Vous aimez les langues ? Vous aimez jouer avec les mots, rigoler, refaire le monde ? Délires de linguiste est fait pour vous ! Bienvenus sur le blog de Jean O'Creisren !
Catégorie : Droit et rédaction juridique
Vous avez des notions de droit ? Vous appréciez l’élégance de la stylistique juridique ? Vous êtes sensible aux droits humains ? Dans la présente catégorie, vous trouverez des articles répondant à vos intérêts susmentionnés. Toutefois, si lesdits articles ne s’avèrent pas conformes à vos opinions sur les questions y afférentes, vous êtes autorisé(e) à nous faire part de votre point de vue en commentaire, en vertu d’une décision unilatéral de Jean O’Creisren (ci-après dénommé « le blogueur »). En vertu d’une autre décision unilatérale de ce dernier, ledit blogueur s’octroie le droit de supprimer votre commentaire, sur une base discrétionnaire. Il peut aussi en modifier la stylistique et en améliorer l’orthographe s’il les juge inadaptées à la beauté de la langue française. Il s’engage toutefois à ne pas modifier le contenu de vos propos lors de ladite modification.
L’article sur la limitation de vitesse à 80 km/h a été supprimé. Cette mesure partait d’une bonne intention pour la sécurité et l’environnement, mais son efficacité est controversée. N’étant pas spécialiste de ce sujet, je vous propose un autre débat, sur un thème que je maîtrise beaucoup mieux. 🙂
Comment rouler écologiquement ? Comment limiter son empreinte carbone lorsqu’on est obligé de prendre le volant ? L’écoconduite classique suffit-elle ? Souhaitant à la fois moins polluer et moins dépenser, j’ai développé des techniques d’écoconduite dite radicale, que je partage dans cet article…
Éventuellement herbes de Provence et/ou cumin selon vos goûts (et/ou allergies).
Ne me demandez pas d’infos sur les proportions ; je
fais tout au pifomètre ! 😊
Ustensiles :
Assiette ou planche à découper
Couteau à viande
Couteau à dents
Casserole
La plus grande poêle que vous aurez sous la main
Spatule ou cuillère en bois
Cuillère à soupe
Cuillère à café
Gazinière ou plaque chauffante
Allumette ou briquet si non inclus dans la gazinière (non applicable en cas de plaque chauffante)
1/ Faire cuire le riz dans une casserole en respectant le temps de cuisson indiqué sur le paquet. Ne pas oublier de mettre de l’eau !
2/ Pendant que l’eau bout ou pendant que le riz cuit, éplucher les oignons et les couper de la façon qui vous convient le mieux. Les faire bouillir dans une poêle assez grande avec un fond d’eau et d’huile végétale (huile de palme interdite) et couvrir. Goûter de temps en temps pour voir si c’est cuit.
3/ Mélanger environ 2/3 (ou 3/4) de crème fraîche avec 1/3 (ou 1/4) de moutarde et une cuillère à café de miel. Goûter de temps en temps pour vous assurer que la sauce est bonne. Elle doit avoir du goût, comporter assez de moutarde pour être relevée, mais pas non plus au point d’arracher sa race. Le miel doit adoucir par une petite note sucrée.
4/ Couper les escalopes en petits morceaux carrés et les
faire cuire à feu vif dans la poêle avec un fond de beurre.
5/ Mélanger les oignons (une fois qu’ils sont cuits) avec la sauce puis verser le contenu dans la poêle une fois que les morceaux d’escalopes sont à point.
6/ Verser le riz (il a largement eu le temps de cuire pendant que vous vous occupiez des oignons, de la sauce et de la viande) dans la grande poêle où se trouvent lesdits oignons, ladite sauce et ladite viande. Mélanger et rajouter éventuellement le cumin et les herbes de Provence.
