Quel est le sens de Noël ?

Ah, Noël ! Le réveillon, la famille, les cadeaux… Mais derrière tout cela, quel sens donner à cette fête qui enchante les petits comme les grands ?

Pour rappel, les chrétiens célèbrent la naissance de Jésus. Ils croient que Dieu a voulu se faire homme pour nous apporter son amour et nous sauver. Et Jésus n’est pas né dans un palais. Non ! Il s’est fait petit enfant dans une famille tellement pauvre que l’accouchement s’est déroulé dans une étable, au milieu des bêtes. Oui, dans la religion chrétienne, Dieu, le Tout-Puissant, est aussi un Dieu qui se fait humble. Il nous rejoint au plus profond de nos misères. C’est un Dieu qui a le souci des plus pauvres. Jésus était particulièrement proche de ces derniers lors de sa vie publique. Il vivait pauvrement et appelait tout le monde à partager avec nos frères dans le besoin. Il fréquentait les lépreux, les prostituées et les autres laissés-pour-compte de la société juive d’alors. Le Christ a témoigné de cette cohérence jusqu’au bout en acceptant de mourir dans d’atroces souffrances, comme le plus vil des malfaiteurs.

Que nous soyons croyants ou non, quel sens donner à Noël ? Le 24 et le 25 décembre, peut-être aurons-nous la chance d’être entourés ? Peut-être aurons-nous la chance de bien manger ? Peut-être aurons-nous la chance de recevoir plein de cadeaux ? Bien sûr, si nous avons tout cela, réjouissons-nous et profitons-en ! 😊

Mais malheureusement, tout le monde n’a pas cette chance-là… En France et ailleurs, de nombreuses personnes sont touchées par la faim, la pauvreté, l’isolement, la persécution, la maladie, le handicap Entre deux bouchées de foie gras, aurons-nous une pensée, une parole, un geste pour nos frères et sœurs en humanité qui sont dans le besoin ?

Autrefois, dans les campagnes de France et dans d’autres pays, on mettait un couvert supplémentaire lors du réveillon. Cette « place du pauvre »[1] était réservée à un passant, un vagabond, une personne seule, qui pouvait se présenter à l’improviste ce soir-là. Il paraît qu’elle était très souvent occupée.

Et nous, que pouvons-nous faire concrètement, aujourd’hui ?

Dans notre entourage, peut-être connaissons-nous des personnes seules ? Nous pourrions très bien être à leur place et nous serions heureux si quelqu’un pensait à nous ce soir-là. Savez-vous que Noël est un soir où le taux de tentatives de suicide est très élevé ? En faisant un peu de place à notre semblable, nous pouvons donc lui sauver la vie…

Nous allons aussi dépenser plein d’argent pour acheter des victuailles et des cadeaux. C’est très bien : ça fait plaisir aux personnes qui en bénéficient, ça fait tourner l’économie et ça crée de l’emploi. Mais pensons-nous à consommer de manière responsable ? Et surtout, donnons-nous une part de cet argent à ceux qui en ont réellement besoin ?

Aujourd’hui, en France, de nombreuses personnes sont touchées par la pauvreté. Offrirons-nous un peu d’argent ou quelques victuailles festives au mendiant qui fait la manche à la sortie de la messe de Noël ?

Si nous voulons lutter de manière pérenne et efficace contre la misère, de nombreuses associations agissent au quotidien aux côtés de celles et ceux qui souffrent. De plus, les dons donnent droit à des réductions fiscales, ce qui n’est pas négligeable en cette fin d’année civile. Laissez-moi vous présenter quelques-unes de ces structures. Ce sont celles que je connais et en qui j’ai confiance. Mais bien sûr, vous en connaissez peut-être d’autres qui font le même travail de manière tout aussi efficace. Libre à vous de soutenir qui vous voulez ! Enfin, si vous le souhaitez et si vous en avez les moyens… 😊

Présent partout en France et dans de nombreux pays, le Secours Catholique lutte contre toute forme de pauvreté. Avec un solide réseau de bénévoles très engagés, cette association agit auprès des personnes seules, des SDF, des migrants, des Roms ou encore des enfants des quartiers populaires qui peinent à l’école… Pour Noël, pourquoi ne pas vous engager au sein de cette ONG pour organiser un réveillon pour les personnes seules près de chez vous ? Pourquoi ne pas prendre un engagement régulier pour faire des maraudes en proposant une soupe, un café et/ou une discussion aux personnes qui vivent dehors ? Pourquoi ne pas mettre vos compétences à profit pour aider des migrants ou des Roms à apprendre le français, ou des enfants à réussir leur scolarité ? Si vous avez des enfants, vous pourrez aussi accueillir un jeune vacancier de plus cet été. Le Secours Catholique a effectivement mis en place depuis longtemps l’Accueil familial de vacances (AFV). Un enfant issu d’un milieu défavorisé, qui n’a pas les moyens de partir se ressourcer, est accueilli dans une famille avec des enfants de son âge pendant quelques semaines. C’est l’occasion de tisser de beaux liens où tout le monde est gagnant. Mais le Secours Catholique apporte aussi une aide matérielle concrète aux personnes dans le besoin et nos dons sont nécessaires…

