
Comment rouler écologiquement ? Comment limiter son empreinte carbone lorsqu’on est obligé de prendre le volant ? L’écoconduite classique suffit-elle ? Souhaitant à la fois moins polluer et moins dépenser, Jean O’Creisren a développé des techniques d’écoconduite dite radicale, qu’il vous partage dans cet article…
Comment être écologiste quand la vie professionnelle vous oblige à prendre la voiture régulièrement ? En effet, l’une de mes activités professionnelles consiste à donner des cours particuliers dans la campagne à des horaires bien spécifiques. Impossible donc d’y aller en transports en communs. Quand j’ai vraiment le temps et quand il fait beau, il arrive que je prenne mon vélo pour faire l’aller-retour dans la journée. Mais, la plupart du temps, je suis obligé de prendre la voiture… 🚗
La planète se réchauffe et nous en sommes tous responsables. On entend souvent qu’on ne peut rien y faire car 100 entreprises sont responsables à elles seules de 70 % des émissions de gaz à effet de serre. C’est vrai, mais sachant que parmi ces groupes figurent d’importantes compagnies pétrolières, nous participons tous à leur empreinte carbone lorsque nous faisons vroum-vroum…
Par ailleurs, le prix des carburants au beaucoup augmenté ces dernières années, pour différentes raisons. Comme beaucoup de Français, je ne roule pas sur l’or. Aussi, quand je fais 40 kilomètres pour donner 2 heures de cours, j’aime autant être économe. Non seulement pour l’environnement, mais aussi pour mon pouvoir d’achat.
Lors de ces trajets, les frais kilométriques sont remboursés et ne sont pas imposables. De toute façon, l’État touche une large part à chaque fois qu’un litre de carburant est acheté. Ce dernier coûte de plus en plus cher et en consommer le moins possible est déjà une question de bon sens économique. Une première façon de le faire est d’optimiser les trajets, en essayant de dispenser des cours le même jour aux élèves qui se trouvent dans la même zone. 😉
Une autre manière de réduire les coûts et l’empreinte carbone est l’écoconduite radicale. Sur internet, on trouve parfois des techniques d’écoconduite qui ont fait leurs preuves : bien gonfler ses pneus, rouler mollo, utiliser le frein moteur plutôt que la pédale du milieu, garder une vitesse constante, etc. Nous pourrions ajouter l’usage de certains carburants plus chers, mais moins polluants, disponibles à certaines pompes. Bon, je ne vais pas faire ici la publicité de deux compagnies pétrolières qui font partie du top 20 des 100 entreprises susmentionnées… L’écoconduite permettrait de réduire considérablement votre consommation par rapport à une conduite classique. Suivant les sources que j’ai consultées, cette diminution irait de 7 à 25 %. Cela dépend certainement du type de véhicule concerné.
C’est déjà un bon début, mais je vous propose d’aller encore plus loin. Comme je travaille à temps partiel, j’ai moins de revenus et davantage de temps. Il se trouve qu’au-dessus de 70 km/h, vous déplacez deux fois plus d’air, donc vous consommez beaucoup plus de carburant. Par ailleurs, l’accélération est très gourmande en essence ou en gazole. Quand les prix ont commencé à flamber, j’ai donc décidé de rouler en 4e à 60 km/h, au moins sur les tronçons qui le permettent. Bien évidemment, je ne le fais pas sur les voies limitées à 110 ou à 130 (dans ce cas, je roule à 80 ou à 90 et les gens derrière peuvent me doubler sur la voie de gauche). 🙂 Mais, sur les routes de campagne, notamment entre deux ronds-points ou villages séparés par une distance de moins de 2 kilomètres, cela permet de garder une vitesse constante plutôt que d’accélérer et de freiner à répétition. Évidemment, les gens derrière ne sont pas toujours contents, mais je leur permets à eux aussi d’économiser et de moins polluer. Je fais juste une exception quand un véhicule prioritaire se trouve dans la file. Avant, je me faisais beaucoup klaxonner. Mais cela m’arrive beaucoup moins depuis que j’ai affiché, sur la lunette arrière, un écriteau en police verte expliquant ma démarche : « Écoconduite : doublez-moi ! » 🌱🌻
Pour moins polluer, nous pouvons aussi choisir d’accélérer davantage dans les descentes que dans les montées. Nous pouvons aussi éviter de mettre le chauffage et la climatisation ainsi que d’ouvrir les fenêtres.
Cette écoconduite radicale me permet d’économiser 20 à 25 % de carburant par rapport à une écoconduite standard. Bon, il faut dire que mon véhicule n’est pas très aérodynamique car je n’ai pas les moyens de m’acheter une voiture mieux conçue. Cet écart serait sans doute plus réduit sur d’autres types de modèles. Ainsi, je vous encourage à tester cette manière de conduire pour calculer la réduction de votre consommation.
Quand on est fauché comme moi, la société vous renvoie que votre action ne change pas grand-chose. Vous aimeriez soutenir plein d’associations défendant des causes qui vous tiennent à cœurs, mais vous n’avez pas les moyens d’effectuer des dons conséquents. Vous aimeriez investir dans la finance éthique, mais le peu d’argent que vous avez doit d’abord vous servir à manger. En revanche, il existe une façon très efficace d’exercer un pouvoir vertueux pour l’environnement. En pleine heure de pointe, quand je roule une demi-heure pour rentrer de mon cours d’une heure et demie qui m’a fait gagner à peine 30 €, je peux rouler à 60 km/h entre les différents ronds-points qui jalonnent le trajet. Les gens ne sont pas contents ? 😡 Ils ont, pour la plupart, la chance de rentrer de leur travail à plein temps. Contrairement à moi, leur trajet est largement rentabilisé après une journée de 8 heures. Ce n’est pas dramatique s’ils arrivent à la maison 5 minutes plus tard. En revanche, moi, j’augmente un peu mon faible pouvoir d’achat. Et surtout, je réduis non seulement mon empreinte carbone, mais celle de dizaines d’autres conducteurs qui pestent de ne pas pouvoir me doubler. Ainsi, par mon geste écolo-radin, j’ai un impact très positif sur l’environnement et j’exerce un pouvoir non négligeable, même si je me situe en bas de l’échelle sociale. 😊
Petit bémol néanmoins : en roulant en sous-régime, vous risquez d’encrasser et d’abîmer le moteur. Les frais que vous économisez en carburant risquent de vous rattraper plus tard chez le garagiste. Parfois, je laisse donc de côté mes principes d’écoconduite radicale pour faire une petite pointe en surrégime et décrasser le moteur.
Considérant tout ce que vous venez de lire, pourquoi ne pas transformer l’écoconduite radicale en norme du code de la route ? 🚦 Pour moi, les hommes politiques devraient s’inspirer de cela pour réduire drastiquement l’empreinte carbone des Français. Pourquoi ne pas limiter à 70 tous les tronçons de moins de 2 km entre deux ronds-points, deux agglomérations ou entre un rond-point et une agglomération ?
Que pensez-vous de tout cela ? Quels gestes faites-vous déjà pour que le monde soit plus vert ? Êtes-vous disposés à vous convertir à l’écoconduite radicale ? Si oui, au boulot !
PS : depuis l’époque où j’ai rédigé cet article, mon activité professionnelle s’est développée et mon pouvoir d’achat a augmenté. Entre autres succès dont je suis fier, vous pourrez découvrir du pur Jean O’Creisren sur ce lien. 😉
Crédits image : Création de Jean O’Creisren à partir d’une photo trouvée sur la version espagnole du site de la BBC (Source : GETTY IMAGES)
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