Dans un peu plus d’un mois, les citoyens de l’Union européenne seront appelés à voter. Nous élirons nos représentants à Strasbourg. Ce scrutin sera à la proportionnelle, donc inutile de faire des calculs pour éviter le pire au second tour ! Nous pouvons voter selon nos convictions les plus profondes…
Mais pourquoi nous déplacer le 9 juin ?
Pourquoi l’Europe ?
Avant tout, posons-nous cette question. C’est vrai, ça ! Pourquoi l’Europe ? Comment en sommes-nous venus à acheter nos bonbecs en euros ? Comment en sommes-nous arrivés à râler après les grands propriétaires terriens qui touchent toutes ces aides de Bruxelles sans jamais monter sur le tracteur ?
L’Union européenne est le fruit d’un long processus de maturation, qui n’est pas terminé. La construction de cette organisation régionale a commencé avec la création de la CECA en 1951. Mais l’Europe, c’est avant tout un continent chargé d’histoire où différents peuples ont vécu, se sont affrontés, se sont mélangés, ont fait fleurir différentes cultures et ont cheminé ensemble.
Un peu d’histoire…
Après l’effondrement de l’Empire romain, les Arabo-musulmans envahissent le sud de la Méditerranée. Un siècle plus tard, Charlemagne ressuscite le rêve impérial. Il unit les Latins et les Germains sous ce qui sera la première tentative de construction européenne. On parle souvent du couple franco-allemand. Or l’Empire carolingien est à la fois l’ancêtre du royaume de France et du Saint-Empire romain germanique. Par ailleurs, ses frontières correspondaient approximativement à celles des six pays fondateurs de l’UE.
Au Moyen Âge, l’Europe est unie par une même culture judéo-chrétienne. Église latine à l’ouest, Églises orthodoxes à l’est, communautés juives ici et là… En Occident, le latin est la langue véhiculaire. Bien qu’on parle une mosaïque de dialectes sur cette moitié du continent, les étudiants de partout peuvent étudier dans les premières universités qui font leur apparition : Bologne, Oxford, Palencia, Salamanque, La Sorbonne… Mais les Européens se rencontrent, se mélangent et coconstruisent cette unité chrétienne de nombreuses autres façons. Les ordres religieux tapissent le continent de monastères, gardiens de la culture, de la transmission et de la sagesse. Les pèlerins voyagent et échangent, notamment sur le chemin de Compostelle. Enfin, les croisades sont une occasion de rassembler les chrétiens contre ceux qu’ils nomment les « infidèles ». La culture médiévale unit donc les peuples européens dans leur diversité.
Quelques siècles plus tard, la Renaissance enrichit le continent d’un nouveau souffle. L’imprimerie permet à la culture écrite de se diffuser. On redécouvre les auteurs de l’Antiquité gréco-latine. Cela occasionne de grands progrès dans toutes les sciences dures et humaines. Bon, peut-être pas encore en informatique ou en nanotechnologie, mais ça viendra plus tard… 😊 Avec les avancées en navigation, les Européens partent à la conquête du monde, pour le meilleur et pour le pire. Sur le plan politique, la féodalité laisse place progressivement à l’État de droit. Au niveau économique, le religieux perd du terrain pour laisser place à l’argent et au marché. C’est le début du capitalisme et de l’individualisme qui en découle. Malgré les affrontements violents entre catholiques et protestants, l’Europe reste chrétienne et l’existence de Dieu n’est pas encore remise en cause. Les différents souverains vont constituer une alliance contre un ennemi commun : les Turcs qui veulent envahir l’Europe et la convertir à l’islam.
Au XVIIIe siècle, la philosophie des Lumières est un nouveau courant de pensée qui traverse le continent. À cette époque, les jeunes nobles pérégrinent à travers toute l’Europe. Ce « Grand Tour » est un voyage initiatique qui vient parfaire leur éducation. La langue véhiculaire est alors le français. Les intellectuels de tous pays correspondent entre eux. Les uns et les autres pensent les bases de nos systèmes démocratiques actuels. Séparation des pouvoirs, abolition de l’esclavage, respect des libertés individuelles, tolérance… On remet en cause le pouvoir politique et religieux. On pense universel. On pense Europe.