Une autre association qui lutte efficacement contre la misère est ATD Quart Monde. Elle se compose de bénévoles issus de tous milieux, et en premier lieu de personnes directement touchées par la grande pauvreté. Son fondateur, le père Joseph Wresinski, était issu d’un milieu très pauvre. ATD Quart Monde considère que les personnes qui souffrent de la misère doivent être actrices de la lutte contre la pauvreté pour s’en sortir. Même au fond du gouffre, chacun a en soi la capacité de se relever et doit bénéficier d’un regard bienveillant pour le faire.

Mais bien souvent, ces personnes sont si blessées par la vie qu’elles ont besoin d’un accompagnement spécifique avant de pouvoir reprendre leur envol. L’association Lazare aide des personnes qui ont connu la rue. Elle les héberge dans des collocations avec des jeunes professionnels. Et vous, cette expérience vous tenterait-elle ?

Peut-être avez-vous une sensibilité davantage tournée vers les pays en développement ? Dans ce cas, connaissez-vous le CCFD – Terre Solidaire ? Il s’agit d’une organisation qui lutte contre la faim dans le monde. Elle participe à l’autonomie alimentaire des petits paysans par une agriculture respectueuse de l’homme et de l’environnement. Elle soutient notamment le commerce équitable.

Dans de nombreux pays, beaucoup de personnes n’ont pas la chance de vivre aussi libres que chez nous. Encore aujourd’hui, certains régimes pratiquent la torture. L’ACAT agit aux côtés des victimes et fait pression sur les gouvernements pour que les droits de l’homme soient respectés. En tant qu’adhérent ou sympathisant, vous pouvez envoyer tous les mois un courrier à l’autre bout du monde pour que justice soit rendue. Et bien souvent, agir est efficace. Des victimes sont libérées et des tortionnaires sont condamnés. Association chrétienne, l’ACAT vous propose également de prier, non seulement pour les victimes, mais aussi pour les bourreaux. « Aimez vos ennemis », disait Jésus !

Les victimes de la torture sont généralement celles qui ne pensent pas comme les plus puissants. Cela inclut les convictions politiques, mais aussi religieuses. Savez-vous que 75 % des personnes persécutées en raison de leur foi sont des chrétiens ? Cela représente 200 millions de fidèles dans le monde, soit un chrétien sur dix ! Que nous soyons croyants ou nous, ferons-nous quelque chose pour ces personnes qui ne peuvent pas pratiquer leur religion librement ? Liée au Saint-Siège, l’Aide à l’Église en Détresse vient en aide aux chrétiens du monde entier. Elle envoie également des jeunes en coopération chaque été, par le programme AED Mission.

Vous êtes particulièrement sensible à la cause des enfants maltraités ? Le BICE agit à leurs côtés dans de nombreux pays. Enfants traumatisés par la guerre, victimes de violences physiques et/ou sexuelles, ou encore d’exploitation au travail ; enfants touchés par la malnutrition ou la déscolarisation… Cette organisation lutte contre toutes ces injustices avec l’aide de professionnels compétents. Elle s’appuie sur les travaux de chercheurs en psychologie, notamment sur des études concernant la résilience. Sur le terrain, éducateurs, psychologues et autres travailleurs sociaux agissent pour protéger ceux qui vivent l’aube de leur existence.

Et même chez nous, les enfants et les jeunes ont besoin d’être accompagnés. L’école n’est malheureusement plus une garantie de réussite, surtout si vous habitez dans une cité. C’est pourquoi Espérance Banlieues propose un enseignement de qualité aux jeunes issus des quartiers sensibles. Avec des méthodes pédagogiques hétérodoxes qui ont fait leurs preuves, ces écoles redonnent espoir à ces enfants à qui l’avenir a toujours été présenté comme morose. Après ce qu’il s’est passé ces dernières années, l’islamisme fait peur à certains d’entre nous. À mon avis, si nous voulons vivre dans une France apaisée et sécurisée, ce genre d’initiative est bien plus efficace que toute mesure coercitive… Une autre association qui accompagne les jeunes des cités est Le Rocher.

D’autres personnes blessées vivent de la prostitution. Même si nous sommes chrétiens, nous devons les regarder avec bienveillance, car Jésus lui-même l’a fait. Quand quelqu’un en vient à vendre son corps, ce n’est pas sa faute. C’est très souvent un vécu douloureux qui l’a poussé dans cette direction. Sans compter que l’immense majorité de ces personnes n’ont pas choisi de faire ce métier mais sont les proies de réseaux de proxénétisme. L’association Magdalena les accompagne. Elle est notamment très présente auprès des personnes travesties qui travaillent dans le bois de Boulogne.

