usted, teclee *Sal 27. Si está enojado, teclee *Sal 51. Si está inquieto, teclee *Mt 6, 19-24. Si está en peligro, teclee *Sal 91. Si Dios le parece lejano, teclee *Sal 63. Si su fe necesita fortalecerse, teclee *Heb 11. Si se siente solitario y temeroso, teclee *Sal 22. Si está duro y crítico, teclee *I Cor 13. Para conocer el secreto de la felicidad, teclee *Col 3, 12-17. Si se siente triste y solo, teclee *Rm 8, 31-39. Si desea la paz y el descanso, teclee *Mt 11, 25-30. Si el mundo se parece mayor que Dios, teclee *Sal 90.
Adaptado de un texto anónimo publicado en Foulards Blancs (revista scout francesa) n°73, febrero de 2009. Traducido del francés por Jean O’Creisren.
Formation mentale dans cette branche de l’enseignement
En préparant le CAPES d’espagnol, j’ai lu un ouvrage sur l’histoire de la Bolivie. Ce passage m’a interpellé, et je me suis donc amusé à le traduire. En effet, l’histoire paraît passionnante à certains et rébarbative à d’autres. Alors, pourquoi l’enseigner à tout le monde ? Ce texte datant des années 1970 apporte quelques éléments de réponse. Si vous avez quelque chose à ajouter à ce sujet, vos commentaires sont les bienvenus…
L’Histoire est une science sociale et politique qui explique le processus du passé de l’homme, d’un point de vue non seulement chronologique, mais aussi et surtout critique. Elle est une science car elle est adaptée à des lois et à des normes qui régissent son Déroulement.
Elle fait partie des sciences politico-sociales, par ses liens directs avec le droit, la politique, l’économie et la sociologie.
Pour nous, les professeurs, qui devons maîtriser la pédagogie, cette matière gagne actuellement une importance d’une grande vitalité, du fait de l’orbite de l’esprit que connaît aujourd’hui notre monde, si agité par des événements majeurs.
Par sa nature, l’Histoire semble nous appeler à la réflexion, au droit chemin, pour ne pas nous écarter des voies de la Civilisation et de la Paix.
C’est pour cette raison qu’il faut la considérer comme l’une des matières clés de l’enseignement, parmi les plus précieuses dans le domaine social, pour la formation des nouvelles générations.
Avant tout, nous devons comprendre à quel point elle est importante, et lui attribuer la place qui lui revient. Mais il est nécessaire de différencier l’enseignement de l’Histoire à un niveau de base et à un niveau moyen. Il n’y a pas d’égalité de points de vue entre les deux cycles. Le mécanisme de sa transmission est une chose en niveau basique et une autre en niveau moyen.
Avant tout, que proposons-nous en niveau basique ?
Former l’homme de demain, avec une notion complète et intégrale du monde.
De ce point de vue, l’enseignement de l’Histoire au niveau basique s’opère aux côtés des autres matières.
D’après Félix Eguino Zaballa, Historia de Bolivia, 1973 Passage traduit de l’espagnol par Jean O’Creisren