Au XIXe siècle, l’idée d’Europe perd du terrain. On regarde vers le passé avec nostalgie. Les nationalismes se réveillent ici et là et de nouveaux États apparaissent. Ce qui unit le continent est la révolution industrielle. Certains pays puissants partent coloniser les autres coins du monde. Ce jeu de tensions et de rivalités finit par éclater en 1914.
Suite au premier conflit mondial apparaît l’idée d’Union européenne. Certains veulent construire les États-Unis d’Europe. D’autres pensent à mettre en commun les intérêts économiques, en vue de construire, éventuellement, une unité politique par ce biais.
En 1951, l’Europe est ravagée par la Seconde Guerre mondiale, encore plus meurtrière que la précédente. C’est pour construire une paix durable et une certaine prospérité économique qu’est créée la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Si l’on met en commun les matériaux qui servent à l’armement, on ne se fera plus la guerre.
En 1957, on va plus loin avec le traité de Rome. La Communauté économique européenne (CEE) établit, entre autres, la Politique agricole commune (PAC). L’idée est de permettre la sécurité alimentaire des pays de l’Union. Si cette mesure est parfois critiquée, nous pouvons nous réjouir qu’il n’y ait plus de famine en Europe de nos jours… La CEE, c’est aussi la redistribution de moyens vers les régions les plus pauvres et une prise de conscience des questions environnementales.
En 1993, la CEE devient l’Union européenne, avec le traité de Maastricht. Cela signifie, entre autres, la libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux. Plus besoin de poireauter des heures à la douane pour aller en vacances dans le pays d’à côté ! Puis en 2002, une partie des États membres adopte une monnaie unique : l’euro. En 2004, dix pays intègrent l’Union. Une grande partie d’entre eux a subi le joug communiste pendant plusieurs décennies. Accueillir ces peuples qui ont souffert, ces économies moins développées, est un véritable défi…
Et aujourd’hui ?
Ce long processus nous montre que l’Europe s’est construite progressivement. Les peuples du continent ont une histoire commune : la chrétienté, l’humanisme, les Lumières et la révolution industrielle. Mais aussi des guerres et de multiples brûlures de l’histoire. Nous avons donc de bonnes raisons de nous entendre et d’avancer main dans la main.
Aujourd’hui, de nouveaux défis se présentent. Par exemple, comment l’Union européenne doit-elle se positionner face au conflit ukrainien ? Quelles politiques adopter aux niveaux migratoire et environnemental ? Comment protéger les citoyens européens face à l’inflation ?
Autre débat qui n’est pas sous le feu des projecteurs : doit-on obliger les pays qui ne disposent pas du « droit à l’avortement » à l’appliquer dans leur loi ? Doit-on, au contraire, considérer que les prérogatives sur les questions bioéthiques doivent rester nationales, dans un souci de souveraineté et de protection de la vie humaine de sa conception à son terme naturel ?
Dans quelques temps, nous seront appelés à voter. Chacun a le droit de donner sa voix à qui il ou elle veut. Mais notre vote sera déterminant pour notre avenir. « Tu n’imagines pas la puissance que tu es ! L’histoire c’est toi, l’histoire c’est toi qui la fais ! » Dans sa chanson « Les extrêmes », le groupe Tryo nous invite ainsi à prendre « le chemin vers les urnes ».
Mais alors, pour qui
voter ? Pour quoi voter ?
Aujourd’hui, de nombreux défis se présentent à l’Europe. Aux États-Unis, les libertés individuelles règnent, mais souvent au détriment de la justice sociale et de l’environnement. En Chine, c’est une croissance économique qui se veut égalitaire, mais au mépris des droits de l’Homme et de la Planète. La France toute seule ne peut pas s’imposer face à ces deux géants. Mais l’Europe, si ! En Europe, nous avons à la fois l’économie de marché, un modèle social relativement égalitaire et des normes environnementales strictes. Nous pouvons proposer au monde ce modèle démocratique équilibré !