Comme vous le voyez, de nombreuses formes de pauvreté existent. Et chacun d’entre nous a ses propres misères. Personne parmi nous n’est parfait. Alors autant nous serrer les coudes face à nos faiblesses respectives !

Une autre forme de pauvreté est le handicap. Cela peut tous nous toucher un jour ou l’autre. Prendre soin d’une personne handicapée, c’est prendre soin de mon frère ou de ma sœur en humanité, donc de moi-même. Au premier abord, le handicap peut faire peur. Mais au bout d’un certain temps, c’est la personne que l’on voit et non plus sa fragilité. Et chaque personne est belle et unique, au-delà de telle ou telle pauvreté qu’elle peut subir. Pour les personnes en situation de handicap moteur, l’association Simon de Cirène propose des colocations avec des personnes valides dans des logements aménagés. La communauté de l’Arche propose un principe similaire pour les personnes en situation de handicap mental.

Lorsqu’un enfant porteur de handicap naît dans une famille, c’est avant tout une bénédiction. Chaque personne a une égale dignité et un enfant handicapé est avant tout un être humain, qui mérite l’amour de ses parents. Mais bien évidemment, cela demande à ces derniers un investissement supplémentaire. Pour les décharger le temps d’un week-end, l’association À bras ouverts (rien à voir avec le film) organise des week-ends pour ces jeunes, avec des accompagnateurs bénévoles. Les enfants et adolescents handicapés peuvent profiter d’un moment de détente et les parents peuvent se reposer.

Enfin, si vous considérez que la vie est sacrée de l’instant de la conception à son terme naturel, vous pouvez soutenir des associations comme Alliance VITA ou la Fondation Jérôme Lejeune. Pour l’histoire, Jérôme Lejeune était le médecin qui a découvert les causes génétiques de la trisomie 21. Il considérait que la recherche devait être réellement mise au service des personnes souffrant de ce handicap, dans le respect de la vie. Alliance VITA accompagne des futures mamans en détresse ainsi que des personnes ayant besoin de parler du début ou de la fin de vie. Elle informe également les citoyens et les politiques sur les enjeux bioéthiques. Fondées par l’association Lazare, les maisons Marthe et Marie proposent des colocations entre des femmes enceintes en détresse et des jeunes professionnelles. Cela permet aux futures mamans de mener leur grossesse à terme et de construire un avenir serein et sécurisant pour leur enfant.

Et vous, comment souhaitez-vous vous engager pour donner un beau sens à Noël ? Peut-être certaines causes vous parlent plus que d’autres. Peut-être vous sentez-vous davantage concernés par d’autres combats : l’aide aux femmes et aux hommes battus, l’accompagnement des personnes âgées, des malades du SIDA, des personnes souffrant d’addictions ou de telle maladie orpheline ou psychique… Ou encore la protection de l’environnement. Peu importe ce que vous faites ou ce que vous donnez : l’essentiel est de ne pas oublier que Noël est aussi pour nos frères et sœurs qui ont besoin d’une main tendue. Et eux aussi nous soutiendraient certainement si nous étions à leur place… 😉

Jean O’Creisren

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[1] Pour plus d’informations sur la « place du pauvre », veuillez cliquer ici.

Que peuvent nous apporter les personnes en situation de handicap ?

Quel regard portons-nous sur les personnes handicapées ? Voyons-nous d’abord la personne ou le handicap ? Aujourd’hui, je vous parlerai particulièrement du handicap mental. Qu’elles soient porteuses d’une maladie génétique ou d’une autre difficulté, les personnes en situation de handicap mental peuvent parfois nous étonner, voire nous déranger. Pourtant, elles peuvent aussi beaucoup nous apporter. Je vais vous parler de l’expérience que j’ai vécue avec certaines d’entre elles via une association quand j’étais étudiant.

Suite à une proposition de l’aumônerie, j’ai pris contact avec l’équipe Foi et Lumière de la paroisse. En effet, le thème de l’année 2014-2015 était la fragilité. Dans ce cadre, il leur était proposé d’entrer en relation avec des personnes handicapées. 

Personnellement, j’avais envie de vivre cette expérience dans un but complètement utilitaire. En effet, il se trouve que j’écris des nouvelles et des contes. Je voulais y faire intervenir des personnages porteurs de handicap. Mais lorsqu’on écrit sur un tel sujet, il faut que ce soit basé sur du concret, sur du vécu. 

C’était donc ma motivation initiale pour y aller, mais j’avais tout de même un peu peur. La proposition nous avait été faite en septembre 2014. Mais ce n’est qu’en janvier 2015 que je me suis décidé à contacter la communauté Foi et Lumière. La première personne handicapée que j’ai croisée dans ce cadre est Patricia. Je n’étais pas très à l’aise au début, et la première chose qu’elle m’a dit a été : « T’as fini ? » Bonjour l’accueil ! Mais je me suis vite rendu compte que Patricia dit ça tout le temps et à tout le monde.

