Coronavirus : quels bénéfices pouvons-nous tirer de la crise ?

Avec cette histoire de pandémie, tous les indicateurs semblent être au rouge :

  • De nombreuses personnes sont entre la vie et la mort
  • Les soignants sont débordés
  • Nous sommes tous assignés à résidence
  • Les personnes vivant seules risquent de déprimer
  • Les scolaires et étudiants sont pénalisés dans la poursuite de leur formation
  • Nous risquons tous de péter les plombs et de prendre du poids en restant enfermés à la maison
  • L’activité économique est paralysée
  • Certains secteurs sont au bord de la faillite
  • Le prix du baril s’effondre
  • Les cours de la Bourse chutent…

Bref, voilà ce qu’on appelle une crise ! Mais en fait, qu’est-ce qu’une crise ?

Pour rappel, ce blog s’appelle « Délires de linguiste ». Voici donc l’étymologie de ce terme :

« Crise » vient « du latin criticus, critique, du grec ancien kritikos, capable de discernement, de jugement, dérivé du verbe krinein, séparer, choisir, décider, discerner. »

Source : La Toupie.

Donc, d’après son étymologie, une crise est une opportunité pour discerner. En quoi cette épidémie de coronavirus peut-elle nous aider à poser de bons choix ?

Je vois 7 opportunités que nous offre cette crise. Ces réflexions sont le fruit de mon intuition. À l’heure où je vous écris, le confinement vient de commencer en France. Rien ne permet donc de savoir si ce que je pressens est vrai. Seul l’avenir dira si mon analyse était juste ou non. 😉

  1. Le confinement peut renforcer les liens dans les familles

Métro, boulot, dodo. Aujourd’hui, en France et dans le monde, le nombre de divorces ne cesse d’augmenter. Pourquoi ? Notamment parce que tout va très vite, les gens qui s’aiment n’ont plus le temps de se voir et de communiquer. Avec le confinement, les membres d’une même famille sont obligés de passer 24h/24 ensemble. C’est l’occasion de se redécouvrir, de se demander pardon, de passer du bon temps. Les parents peuvent jouer avec leurs jeunes enfants. Les adolescents voient leurs parents travailler. Cela leur permet de cerner davantage la réalité de leur vie d’adulte. Cela leur permet de mieux les connaître et les estimer. Cela peut faire mûrir les jeunes dans leur cheminement vers leur futur métier. Les uns et les autres peuvent communiquer, s’entraider, rire ensemble. La solidarité et la complicité peuvent se renforcer au sein des couples et des générations.

  • La limitation des déplacements peut freiner le réchauffement climatique

C’est prouvé, le coronavirus a permis de limiter les émissions de gaz à effet de serre en Chine. Avec le confinement, la fermeture des frontières et la limitation des déplacements, moins de CO2 sera émis. Et si le COVID-19 permettait de lutter fortement contre le réchauffement climatique ? Néanmoins, les gens sont davantage en ligne. Ils communiquent aussi beaucoup plus avec leur téléphone. Cela fait donc exploser l’usage des réseaux de télécommunication et d’Internet. Or ce phénomène implique une forte empreinte carbone

  • La fragilité de notre monde interdépendant peut nous inciter à penser une autre mondialisation

La Chine, atelier du monde, est paralysée. Et cela perturbe l’activité économique mondiale. Nous regrettons donc d’avoir délocalisé nos usines là-bas. Ne serait-ce pas l’occasion de relancer l’industrie à l’échelle locale ? Ne serait-ce pas l’occasion de redonner du travail aux personnes peu ou pas qualifiées ? Ne serait-ce pas l’occasion de favoriser les circuits courts ? Un autre monde est possible ! La mondialisation est une bonne chose ! Un linguiste ne vous dira jamais le contraire. Mais cette mondialisation doit être raisonnée au niveau social et environnemental. Le film Demain met en avant le monde que nous pouvons construire à l’occasion de cette crise.