Pour les élections européennes 2024, Jean-Marc Jancovici a animé un débat avec les principales têtes de liste sur les questions d’écologie :
Parmi les défis de l’Europe lors des élections européennes de 2019, les experts en la matière voulaient créer plus d’intégration au niveau fiscal, social et militaire. Mais pour quelles raisons ?
Une politique fiscale harmonisée permettrait de mieux nous protéger face à la concurrence parfois agressive des États-Unis et de la Chine. Par exemple, en 2016, l’acier chinois a inondé le marché unique européen avec ses prix cassés. Il était vendu à perte car ce régime communiste a préféré produire trop que licencier des ouvriers. Les États-Unis ont mis des barrières douanières, mais l’UE n’était pas armée pour se protéger de la même façon. Résultat : des dizaines de milliers de chômeurs dans les États membres.
S’entendre au niveau fiscal permettrait aussi de mettre en place des politiques fructueuses en matière sociale et environnementale. Par exemple, un certain nombre de partis proposent de taxer les produits d’importation venant de pays qui ne respectent pas l’humain et/ou l’environnement. Hier, les gilets jaunes réclamaient une taxe sur le kérozène. Cette idée est reprise par certaines listes de gauche à l’approche des élections européennes 2024. C’est difficile à appliquer à l’échelle d’un pays. En revanche, au niveau européen, c’est beaucoup plus faisable…
Sur le plan social, c’est peut-être plus compliqué. Le coût de la vie n’est pas du tout le même suivant les États membres. Il est donc difficile d’appliquer un salaire minimum unique. Néanmoins, plus d’harmonisation sociale permettrait d’harmoniser les économies de la zone euro. Aujourd’hui, ces dernières sont si diverses que les 20 pays sont vulnérables en cas de crise économique dans l’un d’entre eux. Mais une zone euro plus homogène permettrait de résorber plus facilement ce genre de menace. Notons qu’une meilleure intégration fiscale peut aussi jouer dans ce sens.
Enfin, pourquoi construire une Europe militaire ? Avec une armée communautaire, l’UE aurait plus de poids sur le plan géopolitique. Et rappelons-le : davantage de poids pour l’Europe, c’est davantage de poids pour la France !
Bien sûr, chacun peut voter pour qui il ou elle le souhaite. De nombreuses valeurs peuvent nous animer, qui sont toutes louables : la prospérité économique et le plein emploi, une juste redistribution des richesses, un environnement sain, une meilleure inclusion des personnes en situation de handicap, la protection de la vie de sa conception à son terme naturel, la lutte contre toute forme de discrimination, etc. Mais comme Européen et comme chrétien, je vous invite à faire confiance à des gens qui croient en l’Europe, car le monde en a besoin !
« Aujourd’hui, les jeunes ne lisent plus ! Ils sont tout le temps cramponnés à leurs portables et à Internet et ils écrivent n’importe comment… » Autant de discours défaitistes que l’on entend çà et là…
Mais si les nouvelles technologies pouvaient être précisément le laboratoire de nouvelles productions littéraires ?
Imaginons un groupe d’amis étudiants qui aime se réunir régulièrement pour déjeuner au restaurant universitaire (RU). L’un d’entre eux enverrait habituellement un SMS collectif comme :
« Bonsoir à tous ! Qui déjeune au RU demain ? »[1] Ou encore « RDV à 12h15 place André Leroy ».
Jusque là, rien de bien original… Mais ce même étudiant peut aussi explorer des styles littéraires autres que les formulations plates citées ci-dessus. Voici plusieurs exemples, dont certains sont d’authentiques « textos » envoyés jour après jour à la même liste de diffusion.