Cette première journée avec Foi et Lumière m’a fait beaucoup de bien. C’était un moment où je n’avais pas trop le moral. Deux communautés étaient réunies et nous étions très nombreux. Ce qui m’a d’abord frappé à la messe, c’est que, parmi les personnes porteuses de handicap, certaines sont très belles. J’ai aussi été marqué par une atmosphère remplie d’allégresse. Les personnes handicapées sont très joyeuses et ont un bel humour. Bref, j’étais venu avec le moral dans les chaussettes, et je suis reparti tout gonflé. En effet, on arrive avec nos fragilités, qui sont cachées, mais qui font mal. Et ces personnes qui ont la simplicité de ne pas cacher les leurs nous aident à relativiser. Comment peux-tu être malheureux quand tu vois rire des personnes qui auraient bien plus de raisons que toi de pleurnicher ?

Et à chaque rencontre Foi et Lumière, ça me faisait un bien fou ! Je me souviens également d’une fois où mon moral était au plus bas. Bon, rassurez-vous, ça ne m’arrive pas tous les jours non plus ! 😉 Bref, ce jour-là, je suis allé à la messe du Jeudi saint. J’y suis allé tout seul avec mes problèmes. J’étais en retard, ou juste à l’heure, je ne me souviens plus. En tout cas, l’église était pleine à craquer. J’ai tout de même pu trouver une place au fond. Sur la même rangée, un peu plus loin, il y avait Patricia avec sa maman. Quand Patricia m’a vu, elle m’a fait un grand sourire, et ça m’a remis du baume au cœur. Ça m’a vraiment remonté le moral et ça m’a aidé à oublier mes problèmes pendant un certain temps. 

Pour conclure sur cette expérience, il ne faut pas hésiter à vivre cette rencontre avec les personnes handicapées. Certaines d’entre elles peuvent nous paraître un peu déstabilisantes au début. Mais elles ont toutes un grand cœur et elles font énormément de bien autour d’elles. En tout cas, moi, elles m’ont transformé !

*
*       *

Comme je l’ai mentionné au début de ce témoignage, j’ai décidé de vivre cette expérience pour pouvoir écrire un conte. J’ai maintenant terminé la rédaction de ce récit et je suis à la recherche d’un éditeur pour le faire publier avec d’autres textes. Vous trouverez ci-dessous le passage où interviennent des personnes en situation de handicap mental. 


Pour situer cet extrait dans son contexte, le conte s’intitule « Mémoires d’un chapelet ». Eh oui, encore un truc de cathos (lol) ! Dans ce récit, j’ai imaginé un chapelet qui raconte sa vie. Si cela peut paraître rasoir au premier abord, cette vie est passionnante, puisqu’elle commence en 1980 à Lourdes, à la fin de la guerre froide, et s’étend jusqu’à aujourd’hui. Pendant ce temps, le chapelet ne cesse de changer de propriétaire et fait le tour du monde. Il vit donc différents événements historiques qui ont marqué les pays visités ainsi que les joies et les peines des personnes qui l’utilisent pour prier.


Dans le passage que je vous propose ci-dessous, le chapelet revient d’Espagne, où un séminariste nigérian l’a donné à Marta, une jeune Mexicaine trisomique. En effet, ces deux personnages étaient réunis autour du pape Benoît XVI à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Madrid (2011). Un rassemblement d’un million de pèlerins venus de toute la planète…

Bonne lecture !

« Marta était venue au monde dans une famille en détresse. Son père Emiliano était alcoolique, violent et infidèle envers son épouse, absent pour ses enfants. Lorsque Lupita fut enceinte pour la troisième fois, elle confia cette grossesse à la Vierge de Guadalupe, sa sainte patronne, patronne du Mexique et de toute l’Amérique latine. Et l’enfant naquit avec cette fragilité qu’on appelle la trisomie 21. Cette nouvelle fut d’abord difficile à accepter, mais l’arrivée de cet enfant souda finalement toute la famille. Emiliano prit la résolution d’arrêter de boire, et, se laissant attendrir par cette enfant faible et touchante, il mûrit et se mit à assumer avec exemplarité son rôle d’époux et de père.

            Marta grandit dans l’État mexicain du Sinaloa, sur la côte pacifique, dans un cadre familial sécurisant. Bien que son handicap générât des difficultés et même une certaine souffrance pour elle, pour ses parents et pour ses frères et sœurs, l’amour qui régnait entre les uns et les autres les aidait à tout supporter, à faire confiance en tout, à tout espérer, à tout endurer. Cet amour portait de très beaux fruits qui n’auraient pas été là sans la présence de la jeune fille.