  • L’effondrement de la Bourse peut nous inciter à sortir du capitalisme spéculatif

Comme l’explique si bien Pierre-Yves Gomez dans L’esprit malin du capitalisme, nous vivons tous dans la logique de Wall Street. Depuis les années 1970, la finance s’est peu à peu déconnectée de l’économie réelle. Blablacar, Airbnb, Leboncoin : nous sommes tous devenus des « microcapitalistes ». Et cela nous mène inévitablement vers une crise majeure. Le coronavirus pourrait très bien être le facteur déclenchant d’une nouvelle récession. En 2008, la crise des subprimes aurait pu nous permettre de discerner qu’il fallait sortir de cette logique spéculative. Mais l’élite financière nous a fait croire en la transition numérique. Des start-ups se sont montées. Nous avons parié au grand casino de la Bourse sur ces entreprises dont un grand nombre ne seront jamais rentables. L’élite a préféré sauver le système spéculatif pour éviter des émeutes. Mais aujourd’hui, qu’ont-ils à nous promettre ? N’est-ce pas à nous de parier qu’un autre système économique est possible ? N’est-ce pas à nous de remettre l’argent au service de l’économie réelle ? N’est-ce pas à nous d’établir un système qui place l’être humain au centre ? Le temps n’est-il pas venu de la jouer collectif ? Pourquoi ne pas penser l’entreprise de demain à travers le prisme de l’écologie humaine ?

  • Les liens de proximité se renforcent

Aujourd’hui, nous sommes nombreux à ne pas connaître nos voisins. Or en Italie, les gens font la fête ensemble depuis leur balcon. Dans plusieurs pays, à 20h, les gens applaudissent le personnel soignant depuis leur fenêtre. Le 19 janvier, des catholiques ont posé une bougie sur leur appui de fenêtre pour demander à saint Joseph d’intercéder pour stopper l’épidémie. La même action sera effectuée à l’occasion de la fête de l’Annonciation, le 25 mars. À 19h30, nous sommes tous invités à prier la Vierge Marie pour arrêter la propagation du COVID-19. Les cloches des églises sonneront à ce moment-là. Autant d’actions qui nous rapprochent de nos voisins, malgré le confinement. Peut-être même que les personnes isolées seront plus en lien avec leur entourage… 😊

  • L’immigration illégale peut être réduite

En tant que linguiste, je suis ouvert à la différence. J’ai de nombreux amis originaires de différents pays. Mais quand des mafias exploitent des migrants en les faisant rêver d’Europe, je ne cautionne absolument pas. Combien de noyés dans le grand cimetière méditerranéen ? Combien de femmes forcées à se prostituer ? Combien de sans-papiers qui s’entassent dans les bidonvilles ? Peut-être que le coronavirus va dissuader toutes ces personnes de prendre la mer. Peut-être les forces vives des pays africains vont-elles pouvoir rester au Bled et participer au développement de leurs peuples. Cela reste à nuancer, car ces États autocratiques sont minés par la corruption. Les jeunes émigrent avant tout par manque d’avenir là où le soleil brille. Du moins, quand ce n’est pas la guerre qui les pousse à prendre la route, d’une manière on ne peut plus légitime… Mais si la crise permet de changer le monde en profondeur, peut-être ces pays deviendront-ils plus vivables !

  • Les relations amicales peuvent s’assainir

Le confinement nous empêche de voir nos amis. Nous ne pouvons pas non plus aller en boîte. Nous ne pouvons pas choper. Peut-être même que le marché de la prostitution va s’effondrer puisque les clients auront peur d’attraper le coronavirus. Cela fera des vacances à ces très nombreuses femmes qui vivent un enfer qu’elles n’ont pas choisi… En effet, les mesures sanitaires et la peur d’être contaminés empêchent le contact physique avec autrui. En revanche, nous pouvons appeler nos proches. Nous communiquons avec les personnes qui comptent réellement pour nous. A contrario, nous n’avons pas l’occasion de faire n’importe quoi avec des personnes dont nous n’avons strictement rien à faire. Le confinement nous incite à rester vrais. Nous cultivons des amitiés authentiques et évitons des relations corporelles malsaines. En ne touchant pas nos ami(e)s, nous pouvons éviter des ambiguïtés. Cela peut permettre d’assainir ce qui doit rester de l’amitié. Mais cela peut également assainir ce qui doit évoluer vers de l’amour. En revenant à l’essentiel, en appelant celles et ceux qui nous sont vraiment proches, nous apprenons à mieux nous connaître dans une relation chaste. Et c’est un très bon départ pour aller plus loin lorsque c’est une bonne idée… 😉

Voilà mon analyse sur la crise qui commence. Bien sûr, pleurons les morts et luttons contre l’épidémie ! Mais saisissons aussi les opportunités que nous offrent le coronavirus et le confinement ! Profitons-en pour discerner intelligemment ! Osons critiquer les travers de notre monde pour construire une société plus humaine et plus juste !

Pour terminer, je vous propose une petite vidéo :

Jean O’Creisren

Crédits image : https://fr.freepik.com/photos-gratuite/placez-ligne-blocs-bois-equipe-affaires-resolvent-probleme_1202136.htm#page=2&query=crisis&position=45



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