Salut les amis ! J’espère que vous allez tous bien. Je viens d’avoir une super idée ! Que diriez-vous qu’on se fasse une bouffe entre potes ? Je vous propose donc, pour ceux qui le peuvent, de nous retrouver à 12h15 place André Leroy pour aller au RU.
En 2012, je vous propose le changement ! J’ai décidé d’être candidat aux élections gastronomiques car j’ai le souci de manger. Pour le déjeuner de demain, je vous propose une alternative radicale à ce qui se pratiquait jusqu’à présent. Ce midi encore, le rendez-vous était fixé à 12h15 pour aller ensemble au RU. Demain, c’est à 12h10 que nous nous unirons pour une marche de la place André Leroy jusqu’au boulevard du Roi René en protestation contre la faim dans nos ventres.
On vous crève à la tâche ! On vous exploite ! On vous spolie des nuits entières à vous faire préparer vos partiels, vos dossiers, vos séminaires ! On vous condamne à un travail inhumain qui vous aliène à la musique, à l’histoire, aux sciences de l’éducation, aux sciences de l’opium du peuple[4] ! Ça ne peut plus durer !
Je vous appelle, au nom de tous nos camarades de Lutte Étudiante, à faire la Révolution ! Demain, venez nombreux à la marche populaire qui partira à 12h15 de la place Dédé Leréactionnaire pour prendre le RU d’assaut ! Nous allons leur montrer qui nous sommes !
Salut les amis ! Voici un message un peu différent de d’habitude pour le RU… Si, si, j’ai encore des idées ! Aujourd’hui, la différence ne réside pas dans la forme mais dans le fond. En bref, demain, j’irai vendre des places pour la soirée fluo et paillettes dans le hall du RU, mais j’ai aussi envie de déjeuner avec vous. Seriez-vous prêts à venir m’aider dans ce service, sachant qu’on déjeunera là-bas ensemble avant ou après ? Peut-être y aura-t-il même d’autres volontaires, auquel cas il n’y aura pas forcément besoin de nous. Êtes-vous chauds comme des baraques à frites pour me rendre ce petit service ?
– Le style « télégraphe » :
RDV. Stop. Place André Leroy. Stop. RU. Stop. 12h15. Stop.
Salut les gus ! Prêts pour le grand jeu de demain ?
Il commencera après la rupture du rasso, à 12h15. Il s’agira de faire le parcours du combattant depuis la place André Leroy. Tout d’abord, vous devrez effectuer une petite course à cloche-pied tout le long de la rue Paul Bert, puis vous traverserez le pont de singe qui passe au-dessus du boulevard Foch. Enfin, c’est après avoir rampé dans la gadoue tout le long du boulevard du Roi René que vous arriverez au fortin où la graille est jalousement gardée par une patrouille de Témoins de Jéhovah[5] en furie. Il faudra vous emparer du butin au terme d’une prise de foulards acharnée. La patrouille qui le remportera gagnera le grand jeu et pourra déjeuner.
Chers frères et sœurs, réjouissons-nous, soyons dans l’allégresse, car le Seigneur nous donne chaque jour ce dont nous avons besoin. Alléluia ! Demain, laissons-nous guider vers le RU où, nous qui avons soif de nourriture et de boisson, nous serons rassasiés ! Rassemblons-nous en enfants gastronomes à 12h15 sur la place André-Lepape pour marcher sur les pas de saint Félicien et témoigner de notre faim ! Dieu vous bénisse !
Hrhey, qui peut hic ! man… man-man… manger au RU de… hips ! demaiiiiiiin ? Dessaoulé de parler cocomsa, hi ! hi ! hi ! J’hic ! J’ai fait la fêfffffête ce soiiir et hips ! J’ai un p’tit peu bu !
Bonjour messieurs-dames, Gendarmerie Nationale ! Vous êtes priés de me suivre au RU pour un contrôle gastronomique. Notre fourgon partira à 12h30 de la place André Leroy. Soyez ponctuels ! Toute tentative de fuite sera sanctionnée par une contravention de première catégorie.