            Marta, lorsqu’elle revint d’Espagne en me portant autour du cou, fut heureuse de me montrer à sa famille. En effet, elle accompagnait de temps en temps Lupita, qui récitait le chapelet une fois par semaine avec d’autres femmes dans l’église paroissiale. La première fois qu’elle m’y emmena, sa mère lui dit : “tu sais, avec ton chapelet, tu n’es jamais seule. Quand tu le tiens dans ta main, c’est comme si tu tenais la main de la Vierge Marie.” 

            Marta connaissait par cœur toutes les prières, même si elle n’en comprenait pas tous les mots, sur lesquels elle fourchait. “Dios te salve María, llena eres de gracia…” À la fin de chaque dizaine, après avoir récité “Gloria al Padre, al Hijo y al Espíritu Santo como era en el principio ahora y siempre, y por los siglos de los siglos. Amén”, l’on s’adressait à la Vierge pour lui demander sa protection : “María, madre de gracia, de piedad y de misericordia, defiéndenos de nuestros enemigos y ampáranos, ahora y en la hora de nuestra muerte. Amén.” Devant la statue habillée et multicolore de sainte Marie, chacune des priantes portait des intentions particulières, depuis les petits problèmes du quotidien jusqu’à des événements plus graves, comme les violences occasionnées par la guerre entre l’État et les cartels. Marta priait simplement. Si elle formulait maladroitement ses prières à voix haute, ces paroles venaient du fond du cœur. Et le Bon Dieu, qui a choisi ce qu’il y a de faible dans le monde pour couvrir de confusion ce qui est fort, devait certainement accorder une grande importance à ces demandes toutes simples. 

            Marta fréquentait également la communauté locale Foi et Lumière, qui rassemblait des personnes handicapées et leurs familles, ainsi que des bénévoles extérieurs, appelés « amis ». Cela commençait par la messe dominicale à l’église paroissiale. Ce jour-là, pendant l’office, on entendait Verónica qui chantonnait des airs improvisés mais mélodieux, générant un agréable bruit de fond en continu. Comme elle, Amérigo ne savait presque pas parler. En revanche, il passait des heures à observer sa mappemonde et avait donc une immense culture géographique, dans un pays où la plupart des gens en savent peu sur le sujet. Il pointait alors ses interlocuteurs du doigt en disant le nom d’un pays. Ainsi, pendant la messe, on entendait de temps à autres : “Islande !” “Émirats Arabes Unis !” “Guatemala !” “Jordanie !” “Mongolie !” “Pays-Bas !” “Afghanistan !” “Népal !” “Oman !” “Chypre !” “Turquie !”. Après le Notre Père, les personnes du groupe Foi et Lumière se donnèrent la paix du Christ. Plus pacifique que les autres, Mahatma fit le tour de l’église pour serrer la main à toute l’assemblée, ce qui dura jusqu’à la fin de la messe. Puis vint le moment du déjeuner. Manolo marchait frénétiquement dans la salle paroissiale en poussant des cris aigus, et renversait parfois les couverts et les plats sur son passage. Parfois, il voulait entraîner avec lui un bénévole en le prenant affectueusement par le bras. Dans un élan de générosité, le jeune homme lança dans les mains de l’un des amis une cuillère et des serviettes en papier chiffonnées, avant de repartir faire une énième fois le même parcours. Pendant ce temps, Isabel tapotait sur un tambourin tout en chantant en boucle l’hymne de la dernière coupe du monde de football. Elle improvisait ainsi les paroles du refrain : “¡Samira-mira hé-hé! ¡Wó cào – wó cào heyéyé! Sam Ituarte vomitará… ¡Porque esto es África!” Les psalmodies de Verónica accompagnaient cette chanson au rythme de laquelle se trémoussait Mahatma, dans une prestation très originale qui empruntait à la fois au tai chi quan, au yoga, à la tecktonik et à la danse contemporaine. Derrière, on entendait la voix affirmée d’Amérigo qui scandait la chorégraphie : “Bahreïn ! … Belgique ! … Bolivie ! … Koweït ! … Malte ! … Qatar ! … Vatican !”

            Marta et les autres personnes handicapées étaient certes blessées et souffrantes, mais porteuses d’une joie si simple qu’elle transformait les personnes valides qui les accompagnaient, les ramenant à leurs propres fragilités, et les aidant à relativiser leurs petits problèmes. Ces cris, ces paroles au contenu étonnant étaient pleines de force et d’amour. Ces corps tordus étaient parfois d’une beauté rayonnante. Ces personnes faibles étaient libres, détachées de tout bien pour vivre l’amour. Car le Dieu d’amour est fort dans la fragilité humaine extrême. Et de cet amour jaillissait la communion, cette communion pour laquelle tous les êtres humains sont faits.