Putain de bordel de merde ! Demain, je sens que je vais encore crever la dalle… Ça me fait chier mais d’une force de devoir bouffer tous les jours ! Bon, alors, vous venez grailler avec moi au RU demain ? Oui ou merde ? Et me faites pas chier à me demander à quelle heure on se retrouve, vous savez très bien que c’est 12h15 place André Leroy. Allez vous faire foutre !
– Le style « prout-prout » :
Très chers, qui d’entre vous compte se restaurer au RU demain ? À midi et quart, nous entreprendrons une charmante petite promenade depuis la place André Leroy jusqu’au boulevard du Roi René. Vous me voyez ravi de vous y inviter.
Oyez, oyez, bonnes gens ! Le seigneur de Deilyr de Lin Güist, messire le chevalier Jean Haut de Cresse-Reine, vous convie demain à un festin en l’honneur du déjeuner. Venez bouter la faim hors de vos ventres ! Venez emplir vos panses de moult frites, poulards, poissonnets et autres victuailles savoureuses ! Afin de festoyer dans la salle des bals du château de Rhült, nous devons d’abord prendre cette forteresse gardée par des félons d’hérétiques chaque vendredi. Raillions-nous pour partir guerroyer à midi sur la place de nostre bon Roy André. À l’assaut ! Montjoie ! Saint Denis !
Venez, mes chers amis, vous rassasier au RU ! Venez vous délecter de ses mets ordinaires ! Demain, marchons d’un pas très universitaire ; Depuis André Leroy, nous parcourrons les rues.
– Salut, marins d’eau douce ! Que diriez-vous d’une petite traversée du cap André Leroy à la crique du Roi René demain midi, à la recherche du trésor de Miamiam le Ru ? Tonnerre de Brest ! J’allais oublier de vous préciser à quelle heure on largue les amarres… – Amarres larguées ! Poil au nez ! – TA GUEULE ! On est dans Tintin, là, pas dans Astérix !!! Essaie un peu de suivre, espèce de moule à gaufres !… Hm, hm… Donc comme je vous disais, on largue les amarres à 12h15. En route pour de nouvelles aventures !
J’ai faim, par Toutatis ! Et je me sens un peu faible… Je mangerais bien un ou deux sangliers. Des sangliers ! Chic ! Chic ! Chic ! Allez, viens, Idéfix ! On va en cueillir dans la forêt de Ruix avec tous les Andégaves[2] qui aiment chasser. Nous partirons de l’entrée du village (forum du chef Andrix) à la quatrième heure (bref, à 12h30). Miam ! Miam ! Miam !
Salut les copains ! Eh, qui veut manger à la cantine avec moi demaiiiiiiiiiiiin ? On va manger plein de bonbons ! Mais si vous disez non, eh ben j’vais l’dire à ma maman, d’abord ! Na !
Il est convenu entre : – Jean O’Creisren, étudiant au capital de pas beaucoup d’€ dont le studio est établi quelque part à Angers (ci-après dénommé « l’Expéditeur du texto »), d’une part, et – Henri-Pacôme Bensoussan, Mohammed de Broglie, Xun Diallo, Ana María Elkalaoui et Syméon Zhang (ci-après dénommés « les Potes de Expéditeur du texto »), d’autre part, (ci-après dénommés collectivement « les Parties ») l’accord de pause déjeuner (ci-après dénommé « l’Accord ») exposé dans les présentes. 1. Les Parties conviennent d’un rendez-vous ce midi à 12h15 à la sortie de l’Université catholique de l’Ouest, sise au 3, place André Leroy, 49008 Angers (ci-après dénommé « le Lieu de rendez-vous »). 2. Lorsque les Parties seront parvenues au Lieu de rendez-vous susmentionné, elles se dirigeront ensemble au restaurant universitaire des Beaux-Arts sis à côté du parc où les étudiants font bronzette après le déjeuner en juin (ci-après dénommé « le RU »). Lors du trajet, il est autorisé de chanter, de raconter des blagues, de débattre et de discuter de tout et de rien. Toutefois, les Parties ne peuvent ni insulter les passants, ni voler les sacs à main des personnes âgées, ni lancer des pierres sur les voitures circulant de la rue Paul Bert au boulevard du Roi René. 3. Lorsque les Parties seront arrivées au RU, l’Expéditeur du texto est expressément autorisé à danser la danse de la pomme de terre sous le regard amusé des Potes de l’Expéditeur du texto et le regard étonné des passants. Le cas échéant, l’Expéditeur du texto s’engage à assumer la honte qui découlera d’un tel fait, notamment si la scène est filmée est divulguée en ligne. Toutefois, il est expressément interdit de passer devant les étudiants qui font la queue à l’entrée du RU. 4. Lorsque les Parties se serviront au RU, il leur est fortement recommandé de choisir une alimentation saine et équilibrée. 5. Lors du repas, il est expressément interdit de roter ainsi que de manger avec les doigts ou sans fermer la bouche. 6. L’Accord est régi par le droit coutumier ainsi que par le Code des bonnes manières à table en Anjou.En cas de non respect du présent Accord par l’une ou l’autre des Parties, cette dernière sera rappelée à l’ordre oralement par ses potes.
On peut également imaginer des messages en langues étrangères. Parfois, celles-ci ne sont pas parlées par le destinataire. Certains indices peuvent donc lui permettre de comprendre les informations principales du message. Ainsi, tout le monde a compris ce SMS en arabe :
« Salâm calikum yâ ‘asdiqa’î! Keyfa-l-hâluk al-leyla? ‘Ana djayyîd, wa-l-hamdu-lillah! Wa-l-câ’ila? Man sayakulu fî-r-restaurant universitaire min al-ghad? Sawfa ‘ana fî place André Leroy bi 12h10. Leyla sacida! »
L’on peut aussi proposer un mensaje de texto en espagnol :
¡Hola tod@s!
¿Qué os parece almorzar en el comedor universitario mañana? Podemos salir de la plaza Andrés Rey a las doce y cuarto. Un poco temprano, ¿verdad? Pero así son horarios entre los gabachos…
Buenas noches
Un fuerte abrazo
Juan
… ou encore un small message service (SMS) en anglais :
Hi everybody! Would you like to eat some frogs at the university refectory tomorrow? We can meet at quarter past twelve at King Andrew Square. C u 2morro!
… et pourquoi pas un mandatum en latin ? Bien entendu, afin de rester dans l’ambiance culinaire du RU, écrivez de préférence votre texto dans un latin de cuisine :
Ave amici ! Qui edere in restauranto universitairo crastino die ? In praedicto loco platea Regis Andraeae à 12h15. Cras !
[1] La plupart de ces messages sont d’authentiques SMS qu’il m’est arrivé d’envoyer dans différents élans d’inspiration à mes amis pour marcher de la Place André Leroy (qui se trouve devant les locaux de l’Université Catholique de l’Ouest, à Angers) au RU dit des Beaux-Arts, sur le boulevard du Roi René. [2] Tribu gauloise qui peuplait l’Anjou à l’époque de la conquête de Jules César. [3] Envoyé quelques jours avant le premier tour des élections présidentielles de 2012. [4] « Sciences de l’opium du peuple » signifie « théologie » en terminologie marxiste. [5] Des témoins de Jéhovah avaient effectivement l’habitude de faire du prosélytisme à la sortie du RU le vendredi midi. [6] SMS envoyé suite à une soirée de folie avec ce même groupe d’amis, de laquelle une personne n’est pas rentrée dans son état normal après avoir abusé de… Cola-Cola. [7] Bizarrement, ce texto n’a pas été très apprécié par les destinataires, malgré un long post scriptum précisant qu’il fallait bien évidemment le prendre au 72e degré.