            Marta intervint durant le temps de prière : “Seigneur, je Te prie pour les personnes qui sont plus handicapées que moi, qui ne peuvent plus du tout bouger. Rends-leur le sourire malgré tout !” Pauvre en esprit, la jeune fille avait un cœur puissant et une foi d’une simplicité à déplacer les montagnes. Elle serrait ma croix dans sa main et s’adressait à voix basse à Jésus, à tout moment de la journée, pour lui confier ci et ça. Elle était également rayonnante de joie et s’émerveillait de tout, même des choses les plus insignifiantes. Elle amenait ainsi les personnes tristes à porter un regard renouvelé sur le monde (…). Oui, sa joie était contagieuse et elle faisait beaucoup de bien autour d’elle.

            Marta vit une seconde fois Benoît XVI, qui se rendit au Mexique en mars 2012. Le 21 décembre suivant, il ne se passa rien de particulier, n’en déplaise aux Mayas et à quelques illuminés. Puis, l’été d’après, nous nous embarquâmes pour le Brésil [où allaient se tenir les JMJ de Rio de Janeiro]. »

Si vous souhaitez rencontrer et aider des personnes en situation de handicap, vous pouvez vous rapprocher de plusieurs associations, comme la Communauté de l’Arche, Simon de Cirène, À bras ouverts ou encore la Fondation Jérôme Lejeune.

Jean O’Creisren

Crédits images : https://www.freepik.com/free-photo/handicapped-business-executive-using-digital-tablet_1005932.htm


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Espérer l’inespéré

Devant les difficultés de la vie, nous avons parfois tendance à être pessimistes, à désespérer, à nous dire qu’il n’y a plus rien à faire. Et si nous pouvions justement espérer au-delà de toute espérance ? Pablo Domínguez Prieto, prêtre espagnol décédé en 2009, fait le pari d’espérer l’inespéré…


Le vrai miracle : espérer l’inespéré


Et voici ce qui nous arrive : nous n’avons pas cette capacité à nous laisser impressionner par la parole de Dieu. Il nous manque cette capacité pour voir l’incroyable, pour voir des miracles.


Il y a vingt-six siècles, le philosophe Héraclite était surnommé « l’Obscur ». C’était un homme très sympathique et étrange comme peu de gens. Il se retira dans la montagne pour contempler le logos, cédant ses titres de noblesse à son cousin. Il dit, entre autres, cette phrase que j’aime beaucoup : « Si on n’espère pas, on ne trouvera pas l’inespéré. » Nous, malheureusement, nous espérons seulement ce que nous espérons. Nous espérons ce qui est susceptible d’être espéré.


Voici ce qui nous arrive lorsque nous traversons une situation difficile : nous disons « prions ». Mais au fond de nous-mêmes, nous ne sommes pas convaincus. Pourquoi n’espérons-nous pas l’inespéré ? Pourquoi les miracles n’augmentent-ils pas ? C’est comme lorsque quelqu’un dit à quelqu’un d’autre : « Tu sais, un tel a abandonné sa femme et est parti de chez lui. Prions. » Et l’autre répond : « Bah, c’est impossible… ! »


Il faut espérer l’inespéré, parce que si nous n’espérons pas, nous ne trouverons pas l’inespéré. Et en nous-mêmes, il arrive parfois que nous fassions un pacte avec la médiocrité ou pensions que les choses ne peuvent pas changer, car elles semblent totalement inespérées. Mais justement, c’est bien l’inespéré qu’il faut espérer !


Et cela arrive aussi dans notre vie intérieure, car celui qui n’espère pas ne trouvera pas l’inespéré […].


Parfois, nous devons apprendre de l’expérience de personnes qui, apparemment, sont loin de nous ou de Dieu. Néanmoins, elles ont encore la capacité d’étonnement, la capacité à être surprises, à espérer l’inespéré, à être captivées, à se laisser captiver par Dieu Lui-même. En effet, Dieu existe, Il est mon Père et qu’Il m’a choisi(e) pour me consacrer à Lui[1].


Il faut rencontrer Dieu. Non seulement entendre parler de Lui, non seulement parler de Lui, mais Le rencontrer, en tête à tête, face à face, et contempler Son visage. « C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face » (Ps 26, 8-9)[2]. Voici quel pourrait être le thème de cette matinée : « C’est ta face, Seigneur, que je cherche, je veux Te voir, je veux être surpris, je veux être stupéfait de Toi. » Si nous n’approchons pas de Dieu comme des enfants, il n’y a rien à faire. Je crois qu’avec ce déguisement de découvreur et en nous faisant petits enfants, nous pouvons demander à l’Esprit Saint de nous faire entrer dans le mystère, de nous introduire dans son mystère. Et de nous rendre plus contemplatifs, afin que nous sachions contempler Dieu sans nous y habituer.

D’après Pablo Domínguez PrietoHasta la cumbre: testamento espiritual, 2009. Ce passage a été traduit de l’espagnol par Jean O’Creisren.


Suite au succès qu’il a connu en Espagne, l’ouvrage dont est tiré cet extrait a été traduit en français par Cathy Brenti et publié par les Éditions des Béatitudes sous le titre : Le dernier sommet : testament spirituel. Plus d’infos sur ce lien.

Crédits image : https://www.freepik.com/free-photo/man-jumping-impossible-possible-cliff-sunset-background-business-concept-idea_1151017.htm


[1] Le texte de cet enseignement est à l’origine destiné à une communauté religieuse. (NDT)

[2] D’après la traduction officielle de la Bible pour la liturgie catholique. Source : AELF. (NDT)


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La Biblia y el móvil

¿Puede usted imaginar lo que pasaría si tratáramos a la Biblia del mismo modo que a nuestro móvil?


¿Si lleváramos la Biblia en el portafolios, en el maletín, del cinturón o en el bolsillo de la chaqueta? ¿Si echáramos un vistazo en ella varias veces al día?
¿Si volviéramos a buscarla cuando la olvidemos en casa o en el despacho?
¿Si la usáramos para enviar mensajes a nuestros amigos?
¿Si la tratáramos como si no pudiéramos vivir sin ella?
¿Si la lleváramos cuando nos fuéramos de viaje, en caso de que necesitáramos ayuda o auxilio?
¿Si la cogiéramos en caso de emergencia? 

Al contrario del móvil, la Biblia siempre tiene cobertura.
Podemos conectarnos con ella en cualquier lugar.
No necesitamos preocuparnos de la falta de saldo porque Jesucristo ya ha pagado la factura y los saldos no tienen límites.
Mejor todavía: la comunicación nunca se interrumpe y la batería está cargada por la vida entera. 

«¡Busquen al Señor mientras se deja encontrar, llámenlo mientras está cerca! » (Is 55, 6) 

Números de emergencia:  

Si se siente triste, teclee *Jn 14.  
Si la gente habla contra usted, teclee *Sal 27.  
Si está enojado, teclee *Sal 51.  
Si está inquieto, teclee *Mt 6, 19-24.  
Si está en peligro, teclee *Sal 91.  
Si Dios le parece lejano, teclee *Sal 63.  
Si su fe necesita fortalecerse, teclee *Heb 11.  
Si se siente solitario y temeroso, teclee *Sal 22.  
Si está duro y crítico, teclee *I Cor 13.  
Para conocer el secreto de la felicidad, teclee *Col 3, 12-17.  
Si se siente triste y solo, teclee *Rm 8, 31-39.  
Si desea la paz y el descanso, teclee *Mt 11, 25-30.
Si el mundo se parece mayor que Dios, teclee *Sal 90.

Adaptado de un texto anónimo publicado en Foulards Blancs (revista scout francesa) n°73, febrero de 2009. Traducido del francés por Jean O’Creisren.

Créditos de imagen: https://www.freepik.com/free-photo/close-up-person-using-cellphone_3006108.htm


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La Biblia y el celular

¿Puede usted imaginar lo que pasaría si tratáramos a la Biblia del mismo modo que a nuestro celular?


¿Si lleváramos la Biblia en el portafolios, en el maletín, del cinturón o en el bolsillo de la chaqueta?
¿Si echáramos un vistazo a ella varias veces al día?
¿Si volviéramos a buscarla cuando la olvidemos en casa o en el despacho?
¿Si la usáramos para enviar mensajes a nuestros amigos?
¿Si la tratáramos como si no pudiéramos vivir sin ella?
¿Si la lleváramos cuando nos fuéramos de viaje, en caso de que necesitáramos ayuda o auxilio?
¿Si la cogiéramos en caso de emergencia?

Al contrario del celular, la Biblia siempre tiene cobertura.
Podemos conectarnos con ella en cualquier lugar.
No necesitamos preocuparnos de la falta de saldo porque Jesucristo ya ha pagado la factura y los saldos no tienen límites.
Mejor todavía: la comunicación nunca se interrumpe y la batería está cargada por la vida entera.

«¡Busquen al Señor mientras se deja encontrar, llámenlo mientras está cerca! » (Is 55, 6)

Números de emergencia:

Si se siente triste, teclee *Jn 14.  
Si la gente habla contra usted, teclee *Sal 27.  
Si está enojado, teclee *Sal 51.  
Si está inquieto, teclee *Mt 6, 19-24.  
Si está en peligro, teclee *Sal 91.  
Si Dios le parece lejano, teclee *Sal 63.  
Si su fe necesita fortalecerse, teclee *Heb 11.  
Si se siente solitario y temeroso, teclee *Sal 22.  
Si está duro y crítico, teclee *I Cor 13.  
Para conocer el secreto de la felicidad, teclee *Col 3, 12-17.  
Si se siente triste y solo, teclee *Rm 8, 31-39.  
Si desea la paz y el descanso, teclee *Mt 11, 25-30.
Si el mundo se parece mayor que Dios, teclee *Sal 90.

Adaptado de un texto anónimo publicado en Foulards Blancs (revista scout francesa) n°73, febrero de 2009. Traducido del francés por Jean O’Creisren.

Créditos de imagen: https://www.freepik.com/free-photo/brunette-businesswoman-using-her-smartphone_4337957.htm


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Mon corps sous le regard de Dieu

Le 3 mai 2016, Jeanne Larghero est intervenue à l’Appart’ sur le sujet de l’affectivité et de la sexualité. Loin d’être taboue dans l’Église, cette question a été traitée avec bienveillance et l’intervenante nous a montré combien le regard de Dieu sur notre corps est beau.

Que dit l’Église sur la question de la sexualité ? Le mardi 3 mai 2016, Jeanne Larghero a donné une conférence aux étudiants qui fréquentent l’aumônerie de Cergy-Pontoise. La thématique était : « Mon corps sous le regard de Dieu ». Philosophe, écrivain et formatrice en éducation affective et sexuelle, l’intervenante a publié un ouvrage intitulé Quand la philosophie se mêle de sexe (Desclée De Brouwer, 2014). Dans un monde où la question affective est omniprésente, cet éclairage sur le point de vue de l’Église a beaucoup interpellé l’auditoire.

En effet, la sexualité est un sujet duquel on parle énormément, mais sur lequel il est difficile d’avoir un discours juste et adéquat. Jeanne Larghero nous rappelle que Dieu, notre Créateur, s’intéresse à notre corps. Il n’est pas indifférent au fait qu’on ait un corps d’homme ou de femme. Il nous regarde et nous dit : « Quel homme bien ! » « Quelle fille super ! » Et plus encore : Dieu a des sentiments pour nous !

En outre, notre corps sexué est appelé à la vie éternelle. Au jour de la résurrection, nous verrons Dieu dans notre propre chair, après l’avoir recherché pendant toute notre existence terrestre.

Quand on lit le livre de la Genèse, le Seigneur crée l’homme « mâle et femelle », si l’on traduit littéralement. C’est le premier récit de l’histoire où est affirmé que l’homme et la femme ont la même origine et la même dignité. Avant d’évoquer Adam et Ève, ce récit traite de la création des animaux et de leur reproduction, mais sans aborder directement la question de la sexualité. En effet, ce n’est pas aux bêtes que Dieu dit : « Soyez féconds et multipliez-vous » (Gn 1, 22). En revanche, ce n’est qu’au moment de créer une réalité à son image que le Seigneur donne existence au couple humain doté de sexualité et de fécondité. « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Gn 1, 27). En d’autres termes, la sexualité humaine n’a rien à voir avec la sexualité animale, car elle reflète la gloire de Dieu. Par ailleurs, je ne peux pas séparer la façon dont je vis ma sexualité du regard que je pose sur l’homme ou sur la femme que je suis. En effet, il n’y a rien de plus concret que ma masculinité ou ma féminité. Si je suis un homme, plus le regard que je pose sur les femmes est beau, plus mon regard sur ma propre masculinité sera beau.

Voulu par Dieu, notre corps sert à la relation ; il est entièrement fait pour entrer en relation avec l’autre. Il n’est pas différent de moi. En effet, on n’« a » pas un corps, mais on « est » un corps. Quand quelqu’un me dit « je t’aime », il ou elle aime mon corps. La relation sexuelle est la forme accomplie de la relation amoureuse ; c’est pourquoi l’Église demande qu’elle ne soit pas vécue à la légère, mais qu’elle implique un réel engagement d’amour.

Si le corps de l’homme produit sans cesse des spermatozoïdes, celui de la femme n’est fertile qu’une dizaine de jours par cycle. Cela signifie que la sexualité humaine n’est pas le lieu de l’instinct et de la reproduction, contrairement à ce qui se passe chez les animaux. Elle est quelque chose de profond, de sacré.

Lorsque l’acte sexuel engendre un être humain, on crée du « pour toujours », on donne la vie à un être appelé à l’éternité.

Après la conférence, certains étudiants ont posé des questions sur ce qui est permis et interdit par l’Église en matière de morale sexuelle. L’intervenante a répondu que moraliser n’a pas de sens en soi, mais que l’amour et la sexualité doivent se vivre dans la vérité, en voulant réellement le bien de l’autre et en se donnant pleinement. C’est la définition même du mariage.

La soirée s’est terminée par des débats entre les étudiants, sur cette belle question qui préoccupe tout un chacun.

Jean O’Creisren

Crédits image : https://fr.freepik.com/vecteurs-libre/adam-eve-au-jardin-eden-ander-pommier-au-fruit-defendu-connaissances-vecteur-dessin-anime-illust_4029181.htm